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Juin 2007
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Conseil Municipal
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2007, DGIC 9 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer des conventions de partenariat pour l’opération “Paris-Plage”.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2007


 

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Nous passons à l?examen de la délibération DGIC 9 concernant une autorisation à M. le Maire de Paris de signer des conventions de partenariat pour l?opération ?Paris-Plage?.

La parole est à Charlotte NENNER.

Melle Charlotte NENNER. - Les conventions de partenariat ?Paris Plage? me donnent l?occasion d?intervenir non seulement sur l?édition 2007 mais également sur le financement et la question des sponsors.

Donc, je dois saluer la nouveauté de l?édition ?Paris Plage 2007?, à savoir son extension au bassin de la Villette, c?est ce que nous demandions avec mon collègue Christophe NAJDOVSKI depuis plusieurs années. Notre voeu de voir s?étendre ce bel événement populaire à l?Est parisien est ainsi exaucé. Combien de jeunes de ces quartiers partent de Paris pour les vacances ? Pas beaucoup. Donc, ?Paris Plage? doit s?adresser d?abord à eux et leur offrir de profiter de Paris autrement mais aussi d?être fier de leur ville.

Alors comme l?année dernière, le choix des sponsors a suivi la charte des partenariats, charte qui vise à ce que le sponsoring ne pervertisse pas la fête, ni l?esprit même de l?événement en le transformant en vaste foire commerciale. Sur les sponsors de ?Paris Plage 2007?, je remarque un certain progrès, et n?apporterai pas de commentaire particulier. Je regretterai cependant la part des sponsors dans le financement global de ?Paris Plage?, car une nouvelle fois les partenaires privés auront une part majoritaire dans le financement d?un événement devenu service public estival.

Le risque de voir ?Paris Plage? se transformer en foire marketing est réel. Nous souhaitons ainsi fixer une limite en la matière et proposons à nouveau que 30 % maximum du budget soit financé par des partenaires privés. Attention donc à ne pas marchandiser ?Paris Plage?. Cet événement doit rester un exemple d?espace gratuit sans publicité, sans harcèlement commercial ni incitation permanente à la consommation. Il  ne faut pas oublier non plus que l?opération ?Paris Plage? s?inscrit dans une démarche de reconquête populaire et écologique d?une autoroute au coeur de Paris. L?objectif n?est pas une reconquête de cet espace pendant un petit mois, mais bien une fermeture définitive des voies sur berge à la circulation automobile. L?enjeu n?est pas qu?environnemental, c?est aussi un enjeu de réconciliation des parisiens avec leur fleuve.

Mais revenons au problème des sponsors. Concernant les sponsors, je m?étonne par ailleurs de l?absence de délibération ou d?information au Conseil de Paris sur d?autres opérations organisées ou co-organisées par la Ville de Paris et sur l?appel à des éventuels sponsors.

Ainsi, je remarque que la Ville de Paris est à nouveau partenaire du championnat de beach volley, carrément rebaptisé au nom du sponsor principal, à savoir une grande entreprise de la chimie, de cosmétique et de détergent ; entreprise par ailleurs très mal notée par Greenpeace en ce qui concerne l?utilisation de produits toxiques. Ce tournoi s?est tenu sur l?espace public du Champs de Mars, grâce à M. Bertrand DELANOË, dixit la plaquette de présentation.

Les sponsors sont particulièrement présents pour cette manifestation, exhibant des sportifs, mais surtout des sportives en maillot de bain. Quelques extraits quand même de cette fantastique plaquette.

?Le Village Grand Public sur 5000 mètres carrés permet aux partenaires de privatiser un espace et de mettre en place des actions de communication auprès de l?ensemble des visiteurs. Le public peut participer aux multiples activités comme la dégustation et remise de Goodies, test de nouveaux produits, expositions et essais de véhicules.? Oui, oui c?est du beach volley.

Alors on apprend aussi que le Village V.I.P. offre la possibilité aux partenaires de ?privatiser les différents espaces du village V.I.P. le temps d?un cocktail, d?une soirée ou d?un dîner d?affaires, sur les terrasses situées entre l?Ecole Militaire et la Tour Eiffel. Vous pourrez construire des soirées sur mesure aux couleurs de votre entreprise?. Ce n?est pas merveilleux ? Le Club Entreprise, encore plus select, n?est pas en reste en proposant accueil par des hôtesses, open bar toute la journée, service voiturier?

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - C?est où ?

Melle Charlotte NENNER. - Parking privatif, chauffeur. C?est très sélect, c?est-à-dire qu?il faut être client des entreprises qui sont partenaires, qui ont privatisé l?espace public. Je résume.

