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Mai 2010
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Conseil Municipal
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2010, DU 61 - Protocole d'échange foncier entre la Ville de Paris et Neximmo 51 portant d'une part sur l'ensemble immobilier municipal situé 19 à 23 rue de Vienne - 38-46 rue du Rocher - 45 rue de Rome (8e) et d'autre part sur l'immeuble à construire T8 au niveau du 115-121 avenue de France (13e). Vœu déposé par le groupe U.M.P. relatif au devenir du site du 23, rue de Vienne dans le 8e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2010


 

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Nous examinons en premier lieu le projet de délibération DU 61, sur lequel j?ai deux inscriptions. Tout d'abord M. Jérôme COUMET, pour cinq minutes maximum, et ensuite M. François LEBEL. Mme HIDALGO répondra.

Monsieur COUMET, vous avez la parole.

M. Jérôme COUMET, maire du 13e arrondissement. Madame la Maire, je me suis inscrit pour intervenir sur ce projet de délibération, pour qu'il ne passe pas inaperçu.

En effet, il y a trois raisons principales pour se réjouir de cette conclusion positive. La première est de signaler le dénouement de cette opération, où un promoteur privé, qui s'était positionné avant la crise immobilière - une société très liée au promoteur espagnol, S.F.L. pour ne pas les nommer - avait souhaité se désengager.

Ce désengagement s'est effectué dans de bonnes conditions. Je salue au passage les équipes de la S.E.M.A.P.A. qui ont parfaitement négocié ce retrait. Mais, bien entendu, plus important encore était de trouver une issue à cette opération.

Vous le savez sans doute, dans la langue chinoise, il y a, dans la signification du mot "crise", la notion d?opportunité. Et bien, une opportunité a été saisie et un accord a pu être conclu, sur la base d'un échange foncier qui amènera à ne prendre aucun retard sur le lancement de ce beau projet. Je crois au passage, que le talent de l'architecte désigné, Rudy RICCIOTTI, nous assure de la construction d?un bâtiment qui marquera le paysage parisien.

La deuxième raison de se réjouir est que deux nouvelles directions de la Ville de Paris, la D.V.D. et la D.U., après la D.E.V.E. et la D.P.E., vont rejoindre le 13e arrondissement et "Paris Rive gauche". C?est un lieu tout à fait stratégique pour le 13e arrondissement et son développement vers les bords de Seine, un lieu bien desservi par les transports, non loin du nouveau quartier universitaire de Paris, à proximité de lieux de culture et d'animation.

Je crois et je suis sûr que les fonctionnaires de la Ville y seront bien. Je leur souhaite, avec quelques années d'avance, la bienvenue.

Le troisième motif de réjouissance est de constater le taux de vacance des immeubles de bureaux de "Paris Rive gauche". Ce taux de vacance est de zéro, malgré plusieurs mutations importantes. Cela veut dire quoi ?

Cela veut dire que ce quartier est très attractif, tant pour les habitants que pour les entreprises.

Cela veut dire qu'édifier des quartiers mixtes, avec des activités mais aussi des habitants, des jardins, une université, cela produit du beau, de l'agréable et de la vie, et cela attire les grandes entreprises.

Cela veut dire que cela nous permet de regarder avec confiance, et malgré la crise immobilière qui aura évidemment un impact, l'avenir de l'opération "Paris Rive gauche", qui n?en est finalement qu?à la moitié de sa réalisation.

Cela veut dire enfin que le modèle parisien, face aux choix opérés à La Défense pour un quartier d'affaires uniforme, marche, oui, ce modèle parisien est une réussite, y compris sur le plan économique.

Je vous remercie.

(Mme Véronique DUBARRY, adjointe, remplace Mme Gisèle STIEVENARD au fauteuil de la présidence).

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

La parole est maintenant à M. François LEBEL, qui pourrait peut-être en profiter pour présenter le v?u qui a été déposé.

M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. J?allais vous le proposer précisément. C'est le v?u n° 6.

Effectivement, la Mairie de Paris souhaite procéder à un échange foncier entre 35.000 mètres carrés situés rue de Vienne contre, on vient de l'entendre, un peu moins de 20.000 mètres carrés dans la Z.A.C. "Paris Rive gauche".

Sur le principe, on ne peut que se féliciter de voir les services de la Ville de Paris "explosés" dans des sites nombreux et variés et, je dirais, assez incohérents, et de les voir progressivement regroupés dans des immeubles cohérents et pas trop loin du Centre de la Capitale et de l?Hôtel de Ville.

Cela étant, je souhaite tout de même réagir sur plusieurs points, et tout d'abord sur la forme.

En effet, la fin de l'occupation des locaux concernés par l'échange, rue de Vienne, dans le 8e arrondissement, est connue depuis fin 2007. Tout le monde savait que la fin de l'occupation de cet immeuble allait intervenir à la fin de 2010. Elle est en cours actuellement.

Quelle concertation a engagé la Ville de Paris ?

Par ailleurs, je me reporte au v?u 8 bis de l'Exécutif : "considérant que la Ville de Paris a désormais acquis une longue expérience dans la concertation sur les projets urbains et qu'elle a créé la Commission parisienne du débat public". J'aimerais savoir comment et quand les élus du 8e arrondissement et le maire du 8e arrondissement ont-ils simplement été informés de ce projet d'échange de terrains qui, sur le fond par ailleurs, n'est pas contestable ?

