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Octobre 2003
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Conseil Municipal
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11 - 2003, DAUC 152 - Z.A.C. "Beaujon" (8e). - Bilan de la concertation. - Création de la Z.A.C. "Beaujon"

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous abordons l'examen du projet de délibération DAUC 152 concernant la Z.A.C. "Beaujon" dans le 8e arrondissement. Ce projet de délibération concerne plus particulièrement le bilan de la concertation et la création de la Z.A.C. "Beaujon".
Je donne la parole à Mme Edwige ANTIER.
Mme Edwige ANTIER. - Merci, Madame le Maire.
Le terrain Beaujon doit devenir une Z.A.C., donc une Zone d'aménagement concerté. Le problème est que Beaujon est l'exemple typique de la fausse concertation dont vous vous êtes fait le chantre. A chaque réunion de concertation, devant les associations d'aménagement, les associations de riverains, les associations de familles du 8e, les habitants vous ont dit : "Vous construisez trop, trop de béton et trop de logements".
(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").
A chaque réunion, c'est ce qu'ont dit les habitants. Je crois que la concertation n'est pas au rendez-vous. Même dans le scénario A, vous prévoyez 10.000 mètres carrés de logements sur 20.000 mètres carrés de surface, alors que les habitants du 8e ont signé des pétitions par plusieurs centaines. Vous pouvez ne pas avoir envie de l'entendre... C'est bien que cela vous fasse rire, ce sera retransmis. Ces pétitions ont été adressées à M. CAFFET qui les a. Cela peut faire rire, c'est certain ! Pétitions pour réclamer plus d'espaces verts et plus de locaux associatifs. Vous avez chichement cédé 40 mètres carrés au final pour une salle polyvalente. Les berceaux de crèche que j'ai appelés de mes v?ux, les classes d'école ne viennent que se substituer place pour place aux équipements obsolètes qui seront fermés, pas une place de plus, même pour les enfants qui viendront s'ajouter dans les 110 logements sociaux que vous imposez aux habitants, avec, en plus, au rez-de-chaussée des surfaces commerciales totalement contraire à la vocation de bienfaisance du legs de M. Beaujon, comme si en matière commerciale, l'hôtel tout béton qui a amputé cette surface de son bon tiers ne suffisait pas.
Nous votons donc pour la création d'une Z.A.C. concertée, mais nous vous rappelons vigoureusement les attentes unanimes que vous avez entendues des habitants à chaque réunion de concertation. Vous devez rendre aux habitants du 8e les mètres carrés que M. Beaujon leur avait légués pour des ?uvres de bienfaisance, c'est précis dans le legs. Vous devez donc limiter les logements sociaux à 20 logements pour les assistantes maternelles.
(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").
Riez ! Vous mettrez les rires au compte rendu, ce sera très bien.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Poursuivez et concluez, Madame ANTIER.
Mme Edwige ANTIER. - Pour conclure, il faut que je puisse parler.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Mes chers collègues, nous laissons terminer, Madame ANTIER.
Mme Edwige ANTIER. - Les 1.000 mètres carrés ainsi récupérés peuvent être dédiés à une maison de retraite permettant un lien trans-générationnel, à une maison des adolescents, toutes choses réclamées à chaque réunion et dont a besoin le 8e arrondissement. Cessez donc de convier les habitants du 8e à des réunions de soi-disant concertation et de vous moquer ensuite de leurs demandes précises et insistantes dont je me fais ici le porte-parole.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Madame la Conseillère.
