Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2010
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2010, DLH 356 - Réalisation par Paris Habitat OPH d'un programme de construction d'une résidence sociale de 47 logements PLA-I situé 55-57 rue Chardon Lagache (16e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2010


 

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DLH 356 : une adresse dans le 16e arrondissement.

M. Ian BROSSAT est inscrit et ensuite M. AURIACOMBE.

M. Ian BROSSAT. - Madame la Maire, chers collègues, par ce projet de délibération, la Ville de Paris s'engage à réaliser un programme de construction d'une résidence sociale de 47 logements P.L.A.-I., c?est-à-dire très sociaux, au 55-57, rue Chardon-Lagache dans le 16e arrondissement.

Notre majorité poursuit, par ce programme de logements, son action volontariste dans le domaine du logement social et de la solidarité. Le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche ne peut évidemment qu'approuver ce projet qui correspond particulièrement bien à des objectifs que nous avons souhaité inscrire fortement dans le cadre du programme local de l'habitat, adopté par notre Assemblée le mois dernier.

Ces objectifs, que nous avons portés, rappelons-le, visent un double rééquilibrage. Le premier concerne le type de catégories de logements sociaux, en l?occurrence en faveur des logements P.L.A.-I. très sociaux. Le second rééquilibrage, qui me tient tout particulièrement à c?ur, est un rééquilibrage géographique, qui vise à la production de logements sociaux dans les arrondissements qui en comptent le moins, comme le 16e arrondissement qui plafonne, rappelons-le, à seulement 2,5 % de logements sociaux sur son territoire.

Mais, chacun le sait ici, cela a été rappelé par mes collègues précédemment, Gilles ALAYRAC et Gauthier CARONTHIBAULT, programmer la construction de logements sociaux dans les arrondissements de Droite, dans le 16e arrondissement en particulier, cela constitue, manifestement aux yeux de certains, une faute de goût intolérable. Pas de ça chez nous, nous diton à chaque fois.

Dans le 16e arrondissement, quatre programmes de logements sociaux sont actuellement bloqués par des recours judiciaires motivés à n'importe quel prétexte. Dans le cadre du budget, nous avons encore une fois entendu Claude GOASGUEN nous expliquer, sur tous les tons et avec des prétextes les plus grotesques les uns que les autres, qu?il ne voulait pas de logements sociaux sur son territoire, ou plutôt qu?il en voulait bien mais il trouve systématiquement une mauvaise raison pour s?y opposer.

Ces actions, ces recours de riverains, bénéficient, on le sait, du soutien actif du maire du 16e, qui pointe quant à lui le risque de voir son arrondissement dénaturé par le logement social.

Dans une interview au magazine "Valeurs actuelles", on insiste d?ailleurs sur la nouvelle délinquance que ne manquerait pas de créer les logements sociaux. Et, selon le maire du 16e arrondissement, c?est bien là l?objectif du Maire de Paris qui, je cite Claude GOASGUEN : "Le Maire de Paris qui a pris délibérément l'habitude de reloger, en priorité dans les arrondissements de Droite, des populations en grande difficulté, sans prévoir d'accompagnement social".

Ces propos, qui stigmatisent les locataires du logement social, sont indignes. Ce sont des propos irresponsables, ils trahissent chez l'U.M.P., en tout cas parmi ses élus de l'Ouest, une forme de racisme social inacceptable. Une volonté de chasser les plus fragiles des Parisiens, loin, très loin de leur supposé fief, alors que la crise du logement s?aggrave à Paris.

L'avis négatif donné à ce programme rue Chardon-Lagache au dernier Conseil du 16e arrondissement en est une nouvelle preuve accablante.

En tout cas, vous pouvez compter, Monsieur le Maire, sur notre combativité pleine et entière pour soutenir les productions de logements sociaux dans l'ensemble des arrondissements de Paris, et tout par particulièrement en faveur du rééquilibrage à l?Ouest du logement social.

Je vous remercie.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à M. AURIACOMBE.

M. Pierre AURIACOMBE. - Madame la Maire, merci.

Tout d'abord, M. Ian BROSSAT vient de nous faire un amalgame de propos, de déclarations, certes, mais de propos qu?il a amalgamé les uns avec les autres, et où il affirme que lorsqu?il y a des personnes en grande difficulté, nous sommes favorables à un accompagnement social.

Si ce n'est pas votre cas, je le regrette, mais bien évidemment des personnes en grande difficulté demandent un accompagnement spécifique. Cela me paraît aller de bon sens.

Par ailleurs, M. Ian BROSSAT est très sensible, il vient de nous l'expliquer, aux logements sociaux dans le 16e et nous l'en remercions. J?espère qu?il est tout aussi sensible à la notion de démocratie locale. Car ici, c?est bien de cela qu?il s?agit dans ce programme.

