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Octobre 2003
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10 - 2003, DAUC 136 - Approbation après enquête publique de la modification du Plan local d'urbanisme ayant pour objet la création d'un périmètre délimitant le bâtiment voyageurs de la gare Saint-Lazare (8e) dans la zone ferroviaire (UN)

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - A présent, nous examinons le projet de délibération DAUC 136 concernant l'approbation après enquête publique de la modification du P.L.U., ayant pour objet la création d'un périmètre délimitant le bâtiment "voyageurs" de la gare Saint-Lazare, dans le 8e arrondissement dans la zone ferroviaire.
Je donne la parole à M. François LEBEL.
M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Je vous remercie.
La gare Saint-Lazare est la première gare d'Europe et l'une des premières gares du monde pour le trafic "voyageurs" de banlieue. Mais elle était la dernière à Paris à rester pratiquement dans l'état où l'ont connue nos parents, voire nos grands-parents, sans compter 15 années de travaux continuels devant son parvis. Le projet de la S.N.C.F. de moderniser radicalement cette gare est donc plus que souhaitable, et la modification du P.L.U. pour rendre possible cette modernisation est-elle aussi plus que bienvenue. Toutefois, on ne peut que regretter que la Mairie de Paris accorde ainsi gentiment, sans barguigner, une modification de son Plan local d'urbanisme que la S.N.C.F. lui avait demandé pour permettre, bien sûr, la modernisation de la gare, mais aussi et surtout la rentabilisation des surfaces commerciales très importantes qui seront créées, et ceci, sans aucune contrepartie. Car si la S.N.C.F. est pressée d'obtenir l'aval de la Ville pour son opération commerciale, on pouvait espérer que la Ville négocierait cet aval en échange de quelques souplesses de la S.N.C.F. concernant par exemple ses gigantesques possessions foncières dans Paris et même dans le 8e arrondissement, des surfaces directement en relation avec Saint-Lazare. Eh bien ! Non ! Alors que nous avons un cruel besoin de terrains pour créer un groupe scolaire indispensable au quartier de l'Europe, nous n'avons rien fait. On n'a pas pratiqué le donnant-donnant avec la S.N.C.F. qui reste propriétaire de tous ses terrains, en particulier les hangars situés le long des voies de Saint-Lazare et qui sont, il faut le rappeler, inoccupés depuis presque 70 ans.
Je ne saurais trop me féliciter de cette modernisation de Saint-Lazare, mais je ne saurais trop regretter ce manque de nervosité de la Ville. C'est une énorme occasion manquée, qui aura des conséquences sur le plan financier, mais surtout sur le plan du service rendu ou plutôt des services qui ne seront pas rendus aux Parisiens, en particulier en matière scolaire. Je le déplore. La Ville a, en quelque sorte, manqué le train.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - M. CAFFET a la parole.
M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Comme M. LEBEL, je me félicite de ce projet de délibération qui est le fruit d'un long travail avec la S.N.C.F. ; travail qui a d'ailleurs associé non seulement M. LEBEL d'une manière tout à fait régulière, mais également le maire du 9e arrondissement, puisque le 9e arrondissement est également concerné par ce projet de modernisation.
Sur les quelques remarques émises par M. LEBEL, je dirai que, non, la Ville de Paris ne permet pas une extension considérable des surfaces commerciales appartenant à la S.N.C.F. dans la gare Saint-Lazare. En effet, il y a, à l'heure actuelle, 9.132 mètres carrés de surfaces commerciales qui sont exploitées et ce projet de délibération limite à 10.000 mètres carrés les surfaces commerciales qui pourront être implantées à terme.
Faites la différence : 10.000 mètres carrés moins 9.132, cela fait 868 mètres carrés. Et quand M. LEBEL dit que la Ville de Paris fait un cadeau mirifique à la S.N.C.F. en lui permettant d'étendre de quelques centaines de mètres carrés ses surfaces commerciales, il y avait d'autres cadeaux dans les années antérieures qui étaient peut-être un peu plus importants.
Je dirai de plus que la gare Saint-Lazare n'est qu'un des aspects des négociations entre la Ville de Paris, la S.N.C.F. mais également R.F.F. Ainsi, M. LEBEL se trompe lorsqu'il dit que nous bradons, en quelque sorte, cet espace. Je lui rappellerai un certain nombre de réalisations qui vont voir le jour grâce à la négociation menée, dans les intérêts de la Ville de Paris, soit avec la S.N.C.F., soit avec R.F.F. Je citerais notamment une école dans le 12e que la population attendait depuis des années, la Cour du Maroc, un parc de 4,5 hectares que la Municipalité précédente n'avait pas été capable de réaliser, les Batignolles, avec, dans un premier temps, 5,5 hectares principalement en jardin dans le 17e arrondissement. Non ! Vous ne pouvez pas dire, Monsieur LEBEL, que la Ville de Paris montre de la faiblesse avec la S.N.C.F.
Et j'en viens maintenant au troisième point que vous avez développé : la propriété située dans le 8e arrondissement dans le quartier "Europe" que vous attribuez à la S.N.C.F., à savoir les voies ferrées et le parking. Cette propriété n'appartient pas à la S.N.C.F., mais à R.F.F. Je vois donc difficilement comment nous aurions pu mener une négociation de type donnant-donnant, comme vous l'évoquez, en marchandant les 868 mètres carrés de surfaces commerciales en plus.
Cela étant, je peux vous dire que je suis parfaitement conscient de la situation du groupe scolaire auquel vous avez fait allusion, le groupe scolaire "Europe". Et je peux également vous assurer que, dans le cadre du P.L.U., nous regardons si, dans le 8e arrondissement, nous pouvons inscrire une réserve pour équipement, de manière à pouvoir considérablement améliorer ce groupe scolaire. Je sais d'ailleurs que la Direction des Affaires scolaires examine actuellement la possibilité de transformer le parking qui, encore une fois, appartient à R.F.F., en école. Nous essayons donc de faire en sorte que le groupe scolaire "Europe" puisse être modernisé, redéployé et restructuré ; mais, avouez que, dans le 8e arrondissement, ce n'est pas simple.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci beaucoup, Monsieur CAFFET, pour cette réponse complète.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAUC 136.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAUC 136).