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Decembre 2010
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2010, Débat relatif au développement du Tournoi de Roland-Garros à Paris. Vœu déposé par l'Exécutif relatif au développement du Tournoi de Roland-Garros à Paris. Vœu déposé par le groupe E.E.L.V.A. pour la prèvementservation des serres d'Auteuil, un autre projet pour Roland-Garros.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2010


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous reprenons donc maintenant nos travaux du Conseil municipal avec le dossier de Roland Garros.

Chut !

Mes chers collègues, le v?u dont nous abordons maintenant l?examen, et que je vous ai proposé, commence par ces mots : "Paris aime Roland Garros".

Ce tournoi est né dans notre ville. Il s'inscrit depuis plus de huit décennies dans le paysage familier de la Porte d'Auteuil.

Chut? S?il vous plaît !

Il fait partie avec son histoire, ses péripéties, ses moments de gloire et de peine, de l'âme même de notre cité. Et les images, qui nous viennent chaque printemps de ces courts en terre battue, contribuent pleinement à la vitalité parisienne.

Paris est une mosaïque de souvenirs et d'émotions innombrables. Roland Garros en fait partie, de même qu'il participe au dynamisme économique de la capitale et à son rayonnement international.

S?il vous plait ! Ou alors moins fort?Merci.

Donc, en toute logique, nous voulons que Roland Garros reste à Paris, et ce v?u fondé sur le bon sens, il me semble, sur les réalités de l'histoire et de la géographie, ne s?oppose absolument pas à la solidarité métropolitaine. Car j'ai eu l'occasion de le dire en d'autres circonstances, ce n'est pas en déshabillant Paris que l'on habillera l'agglomération !

D'ailleurs, obliger Roland Garros à quitter la capitale, ce ne serait pas seulement un mauvais coup pour Paris, ce serait une forme d'infidélité à l'esprit du tournoi.

Vous me permettrez d'invoquer simplement, à l'appui de cette conviction, les témoignages de personnalités dont l'autorité, en la matière tennistique, n'est guère discutable. Les plus grands champions ont exprimé leur volonté que le tournoi reste à Paris.

"L'histoire du tournoi est ici et pas ailleurs", a ainsi déclaré le plus jeune d'entre eux, Rafael NADAL, rejoignant ses aînés, Yannick NOAH et Roger FEDERER.

Donc, pour que Roland Garros demeure ici et pas ailleurs, nous soutenons le projet élaboré par la Fédération française de tennis.

Sur ce dossier, je tiens à vous dire plusieurs choses, notamment pour rectifier certaines erreurs ou approximations répandues pas toujours de bonne foi.

La Fédération française de tennis a exprimé deux besoins prioritaires et légitimes : un toit d'abord et plus d'espace pour accueillir le public et les joueurs. Ainsi, je suis favorable à ce que nous révisions le P.L.U. pour permettre la couverture amovible du court Philippe Chatrier, voire un autre peut-être par la suite, ce qui prémunira le tournoi des aléas de la météo.

Quant à l'avenir des serres d'Auteuil, la vérité doit être rétablie. Il n'a jamais été question, jamais, de toucher aux serres historique de Formigé. Les serres de travail, à la place desquelles il est prévu de construire un court de tennis n'ont rien à voir, rien à voir, avec les collections classées aux monuments historiques.

Il s'agit de serres construites ces trente dernières années, qui ne présentent aucun intérêt architectural particulier. Certaines d'entre elles sont même en plastique. La nouvelle serre, qui sera construite, sera beaucoup plus belle, elle mettra beaucoup mieux en valeur les collections d'orchidées et de fougères actuellement entreposées dans des espaces tout à fait quelconques. Et aucune plante ne sera détruite, ni même enlevée au regard du public, puisque le reste des collections sera exposé dans un pavillon du parc floral dans le bois de Vincennes

J'ajoute que les équipes de chercheurs, ainsi que l?ensemble des personnels, notamment les jardiniers, trouveront dans les nouveaux espaces construits de bien meilleures conditions de travail et des lieux beaucoup mieux adaptés à leur mission.

Je vais d'ailleurs rappeler que ce projet a été approuvé le 24 novembre dernier par la Commission départementale de la nature, des paysages et des sites, dans laquelle siègent notamment le Directeur régional de l'environnement, la Directrice régionale des affaires culturelles et le chef du service territorial de l'architecture et du patrimoine de Paris.

Ce ne sont pas là des personnes que l'on peut soupçonner de soutenir une initiative qui mettra en danger l'un des espaces verts les plus précieux de la capitale.

J'ajoute que Roland Garros ne s'installera évidemment pas à l'année dans les serres et qu'il ne s'agit de gérer que la quinzaine du tournoi proprement dit, ce qui sera fait dans le respect de toutes les exigences patrimoniales et environnementales.

D'autre part, pour répondre à une autre objection, nous ne défendons pas le sport de compétition contre le sport de proximité, d'abord parce que Roland Garros est un tournoi populaire, qui fait rêver des milliers de jeunes et de moins jeunes, et qui suscite donc des vocations d'amateurs.

Mais surtout, si la F.F.T. décide de rester à Paris, le stade Hébert pourra accueillir à la fois le centre national d'entraînement, le double gymnase du Fonds des Princes et un anneau d'athlétisme.

Sur l'hippodrome d'Auteuil s'installeront alors des équipements sportifs qui constitueront une offre de proximité de bien meilleure qualité qu?à Hébert, notamment pour les scolaires.

Enfin, je voudrais dire quelques mots de la convention d'occupation du domaine public, que nous serons amenés à signer avec la F.F.T., si elle décide en février prochain de développer Roland Garros sur son site historique de la porte d'Auteuil.

Le projet de v?u qui vous est soumis pose le principe que la future convention conclue avec la F.F.T. porte sur une durée beaucoup plus longue que les conventions classiques et ce pour deux raisons évidentes.

La première est que nous devons tenir compte de l'importance des investissements programmés.

La seconde, tout simplement, est que le site de Roland Garros ne peut accueillir que le tournoi de Roland Garros dont la F.F.T. a le monopole de l'organisation.

C'est pourquoi j'ai proposé à la Fédération une convention d'une durée de 99 ans. D'autre part, nul ne peut contester que le montant actuel de la redevance est trop faible.

Il devra être adapté à l'extension du périmètre de la concession, en tenant compte, bien sûr, des investissements réalisés et de l'absence de but lucratif.

Nous sommes ainsi tombés d'accord avec la F.F.T. sur le principe d'une augmentation progressive, la redevance passant en gros d?1,6 à 3 millions d'euros dans les premières années puis, à partir de 2016, une fois la modernisation de Roland Garros achevée, la redevance sera indexée sur le chiffre d'affaires et devrait rapidement atteindre 6 à 7 millions d'euros par an.

J'ajoute qu'une clause de revoyure sera inscrite dans la convention, afin qu'après 25 ans, soit la durée d'amortissement des investissements engagés, la Ville et la F.F.T. fassent à nouveau le point sur le niveau de la redevance.

Mes chers collègues, l'enjeu de ce débat a une portée et un sens réel, non seulement pour l'avenir de Roland Garros, pour les amoureux du tennis, mais aussi pour la dynamique de notre ville.

Je veux saluer le travail remarquable qui a été effectué par Marc MIMRAM et Michel CORAJOUD, l'architecte et le paysagiste missionnés par la F.F.T. et qui ont déjà à leur actif quelques belles réalisations à Paris, de la passerelle Senghor aux jardins d?Eole, en passant par la piscine/patinoire Pailleron.

Je remercie très chaleureusement Anne HIDALGO et Jean VUILLERMOZ parce qu'ils mènent ce combat avec beaucoup de subtilité et de détermination.

J'invite notre Assemblée à exprimer, par le vote du v?u que je lui propose, son attachement à cette part de l'identité de notre Ville.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Je donne la parole d'abord à Yves CONTASSOT.

