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Octobre 2003
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Conseil Municipal
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26 - V - Question d'actualité de Mme Elisabeth de FRESQUET et des membres du groupe Union pour la démocratie française à M. le Maire de Paris concernant la circulation des deux-roues

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à Mme de FRESQUET pour présenter sa question.
Mme Elisabeth de FRESQUET. - Merci, Monsieur le Maire.
La circulation diminue régulièrement depuis une dizaine d'années. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance, d'abord la cherté de la voiture, son entretien et son stationnement. Ensuite, parce que Paris se vide de ses habitants et voit ses emplois diminuer. Enfin, parce que votre prédécesseur et vous-même avez mis en place des mesures tout à la fois incitatives et coercitives qui ont conduit les Parisiens à renoncer à ce mode de déplacement au profit des transports en commun et des deux-roues.
Il faut espérer qu'à terme cette évolution des comportements permettra une réelle baisse de la pollution, ce qui n'est malheureusement pas encore le cas. Ma question portera essentiellement sur la place des deux-roues dans Paris. Nous assistons, en effet, à une véritable explosion de ce mode de déplacement. Toutefois, il semble que la Ville n'a toujours pas pris la mesure de cette révolution.
Aujourd'hui, les deux-roues envahissent les trottoirs et les couloirs de bus. Le "système D", pour ne pas dire l'anarchie, règne au détriment de la sécurité de tous, piétons, motards et cyclistes. Mais c'est surtout la circulation des motos et des scooters qui pose les plus gros problèmes, en raison notamment de la pollution qu'ils gênèrent, qu'elle soit sonore ou atmosphérique. Vous le savez, cette atteinte à l'environnement est considérée comme la plus importante pour les habitants de Paris.
Si votre politique consiste à limiter la circulation automobile, mais à transposer les problèmes qu'elle pose sur les deux-roues, vous n'aurez rien gagné et les Parisiens non plus.
L'objectif est d'abord de lutter contre la pollution, le gain d'espace sur la chaussée n'arrive qu'en second.
Il faut donc envisager une alternative plus nette notamment en faveur des transports en commun, le bus plus particulièrement. Or, que lisons-nous dans la presse ce matin ? Un trafic en recul de 6,7 % pour les seuls bus parisiens. Les Parisiens apprécieront comme nous tous les effets de votre politique.
Le groupe U.D.F. vous demande depuis le début de la mandature qu'une concertation avec l'ensemble des responsables des transports parisiens soit enfin mise en place ainsi qu'une véritable réflexion sur le plan de circulation dans Paris intra muros et au-delà.
Il ne suffit pas de décréter que la voiture est bannie à Paris, le diktat vaut ce que vaut le vent, il faut faire autrement, c'est-à-dire de la concertation parce que c'est le seul moyen d'aboutir à de vrais résultats.
Les décisions doivent être prises parce qu'elles sont nécessaires.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.
M. Denis BAUPIN, adjoint. - Je voudrais vous remercier, Madame de FRESQUET, de nous donner l'occasion d'apporter un certain nombre de précisions, notamment par rapport à l'article du "Parisien" ce matin.
D'abord en ce qui concerne la circulation automobile à Paris, il est exact qu'elle est en baisse assez constante depuis à peu près 1996, environ entre 0,5 et 1 % par an pendant la mandature précédente.
Il ne vous aura pas échappé que cette baisse s'est largement accentuée depuis le début de cette mandature pour atteindre 3 % par an, donc une baisse très significative. Nous en sommes donc à un total cumulé depuis fin avril 2001, d'une baisse de 7 % que nous pourrions comparer avec l'objectif de 5 % en diminution qui était fixé dans le P.D.U. d'Ile-de-France.
On constate donc une tendance très forte et très significative.
Je précise d'ailleurs qu'en 2002, pour la première fois depuis dix ans, cette baisse de circulation automobile s'est accompagnée d'une stabilisation de la vitesse moyenne alors que depuis dix ans la vitesse de la circulation automobile ne cessait de diminuer dans la Capitale. C'est donc une stabilisation des bouchons, contrairement à leur augmentation constatée depuis dix ans.
En matière de pollution atmosphérique, les études faites par AIRPARIF démontrent qu'il y a une diminution de 5 à 15 % de la pollution de l'air sur les axes concernant les couloirs de bus.
Il est clair, et les pics de pollution de l'été nous l'ont bien rappelé, que nous n'en sommes malheureusement qu'au début de l'action qui doit être menée face à la pollution de l'air. Cette action doit être soutenue dans la durée et elle ne peut pas concerner simplement la Capitale intra muros, mais l'ensemble de la Région Ile-de-France.
C'est la raison pour laquelle il y a besoin de renforcer les transports collectifs à disposition des Parisiens et des Franciliens, comme par exemple le tramway...
Je voudrais aussi vous répondre par rapport à l'article du "Parisien" ce matin, dont le titre m'a d'ailleurs particulièrement surpris : "Les Parisiens boudent les transports en commun". Quand on lit l'article, on se rend compte qu'il fait état non des Parisiens mais des Franciliens au sens large, et surtout que ce dont il s'agit ce sont des diminutions de l'usage des transports collectifs notamment pendant la période des grèves. Evidemment, pendant la période des grèves, il n'y avait pas de transport collectif. Il y a eu évidemment une diminution de l'utilisation de ces transports ! En déduire que les Parisiens boudaient les transports collectifs, je pense qu'il s'agit d'une lecture légèrement biaisée de la situation.
