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Novembre 2010
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2010, DJS 409 - Subvention à l’Union nationale des Lycéens 75 Section de Paris. Montant : 10.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2010


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DJS 409 relatif à l?attribution d?une subvention de 10.000 euros à l?Union nationale des Lycéens 75 Section de Paris.

La parole est à M. Yves POZZO di BORGO, et ensuite à M. Pascal CHERKI.

M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur le Maire, je ne serai pas long mais cette subvention suscite, au sein de notre groupe, certaines interrogations.

Vous nous proposez pour la seconde année consécutive de subventionner l?Union nationale lycéenne à hauteur de 10.000 euros.

Comme l?an dernier, je m?étonne de voir une association que tous les médias présentent comme une organisation proche de l?U.N.E.F. et un relais du parti socialiste dans les lycées, bénéficier d?une telle subvention.

Les médias, M. JULLIARD à l?époque m?avait contesté cela, mais les médias cette fois-ci encore, Monsieur JULLIARD, ont également largement parlé des liens de l?U.N.L. avec le courant de M. HAMON, porte-parole du Parti socialiste. On en avait parlé la fois dernière, rappelez-vous.

(Brouhaha).

En effet, si les lycéens disposent de droits et d?un système de représentation à tous les échelons, lycée, académie, national, ils ne disposent pas du droit de grève et de blocage. Cela, c?est le droit français. Or, l?U.N.L., lors des conflits sociaux sur les retraites de ces dernières semaines, a encouragé les lycéens à se mettre en grève et à bloquer des lycées, ce qui est une activité illégale, mais bon? c?est la politique.

Cela me gêne donc de voir de l?argent public subventionner une activité de formation organisée par un mouvement ouvertement politisé et qui pousse les lycéens à contrevenir à leur obligation d?assiduité.

Il existe une Délégation nationale de la vie lycéenne au sein du Ministère de l?Education nationale, chargée de veiller au pluralisme de l?expression des lycéens. Je trouve que c?est plutôt ce type de structure qui est à même d?apporter son aide aux élus lycéens.

Je m?interroge donc à nouveau cette année sur l?opportunité pour une collectivité territoriale de subventionner des organisations lycéennes, quel que soit leur bord politique.

Monsieur JULLIARD, vous êtes un responsable important du Parti socialiste. J?ai vu, dans les comptes publics, que vous avez beaucoup d?argent. Je crois que c?est peut-être au Parti socialiste de subventionner cette association et non pas à la Ville. Je m?interroge là-dessus. Cela fait deux fois qu?on le fait. Je crois qu?il faut que l?on soit très prudents, quels que soient nos amis politiques. Nous-mêmes, nous n?avons pas les relais que vous avez mais nous allons les avoir bientôt. Le Parti Communiste n?a pas demandé de subventions pour ses propres relais. Il faut être très prudent dans ce genre de chose.

(Brouhaha - rires).

Je défends les communistes par rapport aux socialistes ! Vous pouvez me remercier !

Sur le principe, je crois que c?est important.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Monsieur CHERKI, vous avez la parole.

M. Pascal CHERKI, maire du 14e arrondissement. - Au contraire, je voulais intervenir dans le sens inverse de M. POZZO di BORGO pour me féliciter de cette subvention. Pourquoi ?

Parce que la démocratie lycéenne est une conquête assez récente, elle a moins de 20 ans. Une longue bagarre en 1990 a permis d?obtenir les premiers droits des lycéens dans la loi, et a débouché progressivement sur un système d?élection d?élus lycéens dans les Conseils académiques de la vie lycéenne jusqu?au niveau national.

On sait qu?une des difficultés que rencontrent ces élus lycéens, bien évidemment, puisqu?il y a un grand turn-over, c?est la formation des élus. Je trouve très bien qu?une collectivité comme la Ville de Paris aide à l?émergence ou à la consolidation de la démocratie, à l?apprentissage de la démocratie dans les lycées.

(Brouhaha).

Je vois bien les raisons pour lesquelles les groupes politiques de droite du Conseil de Paris sont opposés à ce qu?on le fasse, mais l?U.N.L. est la première organisation syndicale lycéenne représentative et je ne doute pas que les critères sur la base desquels cette subvention a été déterminée sont tout à fait explicables et que Bruno JULLIARD le fera. En tout cas, moi, je sais que, quand j?étais adjoint aux Affaires scolaires, je n?avais pas eu le temps de concrétiser cela, mais j?avais bien l?intention de faire en sorte que la Ville donne des subventions aux deux organisations syndicales représentatives lycéennes que l?on connaissait à Paris.

(M. François DAGNAUD, adjoint, remplace M. Jean VUILLERMOZ au fauteuil de la présidence).

Voilà ! En tout cas, bravo à la Ville de Paris et bravo à Bruno JULLIARD de cette subvention tout à fait justifiable et, je pense, tout à fait justifiée.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour répondre, la parole est à M. Bruno JULLIARD.

M. Bruno JULLIARD, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Quelques brefs mots puisque nous avons déjà eu cet échange et cette discussion il y a un an quasiment jour pour jour, d?ailleurs, je crois. Quelques éléments de réponse.