M. Yves CONTASSOT. - Merci, Monsieur le Maire.

N'ayant pas été destinataires des propositions faites à la F.F.T. mais ayant lu ce qui a été publié et entendu ce qui vient d'être dit, il nous semble nécessaire de rétablir quelques vérités, et comme vous l?avez dit, de corriger quelques approximations.

D'abord, à propos des serres d'Auteuil. J'ai entendu et je lis que la Commission des sites aurait donné son accord au projet.

Pour y avoir siégé, j'ai entendu, comme tous ses membres, le Préfet préciser qu'il n'en était rien et que la Commission ne se prononçait que sur l'autorisation de poursuivre l'étude de faisabilité.

J'ai lu également, je lis que les 26.000 signataires de la pétition contre le projet ne sauraient pas ce qu?ils ont signé.

Je suis frappé de constater que c'est exactement l'argumentation employée par le Gouvernement à l'endroit des lycéens qui manifestaient contre la funeste réforme du Gouvernement.

Nicolas HULOT, Alain BARATON, Jean-Pierre MARIELLE, Françoise HARDY, les Directeurs de jardins botaniques ou encore du muséum ne seraient donc pas capables de savoir à quoi ils s'engagent.

Je lis que les spectateurs traversent déjà le square des Poètes et que cela ne changera donc rien.

Je suis au regret de dire que, pendant le tournoi, les spectateurs ne peuvent pas traverser le square et qu?ils sont orientés de façon à contourner celui-ci, alors que, dans le projet, ce seraient 80.000 traversées quotidiennes.

Je lis que les serres chaudes ne seraient pas accessibles au public actuellement.

Je suis consterné de constater que les superbes panneaux d?accueil pédagogiques qui figurent dans ces serres à destination du public et tout particulièrement des scolaires sont méconnus ou ignorés ainsi.

Je lis, ici ou là, qu'il s'agirait de serres en plastique, datant de 1980 voire 2000.

Je tiens à votre disposition l'étude historique qui montre que la construction des serres chaudes date de 1905 et que c'est la réhabilitation qui a démarré en 1978.

Je vous mets au défi d'y trouver le moindre morceau de plastique, je parle des serres chaudes.

Je lis que les collections seraient transférées pour partie au parc floral. Je suis au regret de dire qu'il n'y a pas de serre pour les accueillir et que toute construction y est strictement interdite puisqu'il s'agit d'un espace boisé classé.

En revanche, je ne lis évidemment pas que le projet se traduirait par l?abattage d'arbres remarquables, je ne lis évidemment pas que les services techniques de la Direction des espaces verts n?ont aucun lieu de repli, alors qu'il est prévu de leur confisquer leurs locaux techniques, je ne lis évidemment pas qu'il s'agirait de privatiser un jardin public, partie intégrante du jardin botanique, non seulement pendant le tournoi mais aussi pendant tous les événements qui se dérouleraient sur les sites.

Je ne lis évidemment pas quelles sont les manifestations qui seraient organisées dans cet sorte de nouveau Zénith de l'Ouest parisien, quelles en seraient les fréquences, les conséquences pour la fréquentation du site, etc.

A propos de la relocalisation éventuelle du tournoi, je lis qu'une relocalisation en Ile-de-France se traduirait par une destruction de terres agricoles, je ne lis pas qu?au moins un des sites envisagés est un terrain militaire et non une terre cultivée.

Je ne lis pas non plus qu?en 1978, l?US Open a quitté Forest Hills pour prendre ses quartiers à Flushing Meadows, ni qu?en 1988, l?Open d?Australie s?est implanté à Melbourne Park après un long séjour à Kooyong.

Je ne lis pas non plus qu'aucun des deux n'a eu à le regretter, bien au contraire.

A propos de la redevance, d'après les informations publiées dans la presse, il est prévu d?augmenter la concession de 4,5 hectares pour arriver à une surface totale de 13 hectares.

En appliquant les règles actuelles de la concession, 1,6 million d?euros pour 6 hectares, la redevance devrait légitimement passer à 3,5 millions d'euros. Or, la Ville aurait proposé 3 millions d'euros pendant trois ans, soit une diminution de 13,44 % du montant actuel de la redevance au mètre carré.

Faut-il rappeler que le rapport de l?Inspection générale de mai 1988 soulignait déjà la faiblesse de la redevance actuelle, estimant qu'elle devrait être fixée à 19 millions d'euros par an ?

Il est dit que la redevance réelle pourrait atteindre 5 ou 7 millions d'euros, c'est sur le site de la Mairie de Paris.

Pour cela, il faudrait que le chiffre d'affaires atteigne soit 160 soit 190 millions d'euros.

Or, sur cette base, et toujours en appliquant les propositions de l?Inspection générale de la Ville, celle-ci devrait percevoir entre 26 et 28 millions d'euros, soit un différentiel annuel - un cadeau, on peut le dire- de plus de 20 millions d?euros par an. Sur la durée proposée de 99 ans, cela fait un manque à gagner de près de 2 milliards d?euros pour la Ville et les contribuables parisiens, c?est cela, la réalité.

On comprend bien pourquoi les responsables de la F.F.T. parlent, je les cite, "d'offre inespérée", puisque les investissements envisagés seront remboursés huit fois. Les spéculateurs doivent se dire que c'est une des meilleures rentabilités qu'ils puissent trouver en ce moment !

Offre d'autant plus inespérée qu'en décembre 2008, à l'initiative de l'Exécutif, le Conseil de Paris a voté un v?u précisant : "Depuis 2001, à chaque échéance d?une concession, la Ville a saisi cette opportunité pour relever sensiblement le niveau des redevances versées par les concessionnaires. Il en sera de même pour Roland Garros, soit au terme de la convention, soit préalablement si la F.F.T. devait solliciter un avenant."

Faut-il également rappeler, comme le fait le rapport de l'Inspection générale, que la transparence...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je ne veux pas vous empêcher de développer vos arguments, mais?

M. Yves CONTASSOT. - J?arrive au terme, ne vous inquiétez pas !

Le rapport de l'Inspection générale rappelle que la transparence n'est pas le point fort de la F.F.T. Je cite : "Une plus grande transparence s'impose, malgré les demandes des rapporteurs et la note du directeur du cabinet du Maire, il n'a pas été possible d'obtenir de la F.F.T. les conventions passées."

Il va de soi aussi que ce cadeau soulève une question juridique. Je cite encore le rapport de l'Inspection générale : "L?article L.2125-3 du Code général de la propriété des collectivités publiques énonce que la redevance due pour l'occupation ou l?utilisation du domaine public tient compte des avantages de toutes natures procurés aux titulaires de l'autorisation."

Je rappelle également que l'article 1311-5 du Code général des collectivités territoriales interdit les C.O.D.P. de plus de 70 ans.

Alors, dernier point : je rappelle qu'à l'initiative de Jacques BRAVO et de Jean-François LEGARET, le Conseil de Paris a voté à l'unanimité en juin 2004 un v?u demandant qu'aucune concession n'ait une durée supérieure à 25 ans.

En conclusion, ce projet est contraire aux intérêts économiques et financiers de la Ville de Paris. Il est contraire à la législation et aux décisions du Conseil de Paris. Il est contraire aux intérêts écologiques et culturels de Paris. Il est contraire aux intérêts collectifs du Grand Paris. Il est donc nécessaire de l'abandonner et de lui préférer un autre projet, solidaire de la métropole. C'est le sens de notre v?u.

(Applaudissements sur les bancs du groupe E.E.L.V.A.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je m'inscris évidemment en faux contre beaucoup d'affirmations, mais Anne HIDALGO et Jean VUILLERMOZ y répondront.

