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Novembre 2003
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Conseil Municipal
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200 - 2003, DAC 534 - Subvention de fonctionnement à la "SCOP Ici Même", Montreuil (Seine-Saint-Denis). - Montant : 10.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2003


Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DAC 534 relatif à l'attribution d'une subvention de fonctionnement à la "SCOP Ici Même" pour un montant de 10.000 euros.
Madame Elisabeth de FRESQUET, vous avez la parole.
Mme Elisabeth de FRESQUET. - Merci, Madame la Maire.
Madame la Maire, chers collègues, je souhaiterais intervenir sur l'avenant à la convention triennale d'objectif relatif à l'attribution d'une subvention de fonctionnement à la "SCOP Ici Même". D'abord pour vous faire part de notre agacement s'agissant de la tonalité générale de votre exposé des motifs.
Est-il vraiment nécessaire de rappeler que le soutien aux arts de la rue constitue un axe de votre politique culturelle comme si rien n'avait été fait auparavant et que vous étiez les seuls à vous engager en ce domaine, alors même que la subvention que nous allons accorder n'est que le complément d'une subvention nettement plus conséquente du Ministère de la Culture ?
Cette récupération systématique du conflit qui oppose actuellement les intermittents du spectacle aux pouvoirs publics est, pour le dossier qui nous intéresse, parfaitement déplacée.
Le groupe U.D.F. tenait à faire cette mise au point et rappeler dans cette enceinte que ce conflit est aussi le résultat de votre inaction coupable, qui a duré les cinq années du Gouvernement de Lionel JOSPIN. Les dérives et les abus que nous connaissons ne sont pas un phénomène récent qui se seraient déclenchés comme une génération spontanée avec l'installation du Gouvernement actuel. Le dossier des intermittents est suffisamment complexe pour que nous fassions preuve tous, à droite comme à gauche, d'un peu de réserve et de pudeur.
Sur le fond, ce projet de délibération est intéressant à double titre.
Sur la procédure d'abord. Il s'agit d'une convention triennale et vous précisez, à juste titre, que cette méthode de gestion des finances de la Ville lui permet d'opérer un suivi de la réalisation effective de ce projet. Comment ne pas vous suivre quand vous affichez la volonté de rendre le dispositif d'attribution transparent ? Sauf que la fiche de présentation de la Direction des Affaires culturelles ne dit rien en ce qui concerne le véritable suivi de cette opération, qui a déjà sollicité 25.000 euros de subvention de la part de la Ville.
Trois pages et demie d'exposé général qui comprennent la présentation de la "SCOP" et l'argumentaire, c'est-à-dire rien de nouveau par rapport à l'année dernière. Une présentation financière ainsi qu'une analyse plus ou moins détaillée de la demande de subvention, mais rien de sérieux ni de concret sur l'avancée du projet - où en est-on ? - qu'a déjà réalisé cette société ? Le document est totalement muet, ce qui signifie que vous nous demandez de poursuivre ce partenariat à l'aveugle. Si je devais résumer, c'est : "Circulez, il n'y a rien à voir !" ou "Faites-moi confiance parce que j'ai raison".
Tout ceci est un peu formel et ne contribue pas forcément à renforcer la transparence à laquelle vous prétendez être attachés. Sauf à considérer que la transparence ne vaut pour vous que ce que valent les apparences. Sur le fond, c'est-à-dire sur le choix du projet lui-même, on voit à peu près - même si l'intention reste cachée - ce que vous cherchez vraiment : démontrer le manque total d'humanité de l'environnement autoroutier et urbain qui entoure Paris. N'est-ce pas, in fine, démontrer l'évidence ?
On voit où vous voulez en venir et la ficelle est un peu grosse. Vous avez beau habiller le sujet avec des mots à la mode - je cite - : "Le monde de l'autoroute est le terrain pertinent du questionnement de nos usages du temps et des territoires", votre objectif ne trompe personne. La voiture est encore et toujours en ligne de mire. Cela se passe de commentaire.
Je vous remercie.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - La parole est à M. Christophe GIRARD.
M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Chère Elisabeth de FRESQUET, je regrette que les violons ne soient pas tout à fait accordés puisque François BAYROU a pris position sur le sujet des intermittents d'une façon, en effet, qui m'a semblé courageuse et moderne ; apparemment vous n'avez pas le même point de vue.
Ensuite, il me semble que les critiques que vous venez de formuler ressemblent étrangement à celles que François BAYROU fait régulièrement contre le Gouvernement actuel. Mais c'est peut-être simplement une tactique politicienne, ce qui m'étonne de vous.
En 2002, la Ville de Paris a décidé de franchir une nouvelle étape de soutien aux arts de la rue. En effet, on a ni inventé les arts de la rue ni été les premiers puisque nous avons signé une convention sur les arts de la rue et le cirque avec l'Etat, Mme Catherine TASCA en 2001, ici, à l'Hôtel-de-Ville de Paris.
Le projet soutenu par la Ville de Paris et par divers partenaires publics, dont le Ministère de la Culture, s'intitule : "Quand est-ce qu'on arrive ?" et explore la relation des infrastructures autoroutières avec les villes européennes. C'est pour faire plaisir à M. BAUPIN.
C'est un projet de grande dimension qui nécessite trois années de conception-réalisation (2002, 2003, 2004). Depuis l'année 2002, le projet a considérablement évolué dans sa conception afin de s'adapter aux caractéristiques architecturales du premier lieu d'exploitation, en septembre 2004, l'espace périphérique situé dans le 19e arrondissement à Paris. Cette installation spectacle tournera en France et en Europe et positionnera la Ville de Paris comme un véritable partenaire de l'innovation. Ce dont nous pouvons nous réjouir. Une convention triennale a été votée lors du Conseil de Paris du mois de décembre 2002. Elle prévoit le principe du soutien de la Ville pendant les trois années nécessaires à la réalisation de ce projet. En outre, elle lui permet d'opérer un suivi de la réalisation effective sur les trois années : 2002, versement d'une subvention de 25.000 euros ; 2003, versement d'une subvention de 10.000 euros et présentation d'une étape de travail par la compagnie ; 2004, versement d'une subvention de 10.000 euros et présentations du spectacle en juillet à l'espace périphérique dans le 19e arrondissement pour une première série de 25 représentations.
La SCOP s'engage donc à présenter son spectacle en avant-première à Paris pour 25 représentations à l'espace périphérique en 2004. La SCOP a présenté à la Ville un dispositif détaillé du projet accompagné des pièces justificatives des dépenses effectuées, permettant de se rendre compte de la mise en place du projet au vu de ces documents. Le projet d'étape a donc été validé par la Ville (Direction des Affaires culturelles), conformément à la convention, en septembre 2003.
Il est proposé au Conseil de Paris d'attribuer la subvention de 2003 qui correspondra donc à la présentation d'une étape de travail de la compagnie ; soit, conformément à la convention, et rien d'autre, d'un montant de 10.000 euros.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GIRARD, pour ces explications très claires.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 534.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, DAC 534).