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Novembre 2010
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2010, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la création d’une Brigade Spécialisée de Terrain dans le 12e.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2010


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 85 dans le fascicule, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, relatif à la création d?une brigade spécialisée de terrain dans le 12e arrondissement.

La parole est à Mme Michèle BLUMENTHAL, pour une minute.

Mme Michèle BLUMENTHAL, maire du 12e arrondissement. - Ce v?u a été adopté par les élus de la majorité municipale au Conseil d?arrondissement la semaine dernière.

Il est parti d?un constat que nous faisons, un constat de difficulté sur le secteur Brèche-aux-Loups, Tourneux et Faitan, surtout depuis l?été 2009, avec l?augmentation de regroupements de jeunes sur le secteur, en journée et en soirée.

Le nombre des appels au G.P.I.S. est nettement en hausse, plus de 600 depuis le 1er janvier, 60 % des interventions du G.P.I.S. sur le 12e arrondissement se faisant sur ce secteur.

Plusieurs opérations de sécurisation ont été menées conjointement par la police et le G.P.I.S.

Depuis fin mars, le dispositif policier a été considérablement renforcé, avec notamment le passage quotidien d?effectifs à vélo aux horaires de sortie de cours du collège, présence quotidienne avec six passages/jour contre deux en moyenne sur les autres quartiers du 12e, mais au détriment des autres quartiers de ce même arrondissement.

Deux réunions publiques sur le vivre ensemble à Contenot, l?une le 11 décembre 2009 et l?autre le 6 juillet 2010, regroupant tous les partenaires (élus, police, bailleurs, G.P.I.S., clubs de prévention, directeurs des écoles et principal du collège), demandent la création d?une équipe de correspondants nuit sur le secteur, avec l?appui des élus de la majorité depuis plusieurs mois.

Un dispositif de prévention a été développé par la Ville en lien avec ses partenaires, d?une part le retour du dispositif ?Ville Vie Vacances?, peu financé par la Ville et la Préfecture de Paris sur le site Paul-Valéry, alors qu?en 2009 la Préfecture avait préféré concentrer ses moyens sur le site du Tremblay. La fréquentation des jeunes du 12e arrondissement était passée de 150 à 200 par jour en 2008 à deux ou trois en 2009...

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Madame BLUMENTHAL, voulez-vous arriver à votre conclusion, s?il vous plaît ?

Mme Michèle BLUMENTHAL, maire du 12e arrondissement. - Aménagement de voirie devant l?entrée du 75-77 pour éviter les rodéos moto et les stationnements de véhicules sur le terre-plein central devant l?entrée du groupe ?Paris Habitat?.

Depuis la rentrée, mobilisation des animateurs de la filière de prévention par le sport de la D.J.S., avec des créneaux dédiés sur le gymnase de La Lancette à compter de la rentrée scolaire.

Mise en place de modules de prévention dans les classes de l?école Brèche et du collège sur les incivilités et le vivre ensemble, assurés par la mission de prévention et de communication du C.I.A.T.

Les habitants sont en demande d?une présence policière de proximité en journée et en soirée et nous considérons que la présence renforcée d?agents de police installés dans le quartier, connus des habitants et agissant dans le cadre d?une mission de service public peut contribuer à rétablir la confiance de la population et facilite le mieux vivre ensemble.

C?est pourquoi la création d?une B.S.T. supplémentaire à Paris, territorialisée sur ce secteur, nous semble particulièrement adaptée pour lutter contre l?insécurité et ramener la confiance et la tranquillité auprès de tous.

Merci.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Madame BLUMENTHAL, vous avez mis 2 minutes 40 alors que, théoriquement, vous n?aviez qu?une minute. Je sais bien que vous aviez beaucoup de choses à dire, mais bon.

Je donne la parole pour la réponse à M. SARRE et ensuite à M. le Préfet de police.

M. Georges SARRE, adjoint. - Monsieur le Maire, chers collègues, je donne un avis favorable à ce v?u qui est présenté par Mme la Maire du 12e arrondissement, même si je n?aurais pas rédigé les considérants en ces termes.

Paris bénéficie d?une certaine forme de police de proximité ; l?exception que représente la Préfecture de police est, à cet égard, à souligner.

