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Octobre 2003
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149 - Voeu déposé par Mme Catherine GÉGOUT, M. Pierre MANSAT et les membres du groupe communiste relatif au projet de médiathèque dans le 20e arrondissement

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2003


M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Nous allons à présent examiner le voeu n° 17 du fascicule déposé par les membres du groupe communiste et qui ne se rattache pas à un projet de délibération. Il concerne le projet de médiathèque dans le 20e arrondissement.
Je donne la parole à Mme Catherine GÉGOUT.
Mme Catherine GÉGOUT. - Merci, Monsieur le Maire.
Il s'agit d'un voeu concernant un projet qui a été retenu dans le plan pluriannuel d'investissement, à savoir une médiathèque pour l'Est parisien. Pour rappeler le contexte, à Paris la superficie moyenne pour la lecture publique est de 2,5 mètres carrés pour 100 habitants, c'est-à-dire moitié moins qu'en province, et c'est une situation tout à fait grave qui a été héritée de la Municipalité précédente. Pour mémoire, le Ministère de la Culture préconise 7 mètres carrés pour 100 habitants. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles le programme municipal avait pour objectif d'arriver à 20.000 mètres carrés consacrés à la lecture publique par tranche de 100.000 habitants, sans avoir fixé de date bien sûr, mais c'était l'objectif affiché.
Ce projet de médiathèque s'inscrit tout à fait naturellement dans cet objectif et à l'occasion d'une opportunité foncière, rue de Bagnolet, il a été décidé de réaliser une opération public/privé qui permettait de co-financer cet équipement qui comprenait un hôtel, la médiathèque et un parking avec des discussions sur d'éventuels autres équipements publics, notamment une crèche.
Or, aujourd'hui, nous sommes passés à un hôtel de 7.000 mètres carrés, des logements privés pour 6.000 mètres carrés, 250 places de parking et une médiathèque qui va faire 4.000 mètres carrés SHON. Pour se rendre compte du problème que cela pose, il faut savoir que dans l'ensemble des médiathèques, la superficie est en général très supérieure aux 6.000 mètres carrés qui avaient été envisagés initialement pour cette médiathèque. C'est vraiment un minimum pour un tel équipement.
Pourquoi faut-il cette surface ? Parce que dans une médiathèque il y a des livres, des vidéos, des disques, des banques d'images, de son, sur tous supports et des salles de consultation, d'atelier, d'animation, d'exposition ; elle accueille tout public, des jeunes, des personnes âgées, des enfants, des classes, et c'est la raison pour laquelle il faut des surfaces importantes.
Ces équipements d'ailleurs, partout où ils existent, font faire un bond très important à la lecture publique, y compris dans des quartiers très populaires comme c'est le cas à Venissieux. D'ailleurs dans une question orale que nous avions posée, il nous avait été répondu que la Municipalité souhaitait doter le 20e arrondissement, "particulièrement dépourvu en grandes structures culturelles, d'un équipement ambitieux dont le rayonnement bénéficiera à l'ensemble de l'Est parisien".
Bien sûr, nous ne méconnaissons pas du tout le coût d'un tel équipement, mais tout de même ! Au départ, une opération public/privé comprenait une médiathèque de 6.000 mètres carrés. Le conseil de quartier a été associé au projet et a bien travaillé. Aujourd'hui, ils ne comprennent plus ; le privé a gonflé démesurément et la médiathèque devient 4.000 mètres carrés SHON maximum. Est-ce qu'il n'y a pas moyen de pousser encore les négociations ? Et les financements publics n'ont pas été explorés alors qu'il en existe.
J'insiste parce qu'il y a vraiment urgence. Notre objectif est d'attirer l'attention pour que cette médiathèque soit améliorée, ce n'est pas du tout qu'elle ne soit pas réalisée ou qu'elle soit reportée, et en plus nous souhaiterions avoir quelques indications sur le devenir de la bibliothèque existante dans ce quartier sur laquelle les habitants s'inquiètent beaucoup.
J'insiste vraiment parce que dans ce type de bâtiment, c'est l'occasion en même temps d'une recherche architecturale contemporaine pour des équipements qui sont caractérisés par une lisibilité, une transparence, un éclairage naturel, une flexibilité pour s'adapter aux évolutions du public et des techniques.
