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Novembre 2003
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Conseil Municipal
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159 - QOC 2003-816 Question de M. José ESPINOSA et des membres du groupe communiste à M. le Préfet de police au sujet de l'intervention brutale des forces de police à l'espace Cyrnéa, allée Vivaldi (12e), le 15 octobre 2003

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2003


M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Nous passons à la question 816 posée par M. ESPINOSA à M. le Préfet de police relative à l'intervention brutale des forces de police à l'espace Cyrnéa, allée Vivaldi (12e), le 15 octobre 2003.
La parole est à M. ESPINOSA.
M. José ESPINOSA. - Monsieur le Préfet, le 15 octobre 2003, deux services de police ont interpellé M. Pierre-Jean ADREI, administrateur de l'espace Cyrnéa, et un de ses amis, M. Charles VINCENCINI. Plus de 30 policiers en tenue d'intervention, arme au point, ont fait irruption dans les locaux situés 38, allée Vivaldi dans le 12e. Ce jour-là, se déroulait une exposition d'entreprise de revêtements de sol. La société "Ceram-Trading" présentait ses nouvelles collections de produits à son principal client, la société "Boch Frères", filiale du groupe Villeroy-et-Boch. Etaient présents ce jour-là 31 cadres et dirigeants de la société Boch, 2 représentants de la société italienne "Cavazoli" et 4 personnes de la société "Ceram-Trading". Ces personnes ont assisté, médusées et indignées, à la descente de police qu'elles qualifient elles-mêmes de "descente western".
Les policiers ont sans ménagement arrêté, menotté puis amené M. Pierre-Jean ANDREI et M. VINCENCINI.
Penser au préjudice moral fait au responsable de l'espace Cyrnéa, animateur de l'association des commerçants du quartier, qui est arrêté comme un vulgaire malfrat. Mais l'affaire ne s'arrête pas là : toujours menotté, M. ANDREI est amené chez lui en Seine-et-Marne pour une perquisition à son domicile. On est un mercredi et les enfants sont présents. Imaginez la scène : pavillon encerclé par une multitude de policiers armés jusqu'aux dents, irruption brutale dans le pavillon devant des enfants hagards qui voit leur père tenu par les policiers et la fouille qui s'ensuit.
Nous ne pouvons admettre de tels procédés. Les méthodes employées sont inqualifiables et inadmissibles dans un pays qui se réclame des droits humains les plus élémentaires.
Ce triste film continue. Pierre-Jean ANDREI et Charles VINCENCINI sont mis en garde à vue pendant trois jours au siège parisien de la police. Et tout cela pour quoi ? Pour être relâchés sans suite.
Cette situation ne peut que nous interpeller. Il semble qu'elle ait été motivée par l'enquête sur les agissements des indépendantistes corses. Je n'en discute pas les raisons, je condamne les agissements nationalistes, je sais aussi que la résolution des problèmes passe par des mesures sociales, économiques et politiques fortes et non par la répression aveugle.
Mais là n'est pas la question. Mon interrogation porte sur les méthodes employées par la police. Ce qui s'est produit peut arriver à d'autres. La République dont nous sommes les serviteurs ne peut tolérer de tels actes arbitraires, sinon comment rétablir la confiance des citoyens ?
M. ANDREI est connu depuis de nombreuses années ainsi que les adhérents de l'association "Les amis de Cyrnéa". L'espace qu'il dirige est un endroit ouvert à tous, emprunt de cordialité, de dialogue et de convivialité. Mais vous pourrez objecter, Monsieur le Préfet, que cela ne garantit rien. Les dérives sont toujours possible et j'en suis d'accord, mais cela ne justifie pas les procédures qui ne respectent pas les droits du citoyen.
Toute la lumière doit être faite sur cette affaire. Je vous demande, Monsieur le Préfet, de répondre à quatre questions précises : qui a décidé de l'intervention et dans quel cadre ? Les autorités parisiennes et du 12e ont-elles été prévenues ? Existe-t-il des faits avérés à l'encontre de ces Messieurs ? Sinon y aura-t-il des sanctions à l'égard des responsables de cette intervention musclée ?
Les élus et la population du 12e, le voisinage souhaitent connaître la vérité sur des actes qui ternissent l'image de la police et de vos services.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - La parole au Représentant du Préfet de police.
M. LE REPRESENTANT DU PREFET DE POLICE. - Ma réponse sera brève et j'en suis désolé, Monsieur ESPINOSA, mais je ne peux pas faire autrement. Le 15 octobre dernier, un service de police relevant de la Préfecture de police est effectivement intervenu à l'espace Cyrnéa, 38 allée Vivaldi, dans le 12e arrondissement.
S'agissant d'une enquête judiciaire en cours, je ne suis pas autorisé à vous apporter le moindre élément sur le fond de cette affaire, en dehors de l'assurance qu'elle a été menée sous l'autorité du Procureur de la République dans le strict respect du Code de procédure pénale.
M. Eric FERRAND, adjoint, président. - Merci. Cela n'appelle pas de commentaires particuliers.