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Decembre 2010
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Conseil Municipal
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2010, DLH 285 - Réalisation par la RIVP d'un programme de construction comportant une résidence sociale pour jeunes travailleurs de 30 logements PLAI, 72 avenue Félix Faure (15e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2010


 

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DLH 285. Il s'agit de la réalisation par la R.I.V.P. d'un programme de construction comportant une résidence sociale pour jeunes travailleurs.

M. ALAYRAC a la parole, pour moins de 5 minutes.

M. Gilles ALAYRAC. - Oui, moins de 5 minutes.

Merci, Madame la Maire.

Chacun le sait, les difficultés d'accès au logement, à l'emploi, à l'autonomie s'accentuent pour les jeunes à l?heure où la crise les frappe de plein fouet, qu?ils soient salariés, apprentis, étudiants ou en recherche d'emploi. Pour accompagner les jeunes dans leurs processus de socialisation et d'insertion, il faut de la stabilité et cela passe d'abord par le logement.

Trouver un logement temporaire quand on est jeune, que l'on vient juste de décrocher son diplôme ou que l?on est en stage, relève du parcours du combattant !

Aussi, la Ville de Paris, très attentive à cette problématique et désireuse de contribuer à l'autonomie des jeunes, accomplit des efforts importants dans ce sens. Elle a mis en place une allocation de 80 euros minimum par mois, sous conditions de ressources, accessible aux jeunes travailleurs et aux étudiants boursiers qui consacrent moins de 30 % de leurs ressources au paiement de leur loyer. Elle subventionne aussi les foyers de jeunes travailleurs alors qu?ils ne l?étaient pas avant 2001.

Enfin, elle s'est engagée à créer 3.000 places en foyer pour eux sous la mandature.

Le programme de résidence sociale du 72 avenue Félix Faure dans le 15e arrondissement est donc la concrétisation de cette volonté politique. Ce seront 30 logements situés du deuxième au cinquième étage du futur immeuble qui prendra place en 2013 en lieu et place de l'actuel patronage laïque. Cet immeuble vieilli n'est plus aux normes et sa reconstruction est inévitable. La droite du 15e arrondissement considère une nouvelle fois que le choix du lieu n'est pas judicieux pour l'implantation de logements. C'est de tout évidence la posture qu'elle adopte systématiquement quand on construit dans cet arrondissement.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Mais non, c'est n'importe quoi !

M. Gilles ALAYRAC. - On le voit avec les projets de Boucicaut ; on l?a encore entendu tout à l?heure avec celui de la rue de Lourmel : ça ne va jamais ; soit il faut faire moins haut, soit il faut faire ailleurs. Bref, ça ne va pas !

Bien évidemment, l'opposition est pour le logement social. Elle est pour l'accès au logement des jeunes salariés, mais jamais là où la Ville le prévoit.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Ce n'est pas sérieux.

M. Gilles ALAYRAC. - Par contre, elle se garde bien de proposer en amont des sites où la Ville pourrait concrétiser son projet de loger les Parisiens qui en ont tant besoin, et en particulier les jeunes auxquels je fais allusion.

En conseil d'arrondissement, elle a contesté aussi l'idée d'associer un lieu d'animation comme le sera le futur patronage laïque rénové, agrandi, avec un lieu de résidence, comme le sera ce foyer de jeunes travailleurs.

Cette idée, pour ma part, ne m?effraie pas. Nous pouvons au contraire imaginer des établissements publics polyvalents, modernes, ouverts, mais aussi avec une bonne insonorisation qui puisse répondre à de multiples besoins de nos concitoyens.

Et puis la démarche de nos prédécesseurs au début du siècle dernier, qui avaient lancé une souscription pour un patronage laïque, était une démarche ouverte, sociale et généreuse.

C'est cet état d'esprit que nous préservons avec le projet qui demeurera fidèle à la tradition laïque, plurielle, humaniste du 72 avenue Félix-Faure.

Notre groupe votera donc ce projet de délibération.

Mme Véronique DUBBARY, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur ALAYRAC.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE a la parole également.

Mme Claire de CLERMONT-TONNERRE. - Merci, Madame la Maire.

Madame la Maire, ce projet de délibération logement me donne, au nom de Philippe GOUJON, l'opportunité de m?exprimer sur le projet de patronage laïque que vous avez décidé de réaliser sans tenir compte des attentes de la mairie du 15e arrondissement, eh oui !

Il y a environ un an et demi, le député-maire du 15e a appris via une lettre-circulaire la création par le Maire de Paris d?un comité de pilotage sur la réhabilitation du patronage laïque et sa convocation à la première réunion de ce comité.

Surpris par cette démarche, Philippe GOUJON a tenu à exprimer au Maire de Paris son étonnement devant ce procédé. Vous avouerez que la démarche n'est pas banale : d'un côté vous lancez en Conseil de Paris un débat sur la nécessité d'une plus grande décentralisation, et de l?autre, lorsqu'il s'agit d'un équipement local, vous faites le service minimum en vous contentant de tenir le maire d?arrondissement "informé" de la création du comité de pilotage sans prendre la peine de le consulter en amont sur son périmètre, sa composition et les dates de réunion.

