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Janvier 1997
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Conseil Municipal
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6 - Communication de M. le Maire de Paris sur le renforcement du " dispositif hiver " pour les sans-abri.

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1997



M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, de nombreux morts sur l'ensemble du territoire national, ce sont autant de personnes dont les corps ont été retrouvés dehors sans vie depuis que des températures extrêmes se sont installées, au moment des fêtes... triste appellation en l'occurrence.
Notre Capitale n'a pas échappé à ce drame puisque trois victimes ont été découvertes à Paris.
Permettez-moi, mes chers collègues, d'employer ici un terme souvent galvaudé, celui de tragédie, une tragédie qui se déroule chez nous, à l'aube du XXIe siècle.
Je veux vous faire part de mon émotion et vous dire ma détermination à pousser toujours plus avant la lutte contre l'exclusion qui rejette dans les rues, sans plus aucun repère, tant de nos concitoyens.
Ce travail est poursuivi sans relâche. Je me dois d'évoquer une nouvelle fois les dispositifs mis en oeuvre, tant la répétition et la circulation de l'information sont des préalables indispensables pour convaincre ces hommes et ces femmes dans les situations d'urgence puis, au-delà, c'est une finalité importante, encourager leur réinsertion.
A cette fin, j'ai souhaité que notre politique d'aide aux sans-abri soit renforcée et diversifiée. Mais, bien davantage, j'ai voulu que notre priorité soit celle surtout de l'humanisation des actions engagées.
C'est la philosophie même du " S.A.M.U. social ", dont les moyens d'intervention sont constamment étendus. C'est également l'esprit dans lequel travaillent les personnels de nos centres d'hébergement et de réinsertion sociale.
Les plus récents, tels que le Relais des Carrières, que je vous invite à aller voir, et celui de la Poterne-des-Peupliers aussi, illustrent cette volonté du fait de leur architecture et de leur aménagement intérieur.
Ainsi, je tiens à souligner deux faits importants.
La Poterne-des-Peupliers accueille les sans-abri, même accompagnés de chiens.
Par ailleurs, je précise que dans les établissements de la Ville les personnes hébergées n'ont pas à quitter les lieux dès l'aube, comme ce fut hélas le cas. Bien au contraire, les journées sont consacrées à établir pour chaque arrivant un bilan de santé, un bilan des droits sociaux et à amorcer un parcours de réinsertion.
En période hivernale, les capacités d'accueil sont considérablement renforcées. En cas d'urgence, il est possible de faire encore davantage.
C'est ainsi que le 27 décembre dernier, j'ai demandé à ce que sept sites d'accueil provisoire supplémentaires soient ouverts, ce qui a pu être réalisé grâce à la mobilisation de nos partenaires publics et privés dont l'action exemplaire (j'insiste sur ce point), comme toujours et comme chaque hiver en particulier, est à souligner.
Une polémique est née du constat qu'un certain nombre de lits ouverts restaient vacants. A cela, au moins deux causes.
La plus simple résulte du fait qu'un certain nombre de sans-abri échappent, volontairement ou non, à la rencontre avec les équipes du " S.A.M.U. social ". C'est pourquoi j'ai créé une équipe composée d'agents de la Ville qui, dans les rues de la Capitale, cherchent à entrer en contact avec ces exclus parmi les exclus.
En outre, j'ai demandé à tous les Parisiens de faire preuve de civisme et de bien vouloir signaler au " S.A.M.U. social " les cas de détresse.
Je réaffirme bien entendu qu'avec cette action nouvelle la Ville continuera à aider fortement le S.A.M.U. social de Paris. Il s'agit d'une institution de très grande qualité, que nous soutenons fermement, notamment sur le plan financier, et c'est légitime.
Au-delà, il s'agit, je crois, Mesdames, Messieurs, d'un problème de confiance. Pour établir ce lien primordial, il faut multiplier les occasions de rencontres entre les S.D.F. et ce qui est paradoxalement devenu pour eux, ce qu'on peut appeler un véritable " monde extérieur ".
Ce doit être le rôle des " espaces solidarité-insertion ", spécialisés dans l'accueil de jour, mais également de l'ensemble des lieux de restauration d'hygiène ou d'achats auxquels les personnes démunies peuvent accéder grâce aux tickets restaurant, tickets d'accès et autres titres de services délivrés par le Centre d'action sociale de la Ville de Paris.
Dans le même esprit - faire face à l'urgence et créer des liens, recréer des liens - j'ai veillé personnellement à ce qu'un dispositif mobile complémentaire, simple, mais efficace, de distribution des repas soit déployé chaque soir dans les rues de la Capitale.