C'est vraiment un bel équipement et il faut qu'il ait au moins les fonctionnalités indispensables d'une médiathèque et non pas d'une grosse bibliothèque, comme ce serait le cas avec 4.000 mètres carrés.
M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - La parole est à M. GIRARD.
M. Christophe GIRARD, adjoint. - Le groupe communiste maintient son voeu, j'en prends acte évidemment, mais vous imaginez bien que le groupe communiste et moi-même, nous avions parlés longuement, et je les remercie d'ailleurs, depuis que j'ai eu cette idée de médiathèque dans le 20e, d'avoir eu le soutien de toute la majorité, et c'est vrai aussi de beaucoup d'élus du 20e dont Catherine GÉGOUT qui, évidemment, s'était réjouie de ce projet de médiathèque pour lequel la Direction des Affaires culturelles, qui avait travaillé avec beaucoup d'ardeur, et son nouveau chef de bureau, M. VAN DEM BORGRE, qui est un grand spécialiste de la lecture publique. Nous rêvions tous d'une médiathèque idéale à 6.000 mètres carrés. Mais je voudrais lever une ambiguïté : le Maire de Paris n'a jamais dit, lorsqu'il a tranché pour les budgets du P.P.I., qu'il ne voulait pas de 6.000 mètres carrés. Il a simplement tranché pour une enveloppe qui est non négligeable puisqu'elle est de 15 millions d'euros, et je crois qu'il se réjouirait tout comme moi que ces 15 millions d'euros puissent permettre la construction d'une médiathèque évidemment la plus grande possible.
Le Maire d'arrondissement, Michel CHARZAT, à qui j'ai confié sur cette question les inquiétudes à la fois des élus de son Conseil d'arrondissement, mais également ma propre inquiétude sur le fait qu'on n'arriverait pas à avoir ces 6.000 mètres carrés, m'a dit qu'il n'avait pas de difficulté à ce que ce projet soit un peu réduit en surface car il lui semblait plus vital et urgent que, dans son arrondissement, la médiathèque puisse voir le jour pendant la mandature, et je le comprends car le Nord-est parisien souffre douloureusement d'absence de bibliothèques-médiathèques et tout retard est préjudiciable aux Parisiens.
Nous sommes souvent aussi un peu impressionnés par le mot "médiathèque" parce qu'on imagine des choses immenses et importantes. Une médiathèque, ce n'est jamais qu'une très grande bibliothèque qui fait place aux nouvelles technologies (CD-Rom, CD, informatique, numérique, etc.).
Pour conclure, je vous propose de modifier un mot dans la formulation du v?u. Et je vais faire une deuxième proposition qui vient de me venir à l'idée. Dans la formulation de dire "que ce projet de médiathèque rue de Bagnolet soit d'une superficie meilleure, tout en respectant les arbitrages budgétaires dans le cadre du P.P.I.". Et également je m'engage à rencontrer très rapidement, Roland CASTRO, l'architecte, pour lui demander de faire tous ses meilleurs efforts pour qu'entre les 4.000 mètres carrés aujourd'hui actés dans les travaux de préparation et les 6.000 mètres carrés dont nous rêvions, il y ait peut-être du chemin qui soit fait par quelques centaines de mètres carrés supplémentaires, qui seront toujours un gain pour les habitants du Nord-est de Paris.
M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - M. RIOU a la parole.
M. Alain RIOU. - Sur le fond, nous sommes d'accord avec le voeu du groupe communiste puisque les élus "Verts" du 20e et le groupe pensent globalement la même chose. En effet, 6.000 mètres carrés, c'est le minimum pour une médiathèque. Je comprends tout à fait les explications de Christophe GIRARD, mais je ne suis pas certain que quelques mètres carrés supplémentaires ou même quelques centaines de mètres carrés supplémentaires résolvent le problème. Même si nous sommes d'accord avec le fond, nous n'avons pas l'intention de voter le voeu en l'état, et j'explique pourquoi. Jean DESESSARD et Charlotte NENNER sont revenus hier sur le statut du P.P.I. C'est un document qui n'a aucune valeur juridique ni financière aujourd'hui.
