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Novembre 2002
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Conseil Général
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11 - 2002, ASES 217 G - Autorisation de signer une nouvelle convention avec l'association "SOS drogue international", pour son centre de soins spécialisé pour toxicomanes (CSST) : "L'espace Parmentier". - Fixation de la participation attribuée par le Département de Paris à cinq CSST pour l'exercice 2002

Débat/ Conseil général/ Novembre 2002


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 217 G relatif aux participations départementales 2002 à attribuer à 5 centres de soins spécialisés aux toxicomanes et à la signature d'une convention avec l'association "SOS drogue international" pour son centre de soins spécialisé "Parmentier".
Nous avons deux inscriptions : Mme Véronique DUBARRY et M. Jérôme COUMET.
La parole est donc à Mme DUBARRY.
Mme Véronique DUBARRY. - Je vous remercie, Madame la Présidente.
J'interviens sur cette délibération, j'aurais pu intervenir sur tout un tas d'autres. A chaque fois que ces délibérations nous seront présentées, les "Verts" interviendront de la même façon : ferme soutien à ces structures, demande de généralisation de structures de ce type, réflexion à mener sur l'ouverture de salles d'injection, mise en place d'équipes spécialisées en plus grand nombre. Ces structures vont dans le même sens : la réduction des risques pour les usagers de drogue par le biais d'accompagnements sanitaire et social. Contrairement à ce que d'aucuns clament, j'allais dire brament, cela fonctionne. Les chiffres mentionnés dans ces délibérations sont extrêmement parlants. Pour l'association SILOE, en 2001, sur un total de 235 personnes, 30 ont suivi un sevrage, 118 un traitement de substitution et 8 sont parties en postcure. Sur ces 235 personnes, 28 ont eu une activité professionnelle. Ce type de structure où les usagers peuvent trouver une aide adaptée permet de diminuer les nuisances pour les habitants et de donner une chance aux usagers. Car la présence d'usagers de drogue dans la rue est une nuisance pour les habitants, mais c'est aussi un danger pour les usagers eux-mêmes.
Avant d'arriver à un sevrage ou une réinsertion, il faut énormément de temps, avec des étapes inévitables et des rechutes. Il faut des années et un accompagnement quotidien.
Par ailleurs, d'après les derniers travaux de l'Office français des Drogues et des Toxicomanies, la demande d'accès aux soins dans ces centres de soins est en nette augmentation. Le nombre de centres de soins sur Paris doit, lui aussi, augmenter. Le risque encouru, à défaut, est l'engorgement et l'impossibilité de répondre à toutes les demandes.
Nous profitons de cette délibération pour redire l'urgence de la mise en place d'une échelle complète et adaptée de réponses aux usagers de drogue et, par voie de conséquence, aux habitants des quartiers. Un plan cohérent doit être mis en place (centres d'accueil, structures, rééducateurs de rue spécialisés, prévention, aide).
Actuellement, il est bien difficile d'avoir une idée précise du nombre de structures, de leur but, du nombre d'équipes de rue déjà en place, de leur localisation, des programmes existants de prévention, et des projets en cours, s'il y en a, bien sûr. Par exemple, dans les réponses qui m'avaient été apportées en juillet dernier, dans mon souvenir, j'avais noté la création par Médecins du Monde d'une structure dans le centre de Paris. Nous voudrions savoir où en est ce projet et s'il verra bientôt le jour.
Contrairement à ce qui a été dit, nous ne pensons pas que les usagers de drogue sont des malades. Cela nous semble à l'opposé de ce que nous préconisons à savoir une appréhension globale de cette problématique, préventive, sociale et sanitaire.
A l'heure où l'Etat se désengage avec des baisses drastiques des budgets de la santé et des affaires sociales, M. LHOSTIS l'a dit tout à l'heure, nous craignons la disparition de ces subventions - l'attitude de l'opposition municipale est assez révélatrice de ceci -, et à terme la disparition de ces associations.
M. Philippe GOUJON, vice-président. - Nous les avons subventionnées avant vous !
Mme Véronique DUBARRY. - Je n'en doute pas.
Nous espérons qu'une communication du Maire aura bientôt lieu sur cette question car l'absence d'un plan programmé de réduction des risques ouvrirait la voie à ceux qui oublient que la seule efficacité dans la lutte contre les toxicomanies et ses conséquences est de faire rimer droit à la tranquillité et devoir de solidarité.
Par ailleurs, puisque ces questions donnent généralement lieu - on a pu le constater encore aujourd'hui - à un étalage de contrevérités, de contresens dénotant une méconnaissance visible du sujet, je voudrais aller dans le sens de M. LHOSTIS en étant légèrement plus dure que lui. Il a dit que seulement quelques élus de tous les bancs de cette Assemblée avaient participé aux débats organisés par son cabinet. J'ai le triste regret de vous informer qu'aux deux dernières réunions, j'étais la seule conseillère de Paris, ce que je trouve vraiment problématique. Excusez-moi, deux. Ceci dit, c'est trop peu.
Chacun d'entre nous a à apprendre énormément de ces réunions. Je vous assure de leur intérêt.
Je finirai en citant un intervenant de l'un de ces débats, l'un des animateurs. Il a dit en introduction : "En matière de toxicomanie, faire l'économie de la complexité, c'est vouer la réflexion à l'échec".
Je nous encourage à suivre cet exemple. Je vous remercie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. COUMET.
