Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Septembre 2000
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Général
> Type de document (Débat / Délibération)  

7 - 2000, ASES 137 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer avec l'association "Carrefour 14" (14e) une convention

Débat/ Conseil général/ Septembre 2000


M. CHÉRIOUX, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération ASES 137 G autorisant M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, à signer avec l'association "Carrefour 14" une convention.
J'ai deux orateurs inscrits : M. CASTAGNOU ... il n'est pas là ...et Mme SILHOUETTE ... elle n'est pas là non plus.
Dans ce cas, je mets ce projet aux voix.
Que ceux qui sont pour veuillent bien le manifester en levant la main ?
(Entrée dans l'hémicycle de M. Pierre CASTAGNOU).
Ah ! Le vote intervenait, je suis désolé...
(Protestations sur les bancs du groupe socialiste).
M. Gérard REY. - Ce n'était pas voté !
M. CHÉRIOUX, président. - Ecoutez, mes chers collègues, à quelques secondes près je vais faire preuve de clémence et je donne la parole à M. CASTAGNOU.
(Protestations sur les bancs du groupe "Rassemblement pour Paris").
C'est moi qui préside !
M. Pierre CASTAGNOU. - Monsieur le Président, je vous remercie pour votre clémence et je vous prie de bien vouloir m'excuser pour mon retard.
Je voulais effectivement intervenir au sujet du projet de délibération concernant l'association "Carrefour 14".
Le Président du Conseil de Paris nous demande d'approuver, d'une part, l'attribution d'une subvention à cette association et, d'autre part, la conclusion d'une convention avec elle.
Je dois vous dire tout de suite, Monsieur le Président, que les conditions dans lesquelles est mis en place ce nouveau centre social dans le 14e, plus de 2 ans après la fermeture de "Notre Maison" et après un immobilisme incompréhensible de la Ville de Paris, sont inacceptables.
Elles se caractérisent, en effet, par une totale opacité, une absence de concertation, l'exclusion des associations concernées.
Bref, il s'agit d'une opération qui traduit manifestement une mainmise de la Municipalité sur un projet, qui devrait pourtant se caractériser à la fois par sa transparence et son indépendance.
Je note d'ailleurs que la Mairie, parce qu'elle a téléguidé cette opération, a créé de fait en septembre 1999 une association, "Carrefour 14" précisément, dans le plus grand secret, à l'insu des associations concernées, alors que la responsabilité de la Ville est d'abord de mettre des locaux à disposition des associations qui étaient porteuses d'un projet de création d'un centre social indépendant et à la tête desquelles d'ailleurs se trouvait une association que je cite : "Florimont", qui s'était énormément investie avec l'appui de beaucoup d'autres associations du 14e.
Je dois aussi dire ici qu'il est tout à fait anormal que nous retrouvions parmi les responsables de "Carrefour 14" des personnes dont on ne peut pas dire que ce qui les caractérise c'est leur indépendance, dans la mesure où deux d'entre eux sont des élus du 14e ou des proches collaborateurs de Mme Nicole CATALA, Député de la circonscription, en la personne de son suppléant Député et d'une Conseillère d'arrondissement.
Tout cela traduit une volonté de contrôle politique au service d'intérêts partisans, électoralistes, et participe, Monsieur le Président, je regrette de devoir le dire, d'un système dont une majorité croissante de Parisiennes et de Parisiens ne veulent plus !
Aujourd'hui, vous nous demandez d'approuver...
M. CHÉRIOUX, président. - Est-ce une réunion électorale ?
Vous remarquerez que c'est volontiers que je vous ai donné la parole alors que je n'aurais pas dû le faire réglementairement ! Ce n'est pas une raison pour vous livrer à des écarts de langage !
