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Mai 2010
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Conseil Municipal
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2010, DLH 54 - Garantie de la Ville de Paris au prêt réhabilitation souscrit par "Paris Habitat OPH" pour la réalisation d'un programme de réhabilitation de 613 logements du groupe immobilier "les quatre frères Peignot" situés 13-15, 8-16, 20-24, et 17-21 rue des Quatre Frères Peignot (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2010


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DLH 54. Il s?agit d?une garantie de la Ville de Paris à un prêt concernant une réhabilitation contracté par "Paris Habitat" pour la réalisation d'un programme de réhabilitation de 613 logements rue des Quatre-Frères-Peignot, dans le 15e arrondissement.

La parole est à M. Gilles ALAYRAC pour cinq minutes.

M. Gilles ALAYRAC. - Merci, Monsieur le Maire.

Les Quatre Frères Peignot constituent un ensemble de logements sociaux maintenant anciens, ils ont plus de 80 ans, ce sont les anciens H.B.M. et ils nécessitent une vaste rénovation.

On est, en effet, confronté à de l'insalubrité qu'il est maintenant temps de résorber.

La visite des Quatre Frères Peignot par le Directeur général de "Paris Habitat" l'an dernier a été, me semble-t-il, l'élément déclencheur de la vaste réhabilitation qui va débuter et dont je me réjouis.

Je souligne l'importance des travaux qui vont être conduits, d'abord dans les parties communes, avec, par exemple, la réfection et l'amélioration de la ventilation des caves et cages d'escalier, la réfection et la révision des toitures et des terrasses, la réfection ponctuelle des sols. J'observe également que les parties privatives ne seront pas oubliées, avec le remplacement des actuels appareils sanitaires et la réfection totale des salles de bain.

Ces aménagements répondent aux attentes exprimées par les résidents et leurs représentants et ils n'engendreront pas d'augmentation de loyer.

Le nécessaire devra être fait pour que les travaux réalisés en milieu occupé ne perturbent pas trop la vie des habitants et que ces derniers puissent être relogés provisoirement dans de bonnes conditions.

J'insiste sur ce point qui est, naturellement, quelque chose de très sensible, car la durée des travaux, 18 mois, sera relativement importante.

Cette opération d'un coût de 5,7 millions d'euros représente un investissement plus que significatif en faveur d'un quartier qui est confronté à des difficultés.

L'arrivée des correspondants de nuit qui travaillent sur ce secteur depuis la rentrée 2009 démontre la nécessité d'un accompagnement particulier de ce quartier où l'on observe un taux de chômage de 12,6 %, une proportion de non-diplômés de plus de 30 % et des familles monoparentales qui représentent plus de 20 % des foyers.

(M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, remplace M. Bernard GAUDILLÈRE au fauteuil de la présidence).

Avec la réhabilitation du groupe "Lefebvre-Périchaux", de "Paris Habitat" également, je constate que la Ville de Paris mène un effort considérable dans les quartiers d'habitat social du 15e arrondissement où vivent nos concitoyens qui ne sont pas les plus favorisés.

J'en remercie tout particulièrement notre collectivité.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN.

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN . - Je vous remercie et je regrette que le Maire de Paris ne soit pas présent en séance pour écouter nos débats très intéressants sur l'avenir de notre collectivité.

Mes chers collègues, je me réjouis de la réhabilitation de cet ensemble immobilier de 613 logements sociaux dans le 15e pour plusieurs raisons.

D'une part, parce que cette réhabilitation concerne un quartier populaire du 15e, la cité des Quatre Frères Peignot, qui doit se sentir soutenu. Dans la mémoire des Parisiens, ce quartier est connu pour être un quartier difficile en termes de sécurité, mais il a bien évolué. Il existe encore un décalage entre la délinquance objective qui reste faible et le ressenti des habitants et nous devons encore travailler, mais ce secteur, jadis qualifié de "Bronx", a changé dans le bon sens.

Il faut continuer à mieux accompagner cette évolution, notamment par le développement de la vidéoprotection, par l'extension des patrouilles du G.P.I.S. dans les immeubles de ce secteur. Nous espérons que l'arrivée récente des correspondants de nuit dans le quartier, que nous appelions de nos v?ux depuis 2001, portera ses fruits.

L?action de l?antenne jeunes est également indispensable et nous souhaitons plus que jamais que sa gestion soit décentralisée.

L'installation d'un poste de police dans le futur centre commercial Beaugrenelle saura, j'en suis sûre, renforcer utilement ce dispositif qui n'est, pour le moment, pas satisfaisant, avec la fermeture du commissariat de la rue Linois il y a quatre ans.