Baptisé " Le Coeur de Paris ", il renforcera ainsi les moyens mis en oeuvre par les associations auxquelles je tiens ici à rendre un hommage particulier.
Cette politique volontariste n'est pas sans faille, en témoignent les décès que j'ai signalés tout à l'heure et que nous déplorons.
Soyez cependant sûrs que nous déployons les plus grands efforts pour faire face, dans l'urgence, pour apporter des réponses s'inscrivant dans la durée, Mesdames, Mes chers collègues, c'est-à-dire des réponses d'espoir.
La parole est à M. MALBERG.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Henri MALBERG. - Mesdames, Messieurs, Monsieur le Maire, le groupe communiste a souhaité que soit abordée, ce matin, la question des personnes sans domicile. En effet, il ne faudrait pas que la vague de froid passée, on fasse comme si justement rien ne s'était passé. Vous en avez convenu, et vous avez d'ailleurs consacré 25 feuillets à cette question dans le document remis à la presse vendredi.
Toute la semaine écoulée, le groupe communiste a rencontré des associations confrontées, chaque jour, à la détresse extrême des sans-abri.
D'ailleurs les termes d'exclusion, de S.D.F. sont très discutables. Le mot réel qui, peut être, fait " mal élevé ", c'est " pauvreté " tout simplement.
Il y a, dans notre pays, des pauvres par centaines de milliers et des gens qui s'appauvrissent ainsi que des jeunes sans espoir.
Notre société les fabrique chaque jour par le chômage, l'échec scolaire, les inégalités tout court, mais aussi le spectacle décourageant de l'écart croissant entre les plus riches et les plus pauvres.
Quand la Bourse affiche 23 % de plus en 1996, cela fait mal à ces gens-là.
Rien ne pourra jamais justifier qu'à l'aube du XXIe siècle, on meure dans les rues de la Capitale.
Nombre de ces gens ont eu dans le passé un emploi, puis la vie a basculé. Certains sont montés à Paris, avec de petites économies, laissant la famille en province, se jurant de revenir ou de faire venir la famille quand la chance aura tourné.
D'autres enfin, jeunes pour la plupart, n'ont jamais eu accès au monde du travail, avec ou sans diplôme.
Comme nous, les interlocuteurs que nous avons rencontrés font un même constat : d'année en année, la situation s'aggrave.
Il suffit d'ailleurs de composer le numéro vert du " S.A.M.U. social " la nuit, et de devoir attendre qu'il soit libre pour mesurer où nous en sommes.
Concernant les solutions, je veux évoquer brièvement trois choses.
D'abord, les mesures d'urgence propres au grand froid. La sensibilité des Parisiens à l'égard des gens qui vivent dans la rue et de leurs souffrances, est à fleur de peau. D'ailleurs pour une part, parce qu'ils craignent que certains des leurs ne se retrouvent dans la même situation.
Ces dernières années, dans les grandes villes et à Paris, beaucoup de mesures ont fini par être prises. Nous les avons soutenues, et nous les soutiendrons, mais les limites et les défauts de ces mesures apparaissent à présent moins par le nombre de places, semble-t-il, en tout cas à Paris, que par la réaction de fierté humaine de nombre de personnes concernées.
Ils veulent que leur dignité soit respectée. Ils ne veulent pas être traités comme des gens qu'on " met à l'abri " du gel. Ils ont une sorte de code qui leur indique que la société a des devoirs envers eux, et c'est juste.
C'est pour cela que certains, dans des cas extrêmes, refusent d'aller s'abriter dans des centres ouverts à cet effet. D'où des mesures à prendre pour humaniser les centres sans attendre l'année prochaine.
Les conditions d'accueil, dans certains de ces centres, sont inadaptées. La concentration d'un grand nombre de personnes - dont certaines ont perdu tout repère social - conduit à l'expression d'une agressivité, voire à la violence, et cela fait fuir certains sans-abri.
Les conditions d'hébergement qui supposent en tout état de cause de quitter les lieux au petit matin, pour retrouver le froid dehors, sont trop souvent synonymes d'humiliation.
Quand à ceux qui acceptent d'aller y passer une ou plusieurs nuits, il faudrait qu'ils soient, pensons-nous, et c'est ce qu'on nous a dit, immédiatement inscrits au fichier des demandeurs de logement, avec des chances de relogement dans un délai raisonnable.
Le compte n'y est pas. Comme nous l'a dit un de nos interlocuteurs, ceux qui sont morts victimes du froid, étaient déjà, avant le drame, morts socialement.
Dans ces conditions, aussi nécessaires qu'elles soient, les mesures d'urgence prises pour tenter de fournir un abri ou une soupe chaude à ceux qui errent pas moins 10 degrés, sont insuffisantes.