Bref, comme on dit : c?est la totale de la foire marketing. Séparant bien le grand public des V.I.P., tout cela sur l?espace public avec la bénédiction et le logo de la Mairie de Paris ; la charte des partenariats, on l?ignore complètement et la Ville fonce tête baissée dans ce délire commercial très vaguement sportif.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Merci.

Monsieur CHERKI, vous avez la parole.

M. Pascal CHERKI, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Alors sur ?Paris Plage?, qui était la partie résiduelle de l?intervention de mon excellente collègue Charlotte NENNER, comme elle est d?accord à 95 %, je ne vais pas dire que je suis d?accord avec le fait qu?elle soit d?accord, donc on va plutôt répondre à ses interrogations sur le beach volley. Je regrette, Madame NENNER, mais vraiment sincèrement que vous ne m?ayez pas interpellé avant parce que je vous aurait invitée à venir voir cette épreuve.

Melle Charlotte NENNER. - Je l?ai fait l?année dernière.

M. Pascal CHERKI, adjoint, rapporteur. - Oui mais venir la voir cette année. Vous auriez vu qu?en effet il y avait une distorsion entre ce qui pouvait être annoncé à des fins attractives par les organisateurs pour avoir des sponsors et la réalité de cette manifestation. Dans un premier temps, je suis désolé mais le beach volley, Mme NENNER, cela ne se joue pas avec des doudounes. Peut être que, si un jour, on passe du réchauffement climatique au refroidissement climatique on fera du ?ice volley? sur le champ de Mars et, dans ce cas là, peut-être que les problèmes que vous envisagiez seront résolus, mais pour l?instant, en général, au beach volley, on joue avec un maillot de bain, un haut et un bas, qui est un bikini pour les femmes et qui, pour les hommes, est un tee-shirt à manches courtes qui ressemble au marcel et avec un short. Mais visiblement je n?ai pas eu l?impression d?avoir affaire à des femmes soumises? ça c?est pour le fonctionnement du beach volley. C?est le premier élément.

Deuxième élément, mais on peut avoir une réflexion, je suis prêt à faire un groupe de travail avec vous sur l?évolution de la tenue vestimentaire dans le beach volley, j?ai un peu de temps, je pense qu?il nous faudrait beaucoup de temps pour faire évoluer les règles de la Fédération Internationale mais autant commencer dès maintenant. Dans un second temps, sur la question des partenariats, c?est pour ça que je dis que je regrette que vous ne soyez pas venue, parce que, en effet, il y a une discussion qu?on a eue, qui n?a pas été sans poser problème, y compris avec la préfecture sur l?organisation de la manifestation. On a réduit l?organisation et le volume de la publicité et on va le faire encore, car il y a encore des imperfections, notamment sur ce site du Champ de Mars qui est un site classé, d?ailleurs c?est une discussion que j?ai eue avec les organisateurs. Maintenant c?est une épreuve qui telle quelle se déroule à Paris n?a rien à voir avec la manière dont cela se déroule dans les autres villes. Nous sommes beaucoup plus attentifs à cela, notamment en raison du site que l?on choisi. Et deuxième élément, je tiens à le dire, c?est une épreuve populaire.

Il y a un central, on monte un stade provisoire de 6.000 places et l?accès est gratuit, ce qui fait que c?est une manifestation qui permet à un public d?avoir accès à une compétition sportive de qualité sans avoir à débourser un sou. Je peux vous dire qu?en ces temps de vie chère, c?est relativement apprécié.

Bien évidemment à partir du moment où la manifestation est gratuite, à partir du moment où nous avons décidé d?avoir une participation raisonnable à cette manifestation, il faut bien que, pour l?équilibre économique de l?organisation de la manifestation - et je peux vous dire que les dotations de prix n?ont rien à voir avec ce qui se fait par exemple en matière de tennis professionnel -, il faut bien aussi à un moment donné que les organisateurs soient obligés d?avoir recours à des partenaires privés. Bien évidemment, il y a un équilibre à trouver et des progrès à faire, il y a une éthique à respecter... J?entends tout cela, je ne suis pas du tout en désaccord avec vous, Madame NENNER, sur ce point.

Dernier élément, je vais juste vous livrer une anecdote, qui vaut ce qu?elle vaut, cette année on a demandé à des professeurs d?éducation physique et sportive de faire en sorte que des ramasseurs de balle puissent être des gamins venant des différentes villes de banlieue. Ils ont fait ce travail avec la ligue régionale.

Mais je vais vous dire un truc assez marquant, c?est qu?il y a des gamins qui sont venus à ma grande surprise assister, participer pendant une semaine à l?organisation de cette manifestation et pour certains d?entre eux, pas la majorité, c?était la première fois qu?ils voyaient la Tour Eiffel. Voilà.

Melle Charlotte NENNER. - Ils peuvent venir tout le temps, c?est gratuit.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DGIC 9.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2007, DGIC 9).