M. Pierre CASTAGNOU. - Il n'y a aucun écart de langage ! Si tel est le cas, poursuivez-moi pour diffamation !
(Protestations sur les bancs du groupe "Rassemblement pour Paris").
M. CHÉRIOUX, président. - Laissez parler l'orateur, nous n'avons rien à cacher ici !
M. Pierre CASTAGNOU. - Aujourd'hui, vous nous demandez d'attribuer une subvention à cette association pour l'embauche notamment d'une personne à mi-temps, qui a d'ailleurs déjà été embauchée, puisque la subvention correspond à 9 mois, si j'ai bien compris, de salaire et de charges sociales.
J'aimerais savoir comment cette association, "Carrefour 14", a pu déjà financer l'embauche de cette personne, puisqu'il est dit dans le mémoire, qu'elle ne s'est adressée jusqu'à présent qu'à notre collectivité.
Enfin, je trouve que la Ville de Paris, dans cette affaire, met l'ensemble des élus et des associations devant le fait accompli, puisqu'à la demande de ces associations et à la mienne, nous avons enfin obtenu du Maire du 14e la tenue prochaine d'un CICA consacré à la mise en place d'un nouveau centre social. Or nous découvrons aujourd'hui, à travers ce projet de délibération, que tout est ficelé, je dirais même, "entre copains".
Voilà les raisons pour lesquelles nous ne voterons pas ce projet de délibération.
(Vives protestations sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. CHÉRIOUX, président. - Monsieur CASTAGNOU, je vous prie de retirer ces paroles "entre copains", c'est totalement inconvenant et ce n'est pas digne des débats au sein de cette Assemblée ! Je vous demande de le retirer...
M. Pierre CASTAGNOU. - Je ne le retire pas !
M. CHÉRIOUX, président. - C'est noté au procès-verbal !
La parole est à M. DANGLES.
M. DANGLES. - Monsieur le Président, effectivement cette association a été constituée dans les locaux vacants de l'hôpital Broussais.
Je ne vois absolument pas ce qu'il y a de scandaleux là-dedans, il faut vraiment être complètement "tordu sur le plan du cerveau" pour apporter un tel témoignage. Nous sommes habitués, il est totalement tordu, et c'est une preuve supplémentaire !
M. Jean-Antoine GIANSILY. - Bravo, il est complètement tordu !
M. CHÉRIOUX, président. - La parole est à M. LEGARET.
M. Jean-François LEGARET. - Monsieur le Président, je suis extrêmement choqué de l'intervention de M. CASTAGNOU qui met en cause une de nos collègues, Mme CATALA, vice-président de cette Assemblée en des termes qui sont totalement excessifs, injurieux et diffamatoires. Je lui demande de retirer ses propos !
Il a fait état de la mise en place dans cette ville d'un système, je lui demande d'apporter des preuves de ses allégations.
Moi, Monsieur CASTAGNOU, j'ai l'honneur d'appartenir à cette Assemblée. J'ai le déshonneur d'appartenir à une autre Assemblée, le Conseil régional d'Ile-de-France : la nuit dernière, dans les locaux de cette autre Assemblée, s'est tenue une perquisition. Dans l'enceinte du Conseil régional d'Ile-de-France, Monsieur CASTAGNOU, on se prête à des opérations de recel, de dissimulation de preuves !
J'ai honte, Monsieur CASTAGNOU, d'appartenir au Conseil régional d'Ile-de-France et je m'honore d'appartenir au Conseil de Paris !
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
M. Pierre CASTAGNOU. - Vous dites n'importe quoi comme d'habitude !
M. CHÉRIOUX, président. - Vous n'avez pas la parole, Monsieur CASTAGNOU !
La parole est à M. Philippe LAFAY pour répondre à l'intervenant.
M. Philippe LAFAY, vice-président, au nom de la 5e Commission. - Monsieur le Président, vous me permettrez d'envoyer directement à M. CASTAGNOU la réponse à sa question et de ne pas la lire en séance.
M. Jean-François LEGARET. - Je demande une suspension de séance.
M. CHÉRIOUX, président. - Une demande de suspension de séance est faite au nom du groupe "Rassemblement pour Paris".
La séance est suspendue pour cinq minutes.