Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Mai 2010
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2010, Vœu déposé par le groupe Centre et Indépendants relatif au maintien d'une vie étudiante dans le quartier de la Sorbonne. Vœu déposé par l'Exécutif relatif au devenir de la Sorbonne.

Débat/ Conseil municipal/ Mai 2010


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Les v?ux n° 33 et n° 33 bis, relatifs au maintien des cours au sein de la Sorbonne à l'issue des travaux, ont été déposés par le groupe Centre et Indépendants et par l'Exécutif.

La parole est à M. Christian SAINT-ETIENNE? suppléé avantageusement par le Président POZZO di BORGO !

M. Yves POZZO di BORGO. - Merci, Monsieur le Président.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Mais vous n?avez qu?une minute !

M. Yves POZZO di BORGO. - Oui, je vais aller très vite.

Nous avons été saisis de cette affaire par des élus associatifs, étudiants de l'Université Paris IV - Paris Sorbonne. Ces élus ont aujourd'hui très peur que l?on profite des nécessaires travaux actuels, pour lesquels la Ville s'engage fortement, pour réduire encore les enseignements délivrés au sein des bâtiments de la Sorbonne. Ceci ne serait pas très acceptable. Après 1968, vous vous souvenez, on a vidé en partie le quartier Latin de ses étudiants. Il y avait là une sorte de réflexe après la crise qui s'était passée, mais si l'on vide aujourd'hui le quartier Latin de sa vie universitaire et si l'on vide la Sorbonne de ses étudiants, on va dans le sens d'une ville musée, d?une ville touristique, ...

Je sais que cela vous convient mais nous ne sommes pas pour !

Voilà ce à quoi nous refusons de voir réduit Paris.

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés , Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

Comme nous souhaitons que Paris soit une ville d'affaires qui pèse économiquement, nous souhaitons aussi que Paris soit une ville étudiante qui forme les futurs chercheurs et enseignants. Je ne suis pas sûr qu?envoyer trop longtemps les étudiants de Paris IV à Arcueil ou porte de Clignancourt fasse particulièrement rayonner cette université à l'étranger.

Nous voterons le v?u de l'Exécutif...

J?attendrai la suite, excusez-moi !

Voilà, merci.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président.

La parole est à M. Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Ce v?u va à peu près dans le même sens que ce que souhaite l'Exécutif municipal. D'ailleurs, je crois que Lyne COHEN-SOLAL avait proposé au Conseil du 5e arrondissement, il y a de cela deux ans, un v?u un peu similaire. Nous partageons le même objectif. En réalité, ce que nous vous proposons avec ce v?u de l'Exécutif, c'est d'élargir le propos et surtout de bien cibler le courrier, puisque le Président de Paris IV qui, lui, serait très favorable à ce que tous ses étudiants puissent étudier à la Sorbonne, n'est pas le décideur en matière d'affectation des locaux de la Sorbonne. C'est le Recteur de l'Académie de Paris qui est le décideur, donc c'est à lui qu'il faut écrire un courrier.

Mais je voudrais dire qu?il y a effectivement aujourd'hui, sur le devenir de la Sorbonne, une interrogation, un débat, à savoir : la Sorbonne doit-elle être un lieu de conférence, de manifestations internationales ? Ou doit-elle rester un lieu d'enseignement supérieur à destination des étudiants et un lieu d'accueil des laboratoires de recherche, c'est-à-dire principalement un lieu d'enseignement supérieur et de recherche ?

De ce point de vue, nos avis convergent, nous sommes favorables à ce que la Sorbonne soit un lieu d'enseignement supérieur et de recherche.

La Sorbonne n'est d'ailleurs pas uniquement occupée par les activités d'enseignement de Paris IV, vous le savez. Paris I, Paris III, Paris IV et même, dans une certaine mesure Paris V ont des activités d'enseignement et de recherche à la Sorbonne.

Il y a eu une discussion assez ferme entre la Ville de Paris et les différents P.R.E.S. qui se sont constitués à Paris autour de l'usage du nom Sorbonne, et vous savez que nous sommes intervenus très clairement dans ce débat, en disant que ce nom devait être utilisé par tous les P.R.E.S. parisiens.

De ce point de vue, il y a un vrai progrès puisque, aujourd'hui, les trois P.R.E.S. parisiens existants ou en cours de constitution vont utiliser ce nom de Sorbonne : Sorbonne Paris Cité, Sorbonne Universités et Hautes Etudes - Sorbonne - Arts et Métiers.

Simplement, nous pensons qu'il faut qu'il y ait un vrai débat et une vraie discussion, une vraie concertation sur l'usage de la Sorbonne après les travaux.

De ce point de vue, nous vous proposons, dans le v?u alternatif, de demander qu'une réflexion sur le devenir de la Sorbonne soit engagée avec la communauté universitaire.

Nous souhaitons à cette occasion proposer que la Ville de Paris soit partie prenante de cette discussion, parce que l'un des paradoxes de la situation que nous vivons aujourd'hui, c'est que nous sommes propriétaires de la Sorbonne, par "nous" j'entends la Ville de Paris. Nous sommes ceux qui paient la part la plus importante du financement des travaux.

