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Octobre 2001
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82 - QOC 2001-337 Question de Mme Véronique DUBARRY et des membres du groupe "Les Verts" à M. le Maire de Paris au sujet du dispositif "Action jeunes information"

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2001


Libellé de la question :
"Depuis 1989, La Ville de Paris (D.P.P.) a mis en place un réseau d'antennes "Action jeunes information", implantées dans les quartiers parisiens identifiés comme étant les plus sensibles.
Les A.J.I., souvent seuls lieux d'accueil dans ces quartiers, sont dans bien des cas des "soupapes de sécurité", ne permettant plus un travail de fond mais plutôt une gestion de l'urgence afin d'éviter les débordements de violences. Les animateurs et agents locaux de médiation sociale (A.L.M.S.) y travaillent dans des conditions extrêmement difficiles (menaces, injures, vandalisme, etc.). La fermeture récente de l'A.J.I. du 10e arrondissement en est la conséquence.
Au regard tant des objectifs attendus : "assurer un rôle d'accueil de conseil et d'accompagnement, contribuer à l'insertion sociale des jeunes, réduire la tension au sein des grands ensembles" que de l'évolution socio-économique de ces quartiers.
Mme Véronique Dubarry et les membres du groupe "Les Verts" demandent donc à M. le Maire de Paris :
1°) de repenser un dispositif qui date de plus de 10 ans ;
2°) de revoir la qualification des équipes, qui n'ont à ce jour reçus aucune formation spécifique à la médiation. Quid d'une éventuelle formation continue de tous les personnels qui pourrait mener à une requalification des personnels (tant professionnelle que salariale) et surtout à une éventuelle réorganisation des équipes afin d'avoir une approche globale de la prévention ? Des équipes pluri-professionnelles (animateurs, éducateurs spécialisés, psychologues, etc.) ne pourraient-elles pas être imaginées ?
3°) Si les organismes gestionnaires, I.F.A.C. et P.L.J., qui reçoivent des subventions conséquentes, ont été choisis sur la base d'un appel d'offre ? Ne peut-on pas envisager une gestion directe de ces animateurs par la Ville de Paris ?
4°) Enfin, au regard des objectifs fixés aux A.J.I. et des quartiers où ils se situent, ne seraient-ils pas opportun de repenser le dispositif conjointement à plusieurs directions (DPP, DJS et Politique de la ville) ? Le travail de réflexion et d'étude approfondie en cours pourrait-il associer les conseillers d'arrondissement en charge de ces questions ?"
Réponse (M. Christophe CARESCHE, adjoint) :
"Pour apaiser les tensions naissantes entre jeunes et adultes dans les ensembles immobiliers sociaux sensibles, la Ville de Paris - Direction de la Prévention et de la Protection - a développé, à compter de 1989, un réseau d'antennes "Action Jeunes Information" (AJI).
Placées sous la responsabilité d'un animateur, ces petites structures de proximité ont pour rôle d'accueillir, de conseiller et d'accompagner les jeunes pour contribuer à leur insertion sociale.
Jusqu'alors, aucun niveau scolaire particulier n'a été demandé à leur responsable. Seul un Brevet d'Aptitude à la fonction d'animateur était requis, la capacité à faire face à des situations difficiles prévalant sur l'exigence de diplômes.
Mais, la mission confiée aux animateurs nécessite avant tout un large éventail de connaissances dans des domaines aussi variés que le marché de l'emploi, les aides sociales, la santé ou encore les bases du droit.
Leur motivation reste essentielle pour leur recrutement, d'autant qu'ils ont toujours la possibilité de s'appuyer et de s'informer auprès des autres animateurs -très solidaires entre eux- ou des responsables d'associations de quartier avec lesquels ils travaillent en parfaite synergie.
De plus, ils suivent régulièrement des formations dans le but d'actualiser leurs connaissances ou d'améliorer leurs conditions de travail : stages sur la prévention des conduites à risques, sur le dispositif d'Aide sociale à l'enfance, stages de gestion des conflits et stage de gestion du stress.
Les animateurs responsables des AJI ont été recrutés auprès de deux associations "IFAC" et "PLJ" qui mettent ces personnels à disposition de la Ville sur la base d'une convention, en contrepartie d'une subvention budgétée incluant les salaires, les frais de gestion ainsi que le budget de fonctionnement de ces structures.
L'évolution de la législation conduit, pour l'avenir, à prévoir, pour le recrutement de ces animateurs, la passation d'un marché public européen de prestations de service. Cette procédure pourrait être appliquée, à compter de 2002.
Une gestion directe de ces personnels pourrait être envisagée. Une telle gestion impliquerait toutefois la création d'un corps spécifique de fonctionnaires ou l'intégration de ces personnels dans un corps d'accueil, dont le cadre d'emploi répondrait au mieux à leurs conditions de recrutement et à leurs fonctions.
Il faut, bien entendu, et avant toute modification fondamentale de ce dispositif, mener une réflexion commune sur son devenir. Les Directions de la Ville oeuvrant en matière de prévention, tout comme les élus d'arrondissement en charge de ces questions, y seront évidemment associées."