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Mai 2010
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2010, DU 37 - Attribution du marché de maîtrise d'oeuvre urbaine en vue de l'aménagement du secteur "Bercy Charenton" (12e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2010


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DU 37 sur lequel ont été déposés l'amendement no 8 du groupe "Les Verts" et l'amendement n° 8 bis par l?Exécutif.

Il s'agit de l'attribution du marché de maîtrise d'?uvre urbaine en vue de l'aménagement du secteur "Bercy Charenton", dans le 12e arrondissement.

La parole est à M. Christophe NAJDOVSKI pour cinq minutes.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Il nous est demandé d'approuver le choix du maître d'?uvre qui sera chargé de mettre au point, d'accompagner et de suivre la mise en place du Plan directeur du secteur "Bercy-Charenton".

L'équipe qui a été choisie à l'issue de la consultation selon la procédure de marché négocié, l'équipe Rogers Stirk Harbour & Partners, est celle qui a su le mieux comprendre les enjeux urbains d?aménagement du site et les objectifs d'aménagement de la Ville de Paris, et surtout saisir le mieux la dimension métropolitaine du site d'une surface de 63 hectares.

Comme indiqué dans l'exposé des motifs, le site "Bercy-Charenton" est l'une des dernières grandes emprises foncières de la Capitale. L?A.P.U.R. a réalisé un diagnostic du site en 2007 et avait qualifié ce territoire de chaînon manquant entre Paris et Charenton ; on pourrait même ajouter : entre les deux Bercy, celui de Paris, annexé en 1860 à la Capitale, et celui de Charenton.

L?enjeu consiste ici à reconstruire la ville sur la ville, à créer un nouveau quartier avec une mixité des fonctions urbaines : habitat, activités économiques, activités de logistique, grands services urbains qui intégreront dans les études la possibilité d'accueil de foires et de cirques.

Il s'agit également de développer les transports en commun avec l'arrivée du tramway T3 en 2012 et la perspective de la création à terme d'une gare du R.E.R. D à la porte de Charenton.

Autre impératif, transformer l'environnement du site avec la reconfiguration de l'échangeur de la porte de Bercy, la requalification du quai de Bercy en boulevard urbain, le prolongement de la rue Baron-le-Roy par une voie réservée aux circulations douces et le désenclavement du quartier de Bercy.

L'occasion nous est aussi donnée de mettre en valeur le bastion numéro un, l'un des derniers vestiges des fortifications, aujourd'hui presque oublié.

Surtout, le site doit traiter deux éléments majeurs et de dimension métropolitaine que sont la Seine et le bois de Vincennes. Aussi, la liaison entre ces deux sites par une trame verte est une question de première importance, et ce, d'autant plus dans la perspective à terme d'une reconquête globale des berges et des quais de la Seine, tout en y maintenant les activités fluviales et portuaires indispensables pour le fret de marchandises.

Nous avons la conviction que nous pouvons relier les deux bois parisiens par la Seine, colonne vertébrale de notre Capitale. Cette trame verte entre le bois de Vincennes, le parc de Bercy et la Seine doit nous conduire à penser de manière simultanée la mutation de "Bercy-Charenton" et celle de la pelouse de Reuilly, bien que celle-ci soit hors périmètre mais en réalité juste à côté du périmètre du site. J'espère que cette dimension sera bien présente dans la réflexion menée sur l'aménagement du site.

Je dirai un mot sur le centre commercial Bercy 2. Nous entendons ici ou là que ce centre perd des clients et ne marche pas très bien. C?est le signe manifeste de l?échec d?un certain urbanisme commercial, fondé sur le tout-consommation et sur le tout-voiture.

Nous devons penser l'aménagement du site en cherchant à ne pas répéter les erreurs du passé mais au contraire à définir le modèle d?un quartier du XXIe siècle dans une mixité de fonctions, bâti selon les principes d'un éco-quartier.

