Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Novembre 2002
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Général
> Type de document (Débat / Délibération)  

13 - 2002, ASES 268 G - Fixation de la participation financière du Département de Paris au fonctionnement de l'Espace de socialisation géré et animé par l'Association nationale de réadaptation sociale - A.N.R.S., au titre de 2002

Débat/ Conseil général/ Novembre 2002


Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération ASES 268 G relatif à la fixation de la participation financière du Département de Paris au fonctionnement de l'Espace de socialisation géré et animé par l'Association nationale de réadaptation sociale - A.N.R.S., au titre de 2002.
Mme CALANDRA est inscrite. Elle a la parole.
Mme Frédérique CALANDRA. - Mesdames, Messieurs, mes chers collègues, Madame la Présidente, la délibération sur laquelle nous allons être amenés à nous prononcer concerne la fixation de la participation financière au titre de l'année 2002 du Département de Paris au fonctionnement de l'Espace de socialisation géré et animé par l'Association nationale de réadaptation sociale (A.N.R.S.) localisé 24, rue Ramponeau, dans le 20e arrondissement.
Cette intervention me donnera aussi l'occasion de mettre en avant la délibération ASES 2002-280 G concernant elle aussi un espace de socialisation situé quant à lui dans le 12e arrondissement, sur lequel nous nous prononcerons dans quelques instants.
Je vais procéder à un petit rappel des principes qui régissent ces espaces de socialisation ainsi que les raisons qui ont amené à leur élaboration.
Les récentes avancées inscrites dans la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002 élaborée par le précédent Gouvernement ont conforté le rôle d'impulsion et de levier désormais reconnu à notre Département et à la Région par tous les partenaires dans le domaine de l'intervention publique en matière de formation professionnelle continue.
Créés en 1997, les espaces de socialisation répondent aux failles rencontrées par le dispositif précédent créé en 1996, appelé alors "plate-forme de mobilisation", jugé alors trop contraignant et trop rigide au regard du public auquel il s'adressait. Cofinancés à 50 % par la Région et à 50 % par la Direction de l'Action sociale, de l'Enfance et de la Santé de Paris, ces nouveaux dispositifs sont là pour remettre sur le chemin de l'insertion professionnelle les jeunes les plus fragiles et les plus éloignés de l'emploi.
Sur Paris, le constat en matière de marginalisation des jeunes est flagrant. A cette occasion, je vais revenir sur les chiffres du dernier recensement en date à Paris, celui de 1999.
Les 16-24 ans sont au nombre de 247.000 à Paris en 1999, soit une part dans la population totale de près de 12 %. Parmi les jeunes de cette tranche d'âge, 27.000 seraient en situation de fragilité économique. On trouve à peu près à part égale des chômeurs (10.500 personnes) et des personnes exerçant un emploi précaire (11.210 personnes). Les inactifs ne suivant pas d'études sont, quant à eux, 5.510 à vivre dans la Capitale en 1999.
La localisation de cette population considérée comme "fragile" fait ressortir les secteurs du Nord-Est parisien, en corrélation avec la carte globale du chômage, de la précarité de l'emploi, des catégories socioprofessionnelles les plus modestes ou encore du R.M.I.
Ce sont dans les 18e, 19e, et dans la partie nord du 20e que l'on retrouve le chiffre le plus alarmant. En effet, un peu plus d'un jeune sur 6 peut être considéré comme "fragile". Dans les 10e, 11e, 20e sud, 18e ouest et 17e est, leur part reste élevée.
Le niveau de diplôme est nettement moins élevé chez les chômeurs et moins encore chez les inactifs. Au total, 44 % des jeunes chômeurs et 53 % des jeunes inactifs n'ont même pas un C.A.P. ou un B.E.P.
Nous voyons bien là qu'il y a une réelle détresse à laquelle nous nous devons de répondre.
C'est pour cette raison que la recherche de solutions doit être une priorité de notre démarche politique.
Concourir à la reconversion des demandeurs d'emploi, permettre aux jeunes sortis du système éducatif sans qualification de s'insérer durablement dans la vie professionnelle, favoriser la qualification des salariés, notamment des petites et moyennes entreprises constituent de véritables enjeux pour notre Département et notre Région.
Ces structures d'accueil, conçues pour rechercher des solutions adaptées aux problèmes que connaissent ces jeunes, constituent un mode d'accès nouveau à un parcours d'insertion. Le respect des règles et le développement personnel y prévalent sur les apprentissages professionnels.
Ces espaces de socialisation sont destinés aux jeunes de 16 à 25 ans qui répondent à une ou plusieurs situations suivantes :
- ils ont accumulé les échecs et ne sont pas parvenus à accéder aux dispositifs d'insertion et/ou à l'emploi, à cause du poids de leurs problèmes personnels et/ou sociaux ;
- ils ne se présentent pas aux accueils ordinaires et ne croient pas en leurs capacités ;
- ils ont besoin de temps et de soutien pour arriver à formuler un projet personnel structuré ;
- au terme d'une rupture particulière, ils ont besoin d'un lieu de ressource qui leur permette de garder des repères et de faire le point lorsqu'ils manifestent l'envie d'améliorer leur statut social, sans savoir comment y parvenir. Il s'agit d'accueillir ces jeunes au moment opportun et ou ils ont envie de mettre un terme à leurs conditions de vie actuelle.
Chacun de ces espaces de socialisation accueille directement les jeunes qui s'adressent à lui ou qui lui sont adressés par les travailleurs sociaux, les Missions locales et les diverses associations oeuvrant auprès de ce public et ce quel que soit le Département d'origine de l'enfant.