On a un bel exemple : mes collègues Claire de CLERMONT-TONNERRE et Jean-Baptiste MENGUY en ont parlé tout à l?heure dans le 15e arrondissement, mais ici c?est vraiment un très bel exemple.

Je vais prendre 30 secondes à une minute pour revenir sur l'historique. Très rapidement, en 2007, la Ville a acquis le 55-57, rue Chardon-Lagache et en décembre 2007 a été présenté devant le Conseil du 16e arrondissement, où siège M. MANO, le projet initial. Le maire de l?époque, M. Pierre-Christian Taittinger, a alors fait un v?u pour que ce foyer soit affecté aux personnes âgées.

Le v?u a été modifié, à la demande de M. MANO, qui nous a expliqué que l'association "Les papillons blancs", foyer pour jeunes déficients mentaux, recherchait un local. Ce v?u a été adopté à l'unanimité des présents, droite et gauche confondues. Très bien.

A ce moment-là, en juillet 2008, un jury a été mis en place, il s'est réuni et quelques candidats ont été retenus à ce moment-là. Nous sommes ici en juillet 2008. Depuis, plus de nouvelles ! La démocratie locale disparaît subitement, et nous nous retrouvons en mars 2010 devant un nouveau projet qui apparaît, et pendant deux ans aucune concertation, rien du tout avec les élus locaux du 16e arrondissement.

Certes, Monsieur MANO, vous êtes vous-même élu du 16e et vous pouvez vous concerter avec vous-même et je vous en félicite, mais je crois que nous en avons déjà parlé ensemble récemment, dans d?autres lieux, c?est le problème de la concertation personnelle. Ce n'est pas mon idéal de démocratie, moi je préfère que l?on fasse participer tout le monde.

On aurait souhaité, pour ce projet, que vous allez mettre en place, que vous allez le voter, plus de concertation. On aurait souhaité une vraie démocratie locale. Alors, M. Ian BROSSAT aura beau dire que l?on cherche des excuses, non ! On veut une démocratie locale !

C'est pourquoi nous voterons contre, car c'est vraiment l'exemple type de ce qu'il ne fallait pas faire.

Monsieur MANO, je vous remercie par avance de répondre à la question que je vous ai posée, c?est-à-dire sur la mise en place de ce projet et de ne pas me dire une fois de plus que nous sommes contre les logements sociaux, mais de bien vous rendre compte qu?ici on nous impose un projet. Ce n'est même pas la peine de nous demander notre avis dans ces cas-là.

Merci par avance.

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Voilà, M. MANO va vous répondre.

M. Jean-Yves MANO, adjoint, au nom de la 8e Commission. - M. AURIACOMBE a raison sur un point : le projet initial a été fait dans la perspective de développer une structure d?accueil d?adultes trisomiques à la demande d'une association.

Nous avons beaucoup travaillé avec cette association, nous avons beaucoup travaillé avec les architectes, et il se trouve que la surface disponible, compte tenu des contraintes qui ont pu naître en matière de logement recevant des handicapés, ne permettait pas un équilibre financier pour l?association. Nous avons donc, avec regret, fait évoluer ce projet vers une résidence sociale plus classique, mais je ne pense pas qu?en soi, le fait d?avoir une résidence sociale plus classique, accueillant des publics qui peuvent avoir des difficultés momentanées, puisqu'il n'y a pas un ciblage très spécifique sur le public qu'elle recevra, structure qui devrait satisfaire les élus du 16e, puisque ce type de structure bénéficie, bien évidemment? est gérée par une association avec un accompagnement social personnalisé des personnes qui s'y trouvent.

En cela, je rejoins la revendication de M. AURIACOMBE tout à l'heure qui dit : "Oui, il faut absolument avoir un accompagnement social !" C'est le cas ! Oui, dans une résidence sociale, il y a un accompagnement social.

Je ne pense pas qu'il y a lieu là d'être contre, si vraiment vous êtes favorables à l'idée d'avoir une résidence sociale sur ce site pour accueillir des publics qui peuvent avoir des difficultés momentanées, quels qu'ils soient.

Bien évidemment, nous allons voter ce projet, mais je ne peux pas? Je reviens un peu sur votre discours, Monsieur AURIACOMBE. Systématiquement, on le fait, mais adjoindre "difficultés sociales" et "nécessité d?accompagnement social" aux mots "logement social" n'est pas acceptable. Je vous le dis et je vous le répète ! 70 % des Parisiens ont accès potentiellement financièrement à un logement social. Croyez-vous que 70 % des Parisiens ont un comportement asocial nécessitant un accompagnement social ?! Bien évidemment que non !

Continuez dans votre discours qui stigmatise systématiquement l'image même du logement social, vous ne facilitez pas le logement des Parisiens qui ont accès potentiellement au logement social, y compris dans le 16e arrondissement. Je pense qu?il faut que vous fassiez évoluer votre discours sur le sujet pour être un peu crédible.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et EELVA).

Mme Gisèle STIEVENARD, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DLH 356.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DLH 356).