Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Octobre 2001
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

16 - VIII - Question d'actualité du groupe socialiste et radical de gauche à M. le Maire de Paris relative au livre du Professeur Philippe EVEN sur la situation hospitalière

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2001


M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d'actualité du groupe socialiste et radical de gauche.
La parole est à M. BLISKO.
M. Serge BLISKO, maire du 13e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.
Le livre du Professeur Philippe EVEN, ancien doyen de la Faculté de Médecine de Necker et ancien chef de service à Laënnec, a créé beaucoup de remous à l'A.P.-H.P. Il y est sans doute indiqué des chiffres et l'on y trouve bien des appréciations qui auraient mérité d'être sans doute plus nuancées.
Au-delà de la polémique il faut y voir un cri d'alarme et d'angoisse devant l'état trop souvent médiocre de certains services hospitaliers et là encore se livre l'inquiétude de nombreux personnels médicaux et non médicaux qui tous les jours travaillent avec beaucoup de conscience, à la limite de ce qu'ils peuvent.
L'inquiétude du personnel hospitalier est réelle. Je constate que l'accord national sur les 35 heures à l'hôpital - nous y faisions allusion tout à l'heure - bien venu dans son principe risque d'être mal reçu si une répartition inégalitaire des moyens entre régions et plus encore à l'intérieur de la Région Ile-de-France entre les hôpitaux de la Région, ne permettait pas une amélioration sensible des conditions de travail à l'hôpital, c'est-à-dire au final un meilleur service rendu au malade.
Je vous demande, Monsieur le Maire, de contribuer par votre réponse à rassurer les 80.000 salariés de l'A.P.-H.P.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci bien.
La parole est à M. LHOSTIS.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Monsieur le Maire, Monsieur le Conseiller, Monsieur le Maire du 13e, la situation de l'A.P.-H.P. est effectivement préoccupante. Depuis de nombreuses années un sous-investissement chronique, même si ces dernières années un rattrapage a été effectué et une politique de maîtrise comptable des dépenses, ont pu fragiliser cette institution.
Il est clair que l'A.P.-H.P. a aussi souffert des retards pris dans l'adoption d'un plan stratégique 2001-2004 doté d'une véritable ambition.
Ceci étant il est trop facile de jeter le bébé avec l'eau du bain. Qu'un médecin aujourd'hui retraité, ayant occupé d'importantes responsabilités au sein même de l'établissement public de santé de l'Ile-de-France fasse un constat tardif et que nous faisons nous-mêmes depuis de nombreuses années, est en soi, un non événement.
Toutefois, nous devons regretter les attaques injustes et personnelles à l'égard d'un certain nombre de cadres et surtout nous mettons en garde contre les options proposées par M. EVEN qui visent à l'éclatement de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Le Maire de Paris a tenu à l'occasion de la première séance du Conseil d'administration de l'Assistance publique, qu'il a lui même présidée, à rappeler son attachement à l'unicité de l'Assistance publique. Je crois qu'il tiendra à nouveau à cette occasion à le faire. Je le fais, je crois, en son nom.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous le faites en mon nom.
M. Alain LHOSTIS, adjoint. - J'en étais sûr, et je l'ai répété au Conseil d'administration.
Evidemment, depuis le mois de mai, dans la mission que vous m'aviez confiée, Monsieur le Maire, je me suis attaché à redynamiser le rôle du Conseil d'administration pour que celui-ci puisse proposer dans les mois à venir, un projet mobilisateur, un plan stratégique novateur permettant à l'Assistance Publique d'assumer ses missions de santé publique, de soins, de prévention, de recherche et de formation universitaire au service des populations franciliennes.
Il est important aussi que l'A.P.-H.P. parvienne à moderniser son management et sa gestion pour répondre aux défis qui sont devant elle.
Les 45.000 emplois annoncés au plan national dans le cadre de la réduction du temps de travail ont constitué un geste significatif du Gouvernement à l'égard des hospitaliers.
J'ai plaidé à plusieurs reprises avec le Maire, auprès de Mme GUIGOU, Ministre de l'Emploi et de la Solidarité, et de M. KOUCHNER, Ministre délégué à la Santé, la nécessité que la répartition des effectifs se fasse de façon équilibrée, sans léser l'Assistance publique, et en prenant en compte la réalité de ses besoins et de son poids dans le secteur hospitalier national. Dans l'état actuel de mes informations, je peux dire que j'ai grand espoir que nous soyons entendus. La proposition du budget 2002 devra nous confirmer cette option.
En attendant, nous avons obtenu, dans le cadre du budget modificatif 2001, une dotation supplémentaire de 100 millions de francs essentiellement pour les nouvelles molécules soignant les maladies graves, ce qui m'a permis d'avoir un vote positif de la majorité du Conseil d'administration et un satisfecit des médecins hospitaliers même s'ils avaient souhaité plus en cette occasion.
Soyez assurés que nous allons poursuivre dans ce sens et je l'espère avec votre collaboration puisque vous-même êtes administrateur de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, notre action, pour redonner aux personnels l'espoir d'un renouveau du plus grand établissement public hospitalier de notre pays.