En raison des travaux du centre commercial, les habitants de la rue des Quatre-Frères-Peignot ont eu le sentiment d'être les grands oubliés de la Municipalité parisienne, malgré les belles promesses de ses représentants dans le 15e, donc je me réjouis de cette bonne nouvelle aujourd'hui pour les habitants de la rue des Quatre-Frères-Peignot.

Ce projet est, d?autre part, une bonne nouvelle, parce que les engagements de l?Exécutif parisien en matière de financement des logements sociaux, avec l'objectif de 40.000 sous la mandature, conduisent à faire du chiffre au détriment de l'entretien et de la rénovation de l'existant.

La politique du chiffre, c'est faire vite et donc faire mal, sans tirer les leçons des erreurs du passé, c?est notamment oublier les équipements municipaux indispensables.

La politique du chiffre, c?est oublier aussi d'investir dans le patrimoine social existant pour le moderniser. Des logements dignes, qui disposent de sanitaires et de pièces d'eau en état, c'est un minimum ! Et je ne pense pas que ce soit la visite du directeur de "Paris Habitat" qui ait déclenché ces travaux, puisque les habitants dénonçaient cet état de fait depuis de nombreuses années.

Cette réhabilitation a donné lieu à une concertation avec les associations de locataires pour le déroulement des travaux, car ils seront réalisés en milieu occupé. Nous veillerons à ce que ce protocole entre "Paris Habitat" et les amicales soit respecté dans l'intérêt des résidents.

Plusieurs points sont à souligner : les travaux devront être réalisés dans chaque appartement en trois semaines ; une aide à la mise en cartons sera proposée aux locataires qui sont souvent très âgés ; les techniciens, pour des raisons de sécurité, devront être badgés dans les ensembles... Par ailleurs, des logements relais seront mis à la disposition pour les relogements d?urgence, avec des solutions de garde-meuble. Mais surtout, ces travaux n?auront pas d'incidence financière et ne se traduiront pas par une augmentation de loyer.

Nous serons très attentifs sur ces points.

Pour finir, mes chers collègues, permettez-moi d?ajouter deux doléances supplémentaires.

Première doléance, 25 logements vides seront prochainement livrés dans cet ensemble à la fin du premier semestre 2010 ou au début du second semestre 2010. Certes, ils doivent servir de logements relais, mais ils devront, dès que possible, faire l?objet d'une attribution pérenne. Et j?en profite pour dénoncer le retard inadmissible de "Paris Habitat" pour le traitement des dossiers d'attribution des logements dans le 15e. Nous l'avons déploré, dans le 15e, un délai de six mois est souvent constaté entre les propositions d?attribution faites par la commission du 15e et la remise des clefs aux locataires. Ce délai est un scandale quand on connaît le nombre important de demandeurs de logement en attente à Paris. Comment justifiez-vous un traitement aussi long des dossiers ?

Deuxième doléance, dont j'ai fait part aux membres de la 8e Commission lors de sa dernière séance, Monsieur MANO. Votre directeur de cabinet s'était engagé à me fournir les réponses - j'espère que nous aurons le plaisir de les avoir aujourd'hui -. Je demande que soit dressé un bilan de l?occupation des locaux commerciaux de l?ensemble immobilier géré par "Paris Habitat" dans cette rue des Quatre-Frères-Peignot.

Pourquoi ? Parce que depuis de nombreuses années, les devantures de plusieurs boutiques sont closes sans qu'aucune activité commerciale ne soit pratiquée. Or, les commerçants déjà installés dans cette rue s'en plaignent, car ces rideaux fermés ne permettent pas une fréquentation optimale de la rue. Dans quelques années, il y aura un centre commercial à proximité et les commerçants de la rue des Quatre-Frères-Peignot craignent que leur rue ne soit définitivement désertée.

Comment expliquez-vous cette situation et que comptez-vous faire pour y remédier ?

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - La parole pour la réponse est à M. Jean-Yves MANO.

M. Jean-Yves MANO, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Deux interventions concernent cette adresse effectivement connue, qui nécessite une réhabilitation importante, pour un patrimoine ancien, certes, mais qui a fait l'objet en son temps, à la fin des années quatre-vingt, d'une opération P.A.L.U.L.O.S., à l?évidence, de piètre qualité car nous sommes obligés d'y revenir presque 20 ans après pour des investissements lourds de salles de bain et d'humidité relativement importante.

Cela prouve bien qu'à l'époque, malheureusement, la qualité des travaux n'était pas au rendez-vous. C'était sans doute d'autres considérations qui déterminaient l'obtention des travaux.

Je ne vais pas faire de commentaires complémentaires, mais nous sommes obligés de constater que, sur l'ensemble du patrimoine H.B.M. de cette époque, qui a fait l'objet de P.A.L.U.L.O.S., nous sommes obligés de repasser immédiatement dessus.

