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Decembre 2010
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2010, Vœu relatif à la solidarité de la Ville de Paris avec le peuple ivoirien et son président démocratiquement élu déposé par M. MARTINS.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2010


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Le v?u n° 111 a été déposé par Jean-François MARTINS. Il est relatif à la solidarité de la Ville de Paris avec le peuple ivoirien et son président démocratiquement élu.

M. MARTINS, pour une minute.

M. Jean-François MARTINS. - Monsieur le Maire, chers collègues, la Ville de Paris a une tradition longue de défense de la démocratie et d?une certaine idée de l'expression des peuples. Ce qui se passe donc en Côte-d'Ivoire ne peut nous laisser insensibles, et considérant qu'après des années de tension, nous avons tous vocation et l?espoir que la Côte-d?Ivoire puisse vivre désormais dans un contexte et un climat apaisés, je vous propose, comme vous avez pu le lire dans ce v?u, que la Ville de Paris exprime son soutien au peuple ivoirien, à l'expression de ce peuple et à son président démocratiquement élu, Alassane OUATTARA.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Monsieur.

Je donne la parole à M. SCHAPIRA pour la réponse.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Je crois que M. MARTINS a oublié un élément dans sa réponse, dans son questionnement, c'est le v?u que j'ai sous les yeux.

Il nous demande de renoncer à toutes relations avec l'État ivoirien tant que celui-ci ne sera pas représenté par des élus légitimes et reconnus.

Ce qui se passe en Côte-d'Ivoire est extrêmement grave, nous en sommes tous conscients ; sur tous les bancs de cette Assemblée, tout le monde a manifesté pour dire que les élections s'étaient passées peut-être de manière un peu curieuse, au Sud comme au Nord, tous les partis politiques.

Nous avons noté avec satisfaction que la communauté internationale, que ce soit l'Union européenne, l'O.N.U., et de nombreux chefs d'État, français et américain notamment, ont tous contesté l'élection et reconnu l'élection d'Alassane OUATARA.

Par contre, je ne peux pas, le Conseil de Paris ne peut pas se substituer à un État, nous n'avons pas la légitimité pour faire de la politique internationale, au titre des chancelleries, par contre, nous avons des liens avec les villes.

Et il m'est difficile, mes chers collègues, de rompre les relations avec des villes dont les unes ont voté pour OUATTARA, et les autres ont voté pour GBAGBO.

Je vais donner un exemple, si le gouverneur d?Abidjan est proche de GBAGBO, avec qui nous travaillons, si le maire de Bouaké est proche de OUATTARA avec qui nous travaillons, et j'ajoute que nous sommes dans un projet européen, alors que l'Europe a condamné. Nous sommes dans un projet européen extrêmement important de plus de 1,4 million d'euros sur l'assainissement des zones inondables autour d?Abidjan pour créer des cultures maraîchères, nous travaillons avec le maire de Treicheville, président de l'association des maires de Côte d'Ivoire et dont le parti a soutenu OUATTARA.

C'est pourquoi je pense que l'on peut comprendre notre émotion sur ce qui se passe en Côte d'Ivoire évidemment mais nous ne pouvons pas rompre des relations de ville à ville sous ces prétextes. C?est la population qui en sera bénéficiaire et je peux vous dire que nous travaillons dans de bonnes conditions.

Avec Treicheville, le président de l?Association des maires de Côté d?Ivoire, je le rappelle, dont le parti a soutenu OUATTARA, nous travaillons sur ce projet important qui lie la commune de Paris, Abidjan et Cotonou.

Si vous votez ce v?u, on arrêtera notre travail.

C'est pourquoi je vous demande de ne pas voter ce v?u, de le retirer, Monsieur, tout en sachant que nous sommes conscients des problèmes qui se posent en Côte d'Ivoire.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés et Communiste et élus du Parti de Gauche).

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Vous retirez votre v?u, Monsieur GAREL ?

M. Sylvain GAREL. - Je suis extrêmement surpris de votre réponse qui n'est pas celle que j'ai entendue de la bouche du Maire de Paris lors d?une émission de télévision récemment, qui a très clairement dit que GBAGBO devait démissionner et que OUATTARA était le président élu de Côte d'Ivoire. Je n'ai pas du tout entendu cela.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Je n'ai pas dit cela !

M. Sylvain GAREL. - J?ai entendu qu'il y avait des contestations d'élection et qu'en fin de compte, OUATTARA et GBAGBO, c'était pareil. Non !

Quelqu'un a été élu, c?est OUATTARA et nous devons ce soutien à la démocratie et dénoncer le fait que GBAGBO demeure au pouvoir en Côte d'Ivoire. C?est pourquoi nous voterons ce v?u et je suis surpris de cette réponse qui me semble extrêmement en retrait.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je demande à MARTINS dans un premier temps s?il retire son v?u.

