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Fevrier 2009
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2009, Vœu déposé par M. Gilles ALAYRAC et les élus du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la mise en place d'une campagne parisienne de prévention sur le "binge-drinking".

Débat/ Conseil municipal/ Février 2009


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du voeu n° 30 déposé par le groupe socialiste, présenté par Gilles ALAYRAC pour une minute, et Bruno JULLIARD lui répondra.

M. Gilles ALAYRAC. - Vous allez peut-être sursauter en entendant ce qui va suivre, mais vous savez qu?on dit parfois : "quand on est bourré, on se marre bien." Ce n'est pas moi qui le dis, c'est en quelque sorte ce qui résume l'état d'esprit des adeptes de cet anglicisme qu?est le "binge-drinking".

Cette absorption massive de mélanges d'alcools connaît une progression préoccupante. Il suffit d?ailleurs de sortir le week-end dans les quartiers où l?on s'amuse, d'emprunter le métro la nuit, le bus de nuit, d'arpenter les quais de Seine pour constater qu'il s'agit maintenant d'un phénomène de société.

Il touche de plus en plus les adolescents, ce qui n'est pas sans conséquences ou sans risques. Je pense aux risques de violence ou de viols, de rapports sexuels non protégés.

Le "binge-drinking", c?est la recherche du plaisir sans se soucier des conséquences physiques. C'est, je crois, plus de l'inconscience que de la provocation vis-à-vis de la société.

L'interdiction de la vente d'alcool aux mineurs, qui a été décidée par le Gouvernement, n'a rien changé à la situation. Ce qu?il faut, me semble-t-il, c?est sensibiliser les jeunes sur cette hyper-alcoolisation et là, je crois que le Gouvernement est défaillant, car on ne l'entend pas sur cette question.

La Ville de Paris a déjà été exemplaire sur plusieurs campagnes de prévention ; j'ai à l'esprit celle sur le risque de transmission du virus VIH ou encore celle plus récente sur la sécurité routière.

Aussi, je souhaite, avec le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, que nous communiquions pour dire que l'ivresse n'est pas romantique, que la saoulerie n'est pas sympathique et que l'alcoolisme n'est pas anodin. C'est là, je pense, une question de santé publique.

(Applaudissements sur tous les bancs de l'Assemblée).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

M. Bruno JULLIARD a la parole pour vous répondre.

M. Bruno JULLIARD, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire et cher collègue.

D?abord merci pour votre interpellation.

L?hyper-alcoolisation est effectivement un phénomène qui doit nous interpeller.

D'abord, d'un point de vue plus large, l'ensemble de l'augmentation des comportements addictifs chez les jeunes à Paris est un sujet qui nous préoccupe. Nous avons d?ailleurs voté, lors d?un Conseil de Paris récent, un v?u de Mme DECORTE à l'unanimité en juillet dernier.

La situation de l?alcoolisation des jeunes s'amplifie et s'aggrave. On peut avancer des chiffres, parfois de manière empirique, parfois beaucoup plus scientifique, mais on peut estimer une hausse des ivresses pour les 15-17 ans, l'ensemble des études le démontre, tout comme les remontées empiriques de terrain.

Chez les élèves de 15 ans, par exemple, l'expérimentation de l'ivresse est passée de 30 % en 2002 à plus de 41 % en 2006. Plus grave encore, l'ivresse régulière, c'est-à-dire au moins 10 fois au cours de la dernière année, des 12 derniers mois, concerne aujourd'hui 10 % des jeunes de 17 ans.

Il nous faut donc un nouvel élan dans la lutte contre l'alcool et les conduites addictives chez les jeunes à Paris.

Il faut, cela dit, avoir un discours audible auprès des jeunes, ce qui va paraître absolument déterminant. Il faut donc une campagne de communication massive à destination des jeunes, mais avec un discours qui correspond et qui puisse être entendu des jeunes, donc qui appelle à la responsabilisation et qui ne soit pas un discours qu'on pourrait qualifier, par exemple, de paternaliste. C?est ce à quoi nous travaillons en ce moment même avec Jean-Marie LE GUEN pour une campagne annuelle sanitaire auprès des jeunes avec - je vais plus loin que votre v?u un volet particulier sur la dépendance à l'alcool ou sur l?hyperalcoolisation, qui est le phénomène que vous venez de cibler à l'instant.

C'est donc un avis très favorable de l'Exécutif.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés assorti d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est adopté. (2009, V. 19).