Quelle information a été donnée ? Strictement aucune. On voit une fois de plus le mépris dans lequel la Mairie de Paris tient les élus d'arrondissement, qui sont finalement pour elle des godillots sans intérêt, surtout si, par malheur, il s'agit d'élus de Droite.

Il est vraiment paradoxal que ceux qui se veulent les chantres de la démocratie participative soient incapables de la mettre en ?uvre lorsqu'ils en ont l'occasion, en particulier pour cet échange de terrain.

Sur le fond ensuite, je voudrais regretter pour le moins vivement cet échange sans concertation. Cela m'aurait peut-être donné l'occasion de suggérer à la Ville de distraire quelques dizaines, quelques centaines de mètres carrés sur les 35.000 dont il est question rue de Vienne, pour remplir un peu le vide intégral d'équipements collectifs dont souffre cet arrondissement comme d'ailleurs les arrondissements voisins.

Nous aurions pu avoir là de quoi réintégrer peut-être une bibliothèque, dont le 8e arrondissement manque cruellement, une bibliothèque moderne, puisque c'est le seul arrondissement de Paris à ne pas disposer d'une bibliothèque, et pourquoi pas une résidence médicalisée ou encore une crèche. Bref, que ces 35.000 mètres carrés fort bien situés, coûtant très cher rue de Vienne, soient échangés contre moins de 20.000 mètres carrés dans le 13e arrondissement, d'accord, cependant la Ville aurait peut-être pu négocier un peu mieux et ne pas tenir, je le répète, les élus locaux pour quantité négligeable.

Voilà pourquoi je tenais à faire cette mise au point. Bien sûr, nous allons voter ce projet de délibération parce qu?il est bon pour Paris, mais il a été fait sur le dos du 8e arrondissement.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire. J'imagine qu?Anne HIDALGO va répondre aux godillots.

Madame, vous avez la parole.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 8e Commission. - Je vais répondre aux deux expressions.

Je remercie d?abord Jérôme COUMET d'avoir rappelé l'historique de ce dossier et salué, je le fais à mon tour, et le travail de la S.E.M.A.P.A., et celui des directions de la Ville dont la Direction de l'Urbanisme.

Je vais bien sûr répondre au v?u proposé par M. LEBEL mais rappelons que la cession de l'ensemble immobilier du 23, rue de Vienne repose sur un échange équilibré.

Il est équilibré sur le plan économique : il s'agit d'un échange sans soulte et en matière de programme puisqu'il permettra de réaliser un ensemble de logements sociaux dans le 8e arrondissement - environ une trentaine -, de reconstruire des bains douches municipaux dans des locaux modernisés et de permettre aussi l'implantation d'une ou plusieurs entreprises dans Paris intra muros.

Cette opération, cela a bien été souligné, notamment par Jérôme COUMET, permettra également de poursuivre ce regroupement à "Paris Rive gauche" des directions de la Ville, je crois pour une meilleure efficacité du travail et avec des conditions de travail tout à fait appréciées des agents.

Il y a eu des négociations longues et difficiles, vous pouvez bien sûr l'imaginer, sur cette opération qui ont notamment tenu compte de la volonté de conserver les bâtiments de qualité présents sur le site en les réhabilitant ou en les restructurant. Elles n'ont pas permis d'obtenir que des surfaces soient dégagées pour d'autres équipements publics.

Mais je voudrais répondre à M. LEBEL. D'abord, j'espère que l'arrivée de nouveaux logements sociaux dans le 8e arrondissement est un sujet dont, comme nous, il se réjouit.

Du coup, j'ai un peu de mal à percevoir la nature réelle de sa demande. Il nous dit qu'il n'y a pas eu de concertation. Peut-être que vous avez été informé un peu tard, je vérifierai ce point et nous rectifierons, mais tout de même, une négociation, une concertation, puisque vous faites référence aux concertations que nous faisons sur les opérations d'aménagement lorsqu'il s'agit de négocier un échange foncier, je crois que ce n'est pas tout à fait le dispositif approprié, mais passons.

Pour ce qui est du 8e arrondissement, je vous rappelle tout de même, Monsieur LEBEL, et nous en sommes tous extrêmement satisfaits, que nous investissons dans cet arrondissement de façon très importante. Je pense notamment au terrain de l'ancien hôpital Beaujon. Parallèlement au programme de logements sociaux que nous avons défini et qui est en cours, il y aura des équipements sportifs - piscine, gymnase, mur d'escalade -, des équipements scolaires : nous avons ensemble, avec Colombe BROSSEL, participé à un jury concernant le choix des architectes pour l?école maternelle de huit classes et pour la construction d'une nouvelle école élémentaire de dix classes.

Nous avons ensemble investi et déterminé des équipements de petite enfance puisque vous avez une reconstruction de crèche de 70 berceaux et du centre P.M.I., ainsi que la construction d'une halte-garderie de 30 places, enfin un espace vert et une salle polyvalente.

Le procès qui consisterait à dire que la Ville de Paris ne tient pas compte des besoins des habitants du 8e arrondissement n'est pas fondé. Oui, nous avons investi non seulement en matière de logements parce que cet arrondissement en a besoin, même si nous partons de très loin, et nous savons qu'atteindre les 20 % dans cet arrondissement particulier prendra de très, très longues années, mais pour autant, nous avons décidé d'avancer sur la question du logement social et bien sûr, sur la question des besoins en équipements publics.

Mon avis est bien sûr défavorable quant au v?u que vous exprimez, je vous remercie.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. - Merci, Madame la Maire.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par le groupe U.M.P.P.A. assorti d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 61.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DU 61).