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Novembre 2002
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Conseil Général
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12 - 2002, ASES 298 G - Autorisation à M. le Président du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil général, de signer une nouvelle convention avec l'association "Tiberiade" (7e). - Fixation pour 2002 de la subvention du Département de Paris à ladite association. - Montant : 67.000 euros

Débat/ Conseil général/ Novembre 2002


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 298 G relatif à la signature d'une nouvelle convention avec l'association "Tiberiade" - Fixation pour 2002 de la subvention du Département à cette association.
La parole est à Mme DUBARRY et M. LHOSTIS répondra.
Mme Véronique DUBARRY. - Merci, Madame la Présidente.
Je souhaitais véritablement différencier les interventions et ne pas mélanger toxicomanie et Sida, ce qui serait une grossière erreur. A quelques jours de la journée mondiale contre le Sida, les projets de délibération, puisqu'il ne s'agit pas que de celui-là mais de bien d'autres, le CRIPS, le CGL, etc., nous donnent l'occasion de redire nos inquiétudes sur l'évolution du Sida en France.
Ces dernières années voient la reprise de cette épidémie, notamment chez les hétérosexuels, les femmes étant les plus touchées. On dénombre près de 6.000 nouvelles contaminations par an, plus de 150.000 personnes sont séropositives et parmi elles, 24.000 sont à un stade avancé de la maladie.
Le Sida, cela ne fait aucun doute, doit rester une question prioritaire de santé publique. Nous nous devons de réaffirmer que la lutte contre le Sida concerne la société dans son entier, et que c'est une question de solidarité nationale et internationale. Nous devons continuer à agir sur différents fronts, de la prévention à l'accès aux soins pour tous les malades.
D'abord la prévention en développant tous les outils possibles afin d'éviter de nouvelles contaminations. Notamment en relançant des campagnes d'information auprès des populations les plus vulnérables, adolescents, femmes et populations d'origine étrangère. Je me permets de vous rappeler à ce propos le v?u voté par notre Conseil en juin dernier qui visait à engager la Ville dans une campagne en faveur du préservatif féminin.
Travailler auprès des plus jeunes, c'est favoriser une éducation à la sexualité au plus près d'eux, dans les établissements scolaires, dans les structures où ils sont le plus souvent (centres sociaux et culturels, centres d'animation, etc.). C'est leur permettre d'aborder toutes les questions sans tabou et sans jugement moral.
Endiguer l'épidémie chez les femmes, c'est aussi permettre aux prostituées d'avoir accès à tous les moyens de protection dont elles peuvent avoir besoin. C'est veiller à ce que l'actuelle répression, dont elles sont victimes (confiscation de préservatifs, et plus grave confiscation des traitements), cesse le plus rapidement possible.
Pour les populations d'origine étrangère, il faut permettre aux personnes en situation irrégulière d'avoir accès à la C.M.U., permettre que les personnes en situation irrégulière atteintes du sida, en conformité avec la Convention européenne des Droits de l'homme, puissent séjourner régulièrement en France afin de pouvoir envisager des soins à long terme.
C'est également repenser les supports d'information qui prennent en compte les différentes cultures (supports multilingues, travail sur la place de la femme dans certaines communautés, etc.).
En ce qui concerne l'accès aux soins, il va de pair avec un meilleur accueil des malades et de leur famille, que ce soit en matière de logement avec une augmentation des appartements thérapeutiques, comme le propose l'association en question, ou en matière de lieux d'écoute.
C'est aussi bien sûr l'amélioration de l'accès aux droits sociaux par une revalorisation de l'Allocation pour adultes handicapés. Cette allocation est, à l'heure actuelle, de 580 euros, c'est-à-dire largement en deçà du seuil de pauvreté. Sachant qui plus est que cette allocation, comme le R.M.I. d'ailleurs, n'est pas versée intégralement en cas d'hospitalisation ou d'incarcération, ce qui est un problème pour des malades atteints du Sida.