Je donne la parole à M. LEBEL.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Mes chers collègues, la création de la Z.A.C. "Beaujon" fait suite et remplace le secteur de plan masse Beaujon qui fut voté ici même en février 1988, il y a plus de 15 ans. Ce secteur de plan masse n'a jamais été mis en application parce que le terrain restait propriété du Ministère de l'Intérieur. Dans les deux cas, il s'agit de donner enfin une utilisation au terrain vague le plus cher de France et de mettre un terme au dramatique sous-équipement de cet arrondissement sur les plans sportif, scolaire, associatif et surtout en moyens de garde de jeunes enfants. Notons tout d'abord qu'il aura fallu plus de 20 ans pour que l'Etat finisse par accepter de vendre à la Ville une partie de ces terrains et, à la Ville, plus de 8 années pour accepter de donner aux habitants du 8e des équipements qu'ils étaient légitimement en droit d'obtenir. Comme en astrologie, il aura fallu la conjonction favorable d'un gouvernement de droite et d'un maire de droite, simultanément, pour que la Ville puisse acheter le terrain afin qu'un maire de gauche y construise des équipements.
Le projet de délibération qui nous est enfin présenté est donc l'aboutissement d'un très long, trop long, processus que certains, soit dit en passant, ont quelque culot à porter au seul et unique crédit de votre équipe.
Quoi qu'il en soit, votre adjoint, Monsieur le Maire, M. CAFFET, a conduit l'opération à son terme administratif avec diligence et j'aurais mauvaise grâce à ne pas le reconnaître.
Bien qu'il ne s'agisse ici que de la création de la Z.A.C. et pas encore de la définition exacte et précise du programme, je souhaite cependant aborder rapidement cette question.
La concertation qui n'est pas terminée et qui devra se poursuivre tout au long de l'opération s'est déroulée jusqu'à présent de façon plutôt satisfaisante. Menée par M. CAFFET et moi-même, elle a été l'occasion d'entendre un très grand nombre de remarques de la part des élus comme du public et Mme ANTIER vient d'y faire référence. Il m'appartient ici de rapporter avec objectivité celles qui portent sur les logements.
Globalement, dans ce programme, l'essentiel des besoins, c'est-à-dire les équipements publics que nous réclamons avec les habitants depuis toujours, figure bien sur le document (piscines, gymnases, haltes garderies, salles polyvalentes, etc.). Techniquement, le maximum a été fait par le responsable de la S.E.M.E.A. XV. Il doit être clair, en ce qui me concerne, qu'à choisir, je préfère la piscine aux parkings.
Il reste la question des cent vingt-cinq logements qu'il est prévu de réaliser. C'est à la fois peu en valeur absolue et beaucoup pour le quartier. Ce que nous craignons, c'est que ces logements, indispensables pour justifier la création d'une Z.A.C., ne correspondent pas à nos vrais besoins, ceux d'un quartier qui n'est pas assez inter-générationnel.
Plutôt que de refuser a priori et en bloc ces logements, je pense qu'il est plus réaliste et plus avisé de répondre à la véritable attente des habitants en demandant qu'ils soient prioritairement destinés aux assistantes maternelles, il n'y en a pratiquement pas dans le 8e, aux personnes âgées, aux jeunes fonctionnaires, sans oublier les étudiants qui se partagent à Paris un nombre ridicule de logements, alors qu'ils sont 230.000.
L'arrondissement est aujourd'hui incapable d'accueillir ou de maintenir dans le quartier ces populations qui, si elles étaient là, contribueraient à la vraie mixité sociale, tout en réduisant les besoins en équipements que l'on ne peut satisfaire dans un quartier dépourvu de la moindre surface libre, M. CAFFET y faisait allusion il y a quelques minutes.
Vous contenteriez ainsi Mme Danièle HOFFMAN-RISPAL qui cherche des mètres carrés pour nos anciens, Mme TROSTIANSKY qui veut loger des assistantes maternelles, Mme de LA GONTRIE qui ne trouve pas, semble-t-il, le local où placer la Maison des associations du 8e que nous serons bientôt les seuls à ne pas posséder.
C'est sur le choix ciblé de ces logements que vous attendent les habitants, les associations et les élus de notre arrondissement.
