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Juillet 2009
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2009, DAC 88 - Signature d'un avenant à la convention signée avec l'association "Halle Saint-Pierre" (18e) pour l'attribution d'une subvention. - Montant : 340.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2009


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DAC 88 relatif à la signature d'un avenant à la convention signée avec l?association "Halle Saint-Pierre" pour l'attribution d'une subvention de 340.000 euros.

Je donne la parole à Mme Danielle FOURNIER.

Mme Danielle FOURNIER. - Merci, Monsieur le Maire.

Ce projet de délibération nous propose de verser le complément du montant de la subvention qui est attribuée à la Halle Saint-Pierre qui est de 680.000 euros.

Ce lieu consacré à l'art naïf, à l'art populaire, à l'art brut, présente des expositions qui touchent des publics très divers, aussi bien les touristes qui viennent du monde entier, que des Parisiens, que des habitants du 18e, jeunes ou adultes ; ce type d'art a vocation à s'adresser à tous sans exclusive.

Depuis de nombreuses années, depuis même l'ouverture en 1985 de la Halle Saint-Pierre, ce lieu s'est doté d'un service animation pour répondre à ces demandes d'un public diversifié et dans le projet de délibération, il est souligné que beaucoup de propositions visent le public de l'enseignement primaire et des collèges.

Nous pensons que cette attention aux jeunes et cette formation de ceux qui formeront le public de demain est très importante.

Or, le conseil d'administration de la Halle Saint-Pierre du 25 juin dernier - c?est tout récent - a mis à l'ordre du jour la suppression du service animation.

Dans la mesure où les charges, semble-t-il, restent stables, cette évolution, en termes de personnel et d'orientation, même générale, semble difficile à comprendre et encore plus à accepter. En effet, la Ville de Paris déploie des efforts quotidiens et assidus pour rendre l'art et la culture accessibles au plus grand nombre et nous savons tous qu?il ne suffit pas de décréter qu'il faut aller au musée ; un patient travail de médiation est nécessaire pour accompagner les publics et plus particulièrement les jeunes. C'est d?ailleurs une des vocations de ce lieu et c'est bien mentionné dans la convention qui lie la Ville à l'association.

D'autre part, en cette période de crise, il nous semble indispensable d'être vigilant avec les emplois culturels. Souvent fragiles, ils correspondent à des métiers dont l?utilité en termes de lien social n'est plus à démontrer. Les supprimer, c'est s'engager doublement dans une mauvaise voie.

C'est pourquoi l'annonce de la suppression du service animation nous inquiète, d'autant qu'elle s'inscrit dans un contexte de déficit structurel et de climat social tendu.

Au cours des dernières années, ont été prises plusieurs décisions de licenciement et les recours devant les prud?hommes sont très nombreux dans cette structure.

Force est de constater aussi que le contexte général n'est pas à la discussion, puisque depuis 2008, depuis les dernières élections municipales, les élus de la Ville qui nous représentent n?ont été convoqués qu'à un seul conseil d'administration, un seul autre s?étant tenu juste avant leur nomination. Deux C.A. en un an et demi ne semblent pas garantir la fluidité du dialogue, ni la mise en ?uvre d'une attitude ouverte et constructive.

Pour terminer, nos réserves et nos inquiétudes portent non sur le projet artistique de ce lieu, mais sur la gestion au sens large. Il nous semble qu'on ne peut se contenter de penser des expositions, de les programmer, sans penser leur rencontre avec les publics et donc sans l'intervention des animateurs et des animatrices en l?occurrence, dont le rôle est essentiel.

C'est pourquoi nous nous abstiendrons sur ce projet de délibération.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame la Présidente.

La parole est à M. Pierre-Yves BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Monsieur le Maire.

La Halle Saint-Pierre est une belle association et c?est même une vitrine pour notre arrondissement et pour notre Ville.

Je rappelle que c'est la Ville de Paris qui est propriétaire des locaux qu?utilise l?association de la Halle Saint-Pierre et que les charges locatives n'ont cessé d'augmenter ces dernières années alors que la subvention n?a pas bougé.