Nous nous interrogeons sur les choix et critères qui ont prévalu pour la sélection des membres de ce comité, quand on voit qu?il est principalement constitué d?associations de gauche. Il m'aurait semblé quand même plus pertinent d'associer l'ensemble des associations de l?arrondissement.

Le maire du 15e n'a pas souhaité pour autant boycotter ce comité de pilotage. Nous avons ainsi participé à plusieurs réunions au cours desquelles nous ne sommes pas parvenus à obtenir les réponses escomptées.

Nous n'avons par exemple jamais réussi à savoir si réellement aucune possibilité de réhabilitation ne pouvait être envisagée pour conserver au bâtiment l?identité extérieure que nous connaissons. Cette absence de réponse sur ce point est d?autant plus surprenante quand l?on sait que dès 2001, la Ville nous avait indiqué vouloir réhabiliter ce lieu, le restaurer et non le démolir.

M. DARGENT lui-même a annoncé en juin 2001 que "la Ville votera très prochainement des crédits pour réhabiliter ce lieu, l'insonoriser, permettre à de nombreuses associations du 15e de trouver là un lieu convivial".

Compte tenu des très fortes contraintes budgétaires que nous impose le Maire de Paris et des opérations annulées ou reportées dans le 15e, un projet de réhabilitation aurait sans doute entraîné un coût moins élevé que la construction d'un nouveau bâtiment estimé à 5 millions d?euros.

Nous regrettons également que les tout derniers arbitrages du maire de Paris sur les investissements localisés 2011 aient privilégié ce projet au détriment d'autres priorités et urgences locales.

Bien que nous ayons assisté à plusieurs comités de pilotage, nous ne savons toujours pas comment les lieux seront gérés, quel sera le devenir de l'association "patronage laïque maison pour tous", y aura-t-il une nouvelle association avec dissolution de l'association actuelle ? Quel sera le mode de gestion de cet équipement, équipement transféré, délégation de service public ? Même le président et le directeur de l'association, que le maire du 15e a récemment reçus, ne disposaient pas de la moindre réponse à ces questions pourtant légitimes.

Alors, concrètement, qu?en est-il du projet ?

Vous avez décidé de créer une trentaine de logements sociaux : c?est l?objet du projet de délibération qui nous est proposé aujourd'hui.

Sur le fond, bien évidemment, nous sommes favorables à la réalisation d'un foyer de jeunes travailleurs dans le 15e.

En revanche, nous sommes opposés à votre choix d'entasser deux programmes au lieu de réaliser un vrai projet ambitieux au service de l?arrondissement. Nous regrettons que le projet présenté ne permette pas de répondre aux besoins en locaux et lieux d'animation culturelle qui s'expriment dans le 15e, cela d?autant, que comme je le rappelais tout à l?heure, l'emprise réservée à un équipement culturel dans la seconde phase de la Z.A.C. Boucicaut a été réduite de 3.800 à 750 mètres carrés.

Car vous le savez tout autant que moi : les habitants les premiers nous le disent lors des réunions publiques, dans les conseils de quartier, lors des visites de terrain, ils nous disent que le 15e a besoin de salles insonorisées pour permettre des répétitions pour les formations et les chorales, de lieux permettant d'accueillir des expositions, des spectacles scolaires, des associations sportives qui ne disposent pas toujours d?horaires dans les gymnases du 15e, de salles accessibles pour permettre aux habitants de célébrer les événements familiaux - anniversaires, fêtes, etc. -, de lieux pour permettre aux associations, dans leur diversité, de se réunir, associations de locataires, de commerçants, etc. L'actuelle maison des associations, très excentrée, ne permet pas de répondre à l'ensemble de ces demandes.

Dans le projet qui nous est imposé, rien de cela n'apparaît. Il s?agit d'une véritable occasion ratée.

Le vrai problème qui se pose aujourd'hui à travers les orientations que vous avez prises de façon unilatérale pour ce projet, c'est votre volonté de tout sacrifier au bénéfice du logement social.

À Boucicaut, comme sur l?emprise du patronage laïque, vous bourrez les sites de logements sociaux au détriment des équipements publics nécessaires à la vie des habitants du 15e arrondissement, et ça, désormais, nous ne l'accepterons plus !

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.PA. et Centre et Indépendants).

(Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, remplace Mme Véronique DUBARRY, au fauteuil de la présidence).

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - La parole est à M. MANO pour vous répondre.

M. Jean-Yves MANO, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Décidément, M. ALAYRAC avait raison : vous êtes évidemment pour, mais jamais là où on le propose. Car vous êtes pour le logement social, vous êtes pour le foyer de jeunes travailleurs, mais que vient faire ce foyer de jeunes travailleurs avec un équipement historique du 15e arrondissement, qui avait un certain volume, que j'ai fréquenté comme beaucoup d'associations de gauche d?ailleurs, des 15e et 16e arrondissements, parce que sans doute, c'était le seul ou elles étaient reçues.

