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Decembre 2010
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2010, DLH 298 - Réalisation par Paris Habitat OPH d'un programme de construction de 31 logements PLUS, 8 logements PLAI et 39 logements PLS, 141-219 boulevard MacDonald (19e). 2010, DLH 328 - Réalisation par la SGIM d'un programme comportant 3 logements PLA-I, 9 logements PLUS et 3 logements PLS situé 28 quai des Célestins (4e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2010


 

Mme Véronique DUBARRY, adjoint, présidente. - Nous passons à l'examen du projet DLH 298.

Je donne la parole à M. Gauthier CARON-THIBAULT.

Vous avez une autre inscription, je ne sais pas si vous voulez grouper ?

M. Gauthier CARON-THIBAULT. - C?est une même intervention. Madame la Maire, mes chers collègues, ce mois-ci le Conseil de Paris est amené à délibérer sur un nombre important de projets de délibération logement qui représentent un quart des logements financés cette année.

Ainsi, je voudrais attirer votre attention sur deux sites plus particulièrement. L'opération McDonald dans le 19e, et la réalisation située quai des Célestins dans le 4e arrondissement.

En effet, l'ensemble des programmes de logements sociaux de l?opération d'aménagement des entrepôts McDonald est une opération phare de la mandature. Le programme, dont le chantier doit démarrer en 2011, comprend 50 % de logements privés dont une partie de logements locatifs à loyer maîtrisé et 50 % de logements sociaux. Les quatre projets de délibération visent à financer un programme de logements sociaux caractérisé par une grande mixité avec une diversité des produits, avec plus de 383 logements familiaux, 120 logements foyers pour jeunes travailleurs et 140 logements pour étudiants.

Au sein des logements familiaux, compte tenu des caractéristiques très particulières du 19e arrondissement, 50 % des logements sont des logements sociaux intermédiaires. Vous le voyez, notre municipalité est dans une démarche assumée visant à favoriser la mixité sociale et générationnelle dans les arrondissements déjà fortement dotés en logements sociaux.

Il s'agit tout d?abord d?intégrer dans la production de logements familiaux, une part importante de logements sociaux intermédiaires P.L.S., destinés aux classes moyennes, 50 % des programmes.

Il s'agit ensuite de diversifier la production de logements sociaux avec de nombreux foyers de jeunes travailleurs, résidences pour étudiants et autres établissements d?hébergement pour personnes âgées dépendantes.

A travers ce projet de délibération, la Ville de Paris montre sa volonté de créer une véritable mixité sociale dans un arrondissement déjà très pourvu. Cette volonté de rééquilibrage se concrétise aussi dans les arrondissements déficitaires en termes de logements sociaux puisque la délibération DLH 328, qui est une réalisation par la S.G.I.M d'un programme comportant 3 logements P.L.A.I., 9 logements PLUS et 3 logements P.L.S. situés 28 quai des Célestins dans le 4e arrondissement présente une opération exemplaire de la mobilisation du patrimoine municipal.

Il s?agit de transformer des bureaux occupés par les services de la Ville, appelés à déménager prochainement, en logements sociaux familiaux dans un quartier très déficitaire en logement social.

Ce programme suivi en 2011 du financement d'une deuxième tranche visant à reconvertir la deuxième partie de l?immeuble du quai des Célestins en un programme innovant de résidences intergénérationnelles destinées aux jeunes et aux personnes âgées valides.

On pourrait à ce titre également évoquer le projet de délibération DLH 281, qui est une réalisation par la R.I.V.P d'un programme comportant 5 logements P.L.A.I., 12 logements PLUS, 3 logements P.L.S. et un local d?activité, 13-15 rue Bleue dans le 9e arrondissement.

En effet, ce projet de délibération présente un programme de transformation de bureaux en logements sociaux, c'est une opération exemplaire comprenant la création d'une crèche et de 20 logements sociaux sur un immeuble de bureaux acquis suite à la consultation organisée par la Ville, pour la vente d'un terrain boulevard d'Indochine dans le 19e arrondissement. C'est donc un projet assimilable à de le construction neuve dans un arrondissement aussi très déficitaire en logement social et où les opportunités sont rares.