Simplement, pour tenter de faire croire que 1,6 million égalent 3 millions et que de passer de 1,6 million à 3 millions, c'est une baisse, que de passer de 1,6 million à 7 ou 6, c'est une baisse?

Et puis, je termine par une taquinerie : vous m'expliquerez qu'en mettant le tournoi de Roland Garros à 30 kilomètres, cela va être bon pour le bilan carbone !

La parole est à Mme Emmanuelle BECKER.

M. Yves CONTASSOT. - On prend le pari quand vous voulez !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous n'en aurez pas l'occasion.

La parole est à Mme Emmanuelle BECKER.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, le tournoi de tennis de Roland Garros est un tournoi de renommée internationale, organisé chaque année à Paris à la fin du printemps depuis 1928.

Aujourd'hui, ce qui apparaît, en fait, comme un patrimoine sportif parisien demande à être réhabilité et à évoluer. Deux fois plus petit en superficie que les autres tournois du Grand Chelem, son stade et ses infrastructures doivent être agrandis pour des raisons sportives, des raisons techniques et financières. Et le débat en cours avec la Fédération Française de Tennis est bien celui du déménagement éventuel de Roland Garros hors de Paris.

Pour la Ville et les Parisiens, la question posée est double : voulons-nous garder cette compétition intra muros, et surtout le pouvons-nous, compte tenu de la densité du bâti parisien, de nos impératifs de logement, d?environnement et d'équipement, en général ?

Le projet présenté par la Municipalité n'ambitionne pas, en l?occurrence, de rivaliser avec les tournois américains, australiens et anglais en termes de surface. Les changements seraient importants mais raisonnables en termes de superficie.

Pour le groupe Communiste et les élus du Parti de gauche, il s'agit, en premier lieu, de s'interroger sur la popularité de ce tournoi.

Les 460.000 visiteurs de l'an dernier et les audiences télévisées prouvent, s?il en était besoin, que ce sport appartient désormais à tous, alors que le tennis a longtemps été un sport réservé aux catégories les plus fortunées de la population.

Pour la pratique amateur, la renommée d'un tel tournoi est bénéfique, c'est une évidence, et son implantation à Paris participe de son influence et de son impact auprès du public. Je ne pense pas que les sportifs professionnels qui jouent à Roland Garros s?inquiètent vraiment de sa localisation dans l'agglomération parisienne. En revanche, si ce tournoi demeure sur notre territoire, nous souhaitons que son public soit élargi, à l'image des projets portés par le P.S.G. vers les enfants des écoles.

Roland Garros fait, certes, partie du patrimoine parisien, mais il s?agit de centaines de milliers de visiteurs parisiens, franciliens et touristes.

Dans une logique métropolitaine, un grand nombre d?événements et de structures sportives se trouvent en périphérie de Paris ou y ont déménagé ces dernières années. Les rencontres internationales de l?équipe de France de football, certains matchs du Stade français ou de l'équipe de France de rugby se font désormais à Saint-Denis, pour ne prendre que cet exemple.

Il ne serait pas illogique que la Ville se batte, en effet, pour conserver sur son territoire au moins un événement majeur dans l'année. Pour nous, la préoccupation est en tout cas légitime.

Pour autant, le projet d?extension présenté par la Ville de Paris a concentré un grand nombre de critiques, pétitions, déclarations publiques qui évitent soigneusement cette question. Le point particulier qui concentre les critiques concerne les fameuses serres d'Auteuil dont on parle beaucoup et dont d'ailleurs on n?a jamais autant parlé !

Première critique : la destruction des serres chaudes, c'est-à-dire les plus modernes, qui ne présentent pas d?intérêt patrimonial ou architectural particulier. Ce qui compte plutôt, ce sont leurs collections de plantes rares ou fragiles, mais la Ville apporte en l'occurrence des garanties à ce sujet. Nous ne voyons, en tout cas, nulle part que Paris ait choisi le tennis contre les serres ou le tennis à la place des serres. Ce réaménagement-là est très loin d'une remise en cause.

La deuxième critique est plus insidieuse, dans un certain sens : on entend, en effet, que les 460.000 visiteurs de Roland Garros vont déambuler sur le nouveau site et dégrader considérablement les jardins. Je trouve cela étrange, alors que le site en question est déjà ouvert au public. Et si l?extension peut permettre à plus de Parisiens et de Franciliens de découvrir ce site et de traverser des espaces verts, il nous semble qu'il y a lieu de se réjouir.

Une autre critique concerne les associations, les sportifs amateurs et les scolaires. La pratique des amateurs et des scolaires est au coeur de l'action de la Ville et de l'Adjoint au sport Jean VUILLERMOZ. Alors que notre Majorité est à l?origine d?une création sans précédent de nouveaux équipements sportifs, c'est faire un drôle de procès d'intention que de l?accuser de vouloir remettre en cause le sport dans le 16e.

Nous avons une réserve, cependant, à apporter au projet dont nous débattons. Il s?agit du montant de la redevance que la F.F.T. va verser à la Ville. Pour nous, le compte n?y pas. La redevance fixée aujourd'hui reste largement insuffisante au regard des bénéfices engendrés par le tournoi au profit de la Fédération Française de Tennis. Nous serons particulièrement vigilants à ce que la redevance soit rehaussée.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole à M. Claude GOASGUEN.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Monsieur le Maire, Roland Garros est l?objet de convoitises multiples depuis de longues années. Il y a quelques années, un projet, que nous avions combattu, bien seuls d'ailleurs, qui était le projet du précédent président, M. BÎMES, avait été rejeté.

Les villes mondiales se battent pour avoir ce grand événement. Le danger de Madrid était un danger réel. On vient de lui ajouter un danger encore plus réel : c'est que, effectivement, un certain nombre de communes, de départements, qui ne sont pas désargentés, se sont mis en concurrence sur Roland Garros.

Des départements qui ne sont pas les moindres. Puisqu'on parle de concurrence monétaire, je signale qu'un département proche de Paris, qui n'est pas dans le Grand Paris d'ailleurs, c'est la raison pour laquelle l'argument du Grand Paris me paraît assez fallacieux, propose 20 hectares en pleine propriété...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Gratuits !

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Gratuits, bien sûr !

? et propose de cautionner 340 millions d'euros en faveur de la construction de cet immense stade nouveau de Roland Garros, le tout desservi par une autoroute, qui d'ailleurs permettra, comme on vient de le dire, une pollution assez remarquable tout autour de Paris.

Bien ! Donc, nous sommes devant un sujet qui n'est pas mince, mais véritablement un enjeu.

Alors, bien sûr, il y a toujours les vertueux.

Là, les vertueux sont Verts. Vous me direz que cela commence pareil, mais cela finit très mal !

Car aux vertueux, je dirai : vous avez la mémoire courte ! L'hippodrome d'Auteuil, rappelez-vous, il y a peu de temps, lui aussi, il était en espace classé ; lui aussi, il était vert ; lui aussi, il était aussi défendable que les serres d'Auteuil. Et, tout d'un coup, je ne sais pas pour quelle raison, alors que leur vote était clef sur l'établissement du stade Jean Bouin, tout d'un coup, "Les Verts" pris d?une énurésie chronique sont sortis de l'hémicycle pour laisser voter l'hippodrome d'Auteuil ! Il n'y avait plus personne.

Une "énurésie chronique", vous regarderez dans le dictionnaire !

(Rires dans l'hémicycle).

Cela veut dire : l'envie soudaine d'aller aux toilettes !

(Rires dans l'hémicycle).

Tout d'un coup, "Les Verts" se sont débinés !

Alors, je me suis dit que, sur l'hippodrome d'Auteuil, on avait dû vous proposer sans doute des aménagements ponctuels, liés à la politique politicienne, pas des voitures de fonction parce que vous êtes Verts, des trottinettes.