Nous souhaitons donc qu'il y ait, et nous l'avons dit, dès janvier, un débat autonome sur cette question. Nous ne mettons pas en doute sur le plan culturel les efforts tout à fait intéressants et importants puisque le Maire de Paris a bien doublé les budgets d'investissement en matière culturelle et, de ce point de vue, nous ne pouvons pas contester la mise en application du programme de mandature. Même si nous sommes réservés sur le fonctionnement, nous disons que sur l'investissement, il y a même un plus, il y a même plus que doublement. Ce serait évidemment un peu délicat de dire que nous voulons plus de 15 millions à tout prix, déséquilibrant ainsi les choses. On pense simplement qu'il doit y avoir le débat, et c'est plutôt à l'occasion du P.P.I. et à l'occasion d'un vote formel sur ce document qu'on pourrait ouvrir le débat.
Il est vrai qu'aujourd'hui, par rapport à ce document, le Maire de Paris dit : si vous voulez que je change quelque chose, il faut me le dire. D'accord ! Mais le Maire de Paris n'est pas un être tout-puissant qui peut décider par rapport à un document résultant d'une conférence de presse, qui va mettre cela à cet endroit ou cela à un autre endroit. Je trouve que c'est une déclaration, de ce point de vue, qui est assez peu démocratique. Je pense que ce n'est pas aujourd'hui le lieu du débat sur le fait de savoir s'il faut faire une médiathèque de tant ou tant mètres carrés avec tel ou tel argent puisque, de toute façon, d'autres problèmes peuvent se poser, d'autres contestations peuvent exister en matière de P.P.I. Et je pense que plutôt que de les prendre petit bout par petit bout, arrondissement par arrondissement, il serait mieux d'avoir un débat global. "Les Verts" ne voteront pas ce v?u, ne voteront pas du tout d'ailleurs, car on considère que ce n'est pas à l'occasion de ce v?u, maintenant, que le débat peut se conduire.
Mme Catherine GÉGOUT. - C'est un peu insolite comme discussion parce qu'on se met à parler d'autres choses. Je parlais d'une médiathèque pour laquelle il y a urgence, dans laquelle des négociations sont quasiment abouties, pour laquelle un permis de construire va être déposé avant la fin de l'année. Je maintiens le v?u en demandant instamment que des négociations soient reprises avec le promoteur pour essayer de gagner un peu de ce côté-là, qu'éventuellement la Ville mette un peu plus et que, par ailleurs, les financements publics d'Etat et de la Région soient recherchés de manière à ce qu'on puisse arriver à boucler le projet dans des conditions correctes.
J'insiste vraiment là-dessus. Si la Ville ne saisit pas cette chance, elle ne la saisit pas. Si "Les Verts" ne veulent pas la soutenir, ils ne la soutiennent pas, mais je trouve qu'il y a vraiment ici un travail qui n'est pas allé au bout des possibilités ou qui s'est déroulé avec l'idée qu'on ne pouvait pas aller plus loin, sans avoir vraiment cherché les pistes.
M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - Monsieur GIRARD, votre position ?
M. Christophe GIRARD, adjoint. - Confortable! Large! D'abord, il y a du débat et je pense que c'est sain parce qu'en effet, c'est la première grande médiathèque, après celle du 15e, qui ouvrira pendant cette mandature. C'est quand même un progrès. En 9e Commission, nous avons eu un débat très riche et très intéressant. Il y a le jeu politique, mais c'est tout à fait normal. Je crois que ma formulation et ma proposition sont excellentes et je vous propose de la voter :
Que ce projet de médiathèque rue de Bagnolet soit d'une superficie meilleure, tout en respectant les arbitrages budgétaires dans le cadre du P.P.I. et rencontrer l'architecte Roland CASTRO.
M. Alain LHOSTIS, adjoint, président. - C'est très clair, j'ai tout compris, il faut que ce soit meilleur. On vote donc sur le v?u du groupe communiste présenté par Mme GÉGOUT.
Je mets aux voix, à main levée, ce voeu.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le v?u est repoussé.
Je mets aux voix, à main levée, le v?u de M. GIRARD au nom de l'Exécutif.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le voeu est adopté. (2003, V. 165).