Emploi-logement, logement-emploi sont les deux mots-clé d'un début de solution. Indépendamment du fait qu'il s'agit d'une question politique nationale, je sais que les communistes savent ce que vous en pensez, et vous savez notre point de vue sur cette question.
Même dans les limites de ce qu'est l'action urbaine, nous ne considérons pas la politique menée par la Ville de Paris, comme faisant face aux problèmes.
La politique municipale en matière de logement social, nous le répétons, est un facteur d'aggravation, d'exclusion dans la Capitale.
Mme Arlette BRAQUY. - Priorité aux Parisiens !
M. Henri MALBERG. - Parce que la politique municipale, en matière de logement social, est directement facteur d'aggravation et d'exclusion, parce que les logements véritablement sociaux sont en nombre insuffisants, parce que ceux dont les revenus sont un peu moins bas restent dans des loyers hors de leur portée, risquent de basculer dans la spirale du surendettement, et parce que, Monsieur le Maire, si vous vous êtes glorifié à l'époque, que plus de 500 logements nouveaux avaient été réquisitionnés dans la Capitale, c'était en janvier 1996, il y a un an, près de la moitié d'entre eux n'ont toujours pas été attribués. Selon un bilan établi par le comité départemental des sans-logis, ces logements sont soit murés, soit en cours de travaux, soit rénovés, mais toujours vacants. Or une année s'est écoulée.
Qu'attendez-vous pour faire en sorte que tous ces logements soient au plus vite attribués à des familles qui, ainsi stabilisées, éviteront de sombrer ou pourront espérer entrer dans un processus d'insertion.
Et puis, il faut ouvrir les chambres et logements vides pour les attribuer aux jeunes et aux familles qui n'ont pratiquement plus de ressources, et il faut cesser de vendre des appartements qui peuvent utilement élargir le parc de logement social.
L'emploi, quelques mots : vous ne manquez jamais une occasion, Monsieur le Maire, de dire que la Ville de Paris à elle seule ne peut résoudre la crise et le chômage. C'est vrai. Vous savez ce que nous en pensons. Mais des dispositions existent destinées officiellement à favoriser l'enclenchement d'un processus d'inscription. Or, la Ville est en retrait sur les dispositifs existants.
Je rappelle que les jeunes du foyer George-Sand, dans le 20e arrondissement, qui ont attiré l'attention sur leurs conditions d'hébergement, nous ont raconté que deux mois après leur arrivée dans un centre, la plupart d'entre eux n'avaient toujours eu aucun contact pour les diriger vers la mission locale pour l'emploi ou tout autre structure d'insertion.
Mme Arlette BRAQUY. - C'est faux, j'ai en charge le dossier !
M. Henri MALBERG. - C'est vrai, Madame.
Faut-il rappeler aussi que le R.M.I. n'a pas été mis en place comme un simple soutien financier, mais comme un processus d'insertion ?
Pour conclure, Monsieur le Maire, un logement sans processus d'insertion débouchant sur un emploi ne suffira pas à faire reculer l'exclusion. Mais un processus d'insertion sans logement débouche souvent sur l'échec.
Il faut aujourd'hui réduire le nombre de personnes socialement mortes, comme disent les associations, et donc commencer par éviter d'accroître le nombre de ceux qui sont dans cette situation.
C'est le sens des propositions immédiates contenues dans la lettre que je vous ai adressée la semaine dernière au nom du groupe communiste.
Si des mesures immédiates porteuses d'avenir ne sont pas prises, les aides d'urgence et les mesures d'hiver, quelle que soit leur qualité, s'apparenteront au tonneau des Danaïdes : et on recommencera, et on sera content, et on fera le bilan. Il faut s'attaquer aux causes, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur MALBERG.
La parole est à Mme STIEVENARD.
Mme Gisèle STIEVENARD. - Monsieur le Maire, chers collègues, face aux drames humains, aux décès de personnes sans abri dans le froid et dans la rue cet hiver dans la Capitale et dans le pays, l'émotion et la tristesse sont partagées.
Cela oblige à des remises en cause qui peuvent être source de progrès, d'améliorations, sous réserve d'un examen sérieux approfondi des raisons qui sont à l'origine de ces drames pour éviter qu'ils ne se renouvellent.
Nous savons aussi que l'indignation ne peut suffire pas plus que l'autojustification.
Vous proposez d'aller davantage à la rencontre de ceux qui n'osent même plus demander de l'aide, à travers un dispositif intitulé " Le Coeur de Paris ". Nous appuyons cette démarche, mais nous pensons aussi que cela appelle une remise à plat et des solutions plus inventives et audacieuses qui dépassent largement le cadre d'un débat aussi limité que celui-ci.