Je trouve, Madame FOURNIER, qu'il est un peu inconvenant de votre part d'attaquer cette association qui est bien obligée, face à une situation financière bien compliquée, de trouver de nouvelles marges de man?uvre.

Or, cette association, son principal intérêt, ce sont quand même les expositions. Il existe trois musées d'art naïf en France dont celui-ci. Il est donc bien évident que la direction de l'association a dû faire des coupes, et elle a choisi l'animation parce qu'elle s'est aperçue que les deux emplois qui avaient été créés il y a quelques années ne correspondaient pas à une attente.

Par exemple, durant le mois de juillet, sur 56 créneaux possibles pour l'animation, 9 ont été remplis. C'est bien la preuve que la vocation d'animation, qui pourrait être réelle, ne fonctionne pas pour cette association.

Evidemment, nous voterons le projet de délibération pour soutenir cette association qui n'a pas besoin, en plus des difficultés financières qu'elle traverse, d'avoir des élus qui se mettent en travers de son action et qui critiquent. Encore une fois, c?est une association qui fait un travail remarquable, qui est une vitrine pour l'arrondissement et qui subit l'augmentation du loyer de la part de la Ville de Paris.

Ce serait un peu schizophrène de reprocher à une association de ne pas faire des coupes dans son budget, au moment où elle est en situation budgétaire compliquée. Vous n'étiez pas au Conseil d'administration du 25 juin, mais l'expert-comptable nous a expliqué que dans deux ou trois ans, l'association pouvait très bien mettre la clef sous la porte. C'est la réalité et il fallait bien pour la direction trouver des solutions budgétaires. Elle les a trouvées.

Nous espérons, plutôt que de critiquer l?association, que vous serez un soutien à la rentrée pour cette association, notamment dans les nouvelles expositions qu?elle va présenter au public.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur BOURNAZEL.

La parole est au Président BROSSAT.

M. Ian BROSSAT. - Merci, Monsieur le Maire.

Je crois qu?ici l'attachement à la Halle Saint-Pierre, à ce lieu, ne fait pas débat. Je crois que cet attachement fait l'unanimité. Simplement, on a le droit d'avoir des interrogations sur la gestion de la Halle Saint-Pierre.

Ces interrogations existent depuis longtemps, elles n'ont pas disparu, elles demeurent, et avant de dire qu'il faut augmenter la subvention de la Halle Saint-Pierre, comme je viens de l?entendre, on gagnerait à y regarder sans doute de plus près. Je dirais que la dernière réunion du Conseil d'administration m'a plutôt confirmé dans l'idée qu'on avait intérêt à rester vigilant.

Je voudrais en particulier, comme Danielle FOURNIER l'a fait tout à l?heure, rappeler qu'un des points forts de la Halle Saint-Pierre, c'est la relation avec les publics scolaires, c'est la relation avec les écoles. D?ailleurs, dans ce projet de délibération que nous devons voter aujourd'hui, il est explicitement mentionné dans les considérants que, je cite : "beaucoup de propositions visent le public de l'enseignement primaire et les collèges".

Or, la direction de la Halle Saint-Pierre envisage très prochainement la suppression, Danielle FOURNIER l?a dit, du service animation, qui est précisément chargé de tout ce travail de relations avec les publics scolaires, avec les enfants.

Les deux postes qui sont consacrés à l'animation seront supprimés dont, comme par hasard, celui de la déléguée du personnel. Je dis "comme par hasard" parce qu'on sait qu'à la Halle Saint-Pierre, on a des relations conflictuelles avec les représentants du personnel, et ce n'est pas par hasard si on a eu toute une série de difficultés aux Prud?hommes, Danielle FOURNIER l?a dit à l?instant.

Lorsqu'on interroge la direction de la Halle Saint-Pierre, on nous explique qu'après tout, toute cette question des relations avec les publics scolaires, cela n'est pas l'essentiel, cela n'est pas le c?ur de l'activité de la Halle Saint-Pierre.

