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Octobre 2000
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Conseil Général
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5 - Proposition de vœu déposée par M. Henri MALBERG et les membres du groupe communiste, par les élus de "Ensemble pour une gauche alternative et écologiste" et par les "Verts" relative à l'ouverture des archives concernant la manifestation du 17 octobre 1961

Débat/ Conseil général/ Octobre 2000


M. DANGLES, président. - Nous allons maintenant passer à l'examen de la proposition de voeu qui a été déposée par M. MALBERG et les élus du groupe communiste ainsi que par les élus de "Ensemble pour une gauche alternative et écologiste" et par les "Verts".
Monsieur MALBERG, vous avez la parole.
M. Henri MALBERG. - J'ai été informé que le Président du Conseil général va nous proposer de transmettre ce voeu à la Préfecture de police. Celui-ci ne peut pas y répondre directement en session de Conseil général. Le débat aurait donc lieu ultérieurement.
D'accord ! Je veux seulement lire mon voeu pour que le Conseil l'entende. C'est d'ailleurs un v?u, comme il a été dit, commun aux communistes, à la gauche alternative et aux "Verts" de cette Assemblée.
C'est un événement très grave auquel nous faisons référence puisqu'il y a presque 40 ans, le 17 octobre 1961, des milliers d'Algériens de nationalité française à l'époque manifestaient pacifiquement dans les rues de Paris pour demander la levée des mesures les visant.
Il faut se rappeler qu'à l'époque, les Algériens "français", officiellement, ne pouvaient pas sortir dans la rue le soir. Nous étions en pleine guerre en vérité.
Cette manifestation a été sauvagement réprimée par la police placée alors sous les ordres de Maurice PAPON, Préfet, dont je me souviens très bien la présence sur ces bancs. Je l'ai déjà rappelé.
Or, les archives concernant ce jour là, ainsi que les jours qui suivirent, ne sont consultables que par dérogation accordée, parcimonieusement à notre sens par le Préfet de police, alors qu'un décret du 25 septembre 1999, pris par le Premier Ministre, stipule que concernant les archives relatives à cette manifestation et plus généralement aux faits commis à l'encontre des Français musulmans d'Algérie, "rien ne doit faire obstacle à ce que les chercheurs aient accès à cette période de notre histoire contemporaine".
Je considère donc, comme les autres auteurs du voeu que l'esprit de justice, de mémoire, la transparence doivent inciter le Conseil de Paris à demander l'ouverture de toutes les archives concernant ces heures noires de notre histoire, les archives départementales, celles de la Préfecture de police et celles du Ministère de l'Intérieur. Ouverture à tous les chercheurs, historiens, écrivains, afin que la vérité tragique connue par beaucoup d'entre nous qui ont été des témoins directs et des participants à certains égards de ce moment soit enfin dite.
Merci.
M. DANGLES, président. - Je vous remercie, Monsieur MALBERG.
Comme vous le disiez au début de votre intervention, ces archives qui sont relatives à la manifestation organisée le 17 octobre 1961 et la répression par les forces de police sont des archives de l'Etat, la demande des élus communistes s'adresse donc à la Préfecture de police que le Président du Conseil général a saisi de cette requête.
Il vous est donc proposé de surseoir à l'examen de ce v?u en attendant la réponse des autorités compétentes.
Je vous remercie.