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Mai 2010
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Conseil Municipal
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2010, I - Question d'actualité posée par le groupe U.M.P.P.A. à M. le Maire de Paris relative aux conditions de stationnement à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2010


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, nous commençons par la question du groupe U.M.P.P.A, Mme BOULAY-ESPERONNIER. On devrait vous donner plus souvent la parole. Ainsi, je serais plus familiarisé. Si vous voulez, je répéterai votre nom? Comme ça, ce n?est pas désagréable du tout !

Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER . - Je note cette suggestion avec grand plaisir.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez la parole, utilisez-là !

Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER . - Monsieur le Maire, mes Chers Collègues, aujourd'hui, Paris ressemble à un immense gruyère. Des trous, des travaux, des panneaux jaunes conseillant d?utiliser d?autres itinéraires dans chaque quartier ; la circulation est de plus en plus difficile, le stationnement aussi.

Le nombre de places s'est réduit comme peau de chagrin suite à un contexte particulièrement défavorable dont les derniers éléments sont les contresens cyclables et les différents aménagements de la Ville.

Préoccupation quotidienne des Parisiens, le stationnement est en train de devenir pour eux un casse-tête, plus qu'un casse-tête, un véritable cauchemar. Se garer dans Paris est beaucoup plus un véritable chemin de croix, y compris et surtout pour les places résidentielles, qui ne sont pas suffisantes. Nombre de Parisiens se plaignent régulièrement auprès de leurs élus de passer beaucoup trop de temps à chercher une place : c'est une situation inacceptable.

Une demi-heure, trois quarts d'heure, une heure le soir à trouver une place après une journée harassante, c'est en effet inacceptable. C'est d'autant plus inacceptable que certaines études estiment que 20 % de la pollution atmosphérique liée aux automobiles serait généré par des véhicules tournant pour chercher une place. Ces derniers représentent d?ailleurs 15 % du trafic dans certains arrondissements, et parfois même bien plus à différentes heures.

Circonstance aggravante, la pression n'a jamais été aussi forte à l'encontre des automobilistes, et les enlèvements de véhicules sont de plus en plus fréquents et pas nécessairement où ils sont le plus utile, loin s?en faut.

Il faut agir, il y a urgence.

Où en est tout d'abord l'expérimentation du stationnement sur certaines places de livraison, unique soupape que vous nous avez proposée ? Alors que tous les interlocuteurs s'accordent pour reconnaître que l'essai, dans certains établissements, dont les 3e et 17e, a été positif, pourquoi attendre autant ?

À ce stade, seules certaines sections de voirie d'arrondissement ont débuté les études destinées à sanctuariser certaines places et préparer ce dispositif : c?est beaucoup trop long, on ne peut plus attendre.

Il faut également construire des parcs souterrains. Nous vous avons soumis dans chaque arrondissement des projets de réalisations précis, ambitieux et utiles aux Parisiens. Quelles sont vos intentions pour les parcs souterrains en fonction des situations de pénurie locale ?

Il faut donc plus que jamais sortir d'un débat sectaire. C'est pourquoi nous appelons de nos v?ux un grand débat en Conseil de Paris sur le stationnement sous toutes ces facettes et ses différents enjeux. Cela fait plusieurs mois que nous vous le demandons. À quelle date, Monsieur le Maire, est-il prévu ?

Sur ces différents points, nous attendons des réponses. Le temps n'est plus à faire des études mais à mettre en place des solutions.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je tiens à féliciter Mme Céline BOULAY-ESPERRONIER d?avoir tenu son temps de parole. C'était pour redire son nom. Je recommencerai tout à l'heure. Soyez patients !

Mme Annick LEPETIT, dont je connais le nom depuis 30 ans.

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais tenter d'être aussi brève que la manière dont a été posée la question. Oui, c'est vrai, il y a des travaux à Paris, c'est indéniable. Il y a des travaux à Paris parce qu'il faut mettre les bouchées doubles pour réparer les problèmes de chaussée après l'hiver rigoureux que nous avons eu, mais aussi parce que nous avons des projets d'aménagement conséquents. Il est évident que ces travaux, vous l'avez reconnu, entraînent des problèmes de circulation pour les voitures, mais en tout état de cause, les travaux ne sont pas là non plus indéfiniment : ils ont un début, une fin - on essaie d'ailleurs de prévenir l'ensemble de nos concitoyens pour qu'ils en connaissent les dates.

Concernant les aménagements, vous avez cité entre autre les contresens cyclables. Vous le savez, nous sommes en train là aussi d'aménager dans les quartiers où la vitesse des voitures est limitée à 30 kilomètres/heure, la possibilité pour les cyclistes de prendre des sens qui ne sont pas permis pour les voitures. Même si nous faisons des aménagements plutôt légers, cela induit aussi des travaux dans à peu près 67 quartiers concernés.