Je terminerai par la question de la concertation, avec le souhait de la mise en place d'un comité permanent de concertation de manière à associer de manière continue un maximum d'acteurs à la concertation sur l'aménagement du secteur.

C'est le sens de l'amendement que j'ai déposé.

Monsieur le Maire, je termine là-dessus, l'avenir du site "Bercy-Charenton" est entre nos mains : saisissons donc cette chance pour inventer ensemble, à l?échelle d?un quartier, la ville du XXIe siècle écologique et solidaire.

Je vous remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - La parole est à Mme Michèle BLUMENTHAL pour cinq minutes.

Mme Michèle BLUMENTHAL, maire du 12e arrondissement. - Merci.

Le projet de délibération soumis à notre vote aujourd?hui est la deuxième étape de celle que nous avons votée en juillet dernier, à savoir la fin de la procédure d'appel d'offres.

De la fin des années 1970 à 2005, dans le 12e arrondissement, le quartier de Bercy a été aménagé. Ce quartier renommé, bien relié à Paris au Nord et à l?Ouest, ne l'est pas avec le reste de l'arrondissement.

De l'autre côté du périphérique, sur la même rive, un quartier similaire s?est développé à Charenton, quartier qui rencontre des difficultés identiques à celui du 12e.

L'espace qui les sépare est à ce jour, comme le qualifie l?A.P.U.R., un non-lieu, un vide entouré de ville. Ce territoire d?entre-deux, qui pouvait être considéré comme un site de rejet difficile à aménager, offre d'énormes potentialités.

En effet, cet espace qui n'a jamais été habité est le lieu de rencontre de trois flux : l'eau, le fer et la route, et se trouve à proximité du bois de Vincennes.

L?objectif est bien de faire naître un morceau de ville, assurant la continuité entre Paris et Charenton. Bien que l'objectif global du secteur ne soit pas complètement arrêté, la construction de ce nouveau morceau de Ville, le chaînon manquant comme le dit l?A.P.U.R., doit chercher à mettre à équivalence emploi et habitat.

Il est ainsi envisagé à terme un programme de l'ordre de 5.000 logements, 450.000 mètres carrés d'immeubles à vocation économique, et à ces fonctions principales s?ajouteront commerces de proximité et équipements publics.

L'établissement d'une trame verte mettra en relation le parc de Bercy, le bois de Vincennes et la Seine. L'espace vert du bastion devrait retrouver alors une vocation de loisir et de détente.

Le développement urbain souhaité réalise un maillage continu entre des territoires isolés, tout en s'appuyant sur les axes existant rue de Charenton et boulevard Poniatowski, et créera une nouvelle liaison en prolongeant la rue Baron-le-Roy, objectif prioritaire.

En complément de l'arrivée du T3 en 2012, l?évolution des axes routiers et les mutations des installations ferroviaires constituent des composantes majeures du programme d'aménagement.

Elles permettront de promouvoir un ensemble urbain de qualité ouvert sur la Seine, articulé entre les quartiers de Charenton et de Paris, et d?affirmer une trame verte et bleue, support de nouvelles fonctions de loisir et de détente autour de l'espace ferroviaire.

Les premières réflexions sur les mutations urbaines de ce secteur se sont traduites par l?inscription d?orientations d'aménagement dans le cadre du P.L.U., poursuivies en 2007 au travers d?un groupe de travail sur l'évolution du paysage urbain.

En juillet 2009, nous avons approuvé les objectifs poursuivis et les modalités de la concertation préalable à l'aménagement de ce secteur.

De plus, nous avons autorisé la signature d'une convention constitutive d'un groupement de commande avec la communauté de communes Charenton-le-Pont Saint-Maurice pour la réalisation d?études portant sur les déplacements et l'évolution commerciale, l?engagement d?une consultation d'urbanisme et le lancement d'appels d'offres pour des études techniques nécessaires à l?accompagnement du projet.

