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Octobre 2001
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39 - Vœu n° 45 déposé par M. GOUJON, au nom du groupe R.P.R. à M. le Maire de Paris et à M. le Préfet de police relatif aux mesures à prendre pour lutter contre le trafic de drogue dans les secteurs de la Chapelle-Château-Rouge-Stalingrad-Aubervilliers

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2001


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l'examen du v?u n° 45 présenté par M. GOUJON et nous en aurons terminé avec la 5e Commission.
Sur le v?u n° 45, je donne la parole à M.GOUJON pour le présenter.
M. Philippe GOUJON. - Il s'agit d'un voeu concernant un secteur que vous connaissez bien, Monsieur le Maire, celui de la Chapelle-Château-Rouge-Stalingrad-rue d'Aubervilliers, qui - vous le reconnaîtrez - est maintenant devenu une véritable zone de non-droit en plein Paris, abandonnée aux toxicomanes, aux dealers, aux délinquants. Le trafic de drogue - je sais que certains souhaitent le tolérer ici - est commis en plein jour et au vu et au su de chacun. Le moindre espace est consacré au trafic qui se déroule jusque dans les immeubles, les trafiquants sont maîtres des rues où ils sont présents par dizaines le jour, par centaines la nuit.
Evidemment tout cela est accompagné du lot habituel d'agressions, de violences, de délits, de manquement à l'hygiène, de précarité, de nuisances de toutes sortes.
(Manifestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement des citoyens et "Les Verts").
Je sais que quand on s'attaque au trafic de drogue, cela ne plaît pas à l'extrême gauche là-bas, mais enfin c'est ainsi !
(Brouhaha).
La colère des habitants s'est traduite par de nombreuses pétitions et manifestations qui ont lieu régulièrement, excédés par la passivité des Pouvoirs publics, au premier rang desquels le premier adjoint maire du 18e, en même temps Ministre de l'Intérieur. Ces riverains ont désormais mis en place une coordination des quartiers nord de Paris dont le mot d'ordre salutaire est "non à la drogue à Paris" slogan que nous faisons nôtre, afin d'éviter le transfert de trafic et de délinquance d'un quartier à l'autre.
Nous posons donc la question - nous adressons le v?u au Maire de Paris et au Préfet - de l'affectation et du déploiement sur le terrain des effectifs de police nécessaires pour rendre effective l'interdiction du trafic de drogue dans ces quartiers sinistrés, le démantèlement des filières du trafic par une augmentation du nombre des policiers affectés aux services spécialisés, la mise en oeuvre d'une véritable politique de lutte contre la consommation et le trafic des stupéfiants à tous les niveaux et notamment par la police et la justice et nous nous opposons totalement et catégoriquement à la dépénalisation et à la légalisation de l'usage et du trafic de drogue.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", Démocratie libérale et indépendants, "Ensemble pour Paris" et "Union pour la démocratie française").
Et enfin, la mise en ?uvre par la Mairie d'une politique de prévention, de rénovation, de restauration de la propreté, digne de ce nom.
Voilà, Monsieur le Maire, le v?u que nous soumettons à nos collègues.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur GOUJON, je vais vous répondre, pour ce qui concerne la Municipalité, en complétant la réponse que j'ai déjà donnée tout à l'heure à un autre v?u. Les représentants de la Préfecture de police pourront vous donner ensuite un certain nombre d'informations sur leur activité en ce domaine.
C'est un secteur que je connais bien. Je voudrais dire que j'ai été un peu surpris à la lecture de votre v?u, car vous y dénoncez l'état d'insalubrité des quartiers, vous dénoncez leur dégradation, vous y dénoncez les squats existants.
Monsieur GOUJON, vous étiez, il n'y a pas si longtemps, dans l'exécutif de la Mairie de Paris et, honnêtement...
(Vives protestations sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", "Union pour la Démocratie française", "Démocratie libérale et indépendants" et "Ensemble pour Paris").
... permettez-moi de vous dire que ces critiques...
(Brouhaha).
... s'adressent d'abord à vous !
Il est vrai, Monsieur GOUJON, que, durant des années, ces quartiers n'ont pas bénéficié de l'aide publique qu'ils auraient dû recevoir, notamment de la part de la Municipalité.
(Brouhaha).
(Vifs applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, "Les Verts" et du Mouvement des citoyens).
De même, Monsieur GOUJON, vous nous dites que vous êtes opposé à la drogue à Paris et que vous avez fait voter le slogan "Non à la drogue à Paris !" Mais quelle a été la politique de la municipalité précédente dans ce domaine ? Quel est votre bilan, Monsieur GOUJON ?
M. Philippe GOUJON. - C'est de la compétence de l'Etat !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous le connaissons : la Ville a toujours refusé de s'engager dans une politique de mise en place de structures de soins pour les toxicomanes et, dans tous les cas...
M. Philippe GOUJON. - C'est du ressort de l'Etat et du Ministre de l'Intérieur !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président.- ... vos amis, que ce soit dans les 18e, 10e, ou 19e arrondissements...
