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Novembre 2003
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Conseil Municipal
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22 - 2003, SG 100 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer une convention avec l'association "Retravailler-IDF" (15e) relative à l'attribution d'une subvention permettant à l'association d'adapter son dispositif "femmes évolution vers la mixité des métiers et vers l'emploi" aux parisiennes. - Montant : 28.000 euros

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2003


M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération SG 100. Il s'agit d'une convention avec l'association "Retravailler Ile-de-France", pour une subvention de 28.000 euros.
Mme Marie-Pierre MARTINET a demandé la parole, et Mme HIDALGO lui répondra.
Mme Marie-Pierre MARTINET. - Travailler ou retravailler, sont des mots qui hantent souvent les femmes qui, justement, cherchent à travailler.
Aujourd'hui, je salue la volonté de notre Municipalité de défendre l'accès des femmes au travail et la mixité des emplois, de les accompagner dans l'élaboration de leur projet professionnel ; c'est un enjeu essentiel quand on parle d'égalité entre les femmes et les hommes.
Mais il y a aussi une question qui nous est posée, cette question est la suivante : pourquoi les femmes rencontrent-elles plus particulièrement des difficultés dans leur recherche d'emploi et dans leur accès à l'emploi ?
Nous pourrions soutenir autant que nous voudrions des projets pertinents, mais en vain si nous n'abordons pas les freins à ce retour ou à cette recherche d'emploi. Certains de ces freins peuvent être des difficultés d'articulation des temps personnels de garde qu'il convient de systématiquement intégrer quand nous développons de tels dispositifs. J'avais déjà abordé cette question lors de la création de la Maison du développement économique et de l'emploi dans le 20e arrondissement.
Pour cela, il convient d'y associer des mesures d'accessibilité, au sens large, en partenariat avec des structures voisines. Et puisque nous parlons de mixité, précisons aussi que ces programmes s'adressent autant aux femmes qu'aux hommes, même si la réalité touche essentiellement les femmes. Il pourrait être intéressant, à moins que cela ne soit déjà le cas, que l'Observatoire de l'égalité que nous avons au sein de notre Municipalité, puisse travailler avec les structures partenaires à une typologie des freins à l'emploi tout en étant persuadé qu'une bonne partie d'entre eux sont connus, en portant une attention particulière à ces freins qui sont notamment issus des difficultés d'organisation temporelle.
Les femmes ont longtemps été ce que l'on a appelé des "amortisseurs temporels" au sein de la famille, et leur entrée sur le marché du travail ne doit pas se faire au détriment de la qualité de vie et surtout de la leur. Ce qui démontre bien que cette question des temps privés n'a pas lieu de rester privée. Elle a été occultée pendant très longtemps, mais doit bien être portée sur la place publique puisqu'il s'agit bien d'une question collective qu'il nous appartient de porter haut et fort. A travers ce projet de délibération, nous nous emparons de ce sujet.
Je ferai juste une petite incise. Puisque qu'il m'est donné l'occasion de démontrer que l'espace privé a un impact extrêmement important sur le collectif, j'en profite pour encourager les élus, ici présents - et pas seulement féminins - à soutenir l'appel lancé par l'association "Elus contre les violences faites aux femmes", appel signé par des élus de tout horizon démocratique. Je citerai juste une phrase : "L'ONU et le programme DAPHNE de l'Union européenne ont inscrit à l'agenda politique la lutte contre les violences faites aux femmes, aux enfants et aux jeunes gens. (Ces institutions reconnaissent que) ces violences ne relèvent pas d'un privé intouchable. Il s'agit de faits sociaux qui, du viol à la lapidation, du harcèlement sexuel à la prostitution organisée, de l'insulte au mépris, des coups au meurtre, sont les signes répétés d'un pouvoir de domination et auquel il convient de mettre un terme.
Nous disons que la violence dite "privée" existe partout, mais surtout cette violence domestique qu'il convient de combattre parce qu'elle légitime toutes les violences. Et en structurant psychiquement les enfants spectateurs, elle construit des générations d'hommes violents et de femmes contraintes, elle pérennise l'idée que la force constitue la base et la légitimation de la domination. Et c'est aussi en cela que la violence est politique". C'est pour cela que je vous invite à soutenir cet appel, car c'est aussi un problème d'accès des femmes à l'emploi.
C'est probablement un des types de cette fameuse typologie et un de ces freins à l'emploi, y compris vers des métiers ouverts. In fine, je voudrais juste rappeler que ce qui profite aux plus discriminés profite à l'ensemble du collectif.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame MARTINET.
Mme HIDALGO vous répond.
Mme Anne HIDALGO, première adjointe, au nom de la 1ère Commission. - Je veux répondre à Marie-Pierre MARTINET, parce que je suis en accord complet avec tout ce qu'elle a fort bien dit sur à la fois la situation de l'emploi des femmes, mais aussi concernant l'appel en cause que j'ai moi-même signé. Je vous invite, comme elle, à le faire, hommes, femmes, quelle que soit la formation politique à laquelle nous appartenons.
Deux mots sur "Retravailler Ile-de-France". C'est une association qui existe maintenant depuis longtemps. C'est une association qui a mis au point des outils pour aider les femmes à revenir sur le marché du travail, notamment en passant des bilans de compétence pour leur permettre de redécouvrir les compétences et les qualifications dont elles disposent. C'est aussi une association qui justement, à partir d'un travail sur un public féminin en difficulté, a pu développer des outils qui sont aujourd'hui appliqués à l'aide à la réinsertion des hommes, des femmes, des cadres, de gens qui ne sont pas forcément le public initial qui était visé par cette association lors de sa création.
Je me réjouis de la signature de cette convention, qui sera très utile pour permettre à des femmes de remettre le pied à l'étrier de l'emploi. Je voudrais aussi remercier M. Christian SAUTTER et l'ensemble des Directions de la Ville qui contribuent à faire de l'objectif "emploi des femmes" un objectif que l'on essaye de traduire dans les réalités.
Merci beaucoup.
M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame HIDALGO, pour cette intervention.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 100.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2003, SG 100).