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Fevrier 2009
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2009, Vœu déposé par M. Sylvain GAREL et les éluEs du groupe "Les Verts" relatif à Stanislas Markelov.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2009


 

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Nous examinons à présent le v?u référencé n° 57 dans le fascicule du groupe "Les Verts" relatif à Stanislav MARKELOV. Il ne se rattache à aucun projet de délibération.

M. GAREL a la parole, puis M. SCHAPIRA pour répondre.

M. Sylvain GAREL. - Je regrette qu?un certain nombre de personnes quittent la salle lorsqu'on parle d'un autre sujet, mais apparemment, il y a des sujets qui...

(Mouvements de protestation dans l'hémicycle).

Pas deux poids et deux mesures ! Je pense que ce qui se passe en Russie est grave aussi et que nous devons nous en préoccuper.

Le nombre d'assassinats politiques augmente de mois en mois dans ce pays. Et dernièrement, le 19 janvier, deux personnalités défenseurs des Droits de l'Homme, Stanislas Markelov, un avocat, et Anastassia Babourova, journaliste qui l'accompagnait, ont était assassinés en pleine rue à Moscou.

Ce n'est malheureusement pas la première fois, et ceux qui ont participé dimanche dernier au rassemblement qui avait lieu aux Halles en hommage à ces deux personnes ont pu écouter les témoignages de Français et de Russes qui ont vécu et travaillé pour les Droits de l'Homme en Russie raconter dans le détail la difficulté qui est la leur pour continuer leur tâche dans un pays où, entre la maffia, les néonazis et les polices plus ou moins parallèles de l'Etat russe, ils ont bien du mal à échapper aux pressions et aux assassinats, lorsqu'ils résistent à ces pressions.

Nous souhaitons donc que notre Ville, qui a des liens particuliers avec Moscou, soit partie prenante de ce combat pour les Droits de l'Homme dans ce pays qui est en train de connaître une dérive de plus en plus grave.

Nous faisons deux propositions, premièrement qu'un soutien exceptionnel soit accordé au Centre de prééminence du droit de Moscou, où travaillait Stanislas, l'avocat qui a été assassiné, et qu'à l'occasion de l'année de la Russie en France qui se tiendra en 2010, la Ville de Paris prenne l?initiative d?une manifestation qui pourra prendre une forme décidée ultérieurement pour promouvoir la question des Droits de l'Homme en Russie.

Je vous remercie.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Avant de donner la parole à M. Pierre SCHAPIRA, permettez-moi de rappeler que dans le cadre de la défense des libertés et de l?indépendance, le Maire de Paris, Bertrand DELANOË, en présence de Pierre SCHAPIRA, d?Anne HIDALGO, d?autres adjoints et de moi-même, avons reçu Roberto SAVIANO, l?auteur de "Gomorra", journaliste courageux en danger de mort, et qu'il a reçu la médaille de la Ville de Paris. Cela s'inscrit dans ce que vous venez de dire.

Monsieur SCHAPIRA, vous avez la parole.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Je n'aime pas lorsque l?on parle de deux poids et deux mesures.

Sur le Proche-Orient, c'est un conflit médiatique. Je te rappelle, et tu le sais aussi bien que moi : en dix ans, il y a eu 5 millions de morts au Kivu et on n?en a jamais parlé. Ailleurs, il y a des morts, des pays proches très proches de nous, et on ne l'a jamais dit non plus.

Il y a des débats médiatiques et d'autres qui le sont moins.

Alors Paris a toujours fait en sorte d'être du côté de la défense des Droits de l'Homme en Russie.

Vous vous rappelez que quand Anna Politkovskaïa a été assassinée, nous avons voté un voeu et nous avons même décidé que l'entrée de la Maison des journalistes s'appellerait la salle Politkovskaïa. Sur ce sujet, nous n'avons pas de problème et à chaque fois le Maire de Paris le rappelle au Maire de Moscou.

Le problème pratique, simplement pratique, je te le dis, que nous pose ton voeu, est que l'on ne peut pas soutenir financièrement une organisation étrangère comme le Centre de prééminence des droits à Moscou. Nous avons interrogé la Maison des journalistes qui a été assez évasive sur ce sujet. Mais nous, la Ville de Paris, nous ne pouvons pas donner de l'argent à une association étrangère. Il faut passer par une O.N.G. française de défense des Droits de l'Homme.

C'est pour cela qu'en Commission, j'avais dit : pourquoi ne pas passer par la Fédération internationale des Droits de l?Homme, qui est partie prenante dans cette opération. Voilà pourquoi.

Deuxièmement, sur l'année de la Russie en France, comme vous le savez, les années croisées comme cela, il y a deux commissaires : un commissaire français et un commissaire russe qui labellisent un certain nombre de manifestations. Je suis de ton avis : il faudrait que dans cette année russe, mais très honnêtement je ne suis pas naïf, je pense qu?elle ne sera pas labellisée par les deux commissaires, mais qu'effectivement nous puissions faire un colloque, une réunion, une exposition, comme tu le dis très justement, sur les Droits de l'Homme en Russie.

Je te propose de retirer ce voeu, et qu?au prochain Conseil, on fasse un voeu sur cette question-là, sur le deuxième point. Ou alors, on a trouvé un autre système pour aider le centre de prééminence du droit à Moscou, sinon, comme ce n'est pas possible de le faire, on sera obligé de le rejeter.

Je vous remercie.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci, Monsieur SCHAPIRA.

Monsieur GAREL?

M. Sylvain GAREL. - Je vais accepter la proposition de M. SCHAPIRA car cela me semble important qu'une aide soit votée.

La F.I.D.H. semble effectivement un des organismes les plus actifs de soutien aux défenseurs des Droits de l'Homme en Russie. Nous allons donc nous rapprocher d'elle pour trouver un moyen d'aider les défenseurs des Droits de l'Homme.

Je suis content que l'Exécutif accepte cette proposition de manifestation au moment de l?année de la Russie en France. Concernant le label, je ne me fais guère d?illusion, je n'imagine pas le commissaire russe labelliser un colloque comme celui-là, mais on sait très bien que l'on peut faire des opérations qui ne sont pas forcément labellisées, mais qui s'inscrivent toutefois dans une manifestation qui aura sans doute un certain retentissement.

M. Christophe GIRARD, adjoint, président. - Merci beaucoup.