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Juin 2007
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2007, VIII - Question d’actualité posée à le groupe U.M.P. à M. le Maire de Paris relative à l’accidentologie.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2007


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je donne maintenant la parole à Mme DOUVIN, pour la question d?actualité du groupe U.M.P.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous constatons une situation pour le moins paradoxale. La circulation baisse, la vitesse aussi, mais le nombre des accidents augmente. Nous connaissons les chiffres pour 2006, ils ont été mauvais ; la tendance pour 2007 va dans le même sens, car si l?on compte moins de tués, ce dont nous nous réjouissons, le nombre des accidents augmente sensiblement par rapport à 2006.

Nous voudrions vous interroger sur trois points.

Le premier concerne les deux-roues motorisés ; si leur nombre a explosé dans les proportions actuelles, c?est à cause des restrictions que vous avez apportées à la circulation. Résultat : plus de motos, donc plus d?accidents, puisque ce sont les usagers les plus vulnérables, 42 % des victimes, avec des revêtements qu?ils dénoncent comme glissants, des aménagements non adaptés et une circulation sur un espace sans cesse plus resserré, donc une cohabitation difficile et accidentogène. Qu?allez-vous faire pour eux ?

En ce qui concerne les cyclistes, deuxième catégorie, la mise en service de Vélib? va amener sur la voierie roulante des milliers de nouveaux utilisateurs occasionnels du vélo. Nous soutenons clairement cette initiative déjà réalisée dans nombre de villes, mais certains d?entre eux vont rouler à Paris pour la première fois sans casque, sans initiation au danger, sans campagne de sensibilisation aux règles de responsabilité.

La petite brochure, préparée à leur intention, distribuée à l?occasion de Vélib? est stupéfiante de naïveté. Elle ne tient aucun compte de la dangerosité de la circulation à Paris ni des habitudes d?indiscipline des cyclistes qui considèrent, et le disent eux-mêmes à 71 %, qu?ils ont le droit de passer au feu rouge, de rouler partout à contresens ou sur les trottoirs.

Dès aujourd?hui, la part des vélos dans les accidents excède largement les 1,4 % des déplacements qu?ils représentent. Il ne faudrait pas que l?accroissement du trafic cycliste lié à l?avènement de Vélib? s?accompagne d?une hausse à l?avenant des accidents qui les impliquent.

Troisième et dernier point, je voudrais souligner la responsabilité de la partition de la voirie que vous avez effectuée depuis 2001. Nous avions des rues clairement séparées en deux parties égales. Vous les avez découpées en lanière, en bandes réservées à certains types d?utilisateurs, interdites à d?autres.

Ce faisant, vous avez accru les risques, notamment pour les piétons. Pour le trafic roulant, vous avez multiplié les contraintes et avez transformé nos rues en parcours du combattant où on ne sait même pas parfois où on a le droit d?aller, tant la situation est devenue complexe. Quand on en arrive à placer des panneaux jaunes pour indiquer où il faut aller - panneau dont on a pu lire que la moitié tant ils sont longs, qu?il faut déjà avancer parce que le feu est devenu vert - c?est qu?il y a quelque chose qui définitivement ne va pas. Ne répondez pas que les Parisiens s?habitueront. Quand on multiplie les obstacles, on augmente d?autant les risques.

La réduction des accidents devrait être comme sur le plan national une priorité...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous dépassez votre temps de parole, Madame DOUVIN. Pouvez-vous conclure ?

Mme Laurence DOUVIN. - Permettez que je termine ma dernière phrase?

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous demande de conclure !

Mme Laurence DOUVIN. - Je vous pose donc ma question. Je vous remercie, Monsieur le Maire.

Quelle conclusion tirez-vous de ces chiffres qui manifestement ne vous plaisent pas et allez-vous modifier votre stratégie en conséquence ?

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et du Nouveau Centre et Indépendants).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur BAUPIN, vous avez la parole.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

J?ai du mal à comprendre où vous avez trouvé vos chiffres, Madame DOUVIN.

Ca y est, c?est reparti ! Déjà, ce matin, cela ne vous a pas plu quand j?ai dit du bien de M. JUPPE. Si vous me permettez tout de même de pouvoir poursuivre mon intervention, je vais ici vous parler de l?action...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur GOUJON, je pensais que votre élection à la députation allait vous rendre plus discipliné. Non, vous êtes toujours aussi enthousiaste pour prendre des mots positifs !

Alors maintenant, vous laissez parler M. BAUPIN.

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Les accidents de la circulation automobile dans Paris ont été réduits depuis le début de cette mandature de 30 % et le nombre de tués de 35 %.

Je veux rappeler ces chiffres, parce qu?au moment où vous êtes en train de considérer que les choses se seraient aggravées, (même si je pense qu?il reste beaucoup de progrès à faire sur l?accidentologie), il vaut mieux savoir que les chiffres sont à la baisse plutôt qu?à la hausse.