Ce marché de maîtrise d??uvre urbaine doit permettre d?apprécier l?évolution de la gare de fret de la Rapée, la faisabilité de sursols au-dessus du faisceau ferroviaire, de connaître les contraintes techniques d'occupation de terrain, de définir un plan directeur d'aménagement, de préciser le phasage de secteurs opérationnels.

Il devra disposer d'une vision d'ensemble sur tout le site et proposer un découpage en secteurs homogènes et cohérents entre eux.

Il a été retenu les modalités de passation de marchés de maîtrise d'?uvre urbaine, selon la procédure du marché négocié. Cette procédure qui s'est déroulée de juillet 2009 à mars 2010 arrive à son terme et nous pouvons attribuer le marché.

Les point clés de l'analyse des propositions portaient sur les points suivants : la compréhension des enjeux urbains, les aspects méthodologiques et les moyens techniques et humains.

Au vu de l?analyse dont vous avez les éléments dans le projet de délibération, il est proposé d'attribuer le marché à l?équipe dont le mandataire est Rogers Stirk Harbour, qui faisait partie des équipes d?architectes pour imaginer le Grand Paris, ses co-traitants étant l?atelier Jean Nouvel, AREP Ville et Michel DEVIGNE.

Cette équipe présente l'ensemble des compétences demandées et répond aux enjeux et objectifs d'aménagement.

Créer un morceau de Ville durable en atténuant ou en éliminant les barrières physiques (voies ferrées, périphériques), créer des couloirs écologiques comme le dit Richard ROGERS, la qualité de conception des espaces publics comme gage d?intégration sociale, voilà la dynamique commune dans laquelle s'engagent Paris et Charenton.

Merci.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire.

La parole est à Mme Sandrine CHARNOZ, pour cinq minutes.

Mme Sandrine CHARNOZ. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, je voudrais à mon tour vous dire le plaisir que j?ai à m?exprimer sur ce projet de délibération.

Je me réjouis de l'avancée de ce projet, qui va permettre de transformer et d?urbaniser ce territoire en friches, ces emprises ferroviaires entourées et traversées par des modes lourds, responsables d'un environnement dégradé, un site qui, malgré sa position en bord de fleuve, n'est pas relié aux berges.

Ce projet urbain doit nous permettre de construire un quartier de grande qualité, fidèle au développement durable que nous portons ;

Un quartier mixte : logements, programmes à caractère économique pour développer l'emploi, équipements publics et services urbains ;

Un quartier pour augmenter l?offre de logements afin de pouvoir répondre aux attentes des habitants en cours d'expulsion, aux longues listes d'attente, car, pour nous le logement est une priorité absolue ;

Un quartier qui redonne à Paris sa façade fluviale ;

Un quartier qui surmonte enfin la coupure du périphérique pour dessiner la ville métropolitaine de demain, qui reliera Paris et Charenton par le prolongement, entre autres, de la rue Baron-le-Roy.

Le projet de délibération qui nous est proposé aujourd'hui s'inscrit dans la continuité de celle proposée le 8 juillet dernier et nous permet de sélectionner l?équipe lauréate de la consultation de maîtrise d??uvre urbaine pour l?aménagement de ce site.

Je voudrais revenir sur la dimension métropolitaine de ce futur quartier. Rappelons que tous nos projets parisiens sont menés dans une perspective métropolitaine : Paris Rive gauche, Paris Nord-Est, Batignolles ; mais Bercy-Charenton franchit ici encore une étape supplémentaire.

Une dimension métropolitaine dès le choix du nom, Bercy-Charenton,

Une dimension métropolitaine par sa situation.

En effet, le secteur Bercy-Charenton constitue l?une des dernières opportunités foncières de la Capitale et offre un important potentiel d'aménagement, de par sa situation en bordure de Seine à l?entrée de Paris, face à Paris Rive gauche et à l?opération d'intérêt national Seine-amont.

