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Fevrier 2009
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2009, Vœu déposé par MM. Ian BROSSAT, Daniel VAILLANT, Sylvain GAREL et les élu(e)s du groupe communiste, du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés et du groupe "Les Verts" relatif à la vente de "l'Humanité Dimanche" sur les marchés du 18e.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2009


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous examinons le voeu référencé n° 22 dans le fascicule, dont le sujet a déjà été évoqué au début de cette séance, relatif à la vente de "l'Humanité Dimanche", voeu qui a été déposé par les groupes communiste, socialiste, radical de gauche et apparentés, et "Les Verts".

La parole est à M. BROSSAT pour une minute.

M. Ian BROSSAT. - Merci, Monsieur le Maire, je serai encore plus court que vous ne me le demandez.

Ce v?u porte en effet sur ce vendeur de "l'Humanité Dimanche" qui passe au tribunal le 18 février parce que la vente de "l'Humanité Dimanche" a été assimilée à de la vente à la sauvette. Ce v?u vise à apporter le soutien de notre Municipalité à ce vendeur de "l'Humanité" et à ce que la vente de "l'Humanité" puisse se faire sans subir de verbalisation comme cela a été le cas.

Ce v?u a été voté à l'unanimité dans le 18e arrondissement et je pars du principe qu'il sera voté à l'unanimité ici également.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je vais d'abord donner la parole à l'adjoint chargé de ce sujet, M. Georges SARRE, puis au groupe U.M.P.P.A.

M. Georges SARRE, adjoint. - Monsieur le Maire, Monsieur le Président du groupe communiste, ce point a effectivement été débattu tout à l'heure.

Bien entendu, je donne, au nom de l'Exécutif, un avis favorable à ce v?u et je m'associe à votre requête car la liberté de la presse est l'un des piliers de la démocratie.

Vous avez également souligné tout à l'heure ce qu'est la loi "Bichet" qui s'applique et comment elle a pu être déclinée.

Par conséquent, les interdictions de vente des marchandises dans un lieu public sans autorisation ne portent évidemment pas sur les journaux d'opinion qui participent à l'expression démocratique et contribuent à la mise en oeuvre de la liberté fondamentale d'expression.

Monsieur le Représentant du Préfet de police, en tant que défenseur de la loi, vous n'êtes pas l'ennemi mais le garant des libertés publiques et individuelles. Je vous fais toute confiance pour faire respecter ces libertés, pierre angulaire de notre République.

Je crois en outre qu'il ne faudrait pas se priver de la rencontre sur les marchés des militants communistes, ni de la lecture de "l'Humanité Dimanche".

C'est d'ailleurs pourquoi je suis allé acheter ce week-end "l'Humanité" pour l'offrir à M. le Préfet de police de façon à ce que, le jour où il y aura plaidoirie, la lecture de ce journal emporte la décision.

(Le journal est remis au Représentant du Préfet de police par M. SARRE, applaudissements).

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je vous remercie.

La parole est à Pierre-Yves BOURNAZEL qui souhaite donner une explication de vote au nom du groupe U.M.P.P.A.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Nous sommes, groupe U.M.P.P.A., très attachés à la liberté. Nous voterons donc ce v?u.

Simplement, je vous ferai remarquer, Monsieur BROSSAT, que "l'Humanité", qui est un journal ancien, a soutenu durant longtemps un régime au sein duquel la liberté d'opinion et la liberté de presse n'avaient pas cours. Il est bon de le rappeler dans cette enceinte.

On ne peut pas s'exprimer dès lors qu'on touche à des choses sensibles ! L'histoire est là, ce sont des faits !

"L'Humanité" peut se vendre sur le territoire national français, un journal d'opposition à la Pravda ne pouvait pas se vendre en Union soviétique encore jusqu'en 1989.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

Nous sommes attachés, Monsieur BROSSAT, à ce que "l'Humanité" puisse se vendre dans le 18e arrondissement et nous saluons la sagesse du Préfet...

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Laissez-moi intervenir.

Mesdames et Messieurs, nous défendons tous ici la liberté. Je crois que la première liberté, c'est que chaque élu puisse s'exprimer.

Ecoutons M. BOURNAZEL jusqu'au bout de son intervention.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Je rappelle l'histoire et c'est dommage que cela vous gêne. Assumez votre histoire avant d'attaquer les autres.

Je salue la sagesse de M. le Préfet de police tout à l'heure qui a répondu de manière sereine à votre question d'actualité, Monsieur BROSSAT. Vous devriez saluer notre geste, nous qui avons défendu la liberté, nous la défendrons, même celle de nos ennemis. Nous défendrons la liberté de "l'Humanité" et des communistes pour s'exprimer dans ce pays.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - M. Ian BROSSAT pour une explication de vote.

M. Ian BROSSAT. - Il arrive à Pierre-Yves BOURNAZEL d'être intelligent et de dire des choses intelligentes, néanmoins on a l'impression qu'il est obligé de s'excuser après et de dire une énormité.

Là, vous venez de dire une énormité. Derrière vous figurent les noms d'un certain nombre d'hommes et de femmes qui sont morts pour la France, morts parce qu'ils croyaient aux valeurs de Paris?

C'étaient des résistants, et tous ceux qui figurent sur cette liste derrière vous étaient des militants du Parti communiste français.

Révisez l'histoire, Monsieur BOURNAZEL.

(Protestations sur les bancs des groupes communiste, socialiste, radical de gauche et apparentés, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Le Président BROSSAT a fait une intervention qui remettait les choses au point.

Monsieur BOURNAZEL, vous avez déjà donné l'explication de vote à laquelle vous aviez droit, maintenant nous allons passer au vote.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Je réclame la parole.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Vous avez 30 secondes, pas d'avantage.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Soyons sérieux, je n'ai pas parlé des résistants communistes français, j'ai parlé d'un régime qui était l'Union soviétique.

En l'occurrence, oui, je suis prêt à dire qu'il y a eu 75.000 fusillés communistes résistants, je leur rends hommage ici, cela ne me gêne pas de le dire mais je peux également dire que le système communiste a fait 80 millions de morts dans le monde.

Je vous renvoie à l'ouvrage scientifique publié il y a dix ans par M. COURTOIS.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par les groupes de la majorité municipale.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté. (2009, V. 12).

Je note qu'il est adopté par des voix qui appartiennent à tous les groupes de notre Assemblée.