Mais, Monsieur le Maire, donnez des trottinettes aux Verts ! Donnez-en quelques-unes supplémentaires et vous les verrez se rallier à la position qui est la position de Paris !

Donc, pas de leçon de vertu, par pitié, pas de leçon de vertu !

Alors essayons peut-être de discuter des problèmes parisiens et non pas des petits conflits internes entre le Parti Socialiste et "Les Verts" sur des sujets qui n'en sont pas et qui dépassent très largement les problèmes politiciens.

En vérité, nous n'avons pas la réputation à l'U.M.P. d'être des amis chroniques du Maire de Paris.

M. LE MAIRE DE PARIS. - C'est vrai !

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. A plusieurs reprises, nous nous sommes heurtés assez violemment?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Le mot est exact.

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. ? et sur un certain nombre de sujets, Jean Bouin notamment, qui est un peu la clef du problème, sur ce sujet, nous n?étions pas d?accord et nous continuons à ne pas être d?accord.

Alors, la vraie question est : faut-il considérer?

(Mouvements de protestation sur les bancs du groupe EELVA).

Vous, oui, parce qu'en votant l'hippodrome d'Auteuil, vous avez rendu possible la situation à Jean Bouin. Assumez-vous de temps en temps, ce sera bien, au lieu de faire des leçons de vertu, assumez ce que vous avez fait !

M. Sylvain GAREL. - Jamais !

M. LE MAIRE DE PARIS. - S'il vous plaît !

Je ne sais pas de quoi vous parlez à propos d?Auteuil mais récupérer 12 hectares sur l'hippodrome est assez vertueux?

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Oui, eh bien vous avez fait de la vertu à ce moment là, semble-t-il, de la vertu en trottinette !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, on a récupéré 12 hectares pour le public, c?est bien !

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Je m?en félicite, mais il n'y a pas un jugement des Verts sur telle situation et un autre jugement contradictoire sur d?autres ! Soyez logiques et si vous avez une logique, gardez-la, mais n'en changez pas quand les circonstances politiques vous le permettent ou vous y obligent, s'il vous plaît ! En tout cas, ne nous donnez pas de leçon de vertu à ce sujet !

Je voudrais dire que nous avons examiné très largement le plan pour le 16e arrondissement, qui est l'arrondissement de Roland Garros. Nous avons essayé de défendre le sport de proximité.

D'abord, nous y sommes parvenus moyennement, mais non sans mal, nous avons réussi à ménager l'intérêt supérieur de Paris et l'intérêt du sport de proximité dans cet endroit de Paris.

Ensuite, on nous a parlé de la redevance. N'oubliez pas quand même que pour prendre un exemple qui vous plaira mais qui ne plaira pas au Maire, lorsqu'il s'agit d'un club sportif et d'une fédération française, le raisonnement n'est pas tout à fait le même. Un club sportif est destiné à faire des bons offices pour lui-même, la Fédération française de tennis est une fédération française de tennis qui s'occupe du tennis français, c?est-à-dire qu'elle n'est pas une machine à faire de l'argent. Qu'elle gagne de l'argent, personne ne le conteste et d'ailleurs, il est souhaitable qu'elle en gagne le plus possible, et c?est la raison pour laquelle je pense que la redevance indexée est la bonne solution, même si je suis sceptique sur la durée du bail, mais on aura l'occasion de le voir.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous tentez de conclure ?

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Je termine, Monsieur le Maire. Pour une fois que je dis du bien de vous, laissez-moi parler !

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est pour cela ; j?ai peur que cela vous compromette trop?

(Rires dans l'hémicycle).

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Cela ne se reproduira pas souvent , croyez moi !

M. LE MAIRE DE PARIS. - En fait, je m?occupe de votre vertu.

(Rires dans l'hémicycle).

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement. Pensez quand même à une chose : la Fédération de tennis va faire plus de 220 millions d'euros d'investissement et cela doit quand même entrer quelque part en considération dans le calcul de la redevance.

Bref, et pour être très politique, ce n'est pas un débat où il faut sortir, ce n?est pas un débat où il faut s'abstenir, c'est un débat où il faut être pour ou contre.

Etes-vous, oui ou non, favorable à ce que cette manifestation très importante pour la réputation de Paris dans le monde qu?est Roland Garros reste à Paris ?

Si nous voulons que cette manifestation reste à Paris, alors il faut nous donner des moyens étudiés et suffisants pour combattre nos adversaires.

Si vous ne voulez pas que cette manifestation reste à Paris, alors dites clairement que vous êtes d?accord pour qu?une partie du patrimoine parisien parte de Paris, mais soyez logiques !

On est pour ou on est contre, mais soyez logiques, ne nous faites pas le coup cette fois encore de l'énurésie chronique ! Restez avec nous, pour ou contre !

Je suis favorable, Monsieur le Maire, pour une fois, à votre position ; Paris aime Roland Garros et l'U.M.P. aussi !

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je n'hésite pas à apprécier.

Simplement, nos amis de Seine-et-Marne qui sont d'ailleurs plus mes amis, je vous signale, que les vôtres, ne sont pas nos adversaires, ce sont nos concurrents, et c?est la vie, on peut avoir une concurrence fraternelle. Bref, je préférerais que ce soit Paris qui gagne ; c'est comme cela.

La parole est à Valérie SACHS.

Mme Valérie SACHS. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, nous voterons le v?u que vous présentez aujourd'hui. Il reprend la position que nous défendons depuis le début de ce dossier sur l'avenir parisien du tournoi de Roland Garros.

Lorsqu'en septembre 2008, la Fédération française de tennis lance une consultation internationale de concepteurs, nous attirons l?attention de la Ville pour que Paris ne soit pas un facteur de retard dans la concurrence que se livrent entre eux les grands tournois internationaux.

En novembre 2009, par une question d'actualité, conscients d?un certain désenchantement de la Fédération, étonnés par la non-participation du Maire dans le débat, redoutant un scénario catastrophe où tous seraient perdants, Paris comme la Fédération, nous suggérons alors une extension de Roland Garros sur la partie nord de Jean Bouin, ce qui sera finalement validé en septembre dernier.

Notre groupe a toujours essayé de faire preuve de cohérence et d'obstination sur ce dossier, en prouvant notre attachement à l'histoire des mousquetaires comme à l'attractivité internationale de notre Capitale, sans ressentir de contradiction avec notre attachement à la réalisation du Grand Paris. Nous avons fait preuve de bonne foi sans désinformation. Nous souhaitions trouver un équilibre entre la stature internationale de Roland Garros et le sport de proximité, trouver un accord juste avec la Fédération française de tennis sur le montant de la future redevance, en tenant compte des investissements réalisés et à réaliser, afin d'obtenir l'assurance d'un engagement irrévocable de la Ville de Paris pour que Roland Garros ait les moyens de maintenir son prestige, sa spécificité et puisse répondre aux critères d?excellence de couverture mobile anti caprices de la météo.

Roland Garros a été victime de Jean Bouin et la gestion de ce dossier par la Ville a semé le trouble dans les esprits les plus rationnels. Au sein de cet hémicycle comme dans le 16e, Roland Garros a été la victime collatérale de l'opposition de notre arrondissement sur le projet Jean Bouin qui, je le rappelle, a toujours mon hostilité, non le stade mais le mode de financement du projet.

Puis, le stade Hébert a concentré tous les conservatismes et les arrière-pensées politiciennes. L'entêtement sur celui-ci n'a plus été de mise dès l'autorisation de mettre en chantier les pelouses d?Auteuil.

Nos demandes répétées de réunir une commission d'aménagement de la porte d'Auteuil, comme vous vous y étiez engagés, sont restées vaines jusqu'à présent et auraient sans doute évité beaucoup d'incompréhension, y compris la communication désastreuse autour des serres d'Auteuil.