La dimension métropolitaine du site s'inscrit donc non seulement par sa taille, 63 hectares, mais aussi par sa situation géographique.

Et une dimension métropolitaine dès l'amont du processus de réflexion.

Il y a eu tout d?abord la discussion avec le Maire de Charenton pour vérifier la compatibilité de nos approches et partager les objectifs,

Une dimension métropolitaine dans la consultation et le choix du lauréat de la maîtrise d??uvre urbaine. En effet, le cahier des charges insiste et détaille ses aspects et le Maire de Charenton a participé au Comité de pilotage et au jury.

C?est également une dimension métropolitaine par les études communes sur les éléments essentiels. Les conclusions de ces études auraient pu nous diviser, elles ont au contraire renforcé la feuille de route commune.

Les scénarios de développement économique ou les déplacements sont des sujets sensibles. Charenton bénéficie d'une structure commerciale de rayonnement important qui est Bercy 2. Ainsi, l'enjeu du futur quartier est-il d'asseoir cette locomotive sans pour autant détruire le développement du futur quartier et les commerces existant dans le 12e.

Les déplacements sont également un sujet sensible et on se souvient des débats autour de la suppression du passage souterrain porte de Charenton pour mieux intégrer le T3.

Mener des études ensemble démontre que Paris Métropole est en marche et que nous partageons tous une même ambition.

Le premier Comité de pilotage qui s?est tenu le 31 mars en Mairie de Charenton a fait le point sur les études de déplacement et le développement économique. Je voudrais y revenir un peu.

Concernant le développement économique, le Comité de pilotage a écarté deux scénarios, l'un fondé sur un développement commercial de grande ampleur, visant un secteur commercial de dimension régionale, l'autre fondé sur un développement massif de la logistique urbaine.

La prochaine étape étudiera un développement économique équilibré et divers entre différentes formes d?activité.

Concernant les déplacements, le bureau d'études a identifié des pistes pour améliorer les situations, notamment en restructurant les transports en commun de surface et en améliorant les circulations douces. Ces petites actions permettront d?investir le territoire assez vite.

Parallèlement, il faudra mettre tout en ?uvre pour obtenir à moyen terme des dessertes plus lourdes en transports en commun.

Mes chers collègues, la dynamique commune dans laquelle s'engagent les deux communes pour la définition de ce projet ambitieux témoigne de la réalité de Paris Métropole.

Je voudrais revenir sur l?équipe issue de la consultation qui vient d'être sélectionnée, l'équipe Richard ROGERS, TVK, Jean Nouvel-AREP et Michel DEVIGNE.

Cette équipe, comme vous vous en souvenez, est menée par l?un des architectes de la consultation du Grand Paris. La dimension métropolitaine est d?ailleurs fort présente dans leur offre, elle les distingue des trois autres équipes en lice.

Parmi les points forts qui ont conduit à la sélection de l'équipe, on note entre autres cette compréhension de l'enjeu métropolitain du site et la conciliation des différentes échelles, difficile sur ce site : le quartier à vivre d'une grande qualité urbaine, demain respectueux du développement durable ; le rééquilibrage économique et de l'emploi à l'Est de Paris ; le rétablissement d'une continuité urbaine entre Paris et Charenton, d?une continuité urbaine entre ce quartier et le 12e, notamment le bois de Vincennes entre autres, et entre ce quartier et la Seine.

Autre point fort de l'équipe, sur lequel je souhaiterais insister, c'est le lien compris entre la conception et le financement du projet urbain, rejoignant une problématique majeure du cahier des charges, car en tant que maître d'ouvrage nous sommes soucieux de la faisabilité du projet et d'un découpage en secteurs opérationnels cohérents et de l'équilibre financier.

La question de la temporalité et de la gestion de la période intermédiaire est en soi un enjeu. Il s'agit de séquencer ces travaux en cohérence avec la programmation de l?urbanisation, avec un montage financier de l'opération adapté.

