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Octobre 2001
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15 - VII - Question d'actualité de Mme DUBARRY, au nom du groupe "Les Verts" à M. le Maire de Paris relative aux problèmes liés aux toxicomanies sous plusieurs angles, policier, sanitaire et social

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2001


M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Véronique DUBARRY. Nous allons reparler de tout cela, à l'occasion notamment du budget.
Mme Véronique DUBARRY. - Les récentes déclarations politiques, la vôtre, Monsieur le Maire, lors du débat sur la sécurité, celle plus récente de Roger MADEC, les travaux de la MILT, ceux des professionnels de la réduction des risques, font que le débat sur les toxicomanies prend, fort heureusement, une nouvelle tournure. Il s'agit maintenant d'aborder les problèmes liés aux toxicomanies sous plusieurs angles : policier, bien sûr, mais aussi sanitaire et social.
Les difficultés des habitants des différents quartiers, je pense bien sûr à Stalingrad, appellent des réponses urgentes. Nous souhaitons que celles-ci soient le plus large possible et donc pas seulement répressives et policières. Rejoignant en cela une partie des habitants d'ailleurs qui en ont assez de voir dealers et usagers de drogues changer de quartier sous la pression des flux policiers. Et même si les habitants ne reçoivent qu'une information univoque de la Préfecture de police, il se trouve des habitants de ces quartiers, pourtant directement concernés par les violences liées aux toxicomanies, pour avoir des attitudes plus constructives et propositionnelles. Même les discours des policiers ont évolué, s'appuyant en cela sur une réalité de travail quotidienne et reconnaissant que leur présence seule ne résout pas les problèmes de fond.
Il semble évident que si l'on ne veut pas des usagers de drogue dans la rue, et ce n'est souhaitable ni pour eux ni pour les habitants, il faut des équipes de rue dans chaque quartier concerné, pour les prendre en charge et pour les amener vers des lieux d'accueil de jour comme de nuit.
Si l'on ne veut pas que les usagers se retrouvent dans l'obligation de se piquer dans les cages d'escalier, il faut aussi des lieux adaptés, je parle bien de salles de consommation. Si l'on veut que les usagers de drogue n'en soient plus, il faut plus de structures de cure et de post-cure.
Il serait donc temps à Paris, et surtout à Paris parce que cela aurait valeur d'exemple, de faire coïncider les discours des spécialistes, des politiques et des habitants, avec des actes, par la mise en place d'une politique courageuse.
Monsieur le Maire, quand sera mis en place à Paris un plan de lutte contre les toxicomanies et d'aide aux usagers, prenant en compte ces avancées ?
Quand y aura-t-il à Paris des équipes de rue, formées, nombreuses, dans les quartiers concernés ? Quand seront ouvertes des salles de consommation ou des lieux d'accueil de jour et de nuit ? Quand enfin sera mis en place un programme cohérent réunissant associations d'usagers, structures sociales, associations de riverains, police de proximité, qui fasse le lien entre tous ces acteurs de la prise en charge des toxicomanes, tant pour les riverains que pour les usagers de drogue eux-mêmes ?
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement des citoyens et "Les Verts").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez respecté votre temps de parole, j'apprécie.
Monsieur CARESCHE, vous avez la parole.
M. Christophe CARESCHE, adjoint. - Oui, Monsieur le Maire, je vais répondre à cette question. M. LHOSTIS aurait tout aussi bien pu le faire.
C'est vrai. Il s'agit d'un problème d'ordre public, tant les nuisances liées aux problèmes de toxicomanie peuvent dans certains quartiers dépasser les seuils de tolérance.
Mais c'est aussi, vous l'avez dit, et je crois que les policiers et la Préfecture de police sont les premiers à le constater, un problème de santé publique. Nous savons tous que, dans ce domaine, la répression atteint très vite ses limites et il faut donc développer, comme vous le suggérez, les dispositifs de prise en charge des toxicomanes.
Je le dis d'autant plus que je suis élu du 18e. J'étais premier adjoint au maire du 18e durant la dernière mandature : nous avons mis en place un dispositif tout à fait exemplaire, intitulé "Coordination 18". C'est un dispositif à la fois de médiation et de prise en charge des toxicomanes dans les structures de santé publique. Pour la première fois, dans la délibération qui sera soumise dans quelques minutes au Conseil de Paris, la Ville va soutenir ce dispositif.
Je souhaiterais - nous en avons parlé avec Alain LHOSTIS - que nous puissions le généraliser à l'ensemble des quartiers concernés par ces problèmes.
Je voudrais aussi dire - et j'en termine - que l'action de l'État dans cette affaire n'est pas nulle, contrairement à ce que l'on peut parfois lire. En matière de santé publique, sachez que Paris est le département le mieux pourvu en centres de soins spécialisés pour toxicomanes, 21 sur 82 pour les huit départements d'Ile-de-France. Actuellement est conduite, avec la MILT et le chef de projet toxicomanies, une réflexion sur la mise en place et l'élaboration d'un plan départemental de prévention de la toxicomanie et de la dépendance. Il a fallu du temps aussi pour que nous ayons à Paris un chef de projet toxicomanies : plusieurs mois. Je me souviens d'être personnellement intervenu auprès du Ministre de l'Intérieur pour débloquer...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous dépassez maintenant.
M. Christophe CARESCHE, adjoint. - ... ce dossier.
Telles sont les actions pour ce qui concerne la Ville. Nous vous en proposerons d'autres prochainement pour accentuer l'effort engagé dans ce domaine.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.