Tout les dossiers sportifs en cours dans notre arrondissement sont interdépendants : de Molitor à Roland Garros, du Parc des Princes aux pelouses d'Auteuil. Aussi, une vision globale est essentielle.

Alors, pour revenir à ce qui s'est passé à la mairie du 16e, là, désormais, les choses sont claires, le soutien du Maire est acquis et je pense que nous allons pouvoir donc retrouver une certaine sérénité pour envisager l'avenir du tournoi.

Nous avions déjà obtenu certaines garanties pour le sport de proximité, pour les scolaires et les associations, depuis le vote en juillet dernier des pelouses d'Auteuil qui sont bien autre chose qu?une aire de jeux. Il est vrai que nous étions le seul groupe de l?opposition municipale à le voter.

Très concrètement, revenons au v?u qui nous occupe ! Oui au maintien de Roland Garros dans la Capitale, qui doit être un enjeu prioritaire pour Paris.

Aussi, nous vous suivrons dans votre engagement d'offrir au tournoi une extension de 60 % de sa surface actuelle, indispensable à un meilleur accueil des joueurs et du public.

Reste encore la couverture de l?autoroute ou du périphérique à envisager, mais c?est un autre sujet.

Nous sommes sensibles à la beauté du projet de la Fédération française de tennis et nous le disons notamment pour le nouveau stade de 5.000 places enchâssé dans le sol entouré de serres. Au-delà du tournoi, il serait un nouveau symbole architectural fort, ouvert au public comme au 16e, qui gagne, par la même occasion une nouvelle installation sportive.

L?ouverture des serres au public lors du tournoi ne signifie pas 40.000 personnes saccageant le site classé, mais l'accès à un site magnifique pour un tournoi magique.

Nous vous suivrons sur la durée de la concession de 99 ans, véritable gage de confiance qui permet la pérennité de l'installation et l'ampleur des investissements à faire.

Nous soutenons votre proposition d'une redevance juste autour de 3 millions qui serait indexée sur le chiffre d'affaires à partir de 2016.

Nous vous suivrons sur le principe d'une subvention de 20 millions d'euros pour le développement de Roland Garros.

Nous comptons sur la Ville pour être un facilitateur efficace pour la révision du P.L.U., pour la couverture du court Chatrier, voire le Suzanne Lenglen dans un second temps.

Enfin, nous prenons acte de votre engagement, et nous saurons vous le rappeler, en faveur du sport de proximité spécialement Hébert rénové, comprenant un double gymnase et un anneau d'athlétisme.

Mais rien n'est encore fait, la Fédération française de tennis convoquera sa prochaine assemblée générale les 12 et 13 février.

Aussi, mes chers collègues, nous devons aujourd'hui faire notre choix, j'oserais, le bon choix, pour que nul n'ait à regretter les conséquences d'un départ. Nous espérons avoir su convaincre la Fédération française de tennis de notre soutien, de notre intérêt commun à ne pas quitter Paris.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

Effectivement, il y a un message que le Conseil de Paris adresse aujourd'hui à la Fédération française de tennis, qui a trois propositions.

Et je crois que c'est important que le Conseil de Paris pense à ce que la Fédération française de tennis entendra.

Je donne la parole à Jean-Pierre CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, nous le savons tous, l'existence de Roland Garros en tant que tournoi du Grand Chelem est menacée.

Elle l?est de par l'étroitesse du site actuel ; elle l'est aussi de par l'absence de couverture des courts qui fait dépendre le déroulement du tournoi de la clémence de la météo.

Nous le savons aussi, la concurrence étrangère est vive, et nombreuses sont les capitales ou les grandes métropoles qui ont l'ambition de remplacer Paris dans la compétition sportive du Grand Chelem.

L'enjeu est donc simple : soit nous trouvons collectivement avec la Fédération française de tennis les moyens de conserver ce tournoi à Paris, soit il se délocalisera pour tenter de conserver son rang.

Disons d'emblée que pour mon groupe, c'est évidemment la première solution que nous retenons et que nous voulons accompagner de toutes nos forces, pour de multiples raisons évoquées dans votre v?u, Monsieur le Maire, et sur lequel je ne reviendrai pas longtemps.

Bien sûr, il y a l'histoire, et l?inscription difficilement effaçable de Roland Garros dans les territoires parisiens.

Bien sûr, il y a la participation significative de ce tournoi populaire au dynamisme économique de Paris.

Bien sûr, il y a le rayonnement international de la Capitale car pour le monde entier, Roland Garros, c'est Paris.

Mais il y a aussi en jeu, je crois, une conception de l?avenir de notre métropole, et nous avons la conviction que cet avenir doit être durable.

Vous avez dit avec justesse, Monsieur le Maire, que ce n'est pas en déshabillant Paris que l'on habillera l?agglomération ; j?ajouterai que ce n'est pas faire injure aux autres villes franciliennes candidates à l'accueil de ce tournoi de dire que, s'il devait quitter Paris, ce transfert ne serait pas sans conséquences sur le visage de notre métropole.

Il entraînerait inéluctablement une consommation significative de terres cultivables même si juridiquement, elles ont le statut de terrain constructible, et ceci, Monsieur CONTASSOT, dans les trois sites.

Il aurait pour conséquence?

J'ai les photos? pas seulement à Versailles.

Il aurait pour conséquence une modification sensible des paysages des territoires concernés.

Et surtout, il se solderait par des déplacements supplémentaires que le réseau de transports collectifs actuel est dans l'incapacité d'assumer.

Je ne peux donc que m'étonner que dans cet hémicycle, certains en appellent à ce transfert sans manifester le moindre intérêt pour ces questions, comme si sauvegarder à Paris quelques serres sans aucun intérêt architectural valait beaucoup mieux que consommer plusieurs dizaines d?hectares de terrain encore vierges d'urbanisation.

Comme s'il y avait une différence fondamentale entre l'implantation de Roland Garros dans des zones quasi rurales et celle d?un circuit de formule 1 dans une zone équivalente des Yvelines : souvenez-vous en, Monsieur CONTASSOT.

Mais point de polémique, l'enjeu est trop important.

L'essentiel est que la Fédération française de tennis souhaite maintenir le tournoi de Roland Garros à Paris et a missionné à cette fin deux professionnels de talent : Marc MIMRAM et Michel CORAJOUD.

Leur projet est superbe. Il respecte, vous en convenez, l'esprit du site.

M. Yves CONTASSOT. - Bien sûr !

M. Jean-Pierre CAFFET. - Il s?inscrit dans les exigences du développement durable ; il permet la réalisation d'une vaste esplanade d'environ un hectare, mais présente la particularité de supprimer des serres sans aucun autre intérêt que fonctionnel, j'y reviendrai.

Mais remarquons d'ores et déjà que ce projet a été adopté par la Commission départementale des sites.

Certes, il y avait un problème de taille à régler, celui des équipements à destination de la population scolaire. Nous ne pouvons que nous réjouir qu'il le soit grâce à la mobilisation du stade Hébert et de l'hippodrome d'Auteuil, et j'ai le sentiment que ce transfert se fera en améliorant l'accueil des populations scolaires et la pratique du sport par ces populations.

Reste le problème des serres d'Auteuil, que j'ai évoqué, et qui a suscité l'inquiétude.

Il est incontestable que le jardin des serres d'Auteuil constitue un élément majeur du patrimoine botanique de la Capitale. Il ne s'agit nullement d?y attenter, bien au contraire. Le projet sélectionné par la F.F.T. inclut un nouvel équipement s?inspirant des serres de Formigé. Il s'agit d'une serre ceinturant le court de tennis, permettant ainsi d'accueillir et de montrer plus dignement une partie des collections d?orchidées et de fougères qui sont actuellement entreposées dans des serres quelconques.