J?en profite pour réaffirmer notre souhait de répondre à une attente forte des habitants du 12e et de Charenton sur le prolongement de la rue Baron-le-Roy, et ce dès la première phase.

Je vais terminer sur les propres mots de l'équipe, qui nous font rêver sur ce futur quartier : l?équipe nous invite à faire une ville extraordinaire, à dépasser le grain de la ville ordinaire et à trouver l?image du site. Suivons-les !

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame.

La parole est à M. Jean-Marie CAVADA, pour cinq minutes.

M. Jean-Marie CAVADA. - Merci, Monsieur le Maire.

Beaucoup de choses viennent d?être dites par les trois orateurs concernés en direct par ce réaménagement de cette partie du 12e et j'en partage un certain nombre, en effet.

L'aménagement du site Bercy-Charenton, ce sont 50 hectares, les deux tiers appartiennent à Paris, l'autre tiers, vous l?avez compris, à Charenton. C'est un dossier qui mérite notre plus grande attention et je l'avais déjà souligné au mois de juillet 2009 dans une précédente intervention.

Il est, en effet, important de prendre en compte la complexité de ce territoire qu?ont décrit mes collègues et de proposer un aménagement qui soit approprié au lieu en y implantant tous les ingrédients d'un tissu urbain moderne. En réalité, vous l'avez bien compris, nous sommes ici dans quelque chose de prospectif ; ce que nous souhaitons, c'est, en effet, un éco-quartier. Il soulève beaucoup d'espoir et c'est un peu une préfiguration des éléments de la ville du XXIe siècle que nous avons à organiser.

Nous souhaitons que les habitants, que les commerçants, que les élus de la majorité et de l'opposition soient associés à une consultation sur l'aménagement de ces 50 hectares, car sur cette surface, il y a suffisamment de place pour construire un quartier qui soit évidemment vivant, sans saccager les éléments qui sont déjà structurellement, aujourd'hui, liants, un quartier dans lequel quelques commerces s'ajouteront aux habitations, des logement sociaux, mais aussi des logements intermédiaires, de façon à ne créer aucun ghetto, et où la place sera faite aux activités culturelles, sportives, et surtout au respect des espace verts, notamment via cette fameuse Trame verte qui me semble une très bonne idée, en effet.

Cette concertation doit se faire aussi bien en amont que pendant la durée des travaux à étapes régulières. Le quartier de Bercy est devenu un quartier reconnu. Il jouit d'une très grande renommée, tout d?abord d'un point de vue culturel, avec son ensemble culturel sportif, cinéma, P.O.P.B., mais aussi du point de vue touristique avec le parc de Bercy, avec le village, et, enfin, économique avec cette gare, les nombreuses entreprises implantées dans cette zone et le centre commercial de Bercy 2, situé à Charenton-le-Pont, qui mérite, en effet, comme l?a dit M. NAJDOVSKI, quelques aménagements nouveaux.

Mais de nombreux défis vont se présenter à nous pour réaliser et mener à bien ce projet. Il faudra aussi restructurer l?échangeur de Bercy, le plus grand échangeur d'Europe qui, aujourd'hui, est une sorte d?égout à voitures, réaliser de nouveaux logements, prolonger, comme l?a dit ma collègue tout à l'heure, la rue Baron-Le-Roy vers Charenton, revoir, comme nous l?avons tous dit, et aménager le centre commercial Bercy 2 en concertation avec la commune de Charenton.

Il faut mettre en ?uvre tous les moyens nécessaires pour faire de ce lieu un véritable espace de vie d'une nouvelle politique de la ville, ce qui semble susciter, apparemment, un minimum de consensus dans cette assemblée.

Nous resterons évidemment, quant à notre groupe, très vigilants sur les suites qui seront données à ce dossier et surtout à ses étapes de réalisation. Nous souhaitons que chaque étape soit discutée et validée par tous les élus, car ce seront les véritables relais d'acceptation de ce projet auprès de la population.