Dans le v?u que nous vous proposons, nous rappelons les sommes qui sont en jeu : plus de 45 millions d'euros pour la mise en sécurité du bâtiment, dont 26 millions d'euros pour la rénovation de la bibliothèque interuniversitaire, qui est l'une des plus belles bibliothèques universitaires de France.

Il est un peu paradoxal que la Ville ne soit pas partie prenante, alors qu'elle est à la fois propriétaire et financeur des travaux, de la réflexion sur l'avenir et l'affectation de la Sorbonne. C'est la raison pour laquelle nous vous proposons, dans ce v?u alternatif, de demander au Recteur que la Ville de Paris soit officiellement associée à la réflexion sur les futures procédures de répartition et d'utilisation des lieux.

Vous savez que l'université parisienne est en cours de rénovation de façon assez importante, notamment avec la constitution des pôles de recherche et d'enseignement supérieur.

Ces pôles ont tous droit à un accès à la Sorbonne. Il est à la fois important que l'ensemble des universités parisiennes puisse se réclamer de la Sorbonne et que ce lieu reste un lieu d'accueil des étudiants et des chercheurs, et non une vitrine de manifestations publiques.

Je vous propose une substitution, c'est-à-dire que l'on reprenne le v?u de l'Exécutif qui, d'un certain point de vue, reprend tous les objectifs de votre v?u, mais les élargit et cible un peu mieux celui qui doit recevoir le courrier du Maire de Paris.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci.

La parole est à M. POZZO di BORGO.

M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur le Maire, je suis tout à fait satisfait de la réponse de M. MISSIKA.

Nous retirerons notre v?u et voterons ce v?u. Je suis ravi que M. TIBÉRI intervienne parce que j?aurais simplement souhaité ajouter, mais c'est au Maire du 5e de le dire, que sa mairie aurait intérêt à être aussi partenaire de cette réflexion.

C'est à vous de le dire.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Manifestez votre intérêt, Monsieur le Maire.

M. Jean TIBÉRI, maire du 5e arrondissement. - J?ai pris connaissance de l?intervention de nos collègues et amis du groupe Nouveau Centre sur cette affaire. Il est vrai que je n?ai pas été associé, mais ce n'est pas important, c'est tout à fait secondaire.

Sur le fond, j'ai vu dans la note qu'il existe un projet transformé. J?ignore qui a pu lancer cette information qui est une désinformation.

Une question avait été posée par le groupe socialiste qui était tout à fait erronée. Déjà, à l'époque, il n'y avait aucun projet de transformer la Sorbonne, c'était une affabulation, je ne sais pas d'où elle venait.

Dès que j'ai eu connaissance de ce projet, j'ai pris contact directement avec le Président de Paris IV, qui est un homme de qualité que personne ne conteste, qui m'a confirmé qu'il n'y avait jamais eu de projet de transformer cela.

Au contraire, lorsque les travaux seront terminés, il y aurait encore plus de locaux à affecter donc plus d'étudiants qui seraient affectés à la Sorbonne.

C'est une information que je livre à votre Assemblée. Je vais aller plus loin, puisque M. MISSIKA a parlé du Recteur. J'ai immédiatement appelé le Recteur, alors que j'étais sûr de sa réponse. Il m?a assuré que jamais il n'a été question de diminuer le nombre d'étudiants, au contraire. Il y aura après travaux plus d'étudiants à la Sorbonne qu'avant.

Pour que les choses soient sans ambiguïté, je demande que M. MISSIKA retire son projet. Ce n'est pas très sérieux d'essayer de mettre en cause directement ou indirectement le Rectorat.

Les choses sont d'une clarté totale ! Il n'y a jamais eu de volonté de diminuer le nombre d'étudiants.

Il y a des Conseils d'administration, vous le savez, à la Sorbonne. La Ville de Paris y est représentée. S'il y a concertation, c?est dans ce cadre.

Nous n'avons pas à nous substituer aux présidents d'université ni aux Conseils d?administration démocratiquement élus.

Je voudrais lire la lettre, en détail, pour terminer, du Recteur :

"Vous m?avez fait part d'inquiétudes concernant l?utilisation future des locaux de la Sorbonne, à l'issue des travaux qui doivent y être menés par la Ville et par l'État à partir de l?été prochain.

Je souhaite pleinement vous rassurer. En effet, les universités actuellement affectataires de la Sorbonne : Paris I, Paris III et Paris IV, d'une part conserveront pendant la durée des travaux leurs locaux en Sorbonne, non impactés par ces travaux et, d'autre part, retrouveront la totalité des surfaces qui leur sont actuellement affectées à l'issue de ces travaux.

Il est même très probable que, compte tenu du départ de l?Ecole nationale de Chartres et d'une réorganisation de certains services du Rectorat en Sorbonne, les universités affectataires bénéficieront à l'issue des travaux de locaux d?une surface supérieure d?environ 10 %.