Par ailleurs, il n'est évidemment aucunement question de sacrifier une seule de ces plantes puisqu'une partie de ces collections restera sur le site, tandis que l'autre sera accueillie au parc floral dans le bois de Vincennes, permettant ainsi à l'Est parisien de profiter également de ces trésors botaniques.

(Mouvements de protestation sur les bancs du groupe EELVA).

Il ne s'agit pas non plus de fusionner l'actuel site du tournoi de Roland Garros et le jardin des serres au détriment de ce dernier, comme on l'entend souvent, mais d'allier dans un unique projet d'urbanisme et d'équipements sportifs deux grands lieux de visite de la Capitale.

Les Parisiens pourront ainsi profiter conjointement du sport de haut niveau et de la beauté d?un patrimoine botanique exceptionnel.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je suis désolé mais il faudra conclure, Monsieur.

M. Jean-Pierre CAFFET. - Enfin, les engagements que vous avez pris, Monsieur le Maire, je conclus, et qui figurent dans ce v?u, quant à la révision du P.L.U. nécessaire, ainsi qu?à la durée de la future concession et du montant de la redevance qui en résultera sont de nature à conforter les chances de Paris dans la décision que la F.F.T. prendra en février prochain.

Aussi, et ce sera mon dernier mot, c'est avec le sentiment du devoir accompli, mais aussi en étant rassuré, que mon groupe adoptera ce v?u qui contribue au maintien du dynamisme, de l'attractivité et du rayonnement de Paris sans, j'y insiste, pour autant nuire au développement durable de notre métropole.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés et Communiste et elus du Parti de Gauche).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Un très grand merci, Jean-Pierre CAFFET.

Monsieur MARTINS ?

M. Jean-François MARTINS. - Monsieur le Maire, chers collègues, le Grand Paris a besoin d?un acte réellement fondateur, un acte réellement fécond, une première pierre posée concrètement pour bâtir l'édifice métropolitain.

Cet acte fondateur doit être surtout la preuve que les relations entre Paris et ses voisins ont changé, que Paris n'est plus une ville arrogante, égocentrique ou nombriliste qui serait enfermée dans son périphérique autant que dans ses certitudes.

Cet acte fondateur, nécessaire à une métropole unie, solidaire et cohérente devra démontrer que désormais, Paris est compétent à partager sa richesse, son prestige et les fruits de son histoire.

Ce dossier, finalement, de la mise en conformité de Roland Garros avec les standards internationaux des grands tournois de tennis nous donne peut-être, je le crois, l'opportunité de formaliser cet acte fondateur.

Tout d?abord parce que ce dossier est avant tout un dossier de manque d'espace dans notre Capitale, et que le développement de ce tournoi est bridé par le manque d'espace. C'est la question qui se posera pour toutes les grandes politiques publiques parisiennes dans les années à venir, notre manque d'espace, et il serait de bon ton d?y apporter une réponse métropolitaine.

Deuxième élément, parce que ce projet est situé précisément à un endroit où le déséquilibre territorial en matière de grands équipements est particulièrement flagrant. En effet, sur cette porte d'Auteuil, les trois installations sportives les plus prestigieuses marquent, s'il en est, le déséquilibre territorial en matière de grands équipements.

Enfin et dernier point, ce dossier s?y compétente particulièrement parce que la seule solution que vous nous proposez aujourd'hui consiste à élargir dans des dimensions qui ne seront peut-être même pas suffisantes pour correspondre à des standards internationaux, et qui par ailleurs supprimeraient ces fameuses serres d'Auteuil.

Comme vous le voyez, Monsieur le Maire, tout concourt à remettre en cause votre assertion selon laquelle nous n'avons d'autre choix que de supprimer les serres d?Auteuil pour garder Roland Garros.

Par ailleurs, Monsieur le Maire, je vous invite donc avec sympathie mais avec détermination?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Moi, avec sympathie, je vous invite à conclure.

M. Jean-François MARTINS. - Je vais le faire avec sympathie également...

Je vous invite avec détermination et sympathie à faire ce premier acte fondateur, à affirmer : Paris n'est pas arc-bouté sur ses privilèges acquis, n?est pas d'un égoïsme malvenu, Paris accepte et soutient que demain, les grands projets devront aussi avoir lieu en banlieue, et Paris les soutiendra à chaque fois qu'ils développeront la métropole.

(Applaudissements sur les bancs du groupe "Europe Écologie - Les Verts et apparentés").

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur MARTINS.

J'ai une conviction profonde : c'est que le dynamisme de l'agglomération ne viendra pas d'un moindre dynamisme de Paris. Je crois au contraire que le dynamisme de Paris tire le dynamisme de nos voisins.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés et Communiste et élus du Parti de Gauche).

C'est ma conviction.

Pour répondre Anne HIDALGO puis Jean VUILLERMOZ.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je me réjouis que, quand même très majoritairement, les expressions dépassant les clivages politiques habituels, et Claude GOASGUEN a bien fait de rappeler qu?il n?est pas un ami chronique du Maire de Paris?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - ? mais je me réjouis que nous soyons d'accord sur ce qui a été très bien exposé aussi par Emmanuelle BECKER ou Valérie SACHS ou encore Jean-Pierre CAFFET, à savoir la question qui nous est posée est bien celle du maintien ou pas du tournoi de Roland Garros à Paris.

Parce que le danger est réel, il a été effectivement pris en considération à sa hauteur. Danger réel parce qu?effectivement d'autres grandes villes dans le monde, en Europe vous avez parlé de Madrid, mais dans le monde Shanghai se place sur les rangs d?un tournoi du Grand Chelem, et la menace est tout à fait à prendre au sérieux.

C'est pourquoi lorsque la Fédération française de tennis a commencé à explorer d'autres pistes, y compris le déménagement de Roland Garros de Paris, nous avons pris au sérieux ces menaces?

M. LE MAIRE DE PARIS. - S'il vous plaît !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Nous avons pris au sérieux ces questionnements et nous avons travaillé de façon sérieuse, de façon professionnelle, mais aussi de façon extrêmement déterminée, parce que notre conviction, c'est que ce tournoi, qui est un tournoi historique, est non seulement un élément de l'identité de Paris, mais son identité et sa force internationale tiennent aussi au fait qu'il est situé dans un site absolument extraordinaire de Paris.

Monsieur le Maire, je suis tout à fait d'accord avec vous et avec ce que certains de mes collègues ont exprimé - j?aimerais vraiment que Sylvain GAREL écoute, même si nous ne sommes pas d'accord - et je pense que vouloir faire la Métropole en vidant Paris, sur le plan économique, cela a un nom : cela s'appelle le malthusianisme.

Nous ne sommes pas malthusiens. Nous considérons que les choses s'ajoutent. La force du tournoi de Roland Garros à Paris, avec la proposition que nous faisons, c?est quelque chose qui servira la métropole toute entière. Et je crois qu'être malthusien, c'est effectivement se dire : puisque rien ne peut croître, on va diviser et séparer. Je crois que ce n?est pas une bonne approche. En tout cas, ce n'est pas celle que nous avons eue.

Je voudrais rétablir un certain nombre de vérités, parce qu'Yves CONTASSOT a dit que la Commission des sites n'avait pas donné son accord au projet.

Ecoutez, on peut appeler un chat un chat quand même. Nous étions nombreux à siéger dans cette commission, le Préfet a donné un avis favorable pour que l'on puisse effectivement présenter le dossier que nous avons présenté devant la Fédération française de tennis samedi dernier, avec le Maire de Paris.

Vous êtes peut-être le seul à ne pas avoir entendu cet accord, mais nous l'avons entendu, et d'ailleurs dès cette réunion?

(Rires dans l'hémicycle).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pascal fait en sorte qu?il n?y ait pas d'interruption !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - ? le maire du 16e arrondissement avait lui-même eu des propos extrêmement mesurés, en attendant des propositions complémentaires, notamment pour le sport de proximité.