Ces 50 hectares sont un remarquable potentiel, ils nous donnent une vision de l?avenir de ce demi-siècle qui commence. A nous, à présent, de veiller à ce que leur exploitation soit la plus pertinente possible.

Je vous remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

Pour exposer le point de vue de la Municipalité, la parole sera successivement à Mme Anne HIDALGO et à M. Pierre MANSAT.

Madame HIDALGO ?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Tout d?abord, je me réjouis vraiment des expressions dans lesquelles il y a une part d'enthousiasme que j'ai entendue chez tous les orateurs et donc, permettez-moi de remercier Christophe NAJDOVSKI, Sandrine CHARNOZ, Jean-Marie CAVADA et, bien sûr, Michèle BLUMENTHAL, qui est un des piliers de ce très beau projet.

Si le Conseil nous en donne l'autorisation aujourd'hui, nous lancerons les études opérationnelles côté Paris pour engager vraiment les études d'un secteur complexe, un secteur métropolitain, Pierre MANSAT y reviendra, parce que c?est vrai que nous sommes sur un territoire d'aménagement qui se situe à cheval entre Paris et Charenton et grâce au travail notamment qu'a accompli Pierre MANSAT dès la mandature précédente, nous avons pu, avec le maire de Charenton, trouver très vite les chemins d'un travail commun.

Plusieurs études ont déjà été conduites sur ce secteur ; je pense, bien sûr, à l'étude de l?Apur, je pense aussi au Workshop hauteur de 2007 qui avait conduit plusieurs équipes d?urbanistes et d'architectes à faire des projections sur ce secteur.

Nous avons opéré un choix à l'issue d'un jury qui a été passionnant parce que les équipes qui souhaitaient gagner ce marché étaient vraiment d'une immense qualité, mais je crois que le choix de l'équipe ROGERS, vous l'avez dit les uns et les autres est parfaitement adapté. D?abord, c'est un des plus grands architectes au monde, je rappelle que c?est notamment lui l'architecte du centre Georges Pompidou qu'il a réalisé il y a 35 ans dans notre capitale et il a, bien sûr, aussi participé à la consultation internationale du Grand Paris et, avec lui, se trouvent également Jean NOUVEL, Michel DESVIGNE, Jean-Marie DUTHILLEUL eux aussi parties prenantes de la consultation des architectes sur le Grand Paris, et la jeune équipe TVK que nous connaissons notamment pour la place de la République, donc une équipe à la fois prestigieuse, de compétence très importante, pour un secteur qui le mérite, parce qu?effectivement, ce secteur est un secteur complexe, vous l'avez dit, c'est un de ces secteurs, le dernier d?ailleurs en aménagement à Paris, dans lequel il y a tout ce qui concerne la logistique urbaine, les réseaux, un secteur qui est extrêmement traumatisé, notamment par les voies autoroutières et ferroviaires, et dans lequel il s'agit de faire surgir, de construire, de fabriquer une ville durable, un morceau de ville durable du XXIe siècle, avec tout ce qui va avec, c'est-à-dire sa mixité fonctionnelle, sa mixité sociale, ses espaces verts, ses services publics et, bien sûr, sa qualité architecturale.