Ce lieu a une histoire et je trouve convenable qu'on ait réussi à optimiser la parcelle pour mixer à la fois un lieu d'accueil associatif lié à l?histoire de ce lieu, et puis, saisissant l'opportunité de densification, car une ville de 105 kilomètres carrés doit toujours se poser la question de la densification possible, surtout pour y accueillir des jeunes qui, soit pour leur premier emploi sur Paris, trouvent là un lieu d'accueil extrêmement sympathique ou bien pour les jeunes qui veulent décohabiter, comme première étape vers la véritable autonomie.

Et je ne vois pas en quoi ce programme peut gêner la mairie du 15e arrondissement.

Il ne peut y avoir de double langage permanent : on ne peut pas être pour et contre à la fois en permanence ; ceci devient une habitude.

Nous continuerons notre politique comme nous nous y sommes engagés vis-à-vis des Parisiens qui, je crois, font confiance à Bertrand DELANOË.

Sur le fond des équipements culturels, vous voudriez qu?en deux mandatures, nous puissions réparer ce que cent ans d'histoire n'ont pas fait pour le 15e arrondissement ; tout ceci n'est pas très crédible.

Nous proposerons bien sûr le vote de ce projet de délibération.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Une explication de vote a été demandée par M. MENGUY.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Merci, Madame la Maire.

J'ai écouté avec beaucoup d?attention ce que notre collègue Gilles ALAYRAC a dit, et la réponse de M. MANO.

Sur ces questions, il me semble important de faire un rappel. On a évoqué un projet que la mairie du 15e n'a pas voté, c'est le projet Desnouettes. Pourquoi ? Parce qu'il y avait un certain nombre de problèmes, notamment une espèce d?îlot cubique vert qui était pour le moins pas très esthétique. C'est le conseil de quartier qui avait émis de nombreuses réserves. Qu?avons-nous fait en tant qu'élus du 15e ? C?est de relayer une demande, une inquiétude des habitants du 15e via le conseil de quartier. On ne va pas commencer à nous en faire le reproche !

Sur Boucicaut, qui a été évoqué précédemment - et le cas du patronage laïque est finalement un prolongement de cette question -, les inquiétudes sur la superficie de l'ensemble culturel, également une inquiétude du conseil de quartier, mais vous n'en tenez pas compte : c'est quand même dommage.

En ce qui concerne les propos de Mme HIDALGO sur l?attitude des élus de droite et des élus de gauche du 15e arrondissement ; je rappelle encore qu'au cours d?une réunion de conseil de quartier sur Boucicaut, des élus de gauche eux-mêmes ont reconnu que certains choix esthétiques pouvaient encore être débattus parce que ce n'était pas forcément très beau, je pense notamment à la couleur grise qui rappelait un peu l'univers carcéral.

Sur le fond, je crois qu?il faut quand même que la gauche adopte une certaine réserve. Nous faisons le plus possible le relais des habitants du 15e, cela me semble de base la nécessité pour des élus, via les conseils de quartier.

Alors, j?entends bien les leçons de Mme HIDALGO sur ces questions, mais enfin, c?est un peu limite.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Si vous voulez bien conclure.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Et puis sur la forme?

Alors, je regrette que Mme HIDALGO soit partie, comme quoi, pour une fois qu?elle applique le service minimum?

Mais elle dit en gros que malheureusement, les élus du 15e existent, que malheureusement on prend les habitants du 15e pour des imbéciles et que de toute façon avec la mairie du 15e, il n'y aura pas de concertation.

Si je prends un autre programme du 15e, c?est l?école Olivier-de-Serres?

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Non, non ! Monsieur MENGUY, s?il vous plait ! C'est une explication de vote, ou vous passez en revue toutes les adresses du 15e arrondissement ?

(Mme Véronique DUBARRY, adjointe, remplace Mme Gisèle STIEVENARD au fauteuil de la présidence).

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Si vous me laissez terminer, vous allez voir que c?est important.

Nous avons eu un rappel formel de Mme HIDALGO pendant le jury de concours que pendant 15 jours, il ne devait y avoir aucune communication extérieure et que les résultats du concours seraient transmis dans les formes au maire du 15e.

Ce n'est toujours pas transmis au maire du 15e, et 5 jours après il y avait dans la presse une demi-page entière sur les résultats du concours d'architecture, alors qu'on avait une obligation de réserve pendant 15 jours, avec une Adjointe au Maire de Paris citée dans l'article. J'aimerais bien savoir comment de tels articles peuvent sortir. Il me semble qu?il y a un vrai problème entre les règles de jury de concours et ce qui est appliqué en réalité. Il conviendra de s'interroger, de savoir comment cela peut sortir.

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. N'abusez pas de ma patience.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - N'abusez pas de la nôtre non plus.

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et EELVA).

Sur le fond comme sur la forme, il faudra donner des éléments de réponse sur non seulement les mensonges que vous proférez à l'égard des élus du 15e mais également le respect des procédures que vous nous imposez mais que vous ne respectez même pas.

(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.P.A.).

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. - Vous, vous ne respectez pas le règlement intérieur du Conseil de Paris, et vous êtes fort désagréable à l?égard de la présidence.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 285.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DLH 285).