Les présidents d'université ont été naturellement destinataires de ces informations."

Pour terminer, je suis persuadé de la bonne foi de nos collègues. Ils ont été mal informés et désinformés par certains esprits mal pensants, comme cela avait été fait il y a deux ans.

Il n'y a aucun problème à la Sorbonne, c?est le Président, représentant les étudiants et le Rectorat, qui l?affirme.

Je ne vois pas où est l'intérêt de ce débat.

(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.P.A.).

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - S'il n'y a pas d'intérêt, je vois qu'il y a beaucoup d'interventions.

Monsieur MISSIKA ?

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Je constate que M. TIBÉRI a le droit d?écrire ou de téléphoner au Recteur pour s?inquiéter du devenir de la Sorbonne, de recevoir un courrier, et qu?il propose d?interdire ce droit au Maire de Paris. C?est assez paradoxal .

Monsieur TIBÉRI, tout d'abord, vous ignorez quelque chose qui, à mon avis, est extrêmement important : il y a une Commission, un groupe de travail, à la Sorbonne, présidée par le Recteur, qui travaille en permanence sur cette question d'affectation des locaux.

Nous demandons, à travers ce courrier, que la Mairie de Paris puisse avoir un représentant dans ce groupe de travail, ce qui me paraît tout à fait normal compte tenu du fait que nous sommes propriétaires de ce bâtiment et que nous finançons les travaux.

L'un des paradoxes de la situation, qui a rendu la mise en ?uvre de ces travaux très compliquée, est que la commission en question a travaillé par exemple sur le phasage des départs des différentes universités, de l'Ecole des Chartes ou de l?E.P.H.E., sans que nous en soyons partie prenante, alors même que c'était la Direction de l'Urbanisme et la D.P.A., c'est-à-dire des directions de la Ville de Paris, qui devaient prendre en charge la gestion de ces travaux.

Cette commission n?a rien à voir avec les Conseils d?administration des universités. Nous traitons ici de la gestion d'un bâtiment qui est utilisé par un très grand nombre d'universités et d'écoles parisiennes.

Il est anormal que le propriétaire du bâtiment et l'administrateur des travaux ne puissent pas participer aux discussions sur l'affectation des locaux. De ce point de vue, je crois que le courrier du Maire de Paris au Recteur s'impose.

Deuxième élément, il est faux de dire qu'il n'y a pas de problème sur l'affectation future des locaux de la Sorbonne. Je vais vous donner un exemple : lors de la dernière réunion du Conseil d'administration de Sorbonne Paris Cité, le Vice-chancelier des universités a proposé que les structures administratives des P.R.E.S. soient accueillies à la Sorbonne.

Or, je suis désolé, ce n'est pas du tout accueillir de l'enseignement supérieur et de la recherche, c'est accueillir de l'administration des universités. Ce point mériterait d'être discuté, aussi bien avec les P.R.E.S. qu?avec le Rectorat et avec la Ville de Paris.

C?est la raison pour laquelle il me semble intéressant de dire au Rectorat que la Ville de Paris souhaite que l?essentiel des locaux de la Sorbonne soit consacré à l'enseignement supérieur et à la recherche.

J'ajouterai que l'on pourrait en profiter pour que certains services du Rectorat puissent quitter la Sorbonne parce que c'est de l'administration de la recherche, ce n?est pas de la recherche.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et "Les Verts").

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Attendez ! On ne va pas continuer ainsi longtemps.

On va passer au vote.

Il y a un v?u n° 33. Est-il maintenu ?

Le v?u n° 33 est retiré.

Je mets aux voix le v?u 33 bis?

(Mouvements de protestation sur les bancs du groupe U.M.P.P.A.).

Allez-y, parce que vous êtes le maire d'arrondissement, mais rapidement.

M. Jean TIBERI, maire du 5e arrondissement. - Je note avec satisfaction que le groupe Nouveau Centre retire son projet, ce qui montre bien que l'information selon laquelle il y aurait moins de locaux affectés aux étudiants était une fausse information. Je demande à M. MISSIKA si, au moins sur ce sujet, on est d'accord. Cela va déterminer mon vote suivant.

Si c'est simplement pour demander au Recteur que la Mairie soit associée à un travail quelconque, je ne m'y oppose pas, mais laisser courir le bruit qu'il y aurait des locaux insuffisants à l'avenir pour les étudiants est une fausse information. C'est sur ce sujet que l'on doit parler.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Attendez ! On passe au vote.

Un mot, c?est tout !

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Il ne vous a pas échappé que dans le v?u de l'Exécutif, il n'est pas fait allusion à cette question d?occupation des locaux. Nous considérons au contraire que nous devons avoir un débat approfondi et clair avec le Rectorat et avec les universités concernées sur l'affectation future des locaux de la Sorbonne avec un principe, qui est le principe que ces locaux doivent être prioritairement utilisés par les universitaires.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - On arrête ! On arrête !

Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2010, V. 94).