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Octobre 2003
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18 - Voeu déposé par M. GOUJON, au nom du groupe U.M.P., en vue de l'attribution de la dénomination "9 novembre 1989 - chute du mur de Berlin" à une voie piétonne parisienne

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du v?u n° 5 du fascicule déposé par les membres du groupe U.M.P relatif à l'attribution de la dénomination "9 novembre 1989 - chute du mur de Berlin" à une voie piétonne parisienne. Il ne se rattache à aucun projet de délibération.
Je donne la parole à M. GOUJON.
M. Philippe GOUJON. - Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin s'effondrait. C'était il y a déjà quatorze ans. Nous commémorerons cet anniversaire dans quelques jours.
Ce mur érigé en 1961 était devenu le symbole d'un régime d'oppression. Durant ces vingt-huit ans d'existence, le mur a provoqué de nombreux drames, il a fait au moins deux cent trente-neuf victimes, abattues par les gardes, noyées dans les eaux de la Spree ou des lacs, tuées en sautant des maisons.
La première victime fut Rudolf Urban qui se tua le 19 août 1961 en sautant d'une fenêtre de la Bernauer-Strasse. Le dernier fugitif abattu fut le jeune Chris Gueffroy, tué le 6 février 1989. Il avait vingt ans.
L'ultime victime du mur fut Winfried Freudenderg qui, à bord d'un ballon de sa confection, s'écrasa, le 8 mai 1989.
Quelques mois plus tard, des centaines de milliers de Berlinois se soulevaient sur l'Alexanderplatz et se libéraient.
Cet événement considérable allait permettre aussi la réunification de l'Europe, sur les bases d'une liberté retrouvée pour certains et découvertes pour beaucoup.
En hommage à toutes ces victimes, en mémoire du symbole de libération que fut la chute du mur de Berlin pour l'ensemble des populations de l'Europe de l'Est, à la veille de l'intégration de nombre de ces Etats au sein de l'Union européenne, le Conseil de Paris s'honorerait d'attribuer à l'une des voies de la Capitale, reconnue comme celle des libertés et des Droits de l'Homme et par ailleurs liée par un pacte de coopération culturelle à la Ville de Berlin, le nom de "9 novembre 1989, chute du mur de Berlin".
Paris rappellerait ainsi, notamment aux plus jeunes, qu'en matière de liberté rien n'est jamais acquis, que la liberté est toujours à défendre et, trop souvent encore, à conquérir ou à reconquérir.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe U.M.P.).
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - La parole est à M. CAFFET.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint. - Je ferai la même remarque que pour le précédent v?u, présenté par M. GOUJON. Il n'y a pas d'objection à ce que le Conseil de Paris l'adopte, même si on peut ne pas totalement partager certains considérants.
Pour ma part, l'aspect le plus positif de la chute du mur de Berlin est la réunification du peuple allemand.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Une explication de vote de M. VUILLERMOZ.
M. Jean VUILLERMOZ. - Vous comprendrez bien que je veuille donner une explication de vote.
Le jour où le mur de Berlin s'est enfin ouvert, comme d'autres et avec d'autres, j'ai été un communiste heureux. Oui, je suis contre tous les murs. Celui qui séparait l'Allemagne n'était pas un des moindres, mais je suis, comme je viens de le dire, contre tous les murs, le mur de l'argent, le mur de la misère, le mur qui sépare les pays du Nord des pays du Sud, tous ces murs ne sont pas encore tombés. Seul un est tombé, c'est celui de l'apartheid en Afrique du Sud et je crois que l'on peut féliciter Nelson MANDELA de cela.
A Berlin, ce jour-là, le 9 novembre 1989, il y avait un espoir pour l'Allemagne, pour l'Europe, mais aussi un espoir pour le monde. Sans croire un instant à la fin de l'histoire comme cela fut écrit, mais un espoir pouvait naître de vivre mieux et sans guerre.
Hélas, nous sommes loin encore d'un monde de paix, de liberté et de justice. Sur notre planète où existent les potentialités pour chaque être humain de vivre décemment, la majorité subit les pires souffrances, celles de la faim, de la maladie, de l'exploitation des enfants, de la guerre, de la privation de liberté et des droits.
Les principes fondateurs de l'O.N.U. et la Déclaration universelle des Droits de l'Homme sont bafoués par de très nombreux pays, y compris par les grandes démocraties qui ont contribué à les élaborer.
Pourtant, la force des démocraties réside dans le respect des valeurs fondamentales qu'elles ont forgé, dans le regard qu'elles portent sur elles-mêmes et sur la marche du monde.
Comment alors accepter que l'écart se creuse entre les pays riches et les pays pauvres, entre les riches et les pauvres des pays riches, au nom du capitalisme mondialisé ? Comment accepter un monde de plus en plus militarisé où la superpuissance américaine impose sa domination et s'arroge le droit de décider seule du sort des peuples et enclenche en Irak, sous de fallacieux prétextes, un engrenage dramatique ? Comment accepter les souffrances du peuple palestinien depuis trente ans, comme celles du peuple israélien, tous deux entraînés, avec la bénédiction des grandes puissances, dans la haine et aujourd'hui séparés par un mur ? Comment accepter qu'en France et en Europe les libertés et les droits reculent au nom de la sécurité ?
Aussi, permettez-moi de vous dire que j'ai beaucoup aimé le film "Goodbye Lenin" pour sa vérité et sa lucidité, parce qu'il confirme bien ce que des millions de personnes ressentent.
Oui, il faut se réjouir de la chute des murs, mais faisons en sorte qu'un autre monde sans murs se construise, prenant en compte l'intérêt de tous et non pas les intérêts particuliers.
Mais cela doit se traduire dans des volontés politiques.
Alors, oui, Madame le Maire, je suis un communiste heureux dans un parti qui, en France, défend toutes ces valeurs.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Explication de vote de M. Patrick BLOCHE pour le groupe socialiste.
M. Patrick BLOCHE. - Très brièvement. Bien sûr, le groupe socialiste et radical de gauche votera ce v?u avec plaisir car il correspond, notamment pour nos enfants et, demain, nos petits-enfants, à ce qui sera sans doute l'un des événements historiques les plus marquants de l'histoire du XXe siècle.
Notre génération, nos générations ici représentées au Conseil de Paris, inscrivent encore l'histoire du XXe siècle à travers le 11 novembre 1918, à travers le 8 mai 1945 ou encore, d'ailleurs, le 19 mars 1962. Toutefois, il est vrai que cette date de novembre 1989 a évidemment une importance historique tout à fait considérable et il va de soi que Paris doit l'inscrire, sans doute dès maintenant... Peut-être la seule interrogation ou la seule réserve sur ce v?u porte sur le temps car le temps dans l'Histoire est un élément important, mais puisque nous avons ce v?u, ne boudons pas notre plaisir et, avec enthousiasme, commémorons donc très bientôt cet événement qui a bouleversé l'histoire de l'Europe.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci.
Je mets aux voix, à main levée, ce v?u.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le v?u est adopté. (2003, V. 164).
(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).