Je suis aussi favorable à la police métropolitaine.

Pour autant, je ne peux être que favorable à toute mesure allant dans le sens d?un renforcement du lien qui doit exister entre les citoyens et leur police et favorable également à toute forme de supplément d?effectifs de proximité, là où les besoins sont les plus forts.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Monsieur le Préfet de police ?

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

Madame la Maire, 465 policiers étaient affectés au commissariat du 12e arrondissement le 1er janvier 2001 et, 10 ans plus tard, aujourd?hui, ils sont 490, soit 25 de plus.

Dans le même temps, le nombre de crimes et délits est passé de 15.200 à 11.600 et le taux d?élucidation, qui est l?une des façons, pas la seule, de mesurer la capacité du service public à répondre aux attentes des citoyens, est passé de l?un des taux les plus faibles de la Capitale, dramatiquement bas, 8,33 %, soit un fait sur 12, à 34 %, soit un fait sur trois et il a progressé dans à peu près toutes les catégories.

Vous avez bien voulu reconnaître que, suite aux problèmes qui se sont manifestés dans ce quartier depuis le début de l?année - que nous ne nions absolument pas, c?est sans doute le quartier le plus difficile de votre arrondissement -, le commissariat s?est particulièrement mobilisé.

Aujourd?hui, créer par redéploiement, au sein de notre commissariat, une telle brigade ne nous paraît pas la meilleure des choses car le commissaire a montré que l?on pouvait s?organiser pour être très présents et très efficaces.

En effet, si 211 plaintes ont été enregistrées depuis le début de l?année dans le quartier, les policiers ont mené 1.451 interventions et interpellé 78 personnes, ce qui montre que lorsqu?on a un dispositif réactif, qui peut se déployer et qui est de proximité, on peut obtenir des résultats policiers très clairs.

Néanmoins, il y a évidemment une pression très forte d?un certain type de délinquance, mais est-ce un véritable problème d?activité policière, de mode d?occupation du terrain ? Nous ne le pensons pas.

Certes, les dispositifs de surveillance ont été multipliés pour interpeller les auteurs de trafic de stupéfiants.

Plusieurs procédures judiciaires conduisant à des déferrements et à des condamnations ont été mises en ?uvre le 6 juillet, tous les services du commissariat ont participé à la réunion publique que vous avez organisée avec les représentants des riverains.

Toutes les mesures ont été présentées : sensibilisation des effectifs de jour comme de nuit, transmission de consignes, mise en ?uvre d?opérations de sécurisation, groupe local créé à l?initiative, prises de contact régulières avec les gardiens d?immeuble, c?est cela la proximité, mise en place de points de visibilité et rencontres de dissuasion sur le site concerné.

En marge du dernier Conseil le mois dernier, je vous présentais également le résultat des observations que nous avons menées pour identifier tant les meneurs que les membres des deux groupes qui squattent les lieux.

Il y a là 30 personnes, 19 dans un groupe, plutôt majeurs, de 18 à 25 ans, dont quatre meneurs principaux et 11 personnes dans l?autre groupe.

C?est sur ces 30 personnes que nous devrions faire porter l?effort le plus important. Les meneurs, nous nous en occuperons, néanmoins il y a beaucoup d?autres jeunes qui ont toujours un avenir au-delà de la délinquance, la plupart sont déjà connus des services de police et nous devons absolument mettre en ?uvre dans le cadre du contrat local de sécurité le suivi individualisé dont nous avons déjà parlé à de nombreuses reprises.

C?est devenu urgent. Il est indispensable qu?au-delà des actions répressives, nous puissions renforcer ce suivi des perturbateurs de l?ordre et de la tranquillité publique avec l?ensemble des acteurs publics et associatifs financés sur fonds publics : policiers, magistrats référents, services municipaux, éducateurs, associations ?uvrant dans le domaine de la prévention et médiateurs.

C?est pourquoi la Préfecture de police souhaite, dans le respect de la charte éthique adoptée par le Conseil supérieur du travail social, mettre en place un véritable suivi de ces personnes.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Préfet.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, assortie d?un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2010, V. 277).