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Decembre 2010
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2010, Vœu déposé par le groupe E.E.L.V.A. relatif aux animaux sauvages dans les cirques à Paris. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2010


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous allons maintenant examiner des v?ux qui ne se rattachent à aucun projet de délibération, le v?u n° 106 a été déposé par le groupe E.E.L.V.A. et le v?u n° 106 bis par l'Exécutif.

Cela a trait aux animaux sauvages dans les cirques à Paris.

Je donne la parole à Christophe NAJDOVSKI, pour une minute.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Paris accueille depuis très longtemps des cirques sur son territoire et cela fait partie de l'identité de Paris.

Avec la charte "Droit de cité pour les cirques" adoptée en 2002, la Ville de Paris a réaffirmé son attachement à préserver la place des cirques à Paris.

Les élus écologistes partagent pleinement cet attachement.

Si la Ville ne subventionne que des cirques qui n?utilisent pas d?animaux, il n?en demeure  pas moins quelle accorde des autorisations d'utilisation du domaine public à des cirques utilisant des animaux sauvages.

Un certain nombre de villes en France dont Montreuil ou Bagnolet, par exemple, ont interdit la présence sur leur territoire des cirques utilisant des animaux.

Sans aller jusqu'à une interdiction immédiate et non concertée, nous souhaitons que la Ville de Paris engage une réflexion et une concertation avec les entreprises de cirque qui utilisent des animaux sauvages afin qu'à terme celles-ci présentent au public parisien des spectacles n'incluant plus d'animaux sauvages.

De nombreux problèmes et questions sont en effet soulevés par la captivité d'animaux sauvages, principalement le manque d'espace. Comme le dit le juriste et philosophe Jean-Baptiste JEANGÈNE VILMER dans son livre "Ethique animale", de grands animaux passent leur vie dans des cages minuscules et ne sortent de leur cage qu?un quart d?heure ou une demi-heure par jour.

Ils sont dans l'obscurité totale 12 heures par jour dans des camions fermés et n?ont aucune stimulation dans 90 % du temps. Il est temps de sortir de cet esclavagisme et de promouvoir d'autres pratiques circassiennes.

C'est le sens de notre v?u qui propose une méthode progressive et concertée pour arriver à cet objectif.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Alors, Monsieur le Maire, Christophe GIRARD ?

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Après avoir été tenté de présenter un v?u sur l'interdiction des clowns, j'ai finalement décidé de le retirer mais d?apporter tout de même quelques éléments de réponse à ce v?u qui est un v?u qui touche à un sujet très compliqué.

Je me souviens, lorsque nous avions voté la subvention pour l'?uvre du surréaliste Broodthaers avec un oiseau, le perroquet en cage, d'avoir subi la violence des associations de défense des animaux et parfois une grande hystérie, puisque j'ai été enfermé dans mon bureau, j'ai été poursuivi dans la rue, même à New York, par des gens vraiment très agressifs. Je pense que c'est un sujet qu'il faut aborder, comme le fait Christophe NAJDOVSKI, avec tranquillité et dans la discussion.

La présence d'animaux sauvages dans les spectacles de cirque relève d'une très longue tradition depuis le XVIIIe siècle en Angleterre et depuis le XIXe en France.

Le premier spectacle de cirque est considéré comme étant celui de Philippe Astley à Londres, en 1768, qui créé une nouvelle forme de spectacle fondée sur des exercices équestres. Le cirque ménagerie succéda au cirque équestre au XIXe siècle, fondé en 1854 par une famille anglaise, les Pinder, le cirque Britania traverse la Manche dès 1868  et prend le nom de Cirque Hippodrome des frères Pinder.

Près de 150 ans après l?arrivée du cirque Pinder en France, les cirques traditionnels attirent chaque année des milliers de spectateurs à Paris notamment lors des fêtes de fin d?année, et les fêtes de Noël en particulier, les grandes cirques traditionnels Pinder, Phénix, Alexis Gruss, Bouglione, Messidor sont accueillis tous les ans sur les pelouses de Reuilly, bois de Vincennes, et de Saint Cloud, bois de Boulogne.

Leur installation sur ces deux pelouses fait l?objet d?un travail d?instruction précis de la Préfecture de police, que je remercie, qui effectue une série de contrôles, notamment par la Commission de sécurité et la Direction des Services vétérinaires avant de délivrer toute autorisation.

Par ailleurs, la Délégation générale à l'Evénementiel et au protocole de la Ville de Paris, et je remercie du très bon travail que mène M. BRUNETEAU en particulier, mène un travail de concertation et de coordination entre les cirques et toutes les directions concernées, Direction des espaces verts et de l'environnement, je salue aussi le travail de Mme GIBOUDEAUX, Direction de la voirie, Direction de la Propreté, Direction des Affaires culturelles pour que les meilleures conditions soient réunies pour l?installation temporaire de ces cirques. Je vous signale d'ailleurs que nous sommes aujourd'hui la capitale du cirque dans le monde et que c'est après le cinéma, la deuxième fréquentation culturelle la plus populaire.