L?année 2006 était en effet une mauvaise année, comme dans toutes les villes de France. Nous l?avons dit, et nous avons d?ailleurs fait voter au Conseil de Paris un v?u à ce sujet. Chaque année qui précède une élection présidentielle, du fait de l?amnistie, on constate une recrudescence des incivilités, des comportements illicites et donc des accidents.

Je me suis félicité (d?ailleurs je vous renvoie au ?VSD? de la semaine passée) du fait que le Président de la République ait décidé qu?il n?y ait pas d?amnistie pour les chauffards, que ce soit pour des infractions au Code de la route ou du non-paiement du stationnement.

Sur ce sujet, mon regret est malgré tout que lui, comme les autres candidats à l?élection présidentielle, n?aient pas annoncé suffisamment tôt qu?il n?y aurait pas cette amnistie.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Il l?a dit !

M. Denis BAUPIN, adjoint. - Oui, mais il l?a dit avec tellement de discrétion que la plupart des...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Toutes les questions se sont bien passées. On a laissé répondre tranquillement. Mais, Monsieur LEGARET, je suis désolé, rien ne vous autorise à ne pas respecter les mêmes règles que les autres !

(Mouvements divers de protestations sur les bancs du groupe U.M.P.).

M. Denis BAUPIN, adjoint. - C?est marrant comme vous êtes intolérant !

M. LE MAIRE DE PARIS. - C?est drôle, oui. Vous êtes sectaire ! Je pensais que vous alliez devenir plus réaliste?

M. Denis BAUPIN, adjoint. - M. SARKOZY ne l?a pas annoncé un an à l?avance, mais il l?a annoncé...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur BAUPIN, passez?

M. Denis BAUPIN, adjoint. - La conséquence de cela, c?est en tout cas, beaucoup d?accidents. Ce dont il faut se ?réjouir?, c?est que contrairement à ce que vous avez indiqué, le premier semestre 2007 montre que la courbe est repartie de façon très significative à la baisse puisque le nombre de tués est de moins 30 % par rapport aux cinq premiers mois de l?année précédente. On voit qu?il y a une diminution extrêmement significative de ces accidents.

Simplement, je pense qu?on ne peut jamais se satisfaire d?une situation dans laquelle il reste des morts, et il reste entre 50 et 60 morts par an à Paris du fait de l?insécurité routière, notamment des deux-roues motorisés.

Je vous rappelle d?ailleurs qu?avec le Maire de Paris, nous avons engagé depuis plusieurs mois et même plusieurs années des discussions avec les usagers des deux-roues motorisés et que c?est le Gouvernement, et notamment le Ministre de l?Intérieur de l?époque et le Ministre des Transports qui n?ont pas voulu que la Préfecture de police signe avec nous la Charte de bonne conduite pour mieux encadrer les déplacements des deux-roues motorisés.

Sur les cyclistes, vous avez raison, Madame DOUVIN, de rappeler que ce n?est pas de faire du vélo qui est dangereux dans Paris, c?est la dangerosité de la circulation automobile qui fait que les cyclistes sont mis en danger. Sur ce point, il est important d?aller vers un apaisement de la circulation automobile, si l?on veut que les cyclistes soient mieux protégés. Il faut aussi que les cyclistes respectent les règles et que l?on ne se retrouve pas dans des situations où les cyclistes sont sur l?espace piéton.

Et si je dois constater une chose, Madame DOUVIN, pour répondre à votre dernière remarque, c?est que si on trouve des cyclistes sur l?espace piéton, c?est qu?aujourd?hui entre circulations douces, il y a compétition sur l?espace parce que trop de place a été donnée pendant des décennies à l?automobile. C?est donc grâce à l?espace, que nous reconquérons aujourd?hui et qui permet de donner plus de place aux circulations douces et de diminuer la vitesse excessive de la circulation automobile, que l?on assiste à une baisse de l?accidentologie.

Et nous allons continuer.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Monsieur le Préfet de police, vous ajoutez votre commentaire ?

M. LE PREFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les Conseillers, un commentaire rapide puisque c?est une compétence largement partagée que la politique qui doit être conduite pour améliorer la sécurité routière.

Ce que j?ai noté comme nouvel arrivant, c?est que la situation s?était améliorée au regard des tués, puisque effectivement l?an dernier il y a eu 64 personnes qui ont trouvé la mort contre 101 personnes en 2001. Mais malheureusement, comme cela a été indiqué dans la question, le nombre d?accidents, l?année dernière, a augmenté. Je pense que le débat qui a eu lieu sur l?amnistie n?est pas sans lien avec la situation que nous pouvons constater à Paris comme dans l?ensemble de la France.

