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Novembre 2003
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Conseil Municipal
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137 - QOC 2003-909 Question de M. Jean-Didier BERTHAULT et des membres du groupe U.M.P. à M. le Maire de Paris sur les statistiques relatives à la pollution de l'air depuis les quatre dernières années

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2003


M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons à la question 909 posée par M. BERTHAULT concernant les statistiques relatives à la pollution de l'air depuis des quatre dernières années.
Monsieur BERTHAULT, vous avez la parole.
M. Jean-Didier BERTHAULT. - Merci, Monsieur le Maire.
La pollution de l'air est, à juste titre, une préoccupation majeure de l'ensemble des Parisiennes et des Parisiens et, récemment, Monsieur le Maire, un article de "Paris Obs" a attiré mon attention sur les différentes statistiques qui nous laissent penser qu'aussi bien le taux d'ozone que les dioxydes d'azote sont toujours aussi présents dans l'atmosphère de l'air à Paris.
Si nous en croyons également les déclarations du président d'AIRPARIF, malgré les progrès constatés sur ces cinq ou six dernières années, 4 millions de personnes à Paris et en banlieue parisienne seraient toujours surexposées à une qualité de l'air inférieure aux normes européennes requises.
Vous nous avez annoncé, ces derniers mois, que la politique que vous meniez, notamment en matière de transport, était la panacée pour remédier à la pollution, et en tout cas améliorer la qualité de l'air. Forts de ces grandes déclarations de principe, nous aimerions maintenant avoir des données chiffrées en la matière, et c'est la raison pour laquelle je souhaiterais connaître, sur les quatre dernières années, l'évolution de la concentration moyenne et maximale dans l'air du dioxyde de soufre, mais aussi des particules fines des oxydes d'azote, de l'ozone, du monoxyde de carbone ainsi que des composés organiques volatiles.
Je vous remercie.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci.
Monsieur CONTASSOT, vous avez la parole.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Monsieur BERTHAULT, vous n'ignorez pas que l'ensemble de ces statistiques et de ces données sont totalement disponibles et accessibles sur le site d'AIRPARIF dont je vous rappelle l'adresse, Airparif.asso.fr.
Cela étant dit, à partir d'un échantillon constant de station, les évolutions observées pour les concentrations moyennes font apparaître une baisse globale des teneurs mesurées pour la quasi totalité des polluants, excepté pour l'ozone qui augmente régulièrement depuis plusieurs années et pour les particules fines dont le taux semble se stabiliser.
La variation constatée de 1999 à 2002, en moyenne annuelle, fait apparaître les résultats suivants : le dioxyde de soufre est en baisse de 27 %, poursuite d'une baisse amorcée depuis les années 60, les particules fines, ce que l'on appelle les PM10, sont stables, le dioxyde d'azote est en baisse depuis le milieu des années 90 et la moyenne dans l'agglomération est passée sous la barre des 40 microgrammes par mètre cube en 2002, seuil fixé par l'Union européenne pour 2010, mais elle dépasse encore ce seuil à Paris en petite couronne.
Le monoxyde d'azote est en baisse de 30 %, l'ozone est en hausse de 11 % entre 1999 et 2002, sachant que ce polluant varie beaucoup avec les conditions météorologiques. Sur les longues durées, l'ozone est en hausse importante ; sa concentration moyenne dans l'agglomération parisienne ayant doublé depuis les années 90. Cette hausse s'explique en partie par la baisse du taux d'oxyde d'azote puisque ces deux types de polluants ont tendance à s'équilibrer dans l'atmosphère. Le monoxyde de carbone est en baisse de 37 %, le benzène est en baisse de 50 %, de même que les composés organiques volatils. Vous verrez dans le texte de la réponse que je vous donne l'ensemble de ces statistiques depuis 1992.
S'agissant des concentrations maximales, l'évolution sur quatre ans n'a pas grand sens étant donné la variabilité des conditions météorologiques qui rendent possible et aggravent ces épisodes de pollution. A noter que de nombreux records ont été battus en 2003 pour l'ozone tant pour le nombre d'épisodes de pollution que pour leur durée.
Globalement, on peut donc remarquer que les polluants industriels sont en baisse sensible et qu'une partie des polluants automobiles le sont aussi grâce aux améliorations sur les moteurs et sur les carburants initiées par les directives européennes.
En revanche, le taux de dioxyde d'azote, même s'il est en baisse, est encore trop élevé au regard des objectifs fixés par l'Union européenne. Quant à l'ozone, son taux est en hausse régulière et seule une baisse importante des émissions de polluants primaires, non seulement en Ile-de-France mais à l'échelle de toute l'Europe, car l'ozone se déplace très largement, pourront permettre de faire reculer cette pollution qui a d'importantes conséquences sur la santé humaine, mais également - faut-il le rappeler - sur la flore. Il est donc nécessaire d'aller au-delà des objectifs du plan de déplacements urbains d'Ile-de-France. La Municipalité parisienne, dont la politique a permis la baisse du trafic motorisé de 7 % depuis 2001 et une augmentation des déplacements en transports en commun et à vélo, prend sa part à cet effort indispensable qu'il faut poursuivre et approfondir.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci, Monsieur CONTASSOT. C'était une réponse très complète ? Non.
M. Jean-Didier BERTHAULT. - Effectivement, c'était une réponse très complète, mais je crois que les chiffres que vous venez de donner appellent de votre part sur l'analyse de la diminution de la pollution à Paris un peu plus de modestie.