Je tiens à rappeler que la forte détermination de la Ville de Paris à produire plus de logements sociaux dans les quartiers déficitaires en la matière se heurte à plusieurs obstacles. Dans les arrondissements du centre de Paris, il y a une pénurie foncière indéniable et les possibilités de construire sont rares.

En 2001, nous partions de loin et il a fallu rattraper le retard avec un foncier extrêmement cher. Mais notons que le nombre de logements sociaux a augmenté dans ces arrondissements, plus de 500 logements dans le 3e arrondissement en plus sous l'ancienne mandature. Concernant l'Ouest parisien, les terrains sont très rares et les prix de l?immobilier très coûteux. Il y a en effet une explosion des prix de l?immobilier depuis 13 ans, et une prédominance des copropriétés d'habitation qui ne sont pas forcément très faciles à préempter pour faire du logement social.

La Ville de Paris est responsable et ne veut pas acheter des terrains à n'importe quel prix aux frais des contribuables parisiens.

De plus, nous nous heurtons à une forte opposition politique sur certains projets de logements sociaux dans les arrondissements très déficitaires de l'Ouest. La multiplication des recours sur permis de construire contribue à retarder des opérations prévues au détriment des 120.000 demandeurs de logement social en attente.

Nous voyons donc avec ces deux projets de délibération, qui sont des projets phares, la détermination de notre Municipalité à faire du logement sa priorité. Je voudrais pour terminer rappeler que l'État ne joue pas son rôle et que son budget logement n'est pas à la hauteur des enjeux, loin de là, puisqu'il baisse ce dernier de 75 % et estime qu'il est normal de ponctionner les bailleurs pour compenser cette baisse scandaleuse.

A Paris, nous déployons des moyens colossaux pour permettre à toutes les catégories sociales de se loger, des plus démunis d?entre nous aux classes moyennes, qui peinent également à trouver un logement correspondant à leurs revenus.

De ce point de vue, nous pouvons encore une fois regretter que le Gouvernement refuse d?expérimenter l?encadrement du loyer du parc locatif privé à Paris. Plus le logement privé coûte cher, plus la pression est forte sur la demande de logement social.

Alors, mes chers collègues, l'Etat n?a pas le droit de se désengager de la politique du logement. Il est urgent qu'il prenne ses responsabilités, lui seul en a les moyens.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et EELVA).

Mme Véronique DUBARRY, adjointe, présidente. - Je donne la parole à M. MANO.

M. Jean-Yves MANO, adjoint, au nom de la 8e Commission. - M. Gauthier CARON-THIBAULT, fin connaisseur des problèmes de logement, il en a fait la preuve, a balayé effectivement les difficultés qui sont les nôtres, par rapport aux difficultés géographiques de disponibilité du foncier, en même temps les discussions qui sont le nôtres vis-à-vis de l'Etat aujourd'hui dans nos négociations pour l'avenir du logement social. Avis que je partage totalement .

Néanmoins, ce projet de délibération, c?est l?occasion de revenir sur l'opération McDonald, opération exemplaire sur le plan urbanistique, de la transformation d'un entrepôt de 600 mètres de long en bâtiment à la fois d?activité, de commerces, de bureaux, de crèches, de logements privés et de logements sociaux, dans une partie du 19e.

Je qualifierai cette opération de reconquête d'une partie de ville, avec une ambition forte sur le plan architectural d'ailleurs. Ce projet fait l'objet de beaucoup de commentaires dans les revues spécialisés, telle l'ambition est forte.

Et je me réjouis, à l'occasion de ce Conseil, que nous puissions commencer le financement effectif des financements des logements sociaux, de trois opérateurs de logements sociaux différents : Efidis, 3F et Paris Habitat.

Voilà, réjouissons-nous. Ce qui n?exclu pas évidemment toutes les difficultés signalées par M. Gauthier CARON-THIBAULT.

(Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, remplace Mme Véronique DUBARRY au fauteuil de la présidence).

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet délibération DLH 298.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DLH 298).

Je mets aux voix également, à main levée, le projet de délibération DLH 328.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DLH 328).