Je veux dire tout simplement que les services de police seront, vous me l?aviez d?ailleurs demandé, Monsieur le Maire, particulièrement attentifs à l?application des règles de sécurité, pour parler très clairement à l?application du Code de la route.

Si je disais ce matin, dans une formule qui évidemment n?a peut-être pas été retenue, que la circulation routière est quelque chose de complexe et contradictoire, je vois bien après huit ou dix jours de présence à la Préfecture de police, qu?on nous demande d?un côté d?intervenir beaucoup et ensuite qu?il n?y ait pas forcément de politiques répressives.

Je crois, malheureusement, qu?il faudra conduire cette politique répressive, car si on doit effectivement appeler au calme les automobilistes, je crois que ce sont tous les usagers de la route qu?il faut appeler au calme, les cyclistes et les utilisateurs de deux-roues également. Cela me paraît tout à fait nécessaire lorsqu?on circule dans les rues de Paris.

A cet égard, je voudrais dire que si la Charte des deux-roues n?a pu être signée en l?état actuel des choses, c?est simplement parce que certaines de ses dispositions sont contraires au Code de la route, notamment en ce qui concerne les remontées de files.

Je suis prêt, nous sommes tous prêts, à regarder pour progresser en la matière, surtout au moment où - cela a été signalé -, le dispositif Vélib? va se mettre en place et nous serons amenés à beaucoup de vigilance, puisque l?année dernière, sur les 64 personnes qui ont trouvé la mort, il y avait 27 utilisateurs de deux-roues et 25 piétons. L?effort doit être porté plus sans doute que pour les automobilistes, pour les raisons évidentes, sur ces usagers de la route.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Madame DOUVIN, un mot puis je vais faire un petit commentaire.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Je dirai volontiers un mot parce que je voudrais tout de même faire remarquer que, comme d?habitude, M. BAUPIN ne veut pas entendre ce qui le dérange. J?ai bien dit effectivement qu?il y avait moins de tués - ce dont je me réjouissais - et qu?il y avait plus d?accidents, et bien entendu mes chiffres viennent de la Préfecture de police puisqu?il y a environ 7 % de plus, ce que vient de souligner M. le Préfet de police et je l?en remercie.

Simplement un mot, Monsieur le Maire, quand il y a moins de circulation et plus d?accidents, il y a quelque chose qui ne va pas. Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Essayons d?être pragmatiques.

D?abord, il y a beaucoup moins d?accidents, y compris en 2006, qu?avant 2001. Ecoutez bien ! Ce qui prouve que notre politique de réduction de la place de la voiture n?est pas la raison et qu?une partie de votre argumentation, Madame DOUVIN, ne tient pas.

Deuxièmement, et là je veux le dire avec une certaine gravité, je l?ai dit au Préfet de police comme je l?avais dit à son prédécesseur, depuis au moins un an  je constate un laisser-aller de tous les usagers de la voirie parisienne. Et je dis bien de tous ! C?est pourquoi, j?ai voulu cette campagne qui a d?ailleurs été assez remarquée, y compris sur les dos d?autobus, etc., pour appeler tout le monde au respect des règles.

Deuxièmement, je vous confirme que la première préoccupation que j?ai exprimée à M. le Préfet de police, comme je l?avais fait auprès de son prédécesseur, est une demande de répression pour tous les manquements au Code de la route car, actuellement, il faut être honnête, il y a manquement de la part de certains automobilistes ; il y a manquement de la part de certains cyclistes ; il y a même manquement de la part de piétons qui traversent deux mètres plus loin qu?un passage qui leur est destiné.

Je vous assure, je circule beaucoup dans Paris toute la journée, je suis effaré. Tous les jours, je vois une vingtaine d?infractions, des cyclistes, des voitures et même des piétons. Il faut que cela cesse !

La mise en service de Vélib? me préoccupe et c?est pourquoi j?ai tenu à ce qu?il y ait un petit dépliant spécifique, tiré à 600.000 exemplaires environ, uniquement sur la conduite à vélo. Nous l?avons fait avec l?entreprise DECAUX et, s?il le faut, nous le ferons encore plus massivement. C?est aussi un des sujets dont je me suis entretenu avec M. le Préfet de police. Cette grande avancée ne doit pas être une occasion de danger supplémentaire et je vous suggère de ne pas le minorer.

Plus nous serons, en amont, conscients des difficultés, plus nous le dirons et plus nous pourrons faire d?abord de la prévention.

Quant à ceux qui disent, c?est bien quand cela fonctionne, et qui annoncent toujours des catastrophes, j?y suis habitué, ce n?est pas grave.

Mes chers collègues, nous avons fini l?examen des questions d?actualité.

Je salue M. le Préfet en le remerciant pour cette première séance et nous passons en formation de Conseil général.