D?abord, en introduction, vous dire que, Monsieur POZZO di BORGO, je n?ai pas le sentiment que ce qui vous gêne, ce soit l?avis des médias sur le pseudo manque d?indépendance d?une organisation qui, en réalité, est totalement indépendante et d?un point de vue fonctionnel et d?un point de vue économique et financier, y compris dans l?activité politique ou non de ses responsables, mais plutôt le fait qu?il y a eu, notamment récemment, ces dernières semaines, et puis les derniers mois et ces dernières années, des oppositions de l?immense majorité des organisations de jeunesse, et notamment lycéennes, à la politique du Gouvernement.

Laissez-moi vous dire une chose. S?il fallait que nous attendions qu?une organisation lycéenne soutienne la politique du Gouvernement pour que nous la soutenions nous-mêmes, nous ne serions pas près de soutenir aucune organisation lycéenne, puisque, de fait?

(Mouvements divers).

Il n?y en a pas, mais là, ce n?est pas le problème de la Mairie de Paris.

(Mouvements divers).

Ce n?est pas le problème de la Mairie de Paris mais bien celui du Gouvernement.

Cela dit, nous subventionnons une association. Statutairement, l?U.N.L. est une association loi de 1901, comme d?ailleurs les organisations étudiantes, qui ne sont, en réalité, pas des syndicats. Il n?y a donc pas de barrière juridique, bien évidemment, au financement des associations, a fortiori des associations de jeunesse. Premier élément.

Deuxième élément, il ne s?agit pas d?une subvention de fonctionnement mais bien d?une subvention de projet. Projet qui, d?ailleurs, est particulièrement pertinent puisqu?il s?agit de financer un week-end de formation destiné à tous les nouveaux élus parisiens dans les conseils de la vie lycéenne de chacun des établissements. Il n?y a donc pas uniquement des lycéens membres de l?U.N.L., mais il y a tous les lycéens qui sont invités par l?U.N.L. qui décide de faire un week-end de formation.

Je m?engage à ce que, si jamais une autre organisation, j?ai ouï dire, par exemple, dans la presse que l?U.N.I.-Lycée, qui existe, était peut-être proche de différents partis de droite. Mais qu?elle organise un week-end de formation, qu?elle invite tous les délégués lycéens des conseils de la vie lycéenne. J?espère qu?ils auront le même succès avec 600 participants, comme l?U.N.L. Evidemment, nous financerons ce projet qui est d?abord un projet pour favoriser la démocratie lycéenne.

(Brouhaha).

Je salue le rôle très actif de l?U.N.L. dans cette perspective que nous soutenons avec enthousiasme et plaisir.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et ?Les Verts?).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Monsieur JULLIARD.

Attention, ce genre de promesses n?engage que ceux qui les reçoivent !

Monsieur LAMOUR, pour une explication de vote ?

M. Jean-François LAMOUR. - Oui, on va quand même se les faire confirmer, Monsieur DAGNAUD, si vous en êtes d?accord !

Monsieur JULLIARD, si j?ai bien compris, si l?U.N.I.-Lycée dépose une demande de subvention à la Ville, elle l?obtient de votre part ?

Il faut être clair parce que j?ai cru comprendre qu?il n?y avait pas d?ostracisme, que la proximité de telle ou telle association liée aux lycéens permettait, sur la base de projets - sur la base de projets et on verra d?ailleurs la fameuse tête du projet de l?U.N.L., mais bon ! -, d?obtenir des subventions de la Ville. On est bien d?accord là-dessus ? Vous nous confirmez bien ce soir que vous donnerez une subvention, par exemple, puisque vous avez cité l?U.N.I., à l?U.N.I.-Lycée si elle vous propose un projet de formation ou d?autre chose ?

On est bien d?accord là-dessus ?

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - M. JULLIARD vous précisera que l?avis préalable du B.S.A. l?éclairera dans sa prise de décision.

(Brouhaha).

Monsieur JULLIARD ?

M. Bruno JULLIARD, adjoint, rapporteur. - Je vous répondrai deux choses.

La première est que cette subvention de l?U.N.L. intervient après plusieurs expériences réussies de week-end de formation des élus.

C?est en fonction de ces réussites que nous avons décidé de soutenir une initiative qui est une initiative citoyenne qui s?adresse à tous les délégués lycéens de tous les établissements lycéens de Paris. Premier élément.

Deuxième élément, je n?ai jamais caché que toutes les organisations de jeunesse, qui ne sont, de mon point de vue, pas assez nombreuses, y compris celles qui ont un engagement militant, qui n?est pas un engagement militant politique dans le sens traditionnel des partis politiques, nous les soutenons.

Par exemple, je ferai remarquer à l?ensemble des conseillers de Paris que nous soutenons tous les mouvements scouts qui existent à Paris. Jusqu?à présent, cela n?a pas choqué grand monde.

C?est ce qui contribue à la vitalité du milieu associatif de jeunes.

S?il y a des projets qualité qui sont présentés à destination de l?ensemble des délégués lycéens, la Mairie de Paris les soutiendra.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

On va peut-être clore, Président.

M. Jean-François LAMOUR. - Suspension de séance !

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Président LAMOUR, s?il vous plaît ?

M. Jean-François LAMOUR. - Je respecte le règlement, Monsieur le Président, mais là je demande une suspension de séance parce que M. JULLIARD vient de nous expliquer en gros que les scouts, c?était la même chose que l?U.N.L. donc, je demande une suspension de séance pour que nous puissions, au sein du groupe, définir la position du groupe après une annonce qui est somme toute assez? je la qualifie d?exotique !

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - 2 minutes pour quitter l?exotisme. 2 minutes de suspension.