Quelle est cette situation aujourd'hui ? Il est vrai que le S.T.I.F. a aujourd'hui des problèmes très importants pour boucler son budget. Mais de fait il ne faut pas faire porter la responsabilité sur les usagers parce que sur la période de janvier à avril, il y a eu une stabilisation de l'utilisation des transports collectifs, une baisse en mai et juin dernier et pour l'instant nous n'avons pas de chiffre en ce qui concerne les premiers mois depuis la rentrée.
Simplement il est vrai que suite à la hausse exorbitante du tarif des transports collectifs qui a été décidée par le S.T.I.F. au début de l'été, on peut craindre qu'un certain nombre d'usagers aient tendance à moins utiliser les transports collectifs.
C'est la raison pour laquelle l'ensemble des élus, de gauche comme de droite d'ailleurs, avait refusé cette augmentation tarifaire.
Ce que nous préconisons, c'est une limitation de la hausse des tarifs à la hauteur de l'inflation, et une augmentation de l'offre de transport collectif, que nous demandons depuis des mois et que nous n'avons pas obtenue. Sans doute faut-il constater malheureusement que la politique actuelle de l'Etat consiste à sacrifier les transports collectifs aussi bien en Ile-de-France qu'en province, comme s'en plaignent beaucoup d'élus, qu'ils soient des élus de gauche à Paris, ou des élus de droite dans beaucoup de communes de province.
En ce qui concerne la multiplication du nombre de deux-roues motorisés à Paris - c'est un constat que l'on peut tous faire - elle résulte d'un transfert partiel d'une partie des automobilistes qui abandonnent la voiture pour le deux-roues à moteur. Heureusement, la majorité d'entre eux se dirigent vers les transports collectifs. Mais il y a une hausse de l'utilisation des deux-roues à moteur qui a incontestablement un avantage par rapport à la voiture : le deux-roues à moteur prend moins de place mais pose d'importants problèmes de pollution de l'air, de bruit et d'insécurité routière.
Vous avez évoqué les infractions au Code de la route. Il s'agit d'un travail que la Préfecture de police a mené de façon plus forte, en développant le contrôle et la répression, notamment concernant l'utilisation des couloirs de bus.
Pour ce qui est des responsabilités de la Ville, nous avons mis en place une Commission avec les usagers des deux-roues motorisés et la Préfecture de police, depuis le début de l'année, qui nous a permis d'ores et déjà de déboucher sur un certain nombre de propositions en matière de stationnement des deux-roues à moteur notamment pour améliorer et multiplier les mobiliers d'accroche.
Sur les questions de déplacement et de sécurité, il faut constater que les services techniques des villes ont peu travaillé sur les deux-roues à moteur. Il y a de multiples problèmes techniques à résoudre. C'est la raison pour laquelle la Ville de Paris organisera au printemps prochain une Journée nationale technique des deux-roues motorisés en ville avec des experts venant de toute la France de façon à travailler sur l'ensemble des questions de déplacement, de sécurité, et de nuisance des deux-roues autorisés.
C'est un objectif important pour la Capitale si nous voulons que nos objectifs en matière de qualité d'air et de sécurité soient atteints.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Mme de FRESQUET a la parole très brièvement.
Mme Elisabeth de FRESQUET. - Concernant la baisse de la vitesse moyenne de la voiture, nous sommes très étonnés car il semblerait que M. BAUPIN nous donne des chiffres tout à fait différents puisqu'à l'occasion d'une question de M. GALLAND, le mois dernier, M. BAUPIN reconnaissait que la vitesse moyenne des voitures avait baissé...
M. Denis BAUPIN, adjoint. - Mais non...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame de FRESQUET, vous avez le droit, d'après le règlement intérieur, de rebondir brièvement sur l'intervention de M. BAUPIN. Les chiffres, on pourra les aborder plus tranquillement à un autre moment. Poursuivez, Madame...
Mme Elisabeth de FRESQUET. - Je m'interroge également sur la baisse de la subvention accordée à AIRPARIF.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais il n'y a pas de baisse de la subvention à AIRPARIF ! Vous le répétez à chaque fois en groupe !
Mme Elisabeth de FRESQUET. - Non, c'est la première fois que j'en parle !
M. LE MAIRE DE PARIS. - A la dernière séance, il a été dit "il y a une baisse"... Je vous ai dit : non, il n'y a pas de baisse ! Vous pouvez répéter des choses inexactes, ce n'est pas vrai !
Mme Elisabeth de FRESQUET. - Non, c'est la première fois que j'en parle !
Nous attendons les résultats de l'étude du S.T.I.F. suite à l'article du "Parisien" ce matin. Je crois que nous avons des idées et des chiffres précis sur la baisse de fréquentation des transports en commun.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Bien sûr, il faudra en reparler à ce moment-là, cela me paraît évident.