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Octobre 2001
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Conseil Municipal
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150 - QOC 2001-320 Question de M. Bernard PONS, Mme Catherine DUMAS, M. Jean-Didier BERTHAULT et des membres du groupe "Rassemblement pour la République et apparentés" à M. le Maire de Paris concernant la dégradation de la propreté à Paris

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2001


M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à la question de M. Bernard PONS, Mme Catherine DUMAS et M. Jean-Didier BERTHAULT à M. le Maire de Paris relative à la dégradation de la propreté à Paris.
Monsieur BERTHAULT, vous avez la parole.
M. Jean-Didier BERTHAULT. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, permettez-moi de revenir sur un problème qui préoccupe, je pense, l'ensemble des groupes politiques dans cet hémicycle et qui est celui de la dégradation de la propreté à Paris.
Je me permets d'associer à cette question mes collègues Catherine DUMAS et Bernard PONS.
La très grande majorité des arrondissements de Paris, Monsieur le Maire, et en particulier le 17e arrondissement, connaît actuellement une forte dégradation de la propreté de leurs rues.
La mise en place du plan "Vigipirate renforcé" à la suite des événements du mois de septembre dernier s'est accompagnée du démontage de toutes les poubelles situées sur les trottoirs, ce que nous comprenons, mais la pose de sacs transparents en lieu et place de ces poubelles n'a pas été effectuée par les services de la Ville de Paris à de nombreux endroits et le remplacement de ces sacs est très rarement assuré. D'ailleurs, Monsieur CONTASSOT, vous l'avez rappelé tout à l'heure en ce qui concerne les chiffres du 18e, avec un taux actuellement de 44 %. Pour mettre un sac plastique sous une poubelle, je ne vois vraiment pas la nécessité de faire durer les choses plus d'un mois et demi après les événements que nous avons connus, mais vous avez certainement de bonnes explications à me fournir sur ce point.
Outre ce problème conjoncturel, de fréquents mouvements de grève chez les agents de la Propreté de la Ville de Paris, concernant aussi bien le ramassage des ordures ménagères et le blocage des véhicules dans les garages que le balayage et le lavage des rues, ont accompagné ces derniers jours les modalités de mise en ?uvre des 35 heures.
Face à cette situation intolérable, nous vous demandons, Monsieur le Maire, de nous faire connaître les mesures que vous comptez prendre pour régler ce problème majeur dans la vie quotidienne des Parisiennes et des Parisiens et qui s'aggrave semaine après semaine.
Je dois simplement rajouter, puisque je ne pense pas avoir écoulé tout à fait mes deux minutes, que si véritablement - et j'ai d'ailleurs trouvé la déclaration solennelle de M. DELANOË, hier, sur le problème de la propreté, déplacée, voire "démago" - vous aviez une réelle volonté politique - vous l'avez eue en ce qui concerne les couloirs de bus, on a vu fleurir vos séparateurs et vos banquettes en moins d'un mois - si véritablement c'était une préoccupation majeure de la Municipalité que de lutter contre la dégradation de la propreté, vous pourriez vous y prendre un peu autrement.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Monsieur CONTASSOT, vous avez la parole.
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - J'aime beaucoup les grèves à répétition, mais vous m'indiquerez où et quand, puisqu'une grève d'une courte durée, d'une journée, début octobre, a affecté les prestations des services de la Propreté et que les dispositions ont été prises pour que les mesures de rattrapage interviennent dès la levée du mouvement.
Vous avez raison sur un point : les événements du 11 septembre ont pesé et pèsent toujours lourdement sur le service de la Propreté de Paris. Ils obligent notamment les agents du nettoiement à collecter sept jours sur sept les déchets éparpillés aux abords des corbeilles. Il faut savoir en effet qu'à la date du 11 septembre la Ville ne disposait, en tout et pour tout, que de 1.800 dispositifs de substitution pour les 16.000 poubelles installées sur la voie publique.
Par conséquent, si les services de la Propreté de Paris ont prouvé leur efficacité en obturant, comme c'était prévu dans le cadre du plan "Vigipirate" renforcé, l'essentiel des corbeilles situées dans des zones sensibles en un temps record, ils étaient néanmoins dans l'impossibilité matérielle de les remplacer.
Nous avons donc dû prendre des dispositions en quelques jours pour rétablir un parc de corbeilles de substitution indispensables aux Parisiens, et c'est une première. Je vous rappelle en effet qu'en 1997, au moment du premier plan "Vigipirate" renforcé, seul 1.700 réceptacles de sécurité ont été installés sur la voie publique pour remplacer l'ensemble du parc parisien qui était à l'époque de 18.000 poubelles, ce qui explique d'ailleurs pourquoi certains quartiers, notamment du Nord et de l'Est parisien, n'en ont pas disposé pendant toute la durée de ce plan. De plus, 2.000 poubelles sur les 18.000 poubelles de l'époque n'ont jamais été réinstallées.
Notre politique est effectivement assez différente et d'ici le 15 novembre, je l'ai déjà dit, 13.000 dispositifs de substitution seront à la disposition des Parisiens. Nous avons dû, pour cela, solliciter très fortement non seulement les services de la Ville, mais surtout les fournisseurs, car il ne vous aura pas échappé qu'un sac plastique est accroché à un support qui, lui, est un peu plus compliqué à fournir en temps voulu.
Pour l'heure, dans le 17e arrondissement, les 1.026 corbeilles implantées ont été neutralisées et 363 d'entre elles remplacées par des porte-sacs. A ce jour, 35 % du parc sont opérationnels et la totalité du parc de l'arrondissement sera à nouveau disponible d'ici le 15 novembre.
De plus, dans le 17e comme dans d'autres arrondissements, les rotations de collecte, notamment autour des colonnes à verre, ont été sensiblement augmentées et nous voulons aller encore plus loin car l'application du plan "Vigipirate" entraîne des sujétions alourdies pour la Propreté de Paris.
Ainsi, nous aurons 2.000 poubelles dès le début 2002 pour l'ensemble de Paris et ces dispositifs seront mis en place en concertation avec les maires d'arrondissement, ce qui s'inscrit d'ailleurs dans la démarche de partenariat resserré que j'ai souhaité entre les services de la Propreté et les élus d'arrondissements.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.
La parole est à M. BERTHAULT.
M. Jean-Didier BERTHAULT. - Merci, Monsieur le Maire.
Juste un point technique. Je constate que nous sommes à 35 % du parc pour ces sacs plastiques dans le 17e. C'est une moyenne assez faible par rapport aux autres arrondissements. J'espère que vous pourrez y remédier rapidement.
Deuxième point, je vous parlais de plusieurs jours de grève, vous ne m'en avez cité qu'un seul. Je dois vous dire que je ne pointe pas les jours de grève, mais si un seul jour de grève suffit à laisser autant de détritus dans Paris et une telle désorganisation du ramassage des ordures, je me pose un certain nombre de questions sur l'efficacité des services de la Propreté de cette Ville !
M. Yves CONTASSOT, adjoint. - Moi aussi, mais j'ai déjà eu l'occasion d'expliquer tout à l'heure que je n'étais pas responsable des décisions prises au moment de la privatisation sur les garanties qui ont été apportées à l'ensemble des personnels pour toute la durée de leur contrat à la Ville et sur le maintien d'un système de repose qui pèse très lourdement aujourd'hui sur l'efficacité du travail.
M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.