C'est à cela que nous allons nous atteler et nous avons devant nous beaucoup d'étapes à venir. Je sais que notamment Christophe NAJDOVSKI a proposé un v?u en réponse auquel je propose un v?u de substitution de l?Exécutif sur la concertation. Cela rejoint un peu ce que j'ai dit tout à l'heure à M. TRÉMÈGE, nous sommes, bien sûr, plus que favorables à partir des acquis de la concertation que nous avons conduite sur d'autres secteurs. Oui, il faut un comité permanent de concertation, avec les élus de tous bords, de Paris et de Charenton, mais aussi de Saint-Maurice, avec les associations, cela est indispensable, mais je pense qu'il faut aller plus loin et que nous essayions de recueillir la parole de ceux qui ne viennent pas habituellement dans ces comités de concertation, et, là aussi, je me ferai épauler par Hamou BOUAKKAZ sur ce sujet, pour que nous trouvions les bonnes modalités d'une concertation qui à la fois soit institutionnelle parce qu?il faut formaliser les choses, mais qui, en même temps, ne se fige pas et permette de donner la parole notamment à des publics qui ne viennent pas dans ces concertations, aux conseils de quartier, etc.

Plusieurs, et notamment Sandrine CHARNOZ, mais aussi Michèle BLUMENTHAL et Christophe NAJDOVSKI, ont évoqué la question du commerce. Vous avez tout à fait raison de l'évoquer et de rappeler quels ont été les éléments repris lors du comité de concertation qui avait été conduit avec Charenton.

Nous devons trouver, y compris sur la question des activités et du commerce, un schéma qui soit un schéma équilibré, puisque nous savons tous que des rues commerçantes, du commerce de proximité, c'est aussi ce qui donne de la dynamique à notre ville.

Je me réjouis du début d'un processus qui va être long, puisque c'est un aménagement de grande ampleur. Nous sommes, en gros, au début de l'aménagement tel que cela a dû être envisagé lorsque Paris rive gauche apparaissait comme un secteur d'aménagement très important pour la Ville. Nous sommes sur des aménagements sur lesquels la Ville s'engagera pour les 10 à 15 ans qui viennent.

Nous avons l'ambition de faire cette ville humaine et cette ville durable et je crois qu'avec l'enthousiasme qui a déjà été exprimé ici et cette envie de participer à cette aventure et avec l?équipe qui va nous épauler, nous avons de quoi, effectivement, inventer cette ville du XXIe siècle à laquelle nous aspirons.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire.

La parole est à M. Pierre MANSAT.

M. Pierre MANSAT, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Monsieur le Maire, je crois qu?Anne HIDALGO a répondu à la totalités des questions des orateurs. Je ne crois pas nécessaire d'allonger nos débats.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci.

En réponse à l'amendement n° 8, l?Exécutif a déposé l'amendement n° 8 bis.

L'amendement n° 8 est-il maintenu, Monsieur le Président GAREL ?

C'est un amendement qui avait été déposé par le groupe "Les Verts".

Monsieur NAJDOVSKI ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Je retire l'amendement au profit du v?u de l?Exécutif.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Très bien. Ce n'est d?ailleurs pas un v?u mais un amendement, ce n'est pas grave !

Je mets donc aux voix, à main levée, l'amendement n° 8 bis de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

L'amendement est donc, il faut le souligner, adopté à l'unanimité.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l'examen de v?ux qui ne se rapportent à aucun projet de délibération et cinq de ces v?ux, les v?ux n° 9 et 10, déposés par le groupe Centre et Indépendants, et les v?ux n° 11, 12 et 13, déposés par le groupe U.M.P.P.A. ont été regroupés parce qu?ils ont trait au même sujet : le projet d'aménagement des voies sur berges.

La parole sera successivement à Mme CUIGNACHE-GALLOIS pour le groupe Centre et Indépendants.

Monsieur le Sénateur ?

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, rapporteure. On n'a pas voté le projet de délibération, Monsieur le Maire.

M. Yves POZZO di BORGO. - Une question de règlement, Monsieur le Maire.

Vous regroupez les questions, c?est très bien, mais on a toujours le même temps ?

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Oui, j'allais le dire, Monsieur le Sénateur.

Encore une fois, je suis désolé d'avoir brûlé l'étape du vote du projet de délibération, tout attentif que je sois à un déroulement rapide de la séance.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 37 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération amendé est adopté à l'unanimité. (2010, DU 37).