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Juin 2007
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2007, DASCO 19 - Approbation du projet éducatif de la Ville de Paris pour les activités périscolaires.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2007


 

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DASCO 19 concernant l?approbation du projet éducatif de la Ville de Paris pour les activités périscolaires.

Vous avez la parole, Monsieur AUTEXIER.

M. Jean-Yves AUTEXIER. - Monsieur le Maire, cette charte relative aux activités périscolaires est un document ayant une valeur forte qui fera date, je crois, pour les équipes éducatives et pour les parents d?élèves.

La Ville affiche les ambitions qui sont les siennes pour les enfants parisiens : favoriser la réussite scolaire, l?épanouissement de tous les enfants sans distinction, sans discrimination.

Les valeurs qui guident cette charte sont les nôtres : égalité des chances, laïcité, solidarité, justice sociale.

Cette charte est importante en ce qu?elle promeut une articulation intelligente entre le temps scolaire, périscolaire et familial dans le respect des compétences et des droits de chacun.

Les parents notamment sont confortés, valorisés dans leur rôle car, comme le rappelle ce texte, ils restent les premiers éducateurs de leur enfant.

Je me réjouis donc qu?elle soit diffusée aux parents d?élèves ainsi qu?à tous les acteurs de l?éducation et de la protection de l?enfance.

Ce projet éducatif qui nous est présenté consacre aussi l?engagement de la Ville afin que tous les enfants parisiens puissent accéder à des loisirs éducatifs de qualité. En complémentarité avec l?école et les parents, les loisirs éducatifs ont un rôle majeur à jouer en matière de socialisation, d?éducation à la citoyenneté et de réussite scolaire.

Les temps périscolaires sont des moments éducatifs à part entière qui contribuent à l?égalité des chances. Ils peuvent aussi offrir aux enfants qui sont en difficultés particulières une occasion de se réconcilier avec l?école, en présentant les apprentissages sous un angle différent.

Depuis 2001, la Municipalité a consenti des efforts sans précédent pour la place de l?enfant dans la ville. Dans le respect des engagements pris, on a créé une vraie filière professionnelle avec le recrutement de 1.300 animateurs permanents supplémentaires. On a assuré l?accompagnement individualisé à la scolarité en C.P., en C.M.2 et en 6e.

Il faudrait parler également des espaces ?Premiers livres? en maternelle, des ateliers gratuits les samedis matin sans classe, des goûters récréatifs, des nouveaux tarifs sociaux, du développement des loisirs pour les collégiens.

Puis, cette charte a été élaborée avec les personnels eux-mêmes. C?est le fruit d?un travail collectif, de réflexion, issu des salons professionnels organisés à l?intention de tous les encadrants. C?est, je crois, un témoignage de l?attention que portent la Ville, et ceux qui en ont la charge, aux animateurs et par la même aux enfants et aux familles.

Disposer d?un encadrement de qualité, c?est indispensable pour le bon fonctionnement des activités. Des emplois stables, des plans de formation, la valorisation des compétences et des expériences, on peut dire qu?enfin, à Paris, l?animation est reconnue comme un vrai métier.

Alors, nous nous en félicitons et nous voterons bien entendu ce texte pour tout ce qu?il veut dire de ce que nous faisons.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Mme BALDINI.

Mme Véronique BALDINI. - Monsieur le Maire.

Je n?ai pas du tout les mêmes échos que vous, Monsieur AUTEXIER. Je vais dans de nombreux conseils d?école et beaucoup de questions portent sur les animateurs et plusieurs problèmes sont évoqués.

D?abord, leur recrutement. Il semble difficile de trouver des jeunes étudiants pour des raisons d?emploi du temps, la surveillance des repas étant en plein milieu de la journée.

De ce fait, des postes sont vacants ou très vite abandonnés en cours d?année scolaire, ce qui rend les recrutements encore plus hasardeux et oblige la communauté à y faire face souvent au pied levé.

S?agissant, enfin, des personnes recrutées, le plus souvent, elles ne donnent pas satisfaction - il y a bien sûr des exceptions -, n?étant absolument pas formées et ayant beaucoup de mal à se faire respecter du fait de leur manque d?expérience avec les enfants.

Je ne sais pas si on leur demande le B.A.F.A. au minimum ou quelque chose de la sorte. Il serait donc bienvenu d?organiser, avant chaque rentrée scolaire, une ou deux journées de formation avec ces personnels.

Face à ces difficultés, nous vous demandons d?étudier cette question pour une meilleure tranquillité des parents et des heures de pause des enseignants, avant la prochaine rentrée scolaire.