C'est pourquoi le Conseil d'arrondissement n'a pas voté l'article 3 qui mélange malheureusement le principe de la Z.A.C. et la future répartition entre équipements et logements et leur destination. Vous nous forcez en quelque sorte un peu la main, c'est dommage. Malgré cela, je voterai ce projet de délibération car, pour nous, le plus urgent, l'essentiel, ce sont bien les équipements.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Je donne la parole à M. Jean-Pierre CAFFET.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Je voudrais dire à M. LEBEL que je ne force la main à personne et qu'il n'est pas dans ma nature d'imposer brutalement et unilatéralement des projets aux maires d'arrondissement. Le problème est de savoir ce que l'on veut.
De ce point de vue, je ne peux pas laisser sans réponse l'intervention de Mme ANTIER qui parle de fausse concertation ou de concertation tronquée. Vous ne pouvez pas dire cela, Madame ANTIER ! D'ailleurs, vous êtes relativement isolée quand vous tenez ces propos. J'en veux pour preuve un certain nombre de documents qui sont signés soit de M. LEBEL, soit de moi-même.
Prenez la lettre numéro 3 de la concertation qui est éditée par la S.E.M.E.A. XV. Elle date de septembre/octobre 2003, elle est donc très récente. Que peut-on y lire sous ma signature et celle de M. LEBEL : "Concertation, un bilan positif. Ce débat a clarifié les objectifs et enrichi le projet en lui apportant des éléments qui permettront de mieux répondre aux attentes exprimées, etc.". Dans les pages centrales, figure le plan d'aménagement qui a été adopté, le fameux scénario A avec non pas les cent vingt-cinq logements dont parlait M. LEBEL, mais cent dix-neuf.
J'en veux également pour preuve le dernier journal municipal du 8e arrondissement, édité par la Municipalité du 8e. Que lit-on sous la signature de M. LEBEL, je cite : "C'est le seul terrain dont dispose le 8e arrondissement pour réaliser les équipements collectifs qui nous font défaut depuis toujours. Après deux réunions publiques de concertation, de multiples rencontres entre élus et techniciens et une exposition à la mairie, il semble que, grâce à la bonne volonté et à l'implication de tous, le projet soit enfin sur les bons rails. L'enquête publique va commencer, nous aurons une piscine, un gymnase, une salle polyvalente, des places de crèche. Le vote définitif du programme interviendra dans quelques semaines, au Conseil de Paris".
Excusez-moi de citer la dernière phrase, mais je n'y résiste pas : "M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint au Maire chargé de l'urbanisme a parfaitement mené ce dossier et je l'en remercie".
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
En pages 10 et 11 du journal municipal est indiqué : "Réunion publique du 10 juillet, une réelle concertation : après de nombreux mois de concertation entre les élus, les habitants et les aménageurs, le projet Beaujon entre dans sa phase concrète cet automne. Il semble aujourd'hui que l'un des scénarios proposés recueille l'accord de tous les intéressés, à commencer par celui des riverains".
Madame ANTIER, vérifiez un peu les publications de votre arrondissement !
Je crois véritablement que la concertation a permis d'avancer. Le projet a été enrichi et des équipements publics qui n'étaient pas prévus au départ vont être réalisés sur ce terrain, notamment une salle polyvalente et une halte-garderie. Par ailleurs, le bassin d'initiation à la natation prévu initialement est devenu une piscine de vingt-cinq mètres et la petite salle omnisports, un gymnase.
Vraiment, la Municipalité a fait le maximum, mais il se trouve que Mme ANTIER, avec un certain nombre de riverains, je suis tout à fait prêt à le reconnaître, s'oppose radicalement et définitivement à la présence ne serait-ce d'un seul logement social sur ce terrain.
J'entends ce que dit M. LEBEL. Je crois que vous avez eu tort de refuser l'article 3 du délibéré n° 2 car sans article 3, qui fixe le programme de l'opération et la répartition de ce programme, la Z.A.C. ne peut pas être créée. Je me félicite que M. LEBEL nous indique ce matin qu'il votera ce projet de délibération et j'engage Mme ANTIER à suivre M. LEBEL dans la voie de la raison.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons au vote.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 152.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAUC 152).