Cela mérite un travail en profondeur réunissant tous les partenaires : élus, administrations, associations, personnels, car les acteurs de terrain et les personnes démunies elles-mêmes peuvent apprendre beaucoup aux décideurs sur l'utilité de telle ou telle mesure ou sur les modifications à apporter à la politique parisienne dans son ensemble.
Par exemple, s'agissant du foyer Crimée, où l'humanisation est urgente, l'Etat et la Ville se renvoient la balle depuis des années à propos de la prise en charge financière des travaux à faire. Il faut sortir de ces impasses préjudiciables aux usagers.
J'invite aussi à réfléchir à la pertinence des permanences d'accueil spécialisé ressenties comme stigmatisantes. Ne serait-il pas plus judicieux de veiller à ce que les personnes sans abri ne soient pas séparées du reste de la population ? Voilà un sujet parmi d'autres dont nous pourrions débattre collectivement.
Mais je tiens à dire d'abord mon inquiétude à propos des récentes déclarations de M. DOMINATI sur le gel du budget social parisien et les coupes claires annoncées dans les subventions aux associations dans une période où l'exclusion ne cesse de croître.
De fait, je constate qu'aucune subvention associative n'est inscrite au titre du Conseil général dans le secteur social pour cette séance, ce qui augure mal de l'avenir.
Le manque d'écoute est également préjudiciable, comme le rappelaient ces jours-ci une soixantaine d'associations opérant dans des quartiers sensibles à propos du contrat de ville contre l'exclusion urbaine doté de 500 millions de francs sur cinq ans. Il a été lancé en mai 1995, mais il a pris beaucoup de retard, et la crainte s'exprime qu'une partie de ces fonds ne soient utilisées pour des projets qui ne relèvent pas du contrat-ville, mais qui devraient être financés sur le budget courant de la collectivité.
Hélas, les instances de concertation sont transformées bien souvent en instances d'information unilatérale et s'apparentent trop souvent à des grandes messes comme c'est le cas pour les commissions locales dites de concertation ou le Comité départemental d'insertion.
Or, il serait utile d'associer davantage les maires d'arrondissement aux choix sociaux pour éviter de se heurter à des phénomènes de rejet, lors de l'implantation de programmes de P.L.A.-très sociaux ou de réquisitions, comme au 13, rue de Miromesnil pour ne citer que cet exemple.
Sur le fond, nous touchons aux limites des politiques d'urgence et des solutions temporaires. Nous l'avons vécu l'été dernier aux foyers George-Sand et Crimée, car nous n'arrivons pas à faire un travail dans la durée pour les jeunes femmes et les jeunes gens qui s'y trouvent.
C'est pourquoi nous insistons depuis si longtemps sur l'importance de la prévention sociale, l'arrêt des expulsions sans relogement, sur la dynamisation des dispositifs P.O.P.S. et F.S.L., sur la nécessité aussi d'un plan pluriannuel de construction de logements sociaux répartis sur l'ensemble de Paris pour répondre aux besoins des 60.000 demandeurs de logement.
Au début des années 1990, lorsque s'est posée la question de la reconstruction du C.H.R.S. Nicolas-Flamel, de la construction de la Poterne-des-Peupliers ou de l'implantation d'un hôtel social de l'Armée du Salut à la porte des Lilas, nous avions mis en garde contre le gigantisme de ces structures en préconisant la réalisation d'unités plus petites, à taille humaine, dispersées dans tout Paris. Vous n'avez alors pas tenu compte de nos avis.
Or, on est obligé de constater que beaucoup de personnes sans abri ne souhaitent pas aller dans ces centres et s'exposent ainsi aux plus grands dangers.
Quand nous avons dit et répété qu'il fallait adapter les centres d'accueil à l'évolution de publics hétérogènes : jeunes, femmes, familles monoparentales notamment, la Municipalité est restée sourde à nos suggestions pourtant issues de nos contacts avec les associations et les travailleurs sociaux.
Quand voici quelque temps, ici même, j'ai alerté votre prédécesseur, M. CHIRAC, sur le problème posé par l'accueil des personnes en errance avec leur animal de compagnie, les élus de droite m'ont ri au nez ! Et vous n'avez pas agi en temps utile sauf pour la Poterne-des-Peupliers modestement. Mais c'est la Fondation " Brigitte Bardot " qui a pris en charge cet équipement.
Je pourrais multiplier les exemples, comme la fermeture inconsidérée des dispensaires ou la baisse du barème de la carte " Paris-Santé " dans le domaine sanitaire qui ont également des conséquences sociales importantes.