Il y a donc un certain paradoxe à insister sur cet aspect pour arracher une subvention de la Ville de Paris, subvention conséquente tout de même puisqu?il s?agit de 680.000 euros par an, et de l'autre à nous expliquer que cette dimension est marginale. Il y a tout de même un paradoxe, une contradiction, que j'ai du mal à résoudre.

Pour toutes ces raisons, nous nous abstiendrons sur ce projet de délibération.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président.

Je donne la parole à M. Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Incontestablement, c'est une association qui a une forme d'indépendance, comme toute association, mais qui divise les membres de son Conseil d'administration. Il est vrai qu'il est difficile d'y voir clair sereinement. Cependant, j'écoute évidemment chaque point de vue et je vais répondre aux trois intervenants, puisqu'il y a des nuances entre deux d'un côté et un autre par ailleurs.

En 2007, on a eu un rapport d'inspection qui a pointé un certain nombre de dysfonctionnements et formulé les préconisations pour le corriger. Un dialogue alors constructif a été engagé avec la direction des affaires culturelles et des améliorations, nous semble-t-il en toute bonne foi, ont pu être apportées : meilleure direction du lieu, assainissement des comptes et meilleure gestion des ressources humaines.

Différentes pistes sont par ailleurs toujours exploitées par l'association, conformément à nos demandes : externalisation des activités de la cafétéria, gestion des stocks de la librairie et recherches de partenariats privés. Evidemment vous me direz qu?en ce moment la recherche de partenaires privés est un peu plus compliquée.

Je crois tout à fait que la Direction des Affaires culturelles reste très mobilisée, et je l'en remercie.

Je voudrais dire à Pierre-Yves BOURNAZEL que 680.000 euros de subventions - aujourd'hui on votera pour la moitié, c'est-à-dire pour 340.000 euros -, cela n'est pas une petite somme et il faudrait vraiment très mal gérer cette association pour mettre la clef sous la porte dans trois ans. Avoir trois fois 680.000 euros au moins, et ensuite mettre la clef sous la porte dans trois ans me paraîtrait en effet relever d'un dysfonctionnement très grave, et je ne crois pas que ce sera le cas.

La Direction des Affaires culturelles m?a confirmé tout à l?heure que suite à la réunion de la 9e Commission le service d'animation de la Halle Saint-Pierre qui s'occupe des actions en faveur du très jeune public, maternelle et primaire, serait menacé de disparition. Il semblerait que cette décision ait été envisagée par la direction de la Halle Saint-Pierre en raison du déficit budgétaire qu'il occasionne.

Je suis très surpris par cette information qui est, selon moi, en contradiction avec la politique menée avec Colombe BROSSEL et Daniel POURTAUD, afin de resserrer les liens entre les écoles et les établissements culturels parisiens.

Je demande donc à la Direction des Affaires culturelles d'organiser au plus vite et au mieux - je pense à la rentrée en septembre - une réunion avec la Halle Saint-Pierre, sa direction, pour suivre cette question de près, afin que les animations et les rencontres pour les enfants ne soient évidemment pas supprimées.

Je n'ose vous demander un renforcement, qui serait peut-être excessif, mais qu?en tout cas, leur suppression ne soit pas envisagée.

Je demande à chacun, en effet, d'être très vigilant au sein du Conseil d'administration. Vous avez vos convictions. Il est très difficile pour moi d'avoir un point de vue totalement objectif, car les informations que vous faites remonter ne sont pas que complémentaires, elles sont parfois contradictoires. Mais nous serons vigilants et nous avons bien l'intention de continuer à soutenir cette association qui mène un travail important, intéressant.

D'ailleurs, j'encourage la mairie du 18e à participer peut-être, s'il y avait des difficultés financières, sur l'euro par habitant, à contribuer peut-être au soutien de cette association qui fait un travail local, de proximité également, pas seulement sur tout le territoire parisien.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 88.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DAC 88).