(Brouhaha).
... ont été les premiers à s'opposer quand elles existaient aux structures de soins pour toxicomanes.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, "Les Verts" et du Mouvement des citoyens).
Voilà, Monsieur GOUJON, le bilan de votre politique et je redis ce que j'ai dit tout à l'heure : pour la première fois aujourd'hui la Ville s'est engagée à soutenir "Coordination 18" le seul dispositif de ce type existant à Paris. Vous avez toujours refusé, pour votre part, de soutenir cette action !
Nous présenterons prochainement un plan d'action global sur la nécessité de mettre en place des structures de prise en charge des toxicomanes sur le plan sanitaire.
Dernier élément que je souhaite vous indiquer : le Préfet de police, les élus de Paris et la Mairie de Paris recevront tous les acteurs et l'ensemble des associations. Nous le ferons, non pas pour simplement les recevoir et leur montrer que nous sommes largement autant que vous à leurs côtés dans cette conjoncture, mais pour leur donner des réponses et leur faire des propositions concrètes. Cette réunion se tiendra dans quelques semaines.
Je donne la parole à la Préfecture de police pour le volet qui la concerne.
Merci.
M.Philippe GOUJON. - Vous n'avez pas répondu sur le crack.
M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Je voudrais compléter ce qui vient d'être dit en précisant le dispositif qui a été mis en place et quels sont les derniers résultats obtenus.
Je voudrais indiquer que la recrudescence des nuisances constatées dans le périmètre élargi qui se trouve autour de la place Stalingrad a conduit la Préfecture de police à mettre en place un dispositif renforcé spécifique et coordonné sur les trois arrondissements concernés à compter du mois de septembre.
On fait intervenir quatre catégories d'effectifs sur place :
Il y a, d'une part, des policiers de quartier qui ont été fidélisés sur des aires spécifiquement définies de manière à organiser au mieux la complémentarité des trois arrondissements par rapport au problème de la toxicomanie.
Ensuite, il y a les policiers en tenue de la Brigade anti-criminalité de secteur qui sont présents le jour et qui sont relayés par la Brigade anti-criminalité de nuit en période nocturne.
Ensuite, il y a les effectifs du Service de protection et de surveillance des réseaux ferrés parisiens.
Et enfin, des effectifs de renfort qui y sont en permanence, soit des C.R.S., soit des compagnies d'intervention de la Direction de l'Ordre public et de la Circulation de la Préfecture de police.
L'ensemble de ce dispositif, coordonné en permanence par le chef du 3e secteur, a permis de contrôler, dans la période limitée du 22 septembre au 18 octobre, 1.198 toxicomanes, a permis de contacter 1.054 riverains et de visiter 850 parties communes d'immeubles.
En liaison étroite avec le Parquet de Paris et avec la participation de la Brigade des stupéfiants de la Police judiciaire, cette action a permis une intensification des procédures judiciaires en flagrant délit. En particulier, sur cette période limitée du 22 septembre au 18 octobre, 27 procédures pour trafic ou revente de produits stupéfiants, dont la dernière affaire en date du 17 octobre a permis la saisie de 105 doses de cocaïne et de plus de 100.000 F, 19 procédures d'usage de produits stupéfiants et 61 procédures de détention de produits stupéfiants ont été réalisées.
Voilà le bilan que je voulais vous indiquer sur la zone concernée.
M. Philippe GOUJON. - Maigre bilan !
M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Je crois au contraire que c'est une action tout à fait significative.
M. Philippe GOUJON. - Ce n'est pas ce que pensent les habitants !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci. Je vais mettre le v?u aux voix...
Monsieur NAJDOVSKI, vous voulez la parole pour une explication de vote ?
M. Christophe NAJDOVSKI. - Je sollicite la parole pour une explication de vote du groupe "Les Verts" et je demande la possibilité d'offrir la parole à Sylvain GAREL pour cette explication.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je pense que c'est possible, oui. Courte... La durée ne peut excéder une minute, Monsieur GAREL.
M. Sylvain GAREL. - Monsieur GOUJON, bien sûr, la présence des forces de l'ordre est nécessaire dans l'immédiat pour sécuriser les quartiers. Mais elle n'est absolument pas suffisante. Nous devons rapidement mettre en place une politique ambitieuse en matière de toxicomanie à Paris.
Cela passe par la création d'équipes de rue spécialisées dans toute la Capitale, à l'instar de celles qui interviennent dans le 18e.
Il faut aussi ouvrir des lieux d'accueil pour les toxicomanes. Ces lieux doivent permettre aux usagers de drogue de pouvoir sortir de leur dépendance s'ils le souhaitent...
(Brouhaha sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", "Union pour la Démocratie française", "Démocratie libérale et indépendants" et "Ensemble pour Paris").
... lieux d'accueil de jour, de nuit, centres méthadone, mais aussi des lieux où les toxicomanes peuvent consommer leurs produits en toute sécurité...