Au fil des débats budgétaires et des communications, nous avons pointé des aberrations, des incohérences dans les choix définis par la Municipalité dans le domaine du logement et de l'urbanisme, de l'emploi ou en matière sociale, en prenant soin d'assortir nos critiques de propositions concrètes.
Je souhaite ardemment, pour les temps qui viennent, que la solidarité ne soit plus seulement l'objet d'effets d'annonce ou de mesures prises au coup par coup, au gré d'une actualité dramatique, mais que vous fassiez preuve d'esprit d'anticipation et de concertation pour le bien de tous.
Je ne méconnais pas l'importance du budget social parisien, mais je crois qu'on pourrait en faire une meilleure utilisation.
Enfin, au plan national, je souhaite que la loi sur le renforcement de la cohésion sociale, attendue depuis dix huit mois, voit enfin le jour et soit autre chose qu'une coquille vide dénuée de moyens, comme il est à craindre, et je regrette que le texte préparé par Mme CATALA concernant les familles monoparentales n'ait pas été encore débattu au Parlement.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
La parole est à Mme BACH.
Melle Marie-Chantal BACH. - Monsieur le Maire, il nous apparaît clairement que le problème des plus démunis ne peut se réduire à un problème conjoncturel qui reviendrait chaque hiver pour disparaître avec l'arrivée des beaux jours. Nous savons, hélas, qu'il n'y a malheureusement pas de saison pour la misère, même si le froid nous la rappelle avec cruauté.
Ce n'est pas une découverte pour notre Municipalité, fort heureusement. En effet, c'est pour Paris un souci constant qui correspond à une tradition déjà ancienne d'adapter en permanence son action au plus juste des besoins de la population.
Mais la société a évolué. Il y a une vingtaine d'années, les plus malheureux se comptaient surtout parmi les personnes âgées. Les actions engagées pour les aider ont permis peu à peu de les préserver de la misère.
Aujourd'hui, nous constatons que d'autres populations souffrent, de plus en plus jeunes et parmi eux de plus en plus de femmes. Ce sont des jeunes parfois en situation de santé très grave. Je ne parle même pas des états de toxicomanie, souvent évoqués au sujet des jeunes, mais tout simplement des états de malnutrition que l'on pouvait croire révolus, qui causent pourtant différents ravages, en particulier une redoutable sensibilité à différentes types d'infection.
Leur attente est d'une autre nature que dans un passé récent. Au-delà d'un simple hébergement, ils espèrent une plus grande qualité dans l'écoute, le soin médical, l'aide à l'insertion pour mettre un terme à leur errance.
C'est pourquoi la Ville a adapté son action à ces nouveaux besoins, à ces évolutions en allant au-delà pour anticiper, et c'est là la clef de son efficacité.
La création du " S.A.M.U. social " dès l'hiver 1993 s'est faite dans un temps record, même si son développement a été progressif jusqu'à la toute récente réhabilitation de l'hospice Saint-Michel, entièrement financé par notre Municipalité. Même efficacité pour l'ouverture par le Centre d'action sociale des centres d'hébergement avec le Relais de la Poterne-des-Peupliers, qui se poursuit avec le Relais des Carrières.
Et aujourd'hui, le Centre d'action sociale de Paris offre à lui seul près de la moitié des places des centres d'hébergement et de réinsertion sociale.
Notre Centre d'action sociale a non seulement des équipements complémentaires, administratifs ou de simple accueil, mais il a ouvert des accueils de nuit. Outre les 3.000 repas servis chaque jour dans les différents centres, notre nouvelle initiative " Coeur de Paris " va nous permettre d'aller, le soir, à la rencontre des plus démunis sur six points de rendez-vous, pour servir des repas à ceux qui, par peur ou ultime fierté, se tiennent à l'écart de tout dispositif d'accueil traditionnel.
Votre politique, Monsieur le Maire, notre politique sociale qui est considérable ne peut jouer à fond que si tous les partenaires sont bien associés.
Après une mention spéciale pour Mme Claire RECLUS, Directeur du Centre d'action sociale, je veux à mon tour saluer l'efficacité de nos services qui, avec le " S.A.M.U. social ", mènent leur action avec dévouement et compétence, mais aussi saluer le travail des associations, et notamment le Secours catholique, l'Armée du Salut, Emmaüs, les Restos du Coeur, et bien d'autres qui se sont révélées indispensables pour mener avec l'Etat et la Ville une réflexion commune et complémentaire.
En terminant mon propos, permettez-moi de dire que Paris, une fois de plus, est à l'avant-garde des grandes métropoles dans l'action sociale dans tous les domaines : besoins essentiels et vitaux, santé mais aussi ce que l'on fait pour donner aux plus démunis, l'appui nécessaire pour retrouver une vie normale dans la cité c'est-à-dire un logement et un emploi.
