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Janvier 1997
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Conseil Municipal
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15 - II - Question d'actualité de M. Didier BARIANI à M. le Préfet de police sur l'insécurité dans le quartier Saint-Blaise (20e).

Débat/ Conseil municipal/ Janvier 1997



M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à l'examen de la question d'actualité de M. Didier BARIANI à M. le Préfet de police sur la délinquance dans le quartier Saint-Blaise.
La parole est à M. BARIANI.
M. Didier BARIANI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, de me donner la parole.
Monsieur le Maire, je souhaitais interroger M. le Préfet de police sur un problème de délinquance très spécifique et qui s'aggrave mois après mois après s'être aggravé année après année.
M. le Préfet de police nous a fait connaître et nous fait connaître d'ailleurs périodiquement avec, il ne le cache pas, une certaine satisfaction, la baisse de la délinquance à Paris.
Je veux croire M. le Préfet de police sincère dans ses statistiques, je n'en doute pas, et je m'en réjouis, de la même manière que, car il le sait, les conseillers de Paris et les parlementaires sont soucieux d'apporter leur soutien aux forces de police qui accomplissent, souvent dans des conditions dangereuses, des tâches qui sont difficiles.
Néanmoins, dans le contexte de satisfaction que vous avez exprimé récemment, il se peut - vous avez bien voulu l'admettre vous-même - qu'il y ait ce qu'on va appeler des " poches de résistance ".
Saint-Blaise en est une. Saint-Blaise est un quartier qui a été réalisé il y a une quarantaine d'années, suivant des conceptions d'urbanisme qui n'ont plus cours maintenant, c'est-à-dire avec beaucoup trop d'habitants au kilomètre carré dans des habitations qui forment des blocs compacts.
Il y a là une délinquance, c'est-à-dire des événements graves qui se produisent périodiquement, et notamment lors des dernières fêtes de fin d'année. Il faudrait des mesures de police particulières et permanentes qui se traduisent par des dispositions beaucoup plus dissuasives que le simple passage de gardiens de la paix aussi utiles soient-ils, parce que ces gardiens de la paix ne disposent d'aucun moyen d'intervention très efficace contre la délinquance quotidienne qui mêle la toxicomanie, des bandes armées qui tiennent le haut du pavé, qui s'affichent et qui sont connues de tous, y compris d'ailleurs des forces de police, qui possèdent des animaux dangereux tels que les pitbulls qui prolifèrent actuellement et ce n'est pas par ouïe dire que j'en parle, je les ai vus moi-même !
Et depuis de nombreuses années, Monsieur le Préfet de police, les réponses apportées dans ce quartier ne sont pas à la mesure des problèmes qui s'aggravent de jour en jour et face auxquels nous avons une situation telle que les habitants n'osent plus sortir de chez eux à la tombée de la nuit, n'osent plus y rentrer aux mêmes heures, quand ils ne déménagent pas définitivement du quartier par peur de continuer à y résider.
Il y a, à Saint-Blaise, si vous le permettez, un véritable problème de délinquance qui, je crois, mérite une médecine, c'est-à-dire des moyens qui ne sont pas ceux classiquement employés au travers des rondes d'îlotiers, au travers du redéploiement des forces de police. Nous avons là, à tous les sens du terme, les problèmes de délinquance d'un quartier sensible avec une population qui est de plus en plus traumatisée.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à M. le Préfet de police.
M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.
Je voudrais dire à M. le Ministre BARIANI - il a bien voulu d'ailleurs l'évoquer lui-même - que les statistiques de la délinquance font apparaître que le 20e arrondissement est au nombre de ceux qui ont enregistré la baisse la plus importante des crimes et des délits depuis deux ans.
En 1995, le nombre de délits et de crimes a chuté de 12,1 % par rapport à 1994. Et l'année dernière, c'est une baisse de 6,80 % qui a été enregistrée dans le 20e arrondissement par rapport à l'année précédente, 1995.
Cette évolution favorable est encore plus marquée pour ce qui concerne les délits de voie publique qui sont, eux, en recul de 10,81 %. En deux ans, la délinquance sur la voie publique a été réduite de plus de 25 % dans le 20e arrondissement.
Il n'en demeure pas moins tout à fait exact qu'en dépit des importants efforts consentis par les services de police qui ont conduit à des résultats encourageants, certains points sensibles dans le quartier, et notamment le quartier Saint-Blaise, connaissent encore des difficultés.
La persistance, Monsieur le Ministre, d'une poche de délinquance sur ce secteur trouve, à mon sens, en partie son origine dans la conception architecturale de l'ensemble immobilier que constitue la cité Saint-Blaise qui favorise le regroupement de bandes de jeunes gens désoeuvrés, qui facilite l'activité des revendeurs de drogue.
Particulièrement sensibilisés à cette situation, les fonctionnaires de la Direction de la Sécurité publique et de la Direction de la Police judiciaire maintiennent une présence soutenue dans le quartier, notamment à la cité Saint-Blaise et aux abords du terrain d'éducation physique attenant qui est lui-même fréquenté par de nombreux jeunes.
Au cours du dernier trimestre de l'année 1996, 17 opérations de lutte antidélinquance ont été menées dans cette cité, qui ont permis de mettre trois individus à disposition de la Police judiciaire.
Je peux vous donner l'assurance qu'en 1997, le renforcement de l'îlotage sur ce secteur, conjugué à des opérations de sécurisation plus fréquentes et au recours permanent aux moyens spécialisés de la Brigade des stupéfiants, devraient permettre de faire reculer le sentiment d'insécurité qui est ressenti légitimement par les habitants de ce quartier.
Je puis vous donner l'assurance que l'action entreprise dans le quartier Saint-Blaise sera poursuivie et amplifiée avec fermeté et persévérance.
J'aurai, bien entendu, l'occasion de refaire le point à ce propos dans votre Assemblée.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur le Préfet de police.