M. Jean-François MARTINS. - Je veux bien entendre les impératifs de travail avec les villes ivoiriennes avec lesquelles nous avons déjà des projets de développement.

Je veux être consensuel, dans ce cas je vous propose d'amender ce v?u et de retirer la rupture des relations, mais de garder un v?u, cela me paraît le minimum, que la Ville de Paris exprime son soutien au peuple ivoirien et à M. OUATTARA, président démocratiquement élu, et nous pouvons supprimer, si l'Exécutif l'accepte, la phrase "renonce à toutes relations avec l?État ivoirien".

Par ailleurs, cela dit, c'est un amendement que je fais par envie de consensus parce que le v?u ne dit pas de renoncer au travail avec les villes mais avec l'État ivoirien et strictement l?État, ce qui ne nous empêcherait pas de continuer à travailler avec les villes.

Cela dit, dans un esprit d'apaisement, je vous propose de supprimer la fin de l?amendement et d?enlever le fait que la Ville de Paris renonce à ses relations pour garder uniquement la première phrase qui conclut ce v?u, c'est-à-dire "Nous exprimons notre soutien au peuple ivoirien et à son président démocratiquement élu".

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Monsieur SCHAPIRA ?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Je n'ai pas, je comprends?

Sur l'affaire de Côte d'Ivoire, le Maire s'exprime, nous nous exprimons évidemment en tant que politiques. En tant que Conseil de Paris, sur les villes, je suis d'accord avec vous M. MARTINS si vous retirez ce membre de phrase.

Maintenant, nous n'avons aucun lien avec l'État ivoirien, aucun, nous ne travaillons qu?avec les villes et avec des gens démocratiquement élus dans les villes. Le maire de Treicheville est élu. Le maire de Bouaké est élu, le maire de Yamoussoukro est élu.

Il n'y a que le gouverneur d?Abidjan, dont Treicheville est un arrondissement, qui est comme avant il y avait un préfet à Paris, il y a des élections mais voilà.

Là-dessus, je ne peux pas rompre des relations avec eux.

Mais nous n'avons aucun lien avec l'État ivoirien.

Aucun !

Maintenant, que nous disions, mais c?est autre chose, le Conseil de Paris soutient le peuple ivoirien pour qu'il s'en sorte le mieux possible avec le Président élu démocratiquement, je n'ai rien contre mais cela n'a rien à voir avec les relations internationales de la Ville de Paris.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Que proposez-vous ?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Qu'est-ce qu'il propose ?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - On vote sur la proposition que vous venez de faire ?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Attendez, cela ne me fait pas rire du tout parce que ces amendements déposés au dernier moment sur des choses extrêmement sensibles, je trouve cela un peu léger.

Donc, maintenant, ou on retoque tout, ou alors on reprend ce que vous avez dit, mais en retirant tout ce qui concerne l?État ivoirien.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Monsieur MARTINS, que proposez-vous ?

M. Jean-François MARTINS. - Evidemment, je maintiens ma proposition de supprimer la deuxième partie de la conclusion de ce v?u, mais j?estime que si l'Exécutif avait vraiment envie de le voter, il m'aurait proposé un v?u bis comme il le fait sur un certain nombre de v?ux qu'il souhaite réécrire.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Monsieur SCHAPIRA, je vous propose que l'on vote sur la proposition que vous avez faite en dernier, avec un avis favorable.

Monsieur CHARON ?

M. Pierre CHARON. - Compte tenu de ce qu'il se passe, on aimerait avoir une lecture à peu près stabilisée du v?u proposé, qu?on sache au moins ce que l'on me vote et ce que l'on ne vote pas. Parce que cela flotte sérieusement. Si vous voulez qu?on suspende pour le réécrire tranquillement, pourquoi pas, mais là c'est un peu?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Monsieur SCHAPIRA ?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - J?ai fait des propositions hier, j?ai regardé le v?u avec M. MARTINS, il y a avait cette affaire de renoncer, que j'avais demandé d?enlever mais cela n'a pas été enlevé, je pensais qu'aujourd'hui compte tenu du v?u tel qu'il est, on voterait contre.

Maintenant, si on doit le modifier, je propose à M. MARTINS de le faire en ne retenant que la partie concernant l'élection d'Alassane OUATTARA.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Monsieur le Président du groupe socialiste et radical de gauche et apparentés.

M. Jean-Pierre CAFFET. - Puisqu?il y a des demandes de précisions, et compte tenu de ce que vient de dire et de ce qu?a exprimé au nom de l'Exécutif, Pierre SCHAPIRA, sur la proposition d'amendement du v?u qui a été déposé par Jean-François MARTINS, il me semble que nous pourrions nous en tenir à la formulation suivante : "La Ville de Paris exprime son soutien au peuple ivoirien et à Allasane OUATTARA, président démocratiquement élu".

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - On vote là-dessus.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u ainsi amendé.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u amendé est adopté à l?unanimité. (2010, V. 337).