Quelle autre municipalité peut se prévaloir d'un effort aussi considérable, effort financier mais aussi effort en temps, en personnel, en étroite émulation avec ses partenaires, l'Etat et les associations ?
Nous avons relevé le défi et nous continuerons à faire face avec la coopération de tous.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Paris-Libertés " et " Rassemblement pour Paris ").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
La parole est à M. SARRE.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, cet hiver particulièrement rigoureux a posé de nouveau avec acuité le problème de l'hébergement des sans-domicile fixe, dont le nombre est évalué entre 4 et 5.000 dans la Capitale.
Le fait même que votre Municipalité, Monsieur le Maire, ait été obligée de mettre en place des mesures d'urgence en plus des activités habituelles du " S.A.M.U. social " prouve que le dispositif existant à Paris est insuffisant lorsque la situation climatique sort de la normale. Or, si la France est un pays tempéré, il semble que lorsque la température descend en dessous de moins 5 degrés, aucun dispositif normal ne fonctionne plus. Erreur d'appréciation d'autant moins pardonnable que le nombre de S.D.F. est appelé à augmenter, conséquence obligée de la fracture sociale amplifiée par la politique ultra-libérale du Gouvernement.
C'est pourquoi, Monsieur le Maire, malgré tous les mérites du " S.A.M.U. social " et le dévouement que je veux ici saluer des personnels qui ont travaillé pendant cette vague de grand froid, il faut sortir de la seule politique de l'aide d'urgence pour favoriser les parcours complets d'insertion des plus démunis, en commençant par le logement.
Pour remplir sa mission, " le S.A.M.U. social " doit être correctement équipé en personnels et en véhicules. Or, si l'on peut admettre qu'en période exceptionnelle, il ait du faire appel à des associations caritatives pour secourir tous les S.D.F. et qu'il ait du se faire prêter des voitures par des loueurs privés et par la Croix-Rouge, il est sans doute nécessaire d'augmenter les moyens d'action du " S.A.M.U. social ".
De même son numéro vert était fréquemment encombré, ce qui signifie concrètement qu'un S.D.F. en difficulté peut se trouver dans l'incapacité de le joindre.
Aussi, je l'espère, allez-vous faire le nécessaire pour augmenter la capacité du standard et lui faire traiter seul tous les appels.
C'est si vrai, Monsieur le Maire, que tout à l'heure, en venant quai de l'Hôtel-de-Ville, il était 9 heures 18, il y a un S.D.F...
Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint. - Il ne veut pas partir.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - ... allongé à hauteur des tuyaux d'échappement. Vous l'avez vu aussi, Madame ?
Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint. - Oui, il est toujours là. On lui a proposé des solutions, mais il ne veut pas partir.
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - Je vais continuer. Il y avait un S.D.F. Il y est toujours. J'ai fait téléphoner... Je ne vois pas ce qu'il y a de risible, je trouve cela plutôt triste compte tenu du sujet abordé !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Laissez M. SARRE terminer !
M. Georges SARRE, maire du 11e arrondissement. - J'ai fait appeler et je vais aller voir tout à l'heure s'il est toujours sur place.
Il y a quand même des mesures à prendre.
Je voudrais également dire que je me suis rendu samedi soir à 21 heures 15, à l'angle des boulevards Beaumarchais et Richard-Lenoir pour voir comment fonctionne la distribution des repas, dont la soupe chaude qui est distribuée dans différents points de la Capitale : équipe dynamique, denrées alimentaires de qualité, soupe chaude ; seulement, pas un client, si j'ose ainsi m'exprimer ! Personne ! Et la veille, d'après les personnels de la Ville qui étaient là, quatre personnes ! Je leur ai demandé ce qui s'est passé dans les autres points de Paris, ils m'ont dit qu'à Montparnasse, par exemple, c'était comme dans le 11e arrondissement.
Donc, Monsieur le Maire, ces actions ont un sens dans la mesure où tout le monde se mobilise et que l'information est connue.
En tant que Maire d'arrondissement, j'ai été informé jeudi soir de cette initiative. C'est bien que les Maires d'arrondissement le soient, c'est un peu court quand même !
Cela dit, s'il n'y a pas une information générale, tous ces secours et toutes ces aides se font en vain.
Ce que je crois, pour prolonger mon propos, c'est que l'essentiel reste que les personnes prises en charge par le " S.A.M.U. social " ne soient pas remises dans la rue mais réinsérées. Elles devraient donc automatiquement être inscrites au fichier des demandeurs de logements d'urgence, à qui ils peuvent être attribués ou réquisitionnés, ce qui nécessite d'augmenter le nombre de ceux-ci.