M. Jérôme COUMET. - Merci, Madame la Maire.
Je serais très bref. Je rejoins les propos qui viennent d'être tenus par ma collègue. Mon expression vise plus particulièrement le centre "Emergence", situé dans le 13e arrondissement dont le rôle principal vise à initier les traitements par la méthadone, pour les patients qui peuvent ensuite être suivis par un médecin généraliste. Nous connaissons l'intérêt de ce type de structure. Je n'y reviens pas.
Je veux souligner avec une grande satisfaction l'annonce qui nous a été faite à la mairie du 13e, par cette association, du recrutement d'un deuxième éducateur travailleur social de rue, pour assurer la veille sur les abords du centre. D'une part ce travail permet d'éviter d'éventuelles perturbations dans le quartier. D'autre part, il pourrait ne pas se limiter à surveiller les personnes qui fréquentent le centre dans un quartier difficile situé à proximité du foyer Baudricourt et du foyer de l'Armée du Salut. Faire en sorte qu'un centre d'accueil pour toxicomanes joue un rôle de sécurisation dans le quartier où il est implanté, c'est un pari ambitieux. C'est en tout cas une démarche intéressante que nous souhaitons soutenir et nous venons d'ailleurs d'organiser récemment, puisque c'était la semaine dernière, avec le centre "Emergence", une réunion avec les représentants des riverains, les bailleurs sociaux du secteur et le commissariat du 13e. Nous souhaitons que la Ville soutienne et accompagne cette initiative.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - La parole est à M. LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS, au nom de la 6e Commission. - Les questions évoquées sont complexes et abordées de façon très ample par des élus qui connaissent bien le dossier. En l'occurrence, il s'agit de la fixation de la participation du Département de Paris à cinq centres spécialisés de soins aux toxicomanes. Jusqu'à présent, l'essentiel des financements est assuré par l'Etat via la D.A.S.S. de Paris. A partir de 2003, les C.S.S.T. passeront sous le régime de l'assurance maladie. Tant mieux si cela permet des financements pérennes aux C.S.S.T. qui ne seront plus tributaires des fluctuations budgétaires. C'est aussi une manière de replacer la prise en charge sanitaire et sociale des toxicomanes dans le droit commun.
Par ailleurs, la Mairie poursuit ses efforts en faveur de la prévention des toxicomanies et d'accompagnement à la politique de réduction des risques, comme en témoignent le renforcement important des crédits accordés à l'association SAFE, gestionnaire du parc des automates et distributeurs du matériel d'injection, la contribution au développement des actions, de la coordination toxicomanie du 18e, le renforcement de notre soutien aux actions pour l'aide à la parentalité, menées par l'association "Horizon". Nous avons également initié un soutien à la prévention grâce aux moyens accordés à l'association "Art et Média", qui s'implantera prochainement dans le 10e et au Comité régional d'Education française pour la Santé en Ile-de-France, que je vous présenterai lors du prochain Conseil de Paris.
Nous avons souhaité poursuivre notre action concernant l'accompagnement social développé dans les C.S.S.T., par un soutien à "Ensemble pour l'insertion sociale", fédération interassociative intervenant pour l'insertion sociale et professionnelle des usagers suivis dans les 6 associations fondatrices.
Dans le registre préventif, nous avons poursuivi ou accru notre soutien aux unités de prévention ou aidé au développement de certaines associations comme un soutien accru pour l'équipe de rue du centre "Emergence".
Vous avez dit, Monsieur GOUJON, que c'étaient des associations que vous souteniez. Si vous êtes convaincu qu'il faut poursuivre dans ce domaine, vous allez voter des deux mains les crédits supplémentaires et nettement supérieurs à ceux que vous pouviez obtenir préalablement.
Pour le C.S.S.T., que vous avez évoqué dans le centre de Paris, il s'agit du déplacement d'un établissement existant actuellement dans le 11e et qui serait effectivement implanté dans le centre de Paris. Cette décision appartient à la D.D.A.S.S., à l'Etat. Actuellement, nous avons fait un énorme travail avec la Municipalité, et notamment avec la Municipalité du 2e arrondissement.
Nous espérons pouvoir trouver un lieu, ce qui n'est pas simple. Evidemment, il faudra faire en sorte que ce lieu bénéficie d'une information préalable suffisante pour que l'acceptation, par les populations environnantes, puisse se faire.
J'ai bon espoir que nous puissions y arriver, mais à l'heure actuelle nous avons besoin de connaître les intentions définitives du Ministère quant à ses engagements puisque le niveau des loyers, dans le centre de Paris, est celui que vous connaissez. Evidemment, il faudrait que nous obtenions, pour ce nouveau déplacement de centre, une revalorisation de la participation du loyer de la part de l'Etat.
La discussion est en cours et j'espère que nous allons y arriver. Il appartiendra à la mairie du 2e, en liaison avec la Mairie de Paris, de consulter et d'informer les habitants le moment venu, mais seulement quand nous aurons l'ensemble des paramètres. Dans les semaines qui viennent, nous serons amenés à pouvoir informer plus largement sur cette action. En l'état, je pense qu'il serait prématuré de se fixer sur une acceptation définitive qui n'existe que potentiellement puisque cela dépend des crédits qui seraient alloués, dans ce cadre, par la D.D.A.S.S. de Paris, puis par l'Assurance maladie.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Merci. Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 217 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, ASES 217 G).
Je vous remercie.