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Novembre 2003
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Conseil Municipal
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13 - IV - Question d'actualité de Mme Annick LEPETIT, au nom du groupe socialiste et radical de gauche, à M. le Préfet de police relative à l'insécurité dans le 17e arrondissement

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2003


M. LE MAIRE DE PARIS. - Maintenant, nous passons à la question d'actualité de Mme LEPETIT adressée à M. le Préfet de police.
Mme Annick LEPETIT. - Merci, Monsieur le Maire.
Un crime a été commis, mercredi 19 novembre, dans un commerce situé au 111, avenue de Clichy, dans le 17e arrondissement. La victime est la gérante du magasin. Elle demeurait avec sa fille dans le 18e arrondissement.
Tout d'abord, j'adresse mes sincères condoléances aux proches de la victime et, au nom du groupe socialiste et radical de gauche, je tiens à condamner ce meurtre dont les circonstances doivent être élucidées et le ou les coupables bien sûr arrêtés.
Cet acte inqualifiable a suscité une vive émotion chez tous et particulièrement parmi les commerçants du quartier. Une marche silencieuse a été organisée samedi, à 14 heures. A cette occasion, j'ai pu vérifier que quelques rumeurs circulaient sur la nature même de cet assassinat.
Pourriez-vous, Monsieur le Préfet, éclairer le Conseil de Paris et, au-delà, les Parisiens, sur ce qui s'est réellement passé mercredi soir, avenue de Clichy.
Je tiens aussi à vous informer que plusieurs commerçants me font régulièrement part, depuis un an, d'une insécurité croissante dans cette partie du 17e arrondissement, tant en termes de braquages que d'agressions physiques à leur encontre.
En effet, vous avez raison, Monsieur le Préfet, il ne doit pas y avoir de zones de non-droit, ni à Paris ni dans le 17e arrondissement.
En conséquence, je souhaiterais connaître le nombre de plaintes déposées depuis un an par des commerçants, dans ce secteur, pour vols, vols à main armée, vols avec violence et pour agressions physiques, ainsi que le nombre de mains courantes déposées par la même catégorie de personnes pour des violences ou des dégradations.
Par ailleurs, vous avez communiqué très récemment, Monsieur le Préfet, certains chiffres concernant l'ensemble du 17e arrondissement et, notamment, une augmentation de 59 % des délits élucidés par rapport à 2002, ainsi qu'une baisse de 19 % de la délinquance sur la voie publique.
Nombre de chiffres circulent puisque, samedi, à cent cinquante mètres à peine du drame qui s'était produit, un tract distribué par l'U.M.P. diffusait également des chiffres sur la délinquance, tract intitulé "Insécurité, enfin du mieux".
Je souhaiterais connaître le détail des chiffres par secteur du 17e arrondissement, ainsi que par catégorie de délit, tout particulièrement, bien sûr, dans le domaine des commerces.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame LEPETIT, vous allez dépasser votre temps de parole.
Mme Annick LEPETIT. - Je termine.
Monsieur le Préfet, je souhaiterais que vous me communiquiez les effectifs de police de cet arrondissement, ainsi que leur répartition.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen, communiste et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Monsieur le Maire, je vais essayer de tenir mon temps de parole, malgré le nombre important de questions posées par Mme LEPETIT.
Madame la Députée, je partage comme vous l'émotion que vous venez d'exprimer, comme tous les commerçants du secteur et tous les Parisiens, à la suite de ce crime particulièrement odieux qui a été commis le 19 novembre dernier, avenue de Clichy, et au cours duquel une commerçante du quartier a été sauvagement assassinée.
L'émotion est d'autant plus forte que déjà quelques jours auparavant dans le même quartier, c'est un policier de la Préfecture de police, le gardien de la paix, Franck LELONG qui était assassiné boulevard Bessières dans des circonstances également odieuses.
Au moment où viennent de se dérouler les obsèques de ce policier, ce matin même, vous me permettrez de lui rendre hommage et de présenter à sa famille et à ses proches mes condoléances attristées.
