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Octobre 2003
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Conseil Municipal
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139 - Voeu déposé par Mme Marie-Pierre MARTINET, M. Sylvain GAREL et les membres du groupe "Les Verts" relatif à l'organisation d'une exposition photo à la mémoire de la photo-journaliste Zahra Kazemi

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2003


M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous allons passer à la 9e Commission et je vais me tourner vers les présidents de groupe pour leur demander s'ils accepteraient, compte tenu des contraintes particulières de notre collègue SCHAPIRA, que nous démarrions l'examen des projets de délibération de la 9e Commission par ceux qui relève de la délégation de Pierre SCHAPIRA. Je suppose que tout le monde en sera d'accord. Nous allons ainsi procéder. Je vous remercie et je donne la parole à Mme MARTINET sur le v?u que vous avez déposé en 9e Commission.
(M. Alain LHOSTIS, adjoint, remplace M. François DAGNAUD, adjoint, au fauteuil de la présidence).
Mme Marie-Pierre MARTINET. - Monsieur le Maire, chers collègues, je n'ajouterai que quelques mots à l'exposé des motifs du v?u que je présente au nom de mon groupe. Ces mots, je les emprunterai au magazine québécois "Recto-Verso" pour lequel Zahra Kazemi travaillait."
J'écris Ziba ou Zahra ?" "Z. Ecrivez seulement Z. KAZEMI".
Pour éviter les questions de douaniers suspicieux, la demande de visa pour l'Irak a donc été établie au nom de Z. KAZEMI (alias Ziba KAI, Ziba KAZEMI, Zahra KAZEMI). Ziba devait donc parfois ruser avec les gouvernements défiants pour traverser les frontières.
Le 26 mai, elle quitte l'Irak pour l'Iran avant de se préparer pour le Turkménistan et l'Ouzbékistan le 23 juin. C'est devant la montée de la contestation à Téhéran suite aux manifestations étudiantes, qu'elle décide de repousser son départ au 30 juin. Le 23, elle s'inquiète de ses demandes de visa alors que toutes les demandes sont en règle ; ce sera son dernier contact avec le magazine "Recto-Verso".
Le 13 octobre dernier, une dépêche A.F.P. annonce que la justice iranienne a accepté de libérer sous caution le seul accusé de son meurtre. Cette affaire met en lumière la division entre les éléments conservateurs du régime d'Iran et le Gouvernement du Président élu, ce sont effectivement les ultra religieux et les conservateurs qui contrôlent la justice en Iran, mais aussi sur certains agissements dans les prisons et à l'encontre des journalistes.
En effet, à travers Zahra Kazemi, "c'est la liberté d'expression et de travail des journalistes partout dans le monde qui est remise en cause", comme le souligne la déclaration du porte-parole du quai d'Orsay le 16 juillet dernier. Le Ministre des Affaires étrangères français et son homologue canadien ont par ailleurs déclaré début septembre que cette histoire "concerne l'intégralité de la communauté internationale et que protéger les journalistes est une nécessité".
Le 12 septembre, un regroupement de 19 organisations dont Amnesty International section canadienne, le Centre international de ressources juridiques, Reporters sans frontières, ont demandé au Gouvernement canadien d'intenter différentes actions juridiques dans l'affaire Kazemi, comme la nécessité d'une enquête internationale en s'adressant à la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies, afin que cette dernière mène une investigation ainsi qu'un recours auprès de la Cour internationale de justice en violation de la convention de Vienne sur les relations consulaires.
Par ailleurs, fin août à Montréal, une exposition de 55 de ses clichés était organisée se concentrant sur la représentation désespérée de plusieurs femmes au Moyen-Orient. Son fils, Stephan HACHEMIN fournissant les négatifs de la dernière ?uvre de sa mère. Zahra Kazemi a souvent vécu au sein des familles qu'elle immortalisait sur pellicule, parfois même dans des camps de réfugiés.
A travers le cas de Zahra Kazemi, c'est le regard d'une femme sur ce monde musulman qui est bafoué.
C'est pour toutes ces raisons que je souhaite que le Conseil de Paris émette le v?u que soit organisé à l'occasion de la Journée internationale des Femmes 2004, une exposition des photographies de Zahra Kazemi en soutien à la libre expression des femmes de par le monde, pour toutes celles qui se sont battues et celles qui se battent encore en ce sens, et également que soit retenu son nom pour les futures dénominations de lieux liés au journalisme et à la photographie comme va l'être par exemple, la future Maison du journalisme dans le 15e arrondissement.
Ainsi, à l'instar des 500.000 personnes conduisant la dépouille le 28 mai 1963 du Docteur Grigoris Lambrakis, assassiné, événement qui a inspiré le film de COSTA-GRAVAS, nous pourrons dire "Zi ! Zi ! Zi !" elle vit, en grec, lettre qui correspond à la lettre Z. Z comme Zahra ou Ziba.
Je vous remercie.
M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Merci.
La parole est à M. SCHAPIRA.
M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - J'ai écouté, attentivement, votre intervention.
Je ne retrace pas la carrière de Mme Zahra KAZEMI, ce n'est pas la peine de reprendre l'exposé des motifs, pour vous dire, évidemment, parce que la Municipalité parisienne a fait de la parité l'un de ses engagements, que je souscris, bien volontiers à la proposition que vous avez faite d'organiser, à l'occasion de la Journée internationale de la Femme en 2004, une présentation de ses oeuvres photographiques à la salle Jean Musy à l'hôtel de Valois.
M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le voeu.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Qui s'abstient ?
Le voeu est adopté. (2003, V. 167).