Donc, je rétablis les choses : oui, il y a eu un accord de la Commission des sites. D?ailleurs, dans cette Commission des sites, parce que j?ai entendu parfois que toutes les associations de défense de la nature avaient voté contre, c?est faux. Il y a notamment une association importante de défense de la nature qui a aussi voté ce projet.

Puis, l'Architecte des bâtiments de France, ce n'est pas rien. Puis le fait que ce projet ait été reconnu en Commission des sites comme étant totalement conforme à la Charte des bois et totalement conforme aux préconisations de l?inspecteur des bois, qui avait remis un rapport que nous avions validé quelques mois auparavant. Je crois que ce sont des choses très importantes et ce sont des faits.

A propos des signataires de la pétition, là aussi, il faut rétablir les faits. On a essayé de le faire, y compris en allant sur place. Je crois que beaucoup des signataires sont convaincus, peut-être moins aujourd'hui qu'hier, que nous voulions démolir les serres historiques d'Auteuil. Il n'en est rien. Non seulement nous ne voulons pas les démolir - je montre ici les images parce que quand on parle de serres en plastique, certains mettent en doute nos propos, voilà les serres qui seront démolies...

M. Yves CONTASSOT. - Ce ne sont pas les serres chaudes ! Ce ne sont pas les serres chaudes !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Voilà, je les tiens à votre disposition?

M. LE MAIRE DE PARIS. - On a écouté M. CONTASSOT sans l?interrompre. Vous me faites penser à d?autres, là !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Et voilà la serre proposée par Marc MIMRAM : un stade, un court de tennis qui sera ceinturé de serres magnifiques, qui sont inspirées je les montre aussi à la droite de l?hémicycle - par les serres de Formigé. Donc, nous ne pouvons pas continuer à mentir.

(Protestations sur les bancs du groupe EELVA).

Vous pouvez dire que vous êtes contre ce tournoi à Paris, mais vous ne pouvez pas dire que vous êtes contre, parce que les serres seraient démolies, notamment les serres historiques.

Je ne reviens pas?

(Protestations sur les bancs du groupe EELVA).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ecoutez, c?est insupportable ! On répond, écoutez comme on a écouté les orateurs.

M. Sylvain GAREL. - Ce ne sont pas les bonnes photos !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non. Si, ce sont les bonnes photos et elles vous dérangent.

M. Sylvain GAREL. - Allons sur place, alors !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur GAREL, ce n'est jamais bon quand un groupe, qui est un peu minoritaire sur une position, ne veut pas entendre?

M. Sylvain GAREL. - Ce ne sont pas les bonnes photos !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Chut ! Je peux parler ? Maintenant, je n?ai plus le droit de parler ! Vraiment ! Ce n?est pas la peine de me faire penser à d?autres. Dans d?autres circonstances, évidemment.

Ecoutez Mme HIDALGO, puis M. VUILLERMOZ.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Bien, je continue.

Donc, ce n'est pas un nouveau Zénith, puisque c?est comme cela que vous avez appelé le futur court et les serres de Marc MIMRAM, c?est vraiment un lieu qui sera ouvert au public, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui avec les serres qui existent.

Je voulais insister sur ce point. Je ne reviens pas sur ce qui a été très bien dit, notamment par Jean-Pierre CAFFET, sur le fait que ceux qui voudraient installer ce futur Roland Garros, notamment à Marne-la-Vallée, oui, prendraient sur des terres agricoles, oui, il y aurait un véritable problème que l'on peut assimiler à l'étalement urbain, à vouloir absolument mettre à l'extérieur, et même assez loin des modes de transports en commun, un lieu comme celui-ci avec un tournoi de renommée internationale.

Je voudrais dire quelques mots sur la question de la redevance et sur la question de la concession, et notamment sur sa durée.

M. CONTASSOT nous a dit : c?est contraire au droit, on ne peut pas avoir de concession supérieure à soixante-dix ans. Il a oublié la partie de la phrase qu'il aurait dû indiquer : sauf si le titulaire qui est investi de droits réels sur les infrastructures y renonce. C'est le cas de la F.F.T.

Je vous rassure, Monsieur CONTASSOT, nous avons fait toutes les vérifications juridiques - je pense qu?il y a de très bons juristes dans cette Ville, en tout cas nous sommes entourés de ces experts juridiques - et cette proposition d?aller jusqu?à quatre-vingt-dix-neuf ans n'a pas été faite en l'air, elle a été faite sur la base du droit, et du droit que nous pouvons pratiquer.

Donc, je voudrais là aussi rétablir cet élément.

Puis, sur le montant de la redevance, je crois, et cela a bien été dit également par Claude GOASGUEN tout à l'heure, il s'agit de la Fédération française de tennis : 80 % des recettes du tournoi sont redistribuées auprès des ligues et des clubs. Donc, les fédérations de sports ont un rôle, une mission de service public. C'est aussi en tenant compte de cette mission de service public que cette proposition leur a été faite.

Voilà, mes chers collègues, je ne voudrais pas être beaucoup plus longue, mais souligner, au-delà du fait qu?un groupe de la majorité et l'élu du MoDem considèrent que ce projet ne leur convient pas, je constate quand même une très grande majorité de notre Assemblée pour dire que nous sommes attachés à ce tournoi, que ce tournoi fait partie de l'identité de Paris, que nous voulons lui donner toute sa force, et qu?en plus la force que l'on va donner au tournoi sera aussi un plus pour les Parisiens, pour les amateurs du site d'Auteuil, et notamment pour les amateurs de botanique. Pour le prix d'un billet de tennis, vous pourrez aussi participer et voir ce paysage magnifique de la nouvelle serre de Marc MIMRAM où on pourra enfin voir des espèce qui aujourd?hui, je suis désolée, ne sont pas visibles et accessibles au public.

Donc, merci, mes chers collègues, de soutenir avec autant de force ce projet.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Jean VUILLERMOZ ?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Je vais être très court, puisque je crois que l'essentiel a été dit et que le débat a montré les oppositions qu'il pouvait y avoir.

D'ailleurs, de ce point de vue, j'ai un adversaire en moins sur un dossier sportif, ce qui est quand même une bonne chose.

Il en reste un, "Les Verts"...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Est-ce que vous pourriez écouter, s?il vous plaît ? C?est incroyable, on n?écoute pas l'expression de la Majorité. L'Exécutif, quoi !

Jean VUILLERMOZ ?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, rapporteur. - Je disais simplement que j'avais un adversaire en moins sur un dossier sportif, je m'en réjouis pour celui-là. Je sais que l?on retrouvera des oppositions à Droite.

Il en reste un, "Les Verts", qui sont passés E.E.L.V.A.

Je reviendrai peut-être d'un mot sur le fond, mais je crois qu'il y a quand même un problème particulier chez "Les Verts", c'est qu'ils sont opposés frontalement au sport de haut niveau et qu'ils ne veulent pas admettre que le sport de haut niveau fait partie intégrante du sport en général et qu'il participe au développement du sport de proximité.

Je veux confirmer que les photos - parce que cela a été dit tout à l'heure, je l'ai entendu - qui ont été montrées sont les bonnes photos et qu'au niveau des serres, la situation aujourd'hui sera nettement améliorée?

M. Yves CONTASSOT. - C'est faux !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je donne raison publiquement à Jean VUILLERMOZ. C'est vrai !

M. Yves CONTASSOT. - Vous n?y avez jamais mis les pieds, on y va quand vous voulez avec la presse !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il raconte n'importe quoi !

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, rapporteur. - Je veux simplement dire?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Une seconde, cela ne sert à rien de crier, d'autant que la presse a déjà été conviée sur place à visiter et à voir les choses.

M. Yves CONTASSOT. - Allons-y ensemble. On verra si ce sont les serres chaudes ou non.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pourquoi ? Parce qu?ensemble cela change de nature ?