Je me suis d'ailleurs rendu personnellement, à l'invitation de Mme le maire du 17e arrondissement, à la rencontre des associations de riverains et de commerçants organisée le 21 novembre par Mme de PANAFIEU et à laquelle vous étiez représentée, Madame. J'étais accompagné de Mme MONTEIL, Directeur de la Police judiciaire et de M. LAVILLE, Commissaire central. Je souhaite d'ailleurs souligner le travail absolument remarquable réalisé par la Brigade criminelle de la Police judiciaire notamment en matière de police scientifique. Cela a déjà permis, en moins de 24 heures, sans le moindre témoignage, d'identifier l'auteur présumé de cet odieux assassinat.
Il est actuellement activement recherché, c'est un grave récidiviste, il est dangereux et j'espère qu'il sera très prochainement interpellé et présenté à la justice.
S'agissant de l'évolution de la délinquance dans le 17e arrondissement, les indications dont je dispose montre effectivement que les délits de voie publique sont globalement en baisse de 19 % au cours des 10 premiers mois de 2003 par comparaison avec la même période de l'an passé. Mais, je l'ai dit tout à l'heure dans une réponse précédente, ce n'est pas un motif d'autosatisfaction. Il faut aller plus loin, il faut faire reculer encore davantage la sécurité. La preuve : dans le cas précédent il s'agissait d'un odieux personnage qui a déjà un pedigree remarquable et on peut se demander pourquoi il pouvait encore circuler librement.
Parmi les crimes et délits que recense cet agrégat que j'ai indiqué tout à l'heure, je le note... mais je ne veux pas détailler les chiffres pour ne pas dépasser mon temps de parole.
Parallèlement, les indicateurs d'activité du commissariat du 17e n'ont pas cessé de progresser depuis ces derniers mois, avec une forte augmentation des faits élucidés.
Je ne suis pas à même, Madame, de vous donner le détail - mais je veux bien faire faire une étude particulière - par sous-quartier du 17e parce que les éléments statistiques dont je peux disposer en quelques heures sont par arrondissement et non pas par sous-quartier. Donc je vous réponds franchement mais je suis prêt à faire une analyse fine du 17e par sous-quartier.
Je dirai simplement que le nombre de personnes déférées à la justice - ce qui prouve une activité intense du commissariat du 17e - a augmenté de 44 % par rapport à l'an passé, 44 % de plus de personnes ont été présentées à la justice. Cela signifie que c'est près de 200 délinquants de plus qui ont été présentés à la justice. Et si les effectifs du commissariat du 17e font l'objet d'un renforcement régulier, vous le savez, il y a des mouvements saisonniers. C'est le cas de tous les arrondissements puisque la police parisienne subit une grande migration vers la province en été, et il faut du temps pour reconstituer les effectifs.
Je puis vous dire que le 1er décembre, dans huit jours, les effectifs de l'arrondissement qui avaient fortement augmenté depuis deux ans, vont se retrouver à leur niveau le plus élevé puisque 25 gardiens de la paix vont arriver dans une semaine à l'occasion des sorties d'école, reconstituant ainsi la totalité des personnels du commissariat du 17e. C'est d'ailleurs vrai à peu près dans tous les arrondissements. Il y a eu un creux habituel, mais quasiment dans tous les arrondissements - je le dis pour les autres Maires d'arrondissement - nous allons, au 1er décembre ou au plus tard au 1er janvier, retrouver le niveau maximum des effectifs de police auxquels se sont ajoutés d'ailleurs cette année des personnels administratifs.
Enfin, j'indique simplement que sur cet effectif de 355 policiers, il y en a 75, dont 27 O.P.J., qui constituent le SARIJ c'est-à-dire le pôle d'investigation et qui comprend également les policiers de la B.A.C. qui se sont accrus de 15 % en un an.
Il me semble que les effectifs de police dans le 17e comme ailleurs sont bien équilibrés, il y a la police de quartier qui fait du terrain, il y a la police d'interpellation qui sont les B.A.C., et il y a la police d'investigation et la police judiciaire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Préfet de police.