Je ferai un petit ajout concernant un problème particulier dans une école de mon arrondissement, l?école Boileau, que vous connaissez, Monsieur FERRAND. Il y a un problème de toilettes et les travaux sont vraiment extrêmement urgents. J?aimerais que vous me répondiez.

Merci.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Merci.

Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole.

M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Monsieur le Maire.

Le projet éducatif pour les activités périscolaires prend, cette année, la forme d?une charte inscrite dans la lignée des principes de la Convention internationale des droits de l?Enfant. Elle réaffirme les valeurs éducatives défendues par la Ville et notamment la lutte contre les inégalités et les exclusions à tous les niveaux.

Nous nous félicitons de ce nouvel outil qui renforcera la construction d?un service public périscolaire pour tous, favorisant l?épanouissement des enfants parisiens.

En effet, depuis 2001, un effort considérable a été entrepris par la Ville pour construire une offre d?accueil et de loisirs de qualité, respectueuse des rythmes de l?enfant et des besoins des familles.

Pour cela, des moyens humains et matériels nouveaux ont été mis à disposition des centres de loisirs parisiens.

Cependant, cet effort est à poursuivre et certaines questions se posent encore à nous, en cette fin de mandature.

Mon intervention se concentre essentiellement sur la question des temps extrascolaires.

Un premier point concerne les partenariats et collaborations engagés entre les C.L.S.H. et les différents acteurs intervenant auprès des enfants. Afin d?atteindre les objectifs visés par la charte, tant au niveau des loisirs qu?au niveau de l?accompagnement à la scolarité, il serait intéressant que les équipes éducatives se rapprochent des structures implantées dans les quartiers, ainsi que des réseaux associatifs d?éducation populaire, qui ont l?expérience et l?expertise des pratiques éducatives de loisirs et d?apprentissage de la citoyenneté.

De plus, la charte propose la participation des animateurs référents aux conseils d?école, ce qui est un pas de plus vers l?établissement de liens entre la sphère scolaire et la sphère extra et périscolaire, liens nécessaires au bon suivi des enfants, mais pas toujours évident à tisser.

Un deuxième point concerne les conditions d?accueil des enfants. En effet, nous le savons, les locaux des centres de loisirs ne sont pas toujours adaptés et ne permettent pas le développement de certains projets. Souvent, les activités ont lieu dans les halls des écoles.

Pourquoi ne pas envisager la livraison de structures autonomes, détachées des écoles, ayant un fonctionnement propre ? Au quotidien, cela pourrait également permettre la mise en place d?un accueil avant école et répondre à un réel besoin de certaines familles, notamment de familles monoparentales, nombreuses dans les quartiers populaires de la Capitale.

Selon nous, ce dernier point a entièrement sa place dans les missions de service public de la Ville et répond aux exigences qu?elle a fixées afin de garantir l?égalité des chances et de permettre à toutes les familles parisiennes de concilier vie familiale et vie professionnelle.

Aussi, il serait intéressant de lancer une étude qualitative auprès des parents afin de connaître leurs attentes vis-à-vis d?un tel service déjà en place, je le rappelle, dans certaines grandes villes de la couronne parisienne.

Enfin, selon la charte, et nous partageons totalement ce point, l?animation est un métier et la formation professionnelle en est le principal levier. C?est pourquoi la Ville s?est employée à engager un véritable mouvement de résorption de l?emploi précaire chez les animateurs : 200 emplois contractuels ont été créés au budget principal 2007, 300 autres seront proposés dans les prochains mois. Nous nous en félicitons car cela était nécessaire.

Cependant, des actions doivent encore être engagées, selon nous, pour favoriser l?accueil et l?accompagnement des animateurs vacataires qui restent nombreux au sein des équipes.

De même, nous pensons que la titularisation des animateurs vacataires doit passer par une entrée en formation dans un cursus professionnel de formation aux métiers de l?animation. Le B.A.F.A., rappelons-le, n?est qu?un diplôme de l?animation volontaire et ne constitue pas une qualification professionnelle.

Enfin, et ce sera notre dernière remarque, nous souhaitons l?élargissement et l?harmonisation de l?offre de séjours de vacances ?Arc-en-ciel? afin que les enfants de tous les arrondissements parisiens, été comme hiver, aient la possibilité de participer aux séjours proposés par la Ville.

Bien entendu, ces quelques remarques ne nous empêcheront pas de voter ce projet de délibération et nous partageons tous les objectifs de cette charte éducative inscrite dans le Plan qualité périscolaire en ?uvre depuis 2002.

