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Decembre 2000
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7 - 2000, ASES 59 G - Participation financière du Département de Paris, au titre de 2000, à l'association "Horizons" (10e) pour son centre d'accueil de familles précarisées, touchées par la toxicomanie

Débat/ Conseil général/ Décembre 2000


M. Philippe LAFAY, président. - Nous passons au projet de délibération ASES 59 G relatif à la participation financière du Département de Paris, au titre de 2000, à l'association "Horizons", pour son centre d'accueil des familles précarisées, touchées par la toxicomanie.
Je donne la parole à M. Jean-Pierre REVEAU.
M. Jean-Pierre REVEAU. - Merci, Monsieur le Président.
Il y a trente ans, on pouvait déjà prévoir que la consommation de la drogue allait littéralement exploser. Aujourd'hui, plus personne ne sait comment maîtriser ce phénomène qui ronge lentement et implacablement la société française.
Le toxicomane, considéré comme un malade, est traité comme tel.
Il bénéficie de l'indulgence excessive de la justice et les Pouvoirs publics sont complices de cette situation : Jean-Luc MAXENCE, l'un des dirigeants du centre "Didro", relève à juste titre "que le discours préventif de la MILDT veut ignorer la loi de 1970 réprimant le trafic et l'usage des stupéfiants".
Deux voies sont aujourd'hui proposées pour lutter contre la drogue : la substitution et la dépénalisation. L'administration de produits de substitution est en soi acceptable. Encore faudrait-il qu'elle ne se borne pas à faire croire au toxicomane qu'il peut parallèlement continuer à se droguer, comme ce qui se fait avec la "Boutique" ou le "Sleep in" dans le 18e arrondissement. Si personne ne le fait rompre avec son environnement ni ne le coupe d'avec le trafic, la substitution ne fait alors qu'aggraver sa dépendance.
Les médicaments de substitution eux-mêmes ne sont pas au-dessus de tout soupçon : le "Subbutex" doit être administré pendant des années mais demeure un psychotrope. Quant à la méthadone, elle semble donner de meilleurs résultats mais sa pratique doit être extrêmement encadrée, ce qui n'est souvent pas le cas. Beaucoup de structures de soins la prescrivent plus pour se débarrasser des toxicomanes que pour les sortir de leur situation.
Il y a la dépénalisation dont l'exemple vient de haut : Jack LANG, en soutenant les "rave-partys" laisse à penser que l'"ectasy" est une drogue "douce", donc peu dangereuse.
Cela prépare l'opinion à la libre circulation des stupéfiants dont le Professeur Gabriel NAHAS, toxicologue expert auprès de l'O.N.U., rappelle l'objectif : "Il plairait bien à de nombreux milieux de ramener les énormes sommes des fonds de la drogue dans les canaux légaux, pour pouvoir les contrôler selon les lois de l'offre et de la demande".
La toxicomanie est le miroir où se reflète l'effondrement spirituel et moral de notre société : elle est autant la conséquence de sa permissivité que la volonté des plus faibles d'en fuir les séductions artificielles. La désintégration de la famille et de ses valeurs, celle de l'éducation, le laxisme imposé au nom d'une conception erronée de la liberté, tout concourt à la diffusion de la toxicomanie. Les dirigeants publics de notre pays rejettent toute transcendance et toute morale : la société en paie le prix fort au travers d'un fléau qui n'a pas fini de s'étendre...
Merci, Monsieur le Président.
M. Philippe LAFAY, président, au nom de la 5e Commission. - Je réponds à votre question.
L'association "Horizons", située rue Perdonnay dans le 10e exerce depuis plus de 10 ans une mission unique à Paris : l'accueil et le soutien des familles marginalisées marquées par la toxicomanie, souvent monoparentales.
Pour y parvenir, elle a créé plusieurs structures, dont un centre d'accueil de jour pour les parents et leurs jeunes enfants, et également une unité de traitement de substitution d'une capacité de 25 places. Pour ces deux activités, elle reçoit le soutien du Département avec lequel elle est conventionnée. Le Département de Paris prend entièrement en charge depuis 1998 l'accueil parents/enfants assumé par une éducatrice spécialisée jeunes enfants, et par une psychologue à temps partiel spécialiste des relations précoces mères/enfants.
Toutes deux travaillent à consolider les liens familiaux et à favoriser l'éveil et le développement des petits-enfants accueillis d'une moyenne d'âge de 3 ans.
Plusieurs critères témoignent de l'efficacité de ce travail. La progression de la socialisation des enfants, dont 70 % avait accès à une structure collective en 1999, et l'augmentation de la fréquentation moyenne par les familles assurées de trouver à "Horizons" l'aide et la compréhension dont elles ont besoin.
L'unité de substitution : cette petite unité, d'une capacité de 25 places, permet à des parents ou à de futurs parents toxicomanes de bénéficier d'un traitement de substitution sous surveillance médicale. Cette action s'inscrit dans les objectifs de la convention Etat-Ville de mars 1996, qui sont de favoriser la stabilisation et la réinsertion sociale des toxicomanes marginalisés.
Les effets positifs de ce type de traitement sur l'état de santé et les liens sociaux des usagers de drogues ont été constatés dans plusieurs enquêtes et études. D'une part, le nombre de morts liées à une overdose d'héroïne a diminué de façon spectaculaire, de 80 % environ, surtout la stabilisation qu'apporte le traitement favorise la recréation des liens familiaux ou amicaux en dehors de la toxicomanie et la cessation de la délinquance liée au trafic de produits.
Une enquête réalisée en 1999 dans trois régions (Paris, Alsace et Aquitaine) montre que la proportion des usagers de drogue vivant de ressources illégales liées au deal ou de la mendicité est passée de 19 % avant traitement à 4 % avec traitement.
La stabilisation acquise permet aux personnes substituées d'améliorer leur insertion professionnelle. En 1999, un tiers des patients de l'unité de substitution d'"Horizons" ont pu effectuer un stage ou retrouver un emploi.
Voilà, Monsieur REVEAU, ce que j'avais à vous dire.
Je mets maintenant aux voix, à main levée, le projet de délibération ASES 59 G.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2000, ASES 59 G).
Je vous remercie.