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Decembre 2010
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2010, DAC 353 - Installation d'une sculpture monumentale de Salvador Dali, dite Le Profil du Temps, à Montmartre (18e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2010


 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Chers collègues, nous passons à la 9e Commission. Nous examinons le projet de délibération DAC 353. Il s'agit de l'installation d'une sculpture monumentale de Salvador Dali, dite Le Profil du Temps, à Montmartre, dans le 18e.

Je donne la parole à M. Sylvain GAREL, pour le groupe "Europe Écologie - Les Verts et apparentés".

M. Sylvain GAREL. - Monsieur le Maire, voici une déclaration bien singulière, puisqu'elle nous propose d'installer à Montmartre une statue d'un artiste qui n'y a jamais, ni vécu, ni travaillé, et qui n'a pour seul lien avec la butte Montmartre qu?un musée qui n?en pas un, qui est une galerie commerciale et qui, depuis des années, exploite le filon des ?uvres de Dali d'une façon d'ailleurs assez éhontée dans cette exploitation.

Comme si cela ne suffisait pas, pour augmenter la visibilité de ce musée qui est un peu caché puisqu'il est derrière la place du Tertre, pas directement sur la place, il a trouvé l'idée d'installer une statue pour en fin de compte faire comme une publicité à son musée-galerie commerciale et pour attirer davantage de touristes.

Alors, c'est assez étonnant, surtout qu'à Montmartre, ce ne sont pas les sculpteurs, les artistes en général qui manquent et que l'on pourrait honorer. De Picasso à Suzanne Valadon, des centaines de peintres, de sculpteurs, d'artistes sont là, et mettre des statues de ces personnages aurait été tout à fait intéressant.

D'autre part, il y a l'autre problème, c'est que cette installation se fait sans absolument aucune concertation puisqu'au conseil de quartier, le président du conseil de quartier s'est contenté de présenter la diapositive de la statue et a refusé tout débat avec les conseillers de quartiers et les riverains présents, ce qui a d'ailleurs déclenché leur fureur, d'ailleurs depuis ils ne décolèrent pas, à la fois sur la méthode et sur le fond.

On vient également d'apprendre que ce n'est pas du tout un original qui va être installé là mais une copie, une copie qui a été refaite dans une maquette et qui en plus va être refaite aux dimensions voulues par la Ville, ce qui est un moyen de présenter quelque chose qui a quand même un intérêt artistique extrêmement limité, surtout quand on sait tout ce qui s?est passé à la fin de la vie et après la mort de Dali autour de ses ?uvres, qui ont été largement détournées et qui ont été pour beaucoup des faux. Et on sait très bien que le propriétaire de cette galerie a beaucoup travaillé dans ce domaine-là.

Alors, pour toutes ces raisons, je vous demande vraiment, Monsieur le Maire, de retirer ce projet de délibération et de ne pas imposer aux Montmartrois une sculpture dont ils ne veulent pas pour laisser croire en plus à tous les touristes qui passent que Dali a fait carrière dans ce quartier, ce qui n'a jamais été le cas - il n'y a jamais vécu, il n'y a jamais travaillé -, et je pense qu?on pourrait mettre d?autres statues que faire la promotion d'un musée qui est une galerie commerciale : c'est une privatisation de l'espace public.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Pour vous répondre, je donne la parole à M. Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Dans la lignée de ce qu?aurait dit Ian BROSSAT, il n'intervient pas donc, je change ma réponse.

Dans la lignée de ce qu?aurait dit Ian BROSSAT, je ne trouve pas qu'il soit anormal ou illégitime que la Ville de Paris rende hommage à certains artistes au-delà de leur attachement ou de leur lien à tel ou tel arrondissement.

Et puis veillons, Monsieur GAREL, à ne pas faire de Paris une ville lisse et aseptisée. Il y a aussi le commerce, il y a aussi les galeries d'art, il y a aussi des marchands d'art comme il y en avait du temps de Montparnasse, le Montparnasse des années 20.

Je ne crois pas qu'il faille relier l'artiste forcément à un arrondissement précis ; je pense que Paris est un ensemble, ce ne sont pas que des quartiers. Nous ne sommes pas dans le cas de figure là d'une plaque à apposer, où le lien à un lieu géographique précis est primordial, mais bien dans l?idée de rendre les ?uvres d?art accessibles au plus grand nombre.

Installer à Paris, cette sculpture, dite Le Profil du Temps, qui appartient à la série des Montres Molles, à l?occasion du 20e anniversaire de la disparition de Dali, est aussi une manière de rappeler que Paris a été la capitale des surréalistes.

Par ailleurs, Dali était très attaché à Montmartre, contrairement à ce que vous avez dit, où vivait sa compagne, Gala.

Installer la sculpture sur la plateforme dominant la rue Poulbot, à l?entrée de l?Espace Dali, bien qu'il s'agisse d'un musée privé, ne nous semble pas choquant.

Je tiens également à rappeler que cette statue, dont la valeur est estimée par les experts à 1.500.000 euros est un don fait à la Ville par M. Beniamino LEVI, président de la Fondation Stratton pour les arts culturels, "en remerciement à Paris, qui a accueilli les plus belles manifestations du talent de ce prodigieux artiste", je le cite comme il nous l?a écrit.

Cette ?uvre ne coûte donc rien a la Ville, si ce n?est bien sûr les frais habituels d?installation de 6.000 euros.

Comme pour chaque installation d'?uvre d'art, je rappelle que ce sujet a été évidemment abordé et débattu en Comité d?art dans la ville ; c'était le 25 juin 2009. S'il avait été difficile néanmoins d'apprécier à partir d'une photographie les conditions de l?insertion de l??uvre sur le site, aucun membre du Comité ne s'était opposé à l'installation de cette statue.

Pour toutes ces raisons, nous ne retirerons pas le projet de délibération.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 353.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DAC 353).