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Octobre 2001
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85 - QOC 2001-352 Question de M. Claude DARGENT et des membres du groupe socialiste et radical de gauche à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative au bilan provisoire de la réalisation des couloirs de bus

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2001


Libellé de la question :
"La réalisation de couloirs réservés aux bus, taxi et vélos est une mesure phare de la nouvelle Municipalité parisienne. Ce nouveau partage de la voirie occupait d'ailleurs une place de choix dans le contrat que Bertrand DELANOË et les listes "Changeons d'ère" ont proposé aux Parisiens dès le 11 mars, lors du premier tour des élections municipales.
La première phase de travaux réalisée durant l'été constitue une étape dans la transformation profonde du paysage parisien qui va ainsi être opérée. Elle précède la nouvelle phase qui va être conduite à l'automne dans la quasi-totalité des arrondissements parisiens.
Il convient donc d'opérer un suivi précis des opérations déjà menées à bien. C'est pourquoi M. Claude DARGENT et les membres du groupe socialiste et radical de gauche souhaiteraient connaître le bilan provisoire qu'on peut dresser de la réalisation de ces couloirs réservés : vitesse moyenne des bus et taxi d'une part, des voitures particulières d'autre part, en comparaison avec la situation qui prévalait avant que ces travaux ne soient réalisés, fréquences des encombrements, évolution des problèmes rencontrés, concernant notamment le stationnement des véhicules de livraison.
Il serait d'autre part très utile que soit précisé selon quel calendrier les travaux de l'automne vont être menés dans les différents arrondissements."
Réponse (M. Denis BAUPIN, adjoint) :
"La première tranche de réalisation de couloirs autobus protégés mise en place cet été a fait l'objet de mesures pour évaluer non seulement les gains apportés aux autobus et mais aussi l'impact sur la circulation automobile.
De manière générale, environ 300.000 voyageurs/jour sont concernés par ces nouveaux aménagements.
Les premiers bilans montrent que les vitesses moyennes des autobus ont augmenté de près de 40 % au droit des aménagements. Cependant, ceux-ci n'étant pas continus sur l'ensemble du parcours des autobus, la progression de ces derniers est difficile entre les sections protégées. C'est pourquoi il faut tendre à des aménagements adéquats sur l'ensemble du linéaire des lignes.
Dans les mêmes lieux, la vitesse moyenne des taxis a également augmenté de manière significative.
L'impact sur la circulation générale montre une légère diminution de la vitesse moyenne des véhicules mais surtout une baisse des volumes de circulation sur les axes aménagés (entre 15 et 20 %).
En ce qui concerne les livraisons, en relation avec la Préfecture de police, celles-ci ont été admises sur lincolns créés dans les couloirs autobus lorsque cela était strictement nécessaire et des zones de livraisons sur chaussée ont été réalisées dans les voies adjacentes. De plus, lorsque cela était possible, le linéaire des aires de livraisons existantes a été augmenté et leur respect a été accru par une surveillance renforcée des services de police.
Deux réunions plénières de concertation, associant tous les utilisateurs de l'espace public, ont été tenues depuis septembre. Elles ont été prolongées de réunions spécifiques plus techniques sur des aspects particuliers, comme les livraisons ou les deux roues, avec les professionnels concernés afin d'ajuster au mieux les principes d'aménagements."
Réponse (M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE) :
"Le programme d'aménagement des couloirs bus d'un certain nombre de voies de la Capitale, qui a été mis en place par la Mairie de Paris, a pour objectif d'améliorer les conditions de circulation des transports en commun, des taxis et des vélos.
Comme je vous l'indiquais lors du précédent Conseil, il s'inscrit dans le cadre de la mise en ?uvre des objectifs fixés par la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie de décembre 1996, qui a été complétée, pour la Région Ile-de-France, par le plan régional pour la qualité de l'air et le plan de déplacements urbains.
Portant, pour sa première phase, sur un linéaire d'environ 41 kilomètres, celui-ci consiste essentiellement, outre l'élargissement des couloirs bus à 4,50 mètres pour y accueillir la circulation des vélos, à isoler physiquement ceux-ci de la circulation générale, au moyen de protections de nature et de hauteur variables.
Ainsi, au cours de cet été, 7,63 kilomètres de linéaire ont été mis en site propre dans le centre de Paris et 11,66 kilomètres sont actuellement en cours de réalisation sur la rocade nord.
Dans le but de mesurer l'impact de ces aménagements sur la circulation des autobus dans le centre de la Capitale, des points de contrôle ont été mis en place par la R.A.T.P. le long des voies concernées.
Les premières données recueillies auprès de cet organisme mettent en évidence le gain de temps réalisé sur les boulevards de Strasbourg et de Sébastopol par les autobus effectuant le trajet Châtelet/Gare de l'Est.
En effet, alors que celui-ci s'effectuait en 10 minutes au mois d'octobre 2000, il s'est réalisé, entre le 6 et le 13 septembre dernier, sur la plage horaire comprise entre 8 h et 9 h 30, en 5 minutes.
Selon les premières estimations réalisées par les effectifs de police, la vitesse moyenne des autobus et des taxis sur cet axe est passée de 7,8 kilomètres/heure à 13 kilomètres /heure.
S'agissant de la portion située sur la rue de Rivoli, cette vitesse est passée, selon les sections de voies concernées, de 7,8 à 9,6 kilomètres /heure et de 13,4 à 14,3 kilomètres /heure.
Cependant, en ce qui concerne les autobus, il faut noter que l'ensemble des progrès réalisés en matière de vitesse commerciale devrait être apprécié en prenant en considération la totalité de la ligne, de terminus à terminus, dans la mesure où sur certaines portions de trajets, la circulation des autobus s'effectue hors couloirs réservés, au sein de la circulation générale.
A cet égard, le prochain bulletin de l'observatoire des déplacements de la Ville de Paris devrait permettre d'appréhender globalement l'intérêt de ces projets sur le fonctionnement de l'ensemble du réseau, grâce à son indicateur de qualité des autobus, qui exprime les kilomètres réalisés par rapport aux kilomètres prévus, en tenant compte des kilomètres perdus en raison des difficultés de circulation.
Par ailleurs, il apparaît que la vitesse des véhicules particuliers circulant en dehors des couloirs réservés à diminué de manière négligeable, d'environ 1 à 2 kilomètres/heure, ce qui peut s'expliquer partiellement par la baisse de fréquentation de ces axes.
Enfin, je puis vous indiquer qu'une concertation a été engagée avec les maires d'arrondissement concernés afin de déterminer les emplacements de livraisons supplémentaires à implanter en lincoln le long des couloirs de bus ainsi qu'aux entrées des rues adjacentes, en vue de concilier les impératifs liés à la circulation des autobus avec l'activité commerciale des entreprises installées dans ces secteurs."