Nous connaissons la détermination et l?attachement de M. FERRAND à la mise en place d?un accompagnement de tous les enfants parisiens dans leurs temps de vie et leurs temps d?apprentissage scolaires, périscolaires et extrascolaires. Nous nous en félicitons et nous le félicitons.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Merci.

Monsieur FERRAND, vous avez la parole.

M. Eric FERRAND, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Je voudrais vous préciser que cette charte éducative, qui constitue le premier projet éducatif dont la Capitale s?est dotée, a été en très grande partie construite et écrite par les animateurs eux-mêmes, qui se sont réunis régulièrement en forums, en journées professionnelles, et que nous avons naturellement accompagnés.

Ils ont apporté leurs savoir-faire, leurs connaissances, leurs pratiques, pour enrichir ce texte qui est un texte fondateur pour la colonne vertébrale de l?animation à Paris, qui est la grande affaire dans le domaine de l?école pour une municipalité car c?est sa compétence.

Pour nous, le projet éducatif, c?est l?articulation intelligente qui existe entre le temps scolaire qui est le temps des enseignants, les pédagogues, ceux qui transmettent les savoirs et les connaissances, et le temps périscolaire qui est un temps encadré par des animateurs et où les enfants viennent trouver l?application ludique de ce qu?ils apprennent de manière plus théorique à l?école.

Je ne serai pas long sur le sujet, compte tenu de l?heure. Pourtant, ce sujet est passionnant et je pourrais l?être?

Je vais quand même vous donner quelques éléments pour vous dire que nous avons parcouru beaucoup de chemin et qu?il nous en reste encore beaucoup à parcourir.

Nous sommes partis de loin : 887 animateurs titulaires en 2000, 2.185 animateurs titulaires ou permanents en 2007.

Encore quelques chiffres pour illustrer ce projet éducatif : des efforts considérables en moyens de fonctionnement, 27 millions pour le fonctionnement du périscolaire en 2000, 38 millions pour 2007.

En investissement, l?effort est considérable également, puisque nous avions seulement enregistré 440.000 euros d?investissement dans le domaine périscolaire en 2000 et 1,5 million d?euros en 2007.

Vous voyez donc les efforts considérables fournis par la Ville, l?investissement considérable fourni par les animateurs qui sont formés en permanence et dans différents domaines - cela n?a pas été cité -, notamment pour permettre la scolarisation des enfants handicapés qui, pour la première fois, peuvent avoir accès aux centres de loisirs.

C?est un élément extrêmement important, puisque près de 500 enfants handicapés peuvent, en 2007, avoir accès à ces centres de loisirs, ce qui leur était interdit auparavant.

Je précise également que la fréquentation des centres de loisirs à Paris est en augmentation, en moyenne de 10 à 12 % ; c?est exactement l?inverse de ce que l?on trouve au plan national, puisque nous constatons une baisse de la fréquentation des centres de loisirs au plan national. Ce qui montre l?intérêt que peuvent apporter ces activités périscolaires, que vous avez, les uns et les autres, décrites, mais je voudrais répondre très vite à Mme BALDINI, car on confond un peu les choses. J?entends bien votre problème.

Il est vrai que nous avons des animateurs titulaires permanents et de nombreux vacataires, notamment pour assurer la surveillance du midi, où nous avons besoin de 6.000 personnes environ. Or, nous ne pouvons pas avoir 6.000 animateurs titulaires.

C?est vrai qu?ici ou là, nous pouvons rencontrer des difficultés de recrutement, difficultés qui sont particulières au moment des partiels, puisque ce sont beaucoup d?étudiants qui viennent nous épauler dans cette affaire. Les circonscriptions des Affaires scolaires sont très mobilisées pour cela. Nous essayons d?anticiper les absences éventuelles. Et la charte éducative vise à y remédier.

Nous essayons évidemment d?apporter le meilleur encadrement possible en leur donnant une formation, mais à des vacataires, c?est toujours compliqué ; ils ont au moins une journée de formation, mais c?est en continu, car un animateur vacataire peut travailler trois mois, puis être remplacé par un autre, d?où les difficultés réelles rencontrées dans les établissements scolaires.

Vous avez posé une question précise sur Boileau. Je vous rassure, car les travaux des toilettes rentrent dans le cadre des 12 millions d?euros du ?Plan toilettes? dans Paris. Je peux rassurer Mme BALDINI, les travaux seront effectués à l?école de la rue Boileau.

M. Yves CONTASSOT, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 19.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2007, DASCO 19).