(Brouhaha sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", "Union pour la Démocratie française", "Démocratie libérale et indépendants" et "Ensemble pour Paris").
... et ne sont plus contraints de se shooter ou d'inhaler du crack dans des cages d'escalier, sur des trottoirs, dans des squares...
(Vacarme sur les bancs des groupes "Rassemblement pour la République et apparentés", "Union pour la Démocratie française", "Démocratie libérale et indépendants" et "Ensemble pour Paris").
Il ne faut jamais oublier que les premières victimes de la toxicomanie sont les usagers de drogue dépendants. En nous préoccupant de leur santé, de leur intégrité, en leur permettant de ne plus dépendre des circuits mafieux de la drogue, nous les aiderons à sortir de l'enfer où ils se trouvent. C'est aussi le meilleur moyen pour éviter que le trafic de drogue et la toxicomanie ne détruisent certains de nos quartiers et rendent difficile pour ne pas dire impossible la vie de milliers de Parisiens qui ont pour seul tort d'habiter ou de travailler dans des quartiers trop longtemps laissés à l'abandon par votre politique.
Voilà pourquoi "Les Verts" voteront contre ce v?u totalement démagogique.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Les Verts", socialiste et radical de gauche).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur GAREL, vous avez utilisé 1 minute 15 alors que vous aviez droit selon le règlement intérieur à une minute. Je pense que vous avez respecté la règle que nous nous étions fixée.
Je donne maintenant durant une minute, pas plus, la parole à M. ARAJOL pour une explication de vote.
M. Jean-Louis ARAJOL. - Je vous remercie, Monsieur le Maire.
Je voudrais dire, d'une manière très calme et très sereine, que je suis complètement, mais alors vraiment scandalisé. Non, mais vous pouvez dire ce que vous voudrez, mais je ne sais pas si vous aurez autant de courage à exprimer ce que vous avez exprimé lors de certaines interventions ici, devant la population qui est censée parfois malheureusement à tort voter pour vous. Je ne parle que pour quelques-uns des membres de la majorité plurielle.
Moi, je crois que ceux qui habitent sur le 19e et qui vivent cela au quotidien ne trouvent pas cela très risible, et estiment que ce sujet est un problème grave. Je le répète, je suis scandalisé de voir le comportement de certains élus sur un problème aussi grave. Cela prête à rire pour vous, pour moi cela ne prête pas plus à rire que de proposer en contrepartie à ce problème des maisons de consommation de drogue. Voilà !
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Ensemble pour Paris", "Rassemblement pour la République et apparentés", "Union pour la Démocratie française", "Démocratie libérale et indépendants").
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur ARAJOL.
M. LHOSTIS a la parole pour une explication de vote.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Je pense que ce v?u bien sûr, comme l'a dit Christophe CARESCHE, est complètement démagogique. Depuis 25 ans vous n'avez rien réglé de la situation, Monsieur GOUJON. Nous avons eu des problèmes autrement plus graves à la place Stalingrad où il y avait des groupes de plusieurs centaines... J'habite à 300 mètres de là, Monsieur ARAJOL, taisez-vous !... Taisez-vous, j'habite là, moi !
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement des citoyens et "Les Verts").
Taisez-vous, moi j'habite à côté, depuis des années, et moi je vais parler avec la population.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Continuez, Monsieur LHOSTIS, ne vous laissez pas distraire.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Moi je vais parler avec la population !
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Allez-y, Monsieur LHOSTIS.
(Mouvements divers).
Laissez M. LHOSTIS finir son intervention.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - C'est bien normal parce qu'évidemment les uns et les autres vous êtes élus du 19e, qu'est-ce que vous avez fait pour cela ?
M. Michel BULTÉ. - On les a virés !
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Nous n'avons pas de leçon à recevoir...
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Continuez.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - ... du côté de M. GOUJON qui habite bien loin de là, bien loin. Monsieur BULTÉ, on n'en parle plus dans le 19e, l'affaire est réglée. M. ARAJOL je ne l'ai pas vu il y a quelques années.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Attendez, Monsieur LHOSTIS, terminez en 15 secondes votre intervention et je donnerai la parole à M. SÉGUIN pour un rappel au règlement.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Nous souhaitons, vous l'avez dit tout à l'heure, effectivement que la police fasse son travail et ce qui a été dit par le Préfet de police est encourageant et la population nous l'a témoigné et je vous en remercie.
Mais si nous ne voulons pas simplement éclater les lieux de drogue, nous devons travailler en profondeur parce que cela se déplace sur un certain nombre de quartiers mais cette question là ne sera réglée à terme que par la prévention et c'est à cela que nous travaillons, main dans la main, avec M. Christophe CARESCHE et d'autres. Et les anathèmes et les cris que vous prodiguez ici, dans cette salle, n'ont rien de sérieux.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
M. SÉGUIN a la parole.
M. Philippe SÉGUIN. - Je demande une suspension de séance de dix minutes s'il vous plaît.
Merci.