Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Octobre 2001
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

208 - QOC 2001-383 Question de M. Laurent DOMINATI à M. le Maire de Paris concernant l'état de la pollution rue de Rivoli, au niveau du métro Saint-Paul, depuis la mise en place des couloirs de bus

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2001


Libellé de la question :
"Une enquête publiée par "Airparif" faisait état, en juin dernier, d'une pollution extrêmement importante dans certains quartiers de Paris et notamment du côté impair de la rue de Rivoli, au niveau de la station de métro Saint-Paul (4e) : les passants et habitants inhaleraient en moyenne 73 milligrammes de dioxyde d'azote (NO2) par mètre cube, ce qui est largement au-dessus de la norme.
M. Laurent DOMINATI souhaiterait savoir si de nouvelles mesures "d'Airparif" au même endroit avaient révélé une baisse significative de la pollution depuis la mise en place d'une nouvelle politique de circulation rue de Rivoli."
Réponse (M. Yves CONTASSOT, adjoint) :
"L'étude à laquelle il est fait allusion est une étude européenne intitulée "LIFE Resolution" consistant à réaliser des cartographies des deux indicateurs principaux de pollution d'origine automobile, le dioxyde d'azote et le benzène, parallèlement en Région Parisienne (314 sites répartis sur 120 communes, dont 28 à Paris intra muros gérés par la Direction de la Protection de l'environnement), à Dublin, à Rome et à Madrid. Un rapport préliminaire donnant les résultats des deux premières des six campagnes de mesures organisées, a été publié par AIRPARIF.
Ces premiers résultats confirment que l'exposition moyenne du citadin aux polluants d'origine automobile, est supérieure aux normes et objectifs de santé publique internationalement reconnus, ce qu'avait déjà constaté le "Plan régional pour la qualité de l'Air" (PRQA), signé le 31 mai 2000 par M. le Préfet de Région.
En dehors de la pollution librement choisie (le tabagisme actif par exemple), l'exposition du citadin est telle que les objectifs de santé publique ne sont pas atteints pour les deux principaux indicateurs de la pollution d'origine automobile : le dioxyde d'azote NO2 et le benzène. De fait, le citadin est exposé dans l'agglomération parisienne à des niveaux moyens de "pollution de fond" supérieurs aux objectifs de santé publique. Ces objectifs (50ug/m3 pour le NO2 et 2ug/m3 pour le benzène en niveaux annuels) y sont largement dépassés avec des teneurs moyennes observées de l'ordre respectivement de 60ug/m3 et 3,5 ug/m3 environ aux stations parisiennes. Bien entendu, en " pollution de proximité " c'est à dire aux stations de mesures installées sur les trottoirs ou dans le trafic, les niveaux observés sont encore plus forts. Ainsi, à moins d'un mètre des voies du boulevard périphérique, le niveau annuel en 2000 de N02 a été de 92ug/m3, et de 96ug/m3 place Victor Basch (au milieu du trafic). L'étude de "LIFE Resolution" a montré à proximité de la rue de Rivoli, à hauteur du métro Saint-Paul une teneur moyenne hebdomadaire de 73ug/m3, diminuant jusqu'à 55ug/m3 à quelque 200 mètres de cette voie de circulation. L'ensemble de ces résultats apparaît donc cohérent avec les données issues de la surveillance permanente.
Il convient de souligner qu'une directive encore plus sévère est déjà publiée, préconisant un "objectif de santé publique" fortement abaissé. Elle prévoit ainsi qu'une teneur moyenne annuelle de 40ug/m3 de NO2, devra être atteinte en 2010. Pour cet indicateur NO2, une baisse des niveaux moyens mesurés en pollution de fond, de l'ordre de 50 % devra donc être observée à cette époque ! Des actions fortes devront donc rapidement être engagées.
Pour préciser l'importance de l'effort à réaliser, on peut souligner que l'hypothèse de l'application dès aujourd'hui de cette norme plus sévère ferait passer de 55 % à 95 % le pourcentage des 5 millions d'habitants de la zone dense exposés à des teneurs supérieures à l'objectif de santé publique sur leur lieu d'habitation et de 68 % à 97 % le pourcentage des 3 millions de personnes exposées aux niveaux moyens dans la zone de leur lieu de travail !
Ces données montrent à l'évidence l'importance de l'effort à réaliser au plan de la diminution des émissions polluantes et donc du trafic des véhicules de particuliers en milieu urbain, au profit des modes de déplacements propres (transports en commun dont le métro et le tramway, vélos, rollers etc.).
Bien évidemment, et dans le cadre de la poursuite de l'étude européenne déjà évoquée, la Ville s'attachera à tirer tous les enseignements des campagnes de mesures successives. Elle tentera notamment d'évaluer l'impact, sur l'évolution de la qualité de l'air, des récentes décisions et des aménagements de voirie réalisés durant l'été."