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Mai 2010
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Conseil Municipal
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2010, DAC 86 - Signature d'une convention relative à l'attribution d'une subvention à l'association Théâtre de la Ville (4e et 18e). - Montant : 5.350.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2010


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DAC 86. Il s'agit de la signature d?une convention relative à l?attribution d'une subvention à l'association "Théâtre de la Ville".

La parole est à Mme Danielle FOURNIER.

Mme Danielle FOURNIER. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous avons, à ce Conseil, à nous prononcer sur de nombreux projets de délibération qui concernent des subventions aux associations culturelles, et notamment théâtrales, et à l'examen de ces diverses délibérations, il est parfois difficile de savoir quels critères sont pris en compte, dans le contexte général de crise et de vigilance budgétaire, pour attribuer les subventions.

Par exemple, celle sur laquelle je suis inscrite, la subvention au "Théâtre de la Ville", qui était de 10,4 millions d?euros depuis 2006, est augmentée de 550.000 euros, alors que celle du "Théâtre du Rond-point" subit une baisse de 1,9 % par rapport à 2009.

Il est évident que les services étudient avec soin les demandes et qu'il ne saurait y avoir de quasi-automaticité dans le maintien ou l'augmentation d'une subvention.

Néanmoins, nous constatons aussi que de nombreuses associations culturelles, et je parle ici de celles qui perçoivent moins de 100.000 euros de la part de la Ville, ne voient pas leur subvention progresser et, parfois même, subissent une diminution.

Aussi, je souhaiterais vous interroger sur le choix qui a été effectué en matière de subvention. Y a-t-il une différence de traitement entre petites et grandes associations ? S'il est vrai que les associations bénéficiant de plus de 100.000 euros subissent une diminution de 1%, est-ce que cela veut dire que celles qui sont en dessous verront de manière générale leur montant inchangé ?

Bref, pouvez-vous nous éclaircir sur les décisions qui ont été prises en matière de subventions culturelles ?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Monsieur Christophe GIRARD, éclairez-nous !

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Merci beaucoup.

Mme FOURNIER, comme toujours, est précise et courtoise et je vais donc tenter de répondre au mieux à ses interrogations tout à fait légitimes.

La répartition des subventions en 2010 entraîne une baisse des grandes subventions, mais la préservation totale et absolue des structures fragiles. La grande majorité des subventions supérieures à 100.000 euros connaissent en 2010 une baisse de 1,5 % ; cela correspond à une cinquantaine de structures culturelles. Cette baisse forfaitaire permet de répartir de la manière la plus équitable possible l'effort d'économie qui doit être collectivement réalisé en période de crise.

Etant donné l'importance de soutenir les associations culturelles de proximité, ainsi que certains secteurs culturels fragiles ou très innovants, comme les musiques actuelles, le cirque et les arts de la rue, nous avons tenu, le Maire de Paris et nous-mêmes, à ce que l'effort d'économie ne porte pas sur les petites et moyennes structures, dont les subventions sont inférieures à 100.000 euros.

Toutes ces petites et moyennes structures qui contribuent à la vitalité et à l'originalité culturelle de Paris verront leur subvention stabilisée en 2010.

Une autre exception est faite, cependant, pour le Théâtre de la Ville, comme l?a rappelé Mme FOURNIER.

Alors pourquoi cette augmentation, ou plutôt cette prime, de 150.000 euros au Théâtre de la Ville ?

Avec une subvention constante de 10,4 millions d?euros depuis 2006, sur un budget total d'environ 14 millions d?euros, le Théâtre de la Ville, théâtre de l'excellence, a réussi à prendre en charge une série de dépenses supplémentaires, notamment l'évolution automatique de la masse salariale, sans créer de déficit, grâce à une gestion rigoureuse, à plusieurs mesures d'économie, mais également grâce à la réduction des dépenses artistiques.

En effet, le théâtre a été contraint de revoir à la baisse sa capacité de production, qui fait pourtant sa spécificité à Paris et son rayonnement mondial et international.

Une augmentation de la subvention est indispensable aujourd'hui pour rétablir la capacité de production du Théâtre de la Ville, mais également pour permettre à Emmanuel DEMARCY-MOTA, nouveau directeur, rempli de fougue et d'énergie, de développer les axes nouveaux qu'il a impulsés à son arrivée : le jeune public, la mixité sociale, l'éducation artistique, les actions culturelles, l'engagement pour tous les quartiers et le hors les murs, les partenariats internationaux et les collaborations avec les autres structures culturelles municipales.

L'ouverture du Théâtre de la Ville et la diversification des publics sont, en effet, au c?ur de la mission d'Emmanuel DEMARCY-MOTA, nouveau directeur fougueux et nerveux.

Le nombre d'abonnements a été réduit afin de libérer des places accessibles à la vente, jusqu?à 15 jours ou trois semaines avant chaque représentation. Cette politique dynamique est plus risquée financièrement, mais a permis d'amorcer un renouvellement du public du Théâtre de la Ville et un changement radical d'image de l'établissement.

D'autre part, Emmanuel DEMARCY-MOTA a mis en place un plan d'éducation artistique, et je sais, Madame FOURNIER, que vous y êtes attachée, intitulé "l'Ecole du spectateur" pour 900 écoliers, collégiens et lycéens d'Ile-de-France et j'associe, bien évidemment, Colombe BROSSEL, avec laquelle nous créons un certain nombre d'initiatives de ce type pour les deux années à venir : ateliers autour des spectacles, stages, visites, rencontres avec les artistes, visites des plateaux, compréhension de la mise en scène, intelligence de la chorégraphie, compréhension du montage d'un spectacle. Plusieurs partenariats locaux sont également développés avec les bibliothèques et je salue le grand réseau remarquable des bibliothèques de la Ville, au nombre de 69, les associations, les centres d'animation, les librairies et les mairies d'arrondissement, dont je salue l'action engagée des adjoints et des adjointes à la culture de chaque arrondissement.

Pour toutes ces raisons, la subvention de fonctionnement du Théâtre de la Ville, Théâtre Sarah-Bernhardt et Théâtre municipal de la danse à Paris est proposée en augmentation de

150.000 euros et je ne lâcherai rien !

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous avons été surpris par la fin.

Je mets maintenant aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 86.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2010, DAC 86).