La Ville de Paris aux côtés de nombreuses autres communes a signé la charte "Droit de cité pour les cirques".

En février 2002, et je représentais le Maire, j?ai signé cette charte avec Catherine TASCA alors Ministre de la Culture.

Cette charte était le résultat d?une concertation approfondie entre l'Association des Maires de France, l'A.M.F., que connaît bien Pierre SCHAPIRA, la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture, la F.N.C.C., les organisations professionnelles des arts du cirque, et le Ministère de la Culture.

Elle s'est donnée pour objectif de favoriser le dialogue entre les collectivités territoriales et les professionnels du cirque afin d'améliorer les conditions d'accueil du cirque dans les villes.

Cette charte rappelle dans l?une de ses annexes, la législation qui encadre l?utilisation des animaux dans les spectacles, leur transport et leur commerce.

Je souhaite préciser par ailleurs, que la Ville de Paris ne subventionne pas les cirques traditionnels, qui sont des entreprises, Monsieur le Maire, mes chers collègues, totalement privées.

Mais Paris a donné leur place à tous les cirques qu'il s'agisse des cirques traditionnels du magnifique chapiteau des Arts Sauts qui s'était installé pelouse de Reuilly après la Villette, ou des cirques de création, plus fragiles, comme le cirque Romanès, que nous défendons bec et ongles, le cirque Adrienne LARUE, longtemps implanté dans le 18e arrondissement, ou encore le cirque électrique actuellement à la Porte des Lilas sans oublier, évidemment, James THIERREE, que nous avons accueilli à plusieurs reprises au théâtre de la Ville et ailleurs, ou bien je pense au cirque ELOIZE de Montréal accueilli au théâtre du rond-point.

Sensibles à la condition des animaux sauvages dans le cirque, nous proposons un v?u de l'Exécutif, permettant de renforcer notre vigilance et notre concertation avec la Préfecture de police, pour garantir le respect de la législation en vigueur, puisque comme cela est évoqué dans votre v?u, Monsieur NAJDOVSKI, le contrôle de l?application de la législation concernant les animaux de cirque relève, en effet, de la Préfecture de police, Monsieur le Préfet.

Par ailleurs, ce v?u de l?Exécutif propose que j'organise au début de l'année 2011 une réunion associant les élus intéressés, au-delà de tout engagement partisan, les représentants des cirques traditionnels et la Délégation générale à l'Evénementiel et au protocole pour ouvrir le débat et la réflexion sur la place des animaux sauvages dans le cirque et faire évoluer les pratiques concernant leur utilisation dans les spectacles.

Nous avons eu l'occasion d'en discuter avec Christophe NAJDOVSKI hier et j'espère que vous accepterez de retirer votre v?u au profit de ce v?u de l'Exécutif.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Monsieur GIRARD.

Monsieur NAJDOVSKI ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Je dirai juste à M. GIRARD que "les animaux ne sont pas des clowns" : c'est le nom d'une pétition qui a été initiée par une association "Code Animal" pour une évolution du cirque traditionnel vers un cirque sans animaux, pétition qui a été signée par Anne HIDALGO.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Ah non, sûrement pas !

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - C'est sur le site de l'association, c'est sur Internet.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Je conteste et je ne signerai jamais une chose pareille. J'aime le cirque avec des animaux.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - C'est ce que l'on a pu lire sur Internet.

(Vives dénégations de Mme HIDALGO).

D?accord. Je ne faisais que mentionner ce que j'ai pu lire sur le site de l'association en question.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Mme HIDALGO voudrait dire un mot. Lui permettez-vous ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Bien sûr.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Permettez-moi de dire, premièrement, que je démens tout à fait cette information.

Deuxièmement, pour ceux qui en douteraient, je suis vraiment quelqu'un qui soutient très fortement le cirque. Je serai d?ailleurs dimanche après-midi avec Alexis GRÜSS, qui est quelqu'un qui aime les animaux, qui travaille avec des animaux et jamais je ne signerai une pétition pareille. Donc, les signataires qui ont mis mon nom ont utilisé mon identité pour cautionner une cause que je ne défends pas.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Très bien. Simplement, je mentionnerai que nous aussi, nous aimons le cirque. Simplement, nous souhaitons que les pratiques évoluent dans la concertation et dans le dialogue, et pas avec des méthodes d'interdiction, donc nous acceptons le v?u de l'Exécutif, donc je retire volontiers mon v?u au profit de celui proposé par Christophe GIRARD.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Donc, le v?u n° 106 est retiré.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté à l'unanimité. (2010, V. 333).