Deuxième nécessité, Monsieur le Maire, l'ouverture prévue de cinq centres d'accueil de jour supplémentaires. J'aimerais que vous me répondiez : quand cette ouverture aura-t-elle lieu ? Ne peut-on pas envisager que les horaires d'ouverture soient plus étendus ?
Je signale également la quasi absence de lieux d'accueil comportant un chenil. Il n'en existe qu'un sur 270 en Région parisienne. Est-il prévu d'en ouvrir au moins un second dans Paris intra-muros ?
La question essentielle pour améliorer l'efficacité du fonctionnement du " S.A.M.U. social " est de savoir si, oui ou non, ces équipes mobiles peuvent prendre en charge contre leur gré ceux des S.D.F. qui refusent de rejoindre un centre d'accueil.
Sans hésitation, la réponse des élus du Mouvement des citoyens est oui car agir différemment serait se rendre coupable de non assistance à personne en danger. Il faut mettre à l'abri, même contre leur gré, les S.D.F. qui sont en danger et ce, pas seulement pendant l'hiver.
Je suis personnellement et mes collègues aussi, opposé à l'interprétation de M. Xavier EMMANUELLI, pour lequel j'ai pourtant la plus grande estime, et du Premier Ministre, qui laissent aux S.D.F. le choix de rester ou non dans la rue.
Je vous interroge, mes chers collègues, Monsieur le Maire : quelle marge d'appréciation ont des gens qui vivent dans la rue depuis parfois plusieurs années ? Est-ce bien par souci d'indépendance, comme le disent les bonnes âmes, qu'ils refusent l'assistance ou parce qu'ils en sont arrivés à un stade où la fatalité de leur propre mort leur paraît inéluctable ?
Il vous faut donc, Monsieur le Maire, prendre un arrêté qui oblige les S.D.F. à rejoindre un centre d'hébergement.
Encore une fois, il faut avoir à l'esprit que les politiques d'urgence, la charité, sont des remèdes que l'idéologie libérale dominante présente comme une solution à l'exclusion ; elles n'en sont pas. Seule une vigoureuse politique de l'emploi et du logement viendra à bout de l'intolérable précarité qui se généralise dans la Capitale comme ailleurs.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, communiste et socialiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Concernant le " S.A.M.U. social ", je crois que c'est une réalisation remarquable que l'on ne rappelle pas assez, qui est due à l'initiative de Jacques CHIRAC et qui a été copiée maintenant dans de nombreux endroits.
L'effort de la Ville en ce domaine est considérable. Mme BACH l'a rappelé tout à l'heure. Le bâtiment qui a été modernisé, que je vous invite à aller voir, de l'hospice Saint-Michel, est remarquable, la Ville y a investi des sommes considérables et justifiées.
Quant au fonctionnement, c'est la Ville qui participe d'une manière prioritaire, avec là aussi des sommes très importantes et justifiées.
Dans ce domaine donc, de grâce, soyons objectifs.
Quant au reste, on peut toujours améliorer les choses, comme le problème du standard. Il l'a déjà été, il y a eu un accord avec " Europe assistance ".
J'indique, puisque vous y avez fait allusion, qu'il n'y a aucun refus pour raison d'absence de place. Il y a tous les soirs de nombreuses places libres dans les établissements. Aucun établissement ne refuse une personne.
Le problème est d'aller au contact de ces personnes qui ne restent pas dehors par manque de place. La Ville, toutes les associations et l'Etat ont fait ensemble le nécessaire, mais il faut dialoguer, aller sur le terrain. C'est l'action des associations, du " S.A.M.U. social " et des équipes qui distribuent des repas auxquels vous faisiez allusion, qui viennent d'être créés. L'information a donc commencé, c'est un élément complémentaire pour dialoguer, inciter les personnes à s'y rendre.
Vous parlez de " toute l'année ", mais, bien sûr, l'action ne peut pas être ponctuelle. Mme BACH a rappelé tout à l'heure l'existence d'un certain nombre d'équipements, notamment dans le 13e arrondissement, le Relais des Carrières et l'autre, qui fonctionnent toute l'année. Vous y verrez ce qui a été fait sur le plan de la dignité, de l'humanité, sur le plan social et de réinsertion. Il ne s'agit pas simplement dans ces lieux d'accueillir, de donner à manger, de permettre de dormir, mais aussi de faire un examen de la situation sur le plan sanitaire, sur le plan social et sur le plan de la réinsertion. C'est important.
Je voudrais donc que tout cela soit cité dans cet état d'esprit.
La parole est à Mme HERMANGE.
Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint. - Monsieur le Maire, je comprends que tout le monde soit ému par la situation que nous avons connue tout récemment, mais je m'étonne malgré tout que cette émotion ne se manifeste que pendant l'hiver car, après tout, au printemps, à l'automne et en été, nous connaissons aussi ce type de problème. Et je dois dire que c'est grâce à l'impulsion de Jacques CHIRAC, alors que le Gouvernement que vous souteniez parlait uniquement de plan " Précarité hiver ", que nous sommes maintenant conduits à élaborer des plans précarité permanents.
Cela, Monsieur le Maire, je tenais à le rappeler.
Je tenais à rappeler aussi que nous avons toujours anticipé sur les problèmes de précarité grâce à la créativité et à l'imagination de tous, élus et fonctionnaires qui travaillent sur ce dossier.
Je rappellerai que c'est en 1985, alors que c'est à cette époque, Mesdames, Messieurs, que nous commencions à parler de nouveaux pauvres, que Jacques CHIRAC a créé le premier dispensaire dans le 14e arrondissement, le dispensaire René-Coty qui avait pour vocation d'accueillir celles et ceux qui étaient les plus démunis.
Ensuite, il y a eu bien sûr un certain nombre d'autres dispositifs et notamment le " S.A.M.U. social ". Certes, il peut être aujourd'hui considéré, par certains, comme imparfait, mais lorsqu'on va à l'hospice Saint-Michel, lorsqu'on sait que la Ville de Paris a investi pour ce centre et alors qu'on connaissait l'état antérieur de l'hospice Saint-Michel, 35 millions de francs pour accueillir les plus démunis, je ne peux pas dire que nous fassions avec le moindre coût.
Nous avons aussi, parallèlement, Monsieur le Maire, mis en place un dispositif de formation que vous avez inauguré récemment avec le Relais des Carrières, notre ancien Nicolas-Flamel, qui permet à tous ceux qui sont hébergés à la Poterne-des-Peupliers ou ailleurs de pouvoir bénéficier d'une formation.
Je voudrais lire, Monsieur le Maire - et c'est peut-être par là que je terminerai bien que j'aurais beaucoup d'autres choses à dire - une lettre que j'ai reçue d'un S.D.F. qui m'a été transmise par un travailleur social qui, pendant longtemps, s'est occupé de cette personne :
" J'ai maintenant un F1, chose formidable pour moi, après la rue et les cartons. J'ai aussi un contrat de travail dans l'Environnement, pour une durée de six mois, et avec une journée de formation par semaine pour pouvoir m'assurer un débouché à la fin de ce stage.
Vous voyez, cela va beaucoup mieux pour moi maintenant et je tenais à vous en faire part car je sais que vous nous avez beaucoup aidés. "
Voilà le témoignage de quelqu'un, Monsieur le Maire. C'est sûr que nous pourrons mettre en place tous les moyens nécessaires, mais le vrai moyen c'est un moyen humain et notamment il faudrait que nous puissions assurer un tutorat pour chaque S.D.F. Encore faut-il que ceux-ci le veuillent !
Je suis prête, Monsieur SARRE, si vous allez revoir tout à l'heure ce S.D.F. dont vous avez parlé, à vous accompagner effectivement. Je le rencontre très souvent devant le quai de l'Hôtel-de-Ville. Eh bien, si vous arrivez à le faire entrer dans un de nos établissements, ce sera un exploit.
Je ne suis pas sûre, Monsieur SARRE, qu'il faille obliger les S.D.F. à entrer dans nos établissements. Nos centres, nos dispensaires ne doivent pas être considérés comme des prisons et je pense que si nous les obligions à entrer dans ce type d'établissements, ils trouveraient, par un moyen ou un autre, la possibilité d'en sortir. Ils se cacheraient et nous n'aurions plus la faculté, quelque part, de les guérir car il faut aussi parler de guérison quand on parle de S.D.F.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur DOMINATI, vous avez la parole.
M. Jacques DOMINATI, premier adjoint. - Monsieur le Maire, j'interviens sur un point personnel.
Mme STIEVENARD a expliqué tout à l'heure que j'étais pour le gel du budget social.
C'est vrai, j'ai fait une intervention dans le passé dans ce sens, mais je voudrais la rassurer, elle n'est pas Soeur STIEVENARD et moi le Diable !
Je pense, comme elle, qu'il faut une meilleure utilisation du budget social. Comme chaque fois que nous intervenons, les propos sont plus ou moins déformés, pour la clarté du débat je dirai que moi-même et le groupe " Paris-Libertés ", nous souhaitons que la générosité des Parisiens soit aussi bien expliquée aux Parisiens.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Très bien.