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Juin 2007
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Conseil Municipal
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2007, Vœu déposé par le groupe U.M.P. relatif à une aide humanitaire aux enfants de la ville de Sdérot.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2007


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 56 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P., relatif à l?aide humanitaire aux enfants de la ville de Sdérot.

La parole est à M. BOHBOT.

M. Jack-Yves BOHBOT. - Merci, Madame la Maire.

Nous restons dans la même région avec ce v?u qui concerne une ville frontalière d?Israël, le souhait des élus U.M.P. est de pointer la situation dramatique des habitants de cette ville, qui connaissent depuis plusieurs années des tirs incessants provenant des terroristes de Gaza.

C?était une ville paisible jusqu?en 2001 puisqu?elle est surtout peuplée d?immigrants, de gens assez pauvres qui viennent de l?ancienne Europe de l?Est et surtout du Maroc ; l?ancien maire de Sdérot est l?ancien ministre travailliste de la Défense Amir Peretz.

Depuis la deuxième Intifada, des roquettes de type Quassam s?abattent régulièrement sur cette cité du Neguev. Je crois que la ville a reçu autant de roquettes qu?elle n?a d?habitants : 23.000. A bout de force et à bout de nerfs, 4.000 habitants ont dû quitter la ville et être évacués.

D?autres, la plus grande majorité, a fait le choix de rester. Les 7.000 enfants de cette ville sont bien sûr les premières victimes de cette situation particulièrement dramatique et les élus UMP souhaiteraient que la Ville de Paris, que les élus de ce Conseil, accordent une subvention d?un montant de 150.000 euros pour apporter une aide humanitaire aux enfants de la ville de Sdérot.

Je vous remercie.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur SCHAPIRA, vous avez la parole.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Je remercie évidemment notre éminent collègue diplomate, Jack-Yves BOHBOT, de nous rappeler à quel point les populations civiles sont les premières touchées au quotidien par la radicalisation des positionnements politiques au Proche-Orient.

Dans ce cadre, et en raison des liens traditionnels forts qui unissent la capitale à cette région si chère au c?ur des Parisiens, Paris exprime régulièrement sa solidarité et y engage des actions de coopération. Paris répond aussi aux appels qui lui sont lancés par ces villes dans des situations exceptionnelles, et notamment des graves moments de détresse et de conflits armés.

Ainsi, à l?automne dernier, un appui fort a été donné aux populations du Liban, comme je le disais tout à l?heure, et au Nord d?Israël, sinistrés à la suite de la guerre meurtrière avec le Hezbollah. Paris a ainsi aidé, en situation d?urgence, à la reconstruction d?un centre d?accueil pour handicapés à Kiryat Shmona et a travaillé sur des problèmes d?urbanisme avec le maire de Haïfa, qui a reçu le Maire de Paris au mois de septembre et qui est venu à Paris.

Nous traitons, si vous le permettez, Monsieur BOHBOT, avec Israël de manière totalement différente, car ils ont l?ingénierie, ils ont un certain nombre de moyens que d?autres villes ou d?autres pays n?ont pas dans la région. C?est vraiment une relation totalement différente, d?égal à égal, avec un véritable échange.

A ce jour, aucune demande d?appui financier n?a été faite, n?est parvenue ni de la ville de Sdérot qui, soit dit en passant, est jumelée comme vous le dites si bien avec la ville d?Antony, ni de l?association des villes israéliennes, notre interlocuteur traditionnel en ce domaine.

J?ajoute enfin qu?il n?est pas possible d?établir une politique internationale de la Ville de Paris à partir de v?ux redistribuant généreusement son budget, c?est-à-dire 150.000 euros.

C?est pour ces raisons que je ne suis pas favorable à votre v?u.

En revanche, à l?instar de ce que nous avons fait dans le passé, notamment après l?attentat meurtrier du Delphinarium, si des enfants particulièrement éprouvés étaient, à l?invitation d?associations, conviés à un voyage en France, c?est bien volontiers que la Ville de Paris s?associerait à l?accueil du groupe dans la Capitale.