N?importe quoi !

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, rapporteur. - Le problème, ce n'est pas que ce sont des serres chaudes. On a montré les bonnes photos.

Je voudrais simplement dire deux choses. Premièrement, je veux remercier tous ceux qui ont travaillé à ce beau projet, ici à l'Hôtel de Ville et à la Fédération française de tennis, qui améliorera aussi bien Roland Garros, tel qu'il est aujourd'hui et, tel qu'il sera demain, ce sera plus beau et ce sera mieux pour tout le monde.

Je veux aussi dire que cela améliorera les serres.

Je me félicite que l'on ait pensé à conserver - je me suis battu un peu pour cela - le sport de proximité, notamment sur le stade Georges Hébert, puisque c'était une demande et il était évident qu'il fallait y répondre.

De ce point de vue, il faut réaffirmer que les deux gymnases qui sont à l'heure actuelle sur le Fonds des Princes seront reconstruits sur Georges Hébert, qu'il y aura une petite piste d'athlétisme, telle qu'elle est en gros aujourd'hui, sur Georges Hébert, et qu'il y aura donc une amélioration aussi pour les scolaires et pour les jeunes du 16e arrondissement, avec les trois terrains de grands jeux, qui seront aménagés sur les pelouses d'Auteuil, dont le terrain de football et la piste d'athlétisme de six couloirs, seront aménagés et disponibles dès septembre 2011.

Donc, c'est vraiment quelque chose de positif parce que cela améliore évidemment le sport de haut niveau, pour le tennis et Roland Garros, et cela améliore aussi le sport de proximité dans le 16e arrondissement, dans cette partie de Paris.

Alors, je voudrais simplement finir en disant ce que j'ai dit samedi dernier, lors de notre présentation devant la Fédération française de tennis : oui, Paris et le tennis, Roland Garros et Paris, c'est une vieille histoire d'amour. Il y a aujourd'hui 41.000 licenciés dans 180 clubs ce qui fait de cette discipline sportive, le sport le plus pratiqué à Paris.

Je suis persuadé que Roland Garros y est pour beaucoup.

Roland Garros fait totalement partie intégrante de Paris. Il fallait trouver le moyen de répondre aux demandes d'amélioration et de modernisation de Roland Garros. Nous l'avons fait, nous le faisons, il y a maintenant un bon projet.

Je vais finir comme j'ai fini l'autre fois : Mesdames et Messieurs, continuons encore pendant longtemps cette belle histoire d'amour. Vous avez la possibilité de le faire en votant ce v?u et, demain, on dira : "Quelle belle compétition dans un lieu magnifique !"

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

M. LE MAIRE DE PARIS. - J'avais envie d'ajouter quelque chose, mais la conclusion de Jean résume tout.

Chers amis, un scrutin public ?

(Approbation de M. GAREL).

D'accord, si tu veux le dire, dis-le, mais je m'ap compétentais à le faire.

M. Sylvain GAREL. - Nous allons demander sur les deux v?ux qui vont être présentés, le vôtre et le nôtre, un scrutin public et j'espère que l'on aura l'occasion de tous aller sur les serres d'Auteuil pour voir exactement ce qu'il en est.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Les visites guidées, quand vous voulez. S'il vous plaît !

Je vais donc organiser tout d?abord le vote sur le v?u n° 87, le mien, par scrutin public comme vous l'avez souhaité.

Si vous souhaitez un scrutin public sur le vôtre, après, libre à vous, mais franchement, c'est juste pour nous faire perdre du temps.

Comme vous voulez, c'est de droit, je n'en comprends pas bien la logique mais vous m'expliquerez après.

Pas tout de suite !

Le scrutin public va donc intervenir par voie électronique. Je vous demande d'être tous à votre place pour pouvoir voter. Je pense que les cartes nominatives vous ont été distribuées par les secrétaires de vos groupes.

Chaque conseiller vote de sa place avec la carte qu'il doit introduire en l'inclinant en biais.

S'il dispose d'une procuration, il vote de la même façon.

Je vous rappelle que nul ne peut être porteur de plus d'un pouvoir écrit.

Avez-vous vérifié les pouvoirs écrits, Madame la Secrétaire générale du Conseil ? Tout est en ordre, il n'y a pas de contestation, tout est "clean" ? Bien.

Les pouvoirs, c'est réglé pour tout le monde ?

Avant d'ouvrir le vote, sur les pouvoirs, est-ce que tout est réglé ?

Il semble qu'il manque les pouvoirs de l'U.M.P., peut-être n'y en a-t-il pas. Y a-t-il des pouvoirs de l'U.M.P. ? Auquel cas, vous nous les donnez.

Je ne veux pas ouvrir le vote tant que ce n'est pas clair.

Cher Monsieur DESTREM, vous avez été sage jusqu?ici, restez-le ! Cela vous va bien, d'être sage.

Les procurations de l'U.M.P. n'étaient pas encore là. Voilà !

Chers collègues, est-ce que, maintenant, on est sûr de toutes les procurations ? Tout est bien en ordre ? Impeccable, me dit-on.

(Les cartes sont distribuées).

Je mets donc aux voix, au scrutin public, le v?u n° 87. Le scrutin est ouvert.

(Il est procédé au vote par voie électronique).

Un peu de silence, s'il vous plaît, pas de désordre pendant les votes.

Est-ce que tout le monde a voté, personne n'a oublié de voter ?

Monsieur DAGNAUD, responsable des travaux du Conseil de Paris.

M. DAGNAUD a un problème ?

C'est bon, c'est terminé ?

(Les votes sont recueillis électroniquement).

Le scrutin est clos.

J'annonce les résultats :

Ont participé au vote : 153

Pour : 141

Contre : 12

Abstention : 0

NPPV : 1

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

Le v?u est adopté. (2010, V. 327).

(Voir annexe n° 4).

Pour passer au vote électronique sur l?autre v?u, faut-il enlever la carte ou peut-on la laisser dedans ?

On peut la laisser dedans.

Du sang-froid !

(Rires dans l'hémicycle).

Du calme ! Vous êtes fatigant !

Je vais mettre aux voix maintenant?

30 secondes !

Le vote n'est pas ouvert, ne vous fatiguez pas.

(Mouvements divers dans l'hémicycle).

Chers collègues, du silence ! S'il vous plaît !

Il y a encore une séance ce soir et demain.

S'il vous plaît, du silence !

Je vais ouvrir le scrutin sur le v?u n° 88 du groupe E.E.L.V.A., qui a un avis défavorable de l'Exécutif.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Mme Olga TROSTIANSKY, adjointe . - C'est marqué 87.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Celui qui a été adopté, c?était le n° 87, donc il faut que l?électronique ne marque plus 87, c?est fini.

Je voudrais qu?on passe bien au 88 écrit là. Sinon, il va y avoir de bons petits camarades qui vont dire : "Oui, mais on a gagné !"

Monsieur de la machine, aidez-moi, je vous en supplie !

C'est bien le n° 88 que je vais mettre aux voix.

(Mouvements divers dans l'hémicycle).

Ecoutez-moi bien : le v?u n° 88 est celui du groupe E.E.L.V.A. Il y a un avis évidemment défavorable de l'Exécutif, donc je vous invite plutôt à voter contre.

Le scrutin est ouvert.

(Il est procédé au vote).

Est-ce que tout le monde a voté ? Oui ?

(Les votes sont recueillis électroniquement).

Le scrutin est clos.

J'annonce les résultats :

Ont participé au vote : 154

Pour : 12 voix

Contre : 142

Abstention : 0.

Le v?u n° 88 est rejeté.

(Voir annexe n° 5).

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, Centre et Indépendants et U.M.P.P.A.).

Chers collègues, ceux qui veulent s'absenter le font discrètement.

Un petit coup de cloche et nous repassons en Conseil général.