Nous le faisons parce que nous souhaitons offrir aux cyclistes la possibilité de prendre certaines rues à contresens. Nous ne sommes pas les seuls puisqu'il existe un décret qui date du mois de juillet 2008, un décret ministériel à la suite des travaux concernant le Grenelle. Cette mesure concerne bien évidemment Paris mais pas seulement, toutes les villes de France et par conséquent, je pense que c'est plutôt un plus dans la politique qui permet aux cyclistes de mieux circuler plutôt qu'un moins.

Nous n'allons pas nous en plaindre, et vous le savez, à cette occasion, dans le 16e arrondissement comme dans les autres arrondissements, au fur et à mesure que nous faisons les travaux, nous avons un accompagnement en termes de communication, de prévention, qui s'adresse d'ailleurs à tous, les cyclistes, les piétons, les automobilistes. Nous avons demandé à l'Etat et au Gouvernement précisément que dans le cadre des campagnes de sécurité routière, il puisse lui aussi accompagner la mise en ?uvre des double sens cyclables. Nous attendons la réponse que nous n'avons pas encore, mais je pense que ce serait une bonne chose pour que tous nos concitoyens aient la même égalité d'information, si je puis dire.

Le stationnement de nuit sur les zones de livraison.

Vous l'avez rappelé et je vous en remercie : nous avons conduit une expérimentation dans deux arrondissements, le 3e et le 17e, expérimentation plutôt positive, ce qui nous conduit avec nos partenaires - je cite évidemment la Préfecture de police mais aussi la Chambre de commerce et d'industrie, les transporteurs de marchandises, également la Chambre de métiers - à proposer une généralisation à l'ensemble des arrondissement parisiens. Cela a un sens, là aussi, pour la bonne compréhension de nos concitoyens.

Nous sommes en train d'élaborer une charte pour que chacun des partenaires s'engage à ce que nous puissions étendre ce dispositif et que nous puissions aussi, bien évidemment, chaque année en vérifier le bon fonctionnement.

Vous savez comme moi que les choses ne sont pas immuables en matière de places de stationnement, en matière de places de livraison. Il nous faudra adapter ce dispositif au fur et à mesure de l'évolution des commerces, des places de livraison, en fonction aussi de ce que nous recueillons comme information dans chaque arrondissement.

Nous entendons bien généraliser cette mesure. Nous avons une réunion de travail avec M. le Préfet bientôt.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il faut conclure, Madame.

Mme Annick LEPETIT, adjointe. - Enfin, je termine juste, Monsieur le Maire, par une demande concernant - mais nous aurions plus de temps - le débat en Conseil de Paris sur le stationnement et la politique des déplacements.

Je vous le redis, j'y suis totalement favorable. Il faut donc que ce soit arrêté dans le cadre de vos préparations de l'ordre du jour du Conseil de Paris.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. Regardez cela dans la conférence d'organisation, je n?y vois aucun inconvénient.

Madame, vous avez la parole !

Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER . - Merci, Monsieur le Maire.

Quel est mon nom, déjà ?

(Rires).

Ah ? Pourtant, j?avais pris la parole !

(Applaudissements).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je comprends que vos collègues vous félicitent. Ils ont raison !

M. CHIRAC a mis des années à retenir le mien !

(Rires - exclamations).

Cela ne m?a pas empêché de devenir Maire de Paris !

Madame, cela vous laisse donc ouvertes des perspectives très intéressantes, d'autant que vous avez l'air très jeune !

Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER . - Deux ans que je suis élue !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame Céline BOULAYESPERONNIER, j'aimerais que votre groupe, je vous le répète, vous donne plus souvent la parole ! Ce n'est pas assez fréquent.

Vous avez la parole, Madame.

Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER . - Je vous remercie.

Madame le Maire, merci de votre réponse. Je constate que vous avez passé deux tiers de votre réponse sur la cause des problèmes du stationnement à Paris et un tout petit tiers, une toute petite partie, je le regrette, à la recherche de solutions. Je ne peux que regretter le manque d'ambition de la Ville dans la recherche de solutions. Par exemple, pourquoi pas plus de parkings, uniquement pour les riverains ? C'en est une.

Je me réjouis que nous tombions d'accord sur cette recherche de solutions que sont les places de livraison la nuit dans les arrondissements, mais quand cela sera-t-il mis en place ? Pourquoi tant de temps, puisque les premières expérimentations ont été positives ? Pourquoi cela prend-il des mois pour les mettre en place ? Il suffit juste de mettre des panneaux pour indiquer que ces places de livraisons sont utilisables.

(Brouhaha).

Je m'arrête là. Vous êtes favorable à un grand débat en Conseil de Paris, je m'en réjouis, mais je voudrais juste la date, savoir quand il aura lieu.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Chère Madame, votre Président de groupe pourrait, à la prochaine réunion de la conférence d'organisation, voir, dans le cadre des différentes séances d'ici la fin de l'année, à quel moment cela trouverait opportunément sa place.