L'espace met alors en ?uvre les moyens nécessaires à la résolution des problèmes qui empêchent le jeune de se projeter dans l'avenir et de révéler les potentialités sur lesquelles il peut s'appuyer dans sa démarche d'insertion sociale et professionnelle.
Cette démarche transversale s'appuie sur la combinaison d'un suivi individuel et d'une approche collective. Le dispositif s'articule autour de trois axes :
- accueil, écoute et suivi par des professionnels spécialisés ;
- résolution des problèmes avec un réseau de partenaires et de professionnels complémentaires ;
- confrontation aux réalités du travail dans le cadre de la mise en ?uvre d'ateliers porteurs d'utilité sociale, valorisant les compétences transversales des jeunes.
L'espace de socialisation doit être en mesure de promouvoir un travail de fond avec les jeunes s'adressant à lui, même en situation d'urgence. Il se doit donc de développer des outils pour répondre aux demandes immédiates, d'ordre matériel (besoins alimentaires, hébergement...) ainsi qu'à l'accompagnement du jeune dans le durée.
En effet, l'espace de socialisation est un lieu de prise en charge globale du jeune, par un professionnel identifié et par le réseau dont il dispose. Le travail de groupe sur des thèmes particuliers négociés avec les jeunes est un outil important de l'espace de socialisation.
A la sortie de cette structure, le jeune doit :
- avoir résolu tout ou partie de ses difficultés d'ordre matériel qui pouvaient se poser (hébergement, problèmes administratifs, absence totale de ressources...) ;
- avoir mis en place, si nécessaire, une démarche de soins qu'il sera en mesure de poursuivre ensuite ;
- avoir engagé le parcours d'insertion professionnelle qu'il aura arrêté avec le référant chargé de son suivi et avoir identifié son interlocuteur chargé de son suivi au niveau du réseau d'accueil avec lequel il est en relation.
Les sorties vers l'emploi ou la formation ne constitueront pas les seuls résultats positifs attendus. En effet, il n'est pas rare que le jeune reprenne contact avec sa famille, ce qui, en soi, est aussi un signe encourageant.
Ces espaces sont là pour remettre sur le chemin de l'insertion professionnelle les jeunes les plus fragiles et les plus éloignés de l'emploi.
La sanction et la répression ont par le passé montré leurs limites. Ce n'est pas en instaurant des couvre-feux, en montrant du doigt ces jeunes en détresse et en les stigmatisant qu'ils auront une chance de réussir leur vie professionnelle, voire personnelle.
Notre Département, mais aussi notre Région, ont choisi d'aider ces jeunes à retrouver leurs repères, à prendre un nouveau départ.
Nous sommes tous ici soucieux, du moins je le pense, d'apporter des solutions aux phénomènes de marginalisation sociale qui affectent ces jeunes.
Ces structures fonctionnent. Elles fonctionnent même très bien. En ce qui concerne la structure qui nous préoccupe aujourd'hui, les résultats sont là pour nous le prouver.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente. - Je vous demande de conclure !
Mme Frédérique CALANDRA. - Du 1er mars au 31 décembre 2001, l'A.N.R.S. a accueilli 90 jeunes (le nombre de jeunes étant fixé à un effectif moyen de 100 par an par la convention signée avec la Région), et 58 d'entre eux ont quitté l'espace avant le 31 décembre. Sur ces jeunes, à leur départ, 13 étaient en formation et 5 bénéficiaient d'un emploi. De plus, et ce n'est pas négligeable, 15 jeunes ont pendant leur passage à l'espace obtenu des C.D.D. ou des missions d'intérim, prenant ainsi pied dans le monde du travail.
Le bilan d'activité du 1er semestre 2002 nous montre combien cette offre répond à un réel besoin de la part des jeunes Parisiens. En effet, ce sont 75 jeunes qui ont été accueillis pour la première fois. Parmi ces jeunes, 32 % étaient mineurs, la moyenne d'âge s'établissant à 19 ans.
Aussi, mes chers collègues, je vous invite à reconduire, pour l'exercice 2002, et en concertation avec la Région, la participation financière de notre Département d'un montant de 152.450 euros à l'association "Les Haltes des amis de la rue" et aussi à vous exprimer de la même manière sur la délibération ASES 280 G qui suivra.
Mme Gisèle STIEVENARD, présidente, au nom de la 6e Commission. - Je suis bien d'accord avec vous, Madame CALANDRA.
C'est moi qui vais vous répondre sur cette délibération en vous disant qu'en effet nous déployons une politique très diversifiée pour venir en aide aux jeunes.
Comme vous, nous sommes préoccupés par les chiffres du chômage qui montent dangereusement. Bien sûr, il y a le soutien aux équipes de prévention spécialisée, aux centres sociaux, aux associations de quartier et aux espaces de socialisation.
Un premier espace a ouvert en 2001, celui dont nous parlons, le deuxième, en 2002, c'est l'espace 16-25 qui est géré par "La Halte des amis de la rue" et le troisième espace ouvrira en 2003 dans le 18e arrondissement, c'est l'association "Parcours" qui le gérera.
C'est donc une offre intéressante par rapport à ces jeunes à qui il est apporté un soutien très fort qui vient compléter d'autres actions comme l'aide au logement autonome des jeunes, l'aide à l'insertion - mais nous allons en parler ensuite avec le Fonds d'aide aux jeunes. Les équipes emploi-insertion se développent également dans les quartiers et aussi des moyens d'aide psychologique en faveur de ces jeunes.
Je vous remercie tout particulièrement, Madame CALANDRA, d'être intervenue sur ce dossier important et, qui plus est, relatif à un espace de socialisation situé dans votre arrondissement.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 268 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2002, ASES 268 G).