Je ferai référence à l'opération Solidarité dans le 18e arrondissement, concernant une construction de la même époque, ayant fait initialement objet d'une P.A.L.U.L.O.S., pour laquelle nous sommes obligés de tout recommencer.

Oui, "Paris Habitat" se mobilise, vous l'avez compris, dans l'intérêt des habitants. Il s'agit de faire des travaux relativement importants, pérennisant à terme la salubrité de ces immeubles qui n'est pas aujourd'hui garantie, avec la nécessité d?avoir des logements tiroirs. Lorsque l?on crée ou que l?on restructure des salles de bain, ce ne sont pas des travaux qui peuvent se faire en un ou deux jours.

Je pense que les habitants apprécient. Après enquête auprès d'eux, il apparaît que cette opération rencontre leur profond accord, nous pouvons nous en réjouir.

J?ai entendu Mme DOUVIN tenir un discours que je qualifierais de "goujonnesque", c'est-à-dire sécuritaire, parce qu?après tout, dans le 15e arrondissement, on n'entend parler que de cela.

Dès lors qu?un élu du 15e s?exprime, c?est pour parler de sécurité. Je ne sais pas si les locataires demandent la vidéosurveillance, nous leur poserons la question. En règle générale, ils ne sont pas très fanas de ce genre d'initiatives.

Jusqu?à maintenant, Paris Habitat n?a pas eu connaissance d?une telle demande, je tiens à le signaler.

En ce qui concerne le problème de la commercialité, Paris Habitat fera l'objet d'une question de ma part pour avoir une réponse précise. Je regrette comme vous que des locaux commerciaux soient aujourd'hui fermés, mais peut-être ne présentent-ils pas une commercialité suffisante pour que les commerçants des acceptent.

Néanmoins, je vais m?enquérir auprès de Paris Habitat afin de connaître les causes de la non affectation des locaux commerciaux sur le sujet.

Je répondrais également que si des travaux ont parfois pris un peu de temps, je regrette que la P.A.L.U.L.O.S. ne trouve plus de financements au niveau de l?État. Que vous le sachiez ou non, je vous informe que l?État s'est complètement désengagé de la réhabilitation du patrimoine et que tout est financé par des emprunts ou par le bailleur social.

C?est subventionné par la Ville quand il s'agit de mettre en place des Plans Climat. Ce sont des efforts extrêmement importants demandés aux bailleurs sociaux. Ce n'est pas la politique de création de 40.000 logements sociaux qui va à l'encontre de l'entretien du patrimoine, c'est le désengagement de l'État sur l'entretien du patrimoine qui est la cause des retards ainsi constatés.

Ceci doit être dit, mais bien évidemment, je me réjouis des travaux faits à cette adresse.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

J?ai une demande de prise de parole. Allez-y, Madame.

Mme Géraldine POIRAULT-GAUVIN . - Monsieur MANO, je m'appelle Géraldine POIRAULT-GAUVIN et pas Mme DOUVIN.

Nous siégeons dans la même Commission, qui est la 8e Commission, il serait agréable que vous connaissiez le nom de vos collègues, surtout quand ils vous interrogent précisément.

Lors de la 8e Commission, Monsieur MANO, votre Directeur de cabinet nous avait dit qu'il nous informerait de la situation commerciale dans cette rue. Ce n'est pas une question anodine, c'est une vraie question pour ce quartier, parce que la gestion par "Paris Habitat" de ces locaux commerciaux n'est pas satisfaisante.

Les commerçants installés nous posent de nombreuses questions. Nous, élus, n'avons pas de réponse. Nous attendons que, lorsque l?on pose des questions à l'Exécutif dans l?hémicycle, vous donniez les réponses. Vous avez été averti il y a au moins une semaine. Je ne suis pas du tout satisfaite.

Deuxièmement, dire que c'est un discours sécuritaire que de parler de vidéoprotection, d'intervention du G.P.I.S. dans les immeubles sociaux, c'est ne pas connaître ce qui se passe dans les quartiers, Monsieur MANO !

Votre réponse n'est satisfaisante ni de près ni de loin, et je le regrette. Néanmoins nous voterons ce programme "très ambitieux" sur le plan de la rénovation des salles de bain, mais qui ne se limite qu'à cela !

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Monsieur MANO, très rapidement.

M. Jean-Yves MANO, adjoint, rapporteur. - Je vous signale, Madame, que deux représentants de votre groupe politique siègent au Conseil d'administration de "Paris Habitat".

Ici, c'est le Conseil de Paris. Vous avez la possibilité d?écrire au Directeur général de "Paris Habitat" qui vous adressera une réponse en bonne et due forme, ce qui me semble être la moindre des choses.

Vous pouvez au moins lui écrire.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 54.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2010, DLH 54).