En ce qui concerne les détenus, eux aussi ont des droits. Il est urgent de les réaffirmer. Par exemple en leur permettant, à un stade avancé de la maladie, d'avoir une cellule individuelle, ce qui risque d'être problématique vu l'engorgement des prisons, en développant des unités de vie familiale et la création de parloirs intimes. Et aussi en leur permettant de mourir dans la dignité, chez eux, entourés de leurs proches ou, à tout le moins, d'être placés en milieu hospitalier.
Enfin, comme le préconisent les organismes porteurs de la campagne mondiale contre le Sida, il faut promouvoir les campagnes de lutte contre les discriminations et les stigmatisations dont sont encore victimes les malades du sida, notamment les homosexuels (gays ou lesbiennes).
La stigmatisation reste parmi les premiers obstacles à la prévention et à la prise en charge efficace du V.I.H. La crainte de la discrimination empêche encore trop de gens de demander un traitement, de reconnaître leur statut de porteur du V.I.H. Encore trop de représentations en font une maladie "honteuse", une maladie dont seuls ceux qui auraient une vie sexuelle qualifiée de vie "débridée", aux m?urs douteuses, seraient victimes.
Trop de malades sont rejetés, à cause du Sida, par leurs familles, leurs amis, par leurs collègues de travail et plus grave encore, par les institutions. Aujourd'hui, plus que jamais, à l'heure du retour de l'ordre moral, à l'heure de la stigmatisation de certaines populations, réaffirmons que la santé publique reste indéniablement incompatible avec une politique de répression. Réaffirmons qu'il s'agit là d'une question de cohésion sociale.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - Cette association, qui est bien connue de la Ville de Paris, a été créée en 1987, à l'initiative de l'archevêque de Paris. Elle a pour but le soutien aux personnes touchées par le V.I.H. ainsi que leurs familles et les populations, pour la plupart, très fragilisées dans leur santé, se trouvant dans un état de détresse morale et matérielle.
A cette fin, l'association a ouvert un centre d'accueil au 19, rue de Varenne dans le 7e où ces personnes trouvent un accompagnement personnalisé ainsi que la possibilité de participer à des activités de partage et de socialisation. Dans ce contexte, et avec ce que vous avez rappelé sur la poursuite de la progression de l'épidémie du Sida, à l'occasion de la journée mondiale du Sida du 1er décembre, nous aurons l'occasion de revenir sur ces questions et la gravité de ces problèmes.
Vous allez recevoir - ou vous avez peut-être commencé à recevoir - une invitation à participer, le samedi 30 au matin, à un colloque organisé à l'Hôtel-de-Ville. Le thème en sera : "Aujourd'hui, où en sommes-nous dans la recherche sur le Sida ?", avec la participation de plusieurs professeurs de médecine de l'A.P.
Nous organisons cette rencontre avec l'Assistance publique. Je souhaite qu'un maximum d'élus y participent. Nous y apprendrons un certain nombre de choses certainement.
Malgré les progrès, Nous sommes encore loin de guérir cette maladie.
Il est donc décisif de relancer (comme nous l'avons fait déjà à deux reprises) la communication autour de la prévention du Sida.
Il faut en finir avec cette idée, qui s'est imposée avec les trithérapies, selon laquelle aujourd'hui le Sida serait une maladie comme une autre.
Nous avons lancé l'an dernier une campagne de communication très choc, alertés à nouveau sur les risques et encouragé l'utilisation du préservatif.
J'espère qu'avec les propositions que j'ai faites dans le cadre de la préparation budgétaire, vous serez rassurés sur notre volonté de poursuivre sans relâche nos actions de prévention du Sida. Après tout, on peut quand même déjà l'annoncer...
D'ailleurs nous allons proposer de porter la diffusion gratuite de préservatifs à 500.000 dont 50.000 féminins.
Je rappelle que nous en étions à 200.000 quand nous sommes arrivés aux responsabilités.
On voit bien que sur cette question du V.I.H., ou des maladies sexuellement transmissibles, nous restons vigilants.
Dans ce contexte, l'augmentation proposée pour l'association "Tiberiade" est particulièrement significative.
En 2001, la subvention était de 60.920 euros. Nous passons à 67.000 euros. Cette augmentation permettra à l'association de faire face aux missions qui sont les siennes et qui sont remplies avec beaucoup de c?ur et beaucoup d'engagement de sa part.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 298 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, ASES 298 G).