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Octobre 2001
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Conseil Municipal
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12 - IV - Question d'actualité du groupe "Ensemble pour Paris" à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police demandant le respect d'une minute de silence dans l'hémicycle suite à l'assassinat de deux policiers tombés dans l'exercice de leurs fonctions

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2001


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons maintenant à la question du groupe "Ensemble pour Paris".
La parole est à M. ARAJOL.
M. Jean-Louis ARAJOL. - Monsieur le Maire, la semaine dernière, une nouvelle fois, deux policiers sont tombés, lâchement assassinés, victimes du devoir dans l'exercice de leurs fonctions.
Les principaux syndicats de police, autonomes et républicains, appellent à une marche silencieuse demain, comme vous le savez, à 13 heures, vers l'ensemble des préfectures du territoire national.
En région parisienne, ce grand rassemblement aura lieu demain, le 23 octobre, à 13 heures devant le Tribunal de grande instance de Créteil.
Ce drame, chacun le sait, a suscité une très vive émotion au sein de l'ensemble des forces de sûreté de notre pays.
C'est pourquoi, fort de la très récente déclaration de M. le Préfet de police à laquelle je souscris - nous souscrivons tous - totalement, répondant à votre vision, certes partagée par une grande partie de cet hémicycle, mais tout de même quelque peu sélective de l'histoire et stipulant, je cite, je fais allusion aux propos de M. le Préfet de police, que "la mémoire s'exerce à l'égard de toutes les victimes", je vous demande, Monsieur le Maire, au sein de cet hémicycle, de faire respecter solennellement une minute de silence à la mémoire des policiers parisiens assassinés dans l'exercice de leurs fonctions. Cela, croyez le, serait considéré comme un hommage solennel de la Ville de Paris aux forces de sûreté victimes du devoir. Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "Ensemble pour Paris").
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Christophe CARESCHE.
M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Monsieur le Maire, je voudrais dire à M. ARAJOL que j'apprécie sa question, en particulier la première partie. S'il s'agit de rendre un hommage aux policiers qui, particulièrement dans les circonstances actuelles, exercent un métier très difficile présentant des risques importants, le Maire de Paris est tout à fait favorable à une initiative de ce type.
En revanche, je voudrais dire, sans esprit de polémique, qu'il ne s'agit pas pour nous de rétablir je ne sais quel équilibre : dans notre esprit, il n'a jamais été question en effet d'opposer les uns aux autres. Sur ce point et à cette condition, nous répondons oui à l'initiative de M. ARAJOL.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Non, Monsieur le Maire, je n'ai rien à ajouter. Je me suis exprimé à propos des policiers victimes de leur devoir pendant la période de la guerre d'Algérie et je n'y reviendrai pas. Je voudrais simplement dire combien nous sommes tous affectés par ces deux nouveaux assassinats de policiers qui viennent s'ajouter à cinq autres depuis le début de l'année. Il y a là effectivement un problème qui nous interpelle et qui, je crois, doit tous nous interpeller dans ce développement de la violence, violence qui va aujourd'hui jusqu'à l'assassinat des policiers.
Nous sommes tous interpellés. On ne peut que s'incliner devant ces victimes et tous nous interroger en conscience sur ce qu'il faut faire pour mettre fin à cette spirale de violence qui n'est pas conforme à ce que l'on attend de notre démocratie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur ARAJOL, je me permettrais d'ajouter un mot d'abord pour dire mon total accord philosophique avec les deux interventions qui viennent d'être faites, celle de Christophe CARESCHE et celle de M. le Préfet de police.
Je voudrais vous dire, avec modestie et sans esprit polémique, que le principal hommage que l'on peut rendre aux forces de sécurité, c'est de tenter de leur donner les moyens de leur travail. C'est ce que nous tentons de faire, sans doute imparfaitement, mais c'est un autre sujet que j'évoquais un peu ce matin. Je crois que c'est cela la vraie réponse.
Par ailleurs, par rapport aux victimes qui, dans l'exercice de leur mission, à notre service, nous les citoyens de Paris, j'ai toujours veillé depuis que je suis Maire de Paris a être très présent dans les hommages qui sont rendus ; d'ailleurs, cela m'amènera, plus tard dans la journée, à m'exprimer à propos d'un v?u. Dans la cour de la Préfecture de police, que vous connaissez très bien, il y a ces plaques importantes et je m'y suis rendu à plusieurs reprises en votre nom et y ai déposé des gerbes plusieurs fois.
Donc je souhaite que, sans opposer justement les catégories de population, en prenant les forces de sécurité tout simplement pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire des agents du service public pour la sécurité des Parisiens et des Parisiennes, les occasions soient saisies de leur dire notre estime, notre considération, notre reconnaissance. C'est pourquoi je n'ai pas voulu rater l'occasion que vous me donniez à travers votre question. Ce qui a été le sens de la réponse de M. Christophe CARESCHE.