Nous l?avons fait avec des enfants palestiniens, nous l?avons fait avec des enfants irakiens.

Je rejette le v?u tel qu?il est et je lui substitue cette proposition.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Pierre SCHAPIRA.

Monsieur BOHBOT, vous avez la parole sur l?amendement de M. SCHAPIRA, bien sûr, on ne reprend pas la discussion.

M. Jack-Yves BOHBOT. - Je regrette un peu la réponse de M. SCHAPIRA. Je comprends bien le contexte dans lequel il s?exprime et sa prudence extrême sur ce dossier, et sa volonté...

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Non, ce n?est pas de la prudence. Monsieur BOHBOT, est-ce que vous acceptez l?amendement qui consiste à accepter une proposition de coopération si des associations en font la demande, puisque là il n?y a pas de demandes particulières ?

M. Jack-Yves BOHBOT. - Je réponds, Madame, à la question.

Je pense que la demande qui a été faite et M. SCHAPIRA connaît très bien la situation de cette ville extrêmement pauvre qu?est Sdérot? Vous le savez, Monsieur SCHAPIRA, les structures gouvernementales, nationales de l?Etat d?Israël ne sont pas capables actuellement d?aider cette ville.

Je pense que cette aide est essentielle, importante. Nous avons reçu ici à l?Hôtel de Ville, le groupe UMP, les habitants de Sdérot qui nous ont expliqué les vraies difficultés. Il n?y avait aucun enjeu politique derrière. Je regrette que vous n?ayez pas saisi la gravité de cette situation.

Maintenant, vous faites un amendement, bien sûr que nous allons l?accepter. Qui peut le plus peut le moins, en l?occurrence. Bien sûr, si on peut apporter un peu de réconfort à des enfants en les faisant venir à Paris, comme cela a été fait effectivement pour le Delphinarium à Tel Aviv, bien sûr que nous allons accepter.

Mais je regrette parce que véritablement, au niveau symbolique, au niveau financier, l?aide de la Ville de Paris aurait été un réconfort très important pour les 23.000 habitants de cette ville et je regrette que vous n?ayez pas saisi ce v?u qui me paraissait d?une portée tout à fait naturelle.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur BOHBOT.

Nous allons passer au vote de ce v?u n° 56 avec une réponse très claire de Pierre SCHAPIRA et un amendement qui propose un travail, notamment en faveur des enfants de Sdérot.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P., amendée par M. SCHAPIRA.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2007, V. 170).

M. Jean VUILLERMOZ. - Madame, je voudrais que les choses soient claires. Ce n?est pas le v?u qui a été adopté, puisqu?il n?y a rien du v?u dans la proposition de M. SCHAPIRA. C?est donc bien la proposition de Pierre SCHAPIRA qui a été adoptée, c?est-à-dire d?envisager la perspective, s?il y a des associations qui demandent un certain nombre de choses, que l?on puisse examiner cette solution.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Tout à fait, c?est bien ce que j?ai précisé.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Non !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - C?est bien ce que j?ai précisé. C?est le v?u amendé par Pierre SCHAPIRA. J?ai pris soin de rappeler l?amendement. On se reportera au débat si vous avez un doute et vous verrez que le débat était on ne peut plus clair. C?est bien ce vote qui a eu lieu.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - C?est le v?u amendé qui a été adopté.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Le v?u amendé par Pierre SCHAPIRA, on ne va pas y revenir, puisqu?on l?a adopté, que j?ai pris soin de reformuler - c?est-à-dire effectivement de s?engager à faire un travail pour les enfants de cette ville de Sdérot, s?il y a des demandes des associations puisque aujourd?hui le v?u de M. BOHBOT ne s?appuyait pas sur une demande particulière, c?était un voeu tout à fait louable et légitime, sauf qu?il n?y avait pas de demande particulière. La réponse a été très claire.

Nous examinerons les propositions de travail notamment pour les enfants de Sdérot, à partir de la réponse qu?a fait M. SCHAPIRA et que j?ai pris soin de reformuler. Je pense